H >—t C/5 W > Û < > < X >i I f ^ g o 1-1 :0 O CS3 ;s ■à H c OD H C Kbi H c^^) ■BBClI i^ = O Q O O s k fjQflj ta W t3 . ^ Hnuf S ^ .^».-.v^' ..:->î^<'. •Vf -J^- -r^:\" ■. ^^^^-^ — ^ '^; /<^ >^. .^A-^^^cy ;^^2r?é.^ ^^^^y^''^' ^ ^s LA PÊCHE ET LES POISSONS • »•^*-■ ^ ♦^. >: (.bliBtlL, lïP. ET SîÉn. DE tRÉlÉ. LA PÈCHE ET LES POISSONS NOUVEAU DICTIONNAIRE GÉNÉRAL DES PÊCHES rUBLIK sous LES AUSPICES de LL. EE. MM. le Ministre de la Marine et des Colonies, le Ministre du Commerce et de rAgricnlture et le Ministre de l'Instruction publique PAK H. DE LA BLANCHÈRE Aiicieîi élevé de l Lcole impériale forestière, président et membre de plusieurs Sociétés savantes, etc. pnÉcÉDÉ d'une préface PAR Aug. DUMÉRIL PROFESSEUR d'ICHTHÏOLOOIE AU MUSÉUM d'hiSTOIHE NATURELLE 1100 ILLUSTRATIONS DESSINÉES ET COLORIÉES PAR A. MESNEL d'après les PUOTOGRAPHIES FAITES SUR NATURE PAR L AUTEUR PARIS LIBRAIRIE DE Cil. DELAGRAVE ET C" 78, RUE DES ÉCOLES; 78 ^'1868 QUELQUES MOTS D'AVANT-PROPOS Observer, c'est apprendre. « La Pescherie n'est point une petite industrie, ne simple et grossière. » Amyot, Plutarque. Ce qui constitue le vrai pêcheur, ce qui fait de la pêche un art véritable, ce n'est pas tant le plus ou moins de perfection des instruments et des filets, ce n'est point la lecture des livres didactiques, c'est tout simplement l'étude de la nature. R. DE Saviony. Plus on pèche, plus on voit que toute affirma- tion, tout axiome, toute théorie trop rigoureuse dans les principes de la pêche à la ligne, sont absurdes. BÉGUIN. Les richesses de la chasse ne sont rien, si nous les comparons à celles de la pêche en général. La chasse, comme la pêche sa sœur, dérive du besoin de nourriture quotidienne, de l'instinct de conservation que la nature a mis en l'homme comme en tous les êtres vivants. La chasse tend malheureusement à disparaître si vite des contrées civilisées, qu'elle s'y transforme bientôt en un simple divertissement, tandis que la pêche, surtout la grande pêche des nations maritimes, devra devenir et deviendra for- cément un jour une source de revenus de plus en plus impor- tante. En effet, il est indispensable au bien-être, au perfectionnement de l'humanité, que le domaine de la nature entière soit exploité VT AVANT-PROPOS partout et sans relâche dans toute son étendue avec la plus grande économie possible, et que le moindre des produits utilisables soit utilisé. Si l'on pense à l'accumulation fatale des générations sans cesse croissantes sur une surface inextensible, on arrive à s'effrayer de l'avenir et à se demander anxieusement comment un jour cette terre, dont la fécondité est si limitée, pourra fournir le vivre aux hommes pressés à sa surface? Il est donc prudent de proclamer dès aujourd'hui, pendant que nous avons autour de nous encore un peu déplace libre, que l'homme ne doit négliger aucune des ressources que la nature a placées à sa portée. 11 faut, dès aujourd'hui, que nos enfants s'habituent à ces considérations économiques, et qu'ils apprennent à compter de près et à tirer parti de tout. Or, si nous portons nos regards sur l'Océan, sur ce domaine des eaux qui nous entoure et dont les mille ramifications couvrent le monde solide, nous sommes amenés à considérer l'eau comme une autre atmosphère plus dense que celle que nous respirons , et à reconnaître de suite que bien plus de terrains sont soumis au régime de l'eau qu'au régime de l'air. Si les derniers ont leur culture, les premiers doivent l'avoir aussi ; or, la culture de l'eau, c'est, comme sur terre, l'ensemencement et la récolle : c'est la piscifacture et c'est la pêche. C'est la pêche, sur- tout, qui, s'étendant sur une surface trois ou quatre fois plus vaste que la terre solide, devrait avoir une importance autant de fois plus considérable. Or, le contraire saute aux yeux. A quoi tient un pa- reil état de choses? Évidemment à ce que l'homme ne peut que flotter à la surface de ces champs liquides, sans en sonder les profondeurs. A ce que l'immense végétation marine, créée pour l'organisme particulier qui habite autour d'elle, ne s'adapte que difficilement aux besoins de l'homme. Et cependant, proclamons-le hardiment : la mer doit, un jour, nourrir la terre !... C'est pour cela, par une prédisposition merveilleuse, et avec une infatigable prodigalité, que dans ces champs liquides et à des AVANT- PROPOS. VI! profondeurs inabordables, la nature travaille sans cesse pour l'homme. Grâce à sa bienveillance féconde, les poissons et aulres animaux de l'onde naissent, croissent et multiplient sans relâche d'une manière si prodigieuse que nous sommes obligés de nous in- cliner devant ces migrations, ces apparitions, ces envahissements dont le nombre et la loi sublime nous sont inconnus. Constatons en même temps que la végétation presque com- plète de la mer, des ^fleuves et des lacs, ne nous offre que peu de plantes elde productions utilisables directement à nos besoins, mais que le nombre encore restreint de celles qui s'appliquent, par transformation, aux nécessités de notre civilisation augmente chaque jour avec les progrès de la science. Nous sommes donc ame- nés à considérer les poissons, jusqu'à présent, comme la vraie récolte que nous ofTre leau. Mais cette récolte pousse sauvage, inculte, au hasard, si l'on peut se servir de ce mot pour indiquer l'ensemble des lois inconnues qui dirigent la production et la des- truction de ces êtres. L'homme cependant, doué sur la terre d'une faculté perfectible dont il n'entrevoit pas encore le terme, doit comprendre, dès maintenant, le dommage que lui cause cet état de délaissement non justifié, et nous voyons, en ces temps-ci, de faibles mais pré- cieux efforts faits dans la voie de reproduction artificielle et d'ac- climatation des poissons utiles. Sans doute , ces efforts de la science humaine sont encore peu accentués, mais il faut en con- stater la naissance, parce que leur apparition marque pour l'hu- manité le besoin de cultiver le domaine aquatique. Nous ne devons pas omettre le souvenir des essais gastronomiques des riches Romains, quoique ce premier pas compte peu pour nous, car l'idée philosophique et générale du perfectionnement de l'huma- nité n'en était pas le mobile. Nous venons de dire que les poissons vivaient libres et sauvages dans les eaux ; c'est la cause des différents modes de pêche, adaptés à leurs instincts, à leur genre de vie, à leurs habitations, etc. Sans VIII AVANT-PROPOS. vouloir nous appesantir ici sur les grandes pêches maritimes qui forment les marins cl les navigateurs des nations, et dont l'étude remplira la seconde partie de cet ouvrage, nous pouvons remar- quer que la pèche la plus ancienne de toutes, et celle qui réussit partout et en tous temps, est la pêche à la ligne. Faite en mer sur une grande échelle, c'est elle qui fournit nos tables des poissons les plus recherchés, parce que les filets ne les peuvent enlever des endroits où ils habitent ; c'est elle qui nous apporte toutes les espèces fraîches, non oyées, et assez bien conser- vées pour subir les transports à l'intérieur, où ces produits viennent varier la nourriture des hommes et concourir à la santé et au bien-être de la population. La France, il faut le dire, est plus en arrière que les nations du Nord dans tout ce qui tient à la grande comme à la petite pêche. Qu'elle délaisse les grandes expéditions, c'est une question poli- tique qui ne nous regarde point ; — elle les a délaissées longtemps : maintenant elle les encourage, c'est bon, c'est mieux; — mais ce qui est déplorable, c'est devoir les pêches du littoral négligées et con- duites sans ordre et sans les ménagements nécessaires. Les popu- lations maritimes, au lieu de s'occuper nettement et avec zèle de ces récoltes, semblent se complaire à une incurie, à un laisser aller déplorable. Les méthodes sont encore ce qu'elles étaient il y a cent ans, il y a mille ans; cependant la science a marché, les perfectionnements ont surgi Rien n'a pénétré là où devait arriver le progrès ! C'est pourquoi ce livre est fait. Il est fait pour essayer d'amener le progrès dans les méthodes de la pêche à la ligne et aux filets employées sur les côtes de la mer et sur celles des rivières de notre pays. Nous avons, en ces matières, à recevoir un assez grand nombre de leçons des peuples voisins ; il nous sera surtout bon d'apprendre que jeter le ridicule sur le pêcheur est un fait aussi inepte, aussi maladroit que de le verser sur le laboureur. L'un fait produire AVANT-PROPOS. IX les mers, raulre la terre : en quoi valent-ils mieux ou moins l'un que l'autre ? Arrière donc les sottes pointes des loustics de nos petites villes, foulons aux pieds le ridicule quand la cause que nous soutenons est sainte! Péchons, hommes de cœur 1... Péchons !.. avec soin, talent, science, même à la ligne... car nous suivons ainsi la grande marche des temps modernes, le perfectionnement de l'humanité! PREFACE <( Il serait superflu de s'étendre beaucoup sur l'utilité du travail que nous entreprenons, » disait, en 1 769, Duhamel du Monceau dans Y Intro- duction de son Traité des pêches. « Tout le monde sait, ajoute-t-il, que la pêche occupe et fait subsister un grand nombre d'hommes robustes et utiles à l'État. » Trente ans plus tard, en 1798, Lacépède a exprimé une pensée ana- logue dans le Discours qui ouvre le tome I de son Histoire naturelle des poissons, quand il a dit, en parlant de ces animaux et des avantages que la pêche procure : « Diversité de familles, grand nombre d'espèces, pro- digieuse fécondité des individus, facile multiplication sous tous les climats, utilité variée de toutes les parties, dans quelle classe rencon- trerions-nous et tous ces titres à l'attention, et une nourriture plus abondante pour l'homme, et une ressource moins destructive des autres ressources, et une matière plus réclamée par l'industrie, et des prépa- rations plus répandues par le commerce? Quels sont les animaux dont la recherche peut employer tant de bras utiles, accoutumer de si bonne heure à braver la violence des tempêtes, produire tant d'habiles et in- trépides navigateurs, et créer ainsi pour une grande nation les éléments de sa force pendant la guerre et de sa prospérité pendant la paix ? » On pourrait facilement citer d'autres témoignages en faveur de l'utilité des pêches non-seulement à l'époque actuelle, mais aux époques les plus reculées, car rien de ce qui a trait à celles des anciens et du moyen XII PRÉFACE. âge n'a été omis dans le tome I du bel ouvrage de Noël de la Morinière. Ses nombreux manuscrits déposés à la bibliothèque du Muséum d'his- toire naturelle fournissent la preuve que si la publication de \ Histoire générale des pêches anciennes et modernes dans les mers et dans les fleuves des deux continents n'avait été interrompue par la mort de l'auteur, nous posséderions un traité précieux sur ce que l'on a nommé l'agriculture des eaux et plus exactement encore l'aquiculture. Aujourd'hui oti tout ce qui se rattache au développement de cette industrie est étudié avec ardeur, il était convenable, après un siècle écoulé depuis le commen- cement de la grande publication de Duhamel, de reprendre un sujet autour duquel sont venus se grouper tant de matériaux nouveaux. Les tentatives de repeuplement des eaux par l'établissement de frayères ou par les procédés des fécondations artificielles, la multiplica- tion, sur un grand nombre de points, des moyens de rendre accessibles aux poissons anadromes, et particulièrement aux Saumons, les rivières dont ils ne pouvaient, sans le secours des échelles, franchir les embou- chures ; enfin, les efforts récents du gouvernement pour favoriser les pêches et leur rendre leur ancienne prospérité : voilà quelques-unes des innovations dont il était indispensable de tenir compte. A côté de ces grandes questions viennent se placer toutes celles qui se rapportent à ce qu'on peut appeler l'art du pêcheur. Les hommes qui le pratiquent et y sont devenus habiles verront, par les nombreux documents que contient le présent ouvrage, combien l'auteur est versé dans la connaissance de cet art, et ils y trouveront plus d'un enseignement nouveau. A ceux qui y sont encore novices, le dic- tionnaire fournira des renseignements précis et complets sur les nom- breuses armes inventées pour faciliter la victoire dans la guerre acharnée faite aux habitants des eaux. Ainsi, aux articles concernant les filets en général, et les différentes sortes de filets en particulier, soit les plus simples, tels que l'épuisette ou l'échiquier, soit les plus compliqués et les plus savamment disposés, comme les madragues, aucun de ces instruments, sous quelque nom qu'on les désigne, ne paraît avoir été omis. Toute l'histoire de la pêche à la ligne, où le succès ne s'obtient qu'à force d'habileté, se trouve dans une série de paragraphes qui, si on les PREFACE. XIII range dans un ordre méthodique, traitent d'abord de l'instrument. Il s'agit, en premier lieu, despe?'ches, des cannes à pêche si différentes les unes des autres, puis des ligjies^ c'est-à-dire des fils destinés à supporter l'hameçon dont le volume ou le numéro^ suivant l'expression technique, et dont la forme, ainsi que celle du dard qui le termine, offrent tant de variétés essentielles à connaître, puisque toute la pêche, selon l'un des aphorismes du praticien, est dans le choix de l'hameçon. V empilage, c'est-à-dire la manière de le fixer à Vavaticée, exige les soins les plus minutieux. Enfin, la flotte est employée sous des modèles si divers, que l'auteur craint, malgré les détails où il est entré, soit à l'occasion de ce mot, soit en parlant du bouchon, d'en avoir laissé échapper quelques-uns dans son énumération. L'instrument prêt à fonctionner doit être armé. On doit faire un choix judicieux, selon la pêche à laquelle on veut se livrer, et suivant la saison, soit des pâtes, soit des a?norces ou appâts, dits aussi esches, dont Y emploi est longuement expliqué. La manière d enferrer les esches réclame toute l'attention du pêcheur. Comment se servira-t-il d'une arme ainsi préparée? Pêchera-t-il à la canne fixe, ou jettera-t-il la ligne de manière à fouetter ; la lancera-t-il à grande volée, ou pêchera- t-il dMjMsser, comme on le fait surtout dans les chutes rapides, ou bien, emploiera-t-il la ligne courante, la ligne dormante ou. la ligne à grelots? La convenance de tel ou tel de ces procédés, les avantages ou l'incon- vénient que chacun d'eux présente, sont sagement discutés. A cette pêche veut-on substituer celle si animée et si préconisée par les Anglais? On trouvera exposé aux mots Mouches artificielles, Papillons et Pêche à la mouche naturelle, tout ce qu'il importe de savoir sur un sujet qui n'a point paru à l'illustre chimiste Humphry Davy indigne d'oc- cuper les rares loisirs que ses nombreuses occupations lui laissaient et qu'il a consacrés à la rédaction d'un livre sur la pêche du Saumon [Salmonia), plein de faits intéressants et pour le naturaliste et pour le pêcheur. Que de déceptions sont réservées à celui-là même qui est le mieux outillé, s'il ignore la manière dont le poisson, soit dans l'eau douce, soit à la mer, se jette sur l'appât ! On se convaincra de l'utilité de notions précises à cet égard, en étudiant l'article consacré à la description de l'attaque des poissons. Là, se dévoilent les ruses nombreuses et variées XIV PREFACE. des habitants des eaux qu'il faut encore savoir déjouer quand il s'agit de noyer le poisson qui, après s'être enferré, cherche à se dégager. Toutes les espèces d'ailleurs ne se pèchent pas à la même saison, et au mot Calendrier sont réunies les indications nécessaires sur les moments de l'année et sur les heures du jour où, pour ne pas éprouver trop d'insuccès, il convient de tenter les hasards du combat. En outre, on doit bien constater Y aspect des eaux^ c'est-à-dire en son- der la profondeur, en étudier le courant et savoir sur quel fond elles roulent, pour en connaître, par avance, jusqu'à un certain pas, la population, et, par conséquent, dans une localité oii l'on n'a pas encore eu l'occasion de lancer sa ligne, dresser en vue du succès, sur son carnet d'étude^ un tableau dont l'auteur donne un modèle et où sont inscrites, en regard de points de repère fixes, les indications dont il s'agit. Les détails qui précèdent suffisent pour montrer, sous un point de vue spécial, les secours que l'on a tirés de la lecture des articles dont je viens de donner les titres. Je ne puis pas, en raison même des limites étroites de cette préface, pousser plus loin l'analyse de la portion du livre consacrée à l'examen des questions pratiques. L'auteur, d'ailleurs, n'a pas envisagé son sujet, sous un seul aspect. Obligé, presque à chaque page, de citer des noms de poissons , il a trouvé utile, et avec juste raison , de faire connaître les animaux dont il avait sans cesse à parler. Abordant ainsi l'histoire des pêches par son côté scientifique, il ne pouvait pas négliger les détails principaux sur l'anatomie et sur la physiologie des poissons. Voilà comment le Dictionnaire des pêches est forcément devenu un Dictionnaire d'ichthyologie. Tout ce qui se rattache aux Lois sur la pèche est commenté et attentive- ment étudié. L'auteur, très-expérimenté dans les manipulations photographiques, n'a négligé aucune occasion de se servir de la science nouvelle et de prendre, sur les poissons mêmes, préparés par une méthode rapide de son invention, des images qui, reproduites, soit par la gravure sur bois dans le texte, soit par la lithographie, pour de belles planches formant album, donnent la repiésentation excellente d'un grand nombre d'espèces. Au mérite de l'exactitude des figures, s'en joint un autre souvent absent PRÉFACE. XV des ouvrages d'histoire naturelle : je veux parler de l'expression de vérité qu'on y remarque. Les poissons vivent, en quelque sorte, sous le crayon ; ils sont en mouvement et occupent la position qu'ils pren- nent en nageant. Le fond sur lequel ils se détachent, pour la plupart, et l'eau qui les baigne ajoutent à l'illusion. Des dessins anatomiques placés au milieu des descriptions aident le lecteur et lui font mieux comprendre ce que le texte, malgré sa précision, pourrait laisser d'obscur dans l'esprit de ceux qui ne sont pas habitués aux expressions techniques dont il faut se servir, quelque réserve qu'on apportée leur emploi. Aux figures propres à faciliter la connaissance des animaux et de leur organisation, l'auteur en a ajouté un beaucoup plus grand nombre rela- tives à la pratique de l'art du pêcheur. Pas un engin n'est nommé, pas un procédé de pêche n'est décrit, pas un appât vivant n'est signalé sans que le texte soit enrichi de figures aussi variées que le sujet l'exige. Dans cette encyclopédie illustrée, l'art du dessinateur, où M. A. Mesnel se montre fort habile, tient donc une place importante tant par la copie des belles photographies sur nature que l'auteur réunissait depuis bien des années déjà dans ce but, que par la reproduction d'une foule d'objets dont la connaissance exacte ne doit point échapper à celui qui veut apprendre, et doit devenir familière au praticien. Tels sont, en résumé, le plan et le mode d'exécution du livre de M. de La Blanchère. Ce n'est, au reste, que le premier volume de ce grand ouvrage. Le second, traitant des Pêches de la Baleine, du Hareng, de la Sardine, du Thon, du Maquereau, de la Morue, etc., de la Pisciculture fluviatile et de la Pisciculture marine, de l'Ostréiculture, ainsi que de l'exploitation des Plages, sera une Histoire des Grandes Industries des eaux destinée à compléter l'œuvre considérable qu'il a entreprise. AUG. DUMÉRIL. LA PÊCHE ET LES POISSONS NOUVEAU DICTIONNAIRE GÉNÉRAL DES PÈCHES ABBE. — Nom de V Ablette dans diverses localités. (Voy. Ablette, Pêche.) AELE [Genre], (Leuciscus ou Cyprinus). — Les Ables formaient, dans la classification de Cuvier et Valenciennes, un genre appartenant à la première famille, les Cyprinoïdes, du 2e ordre des poissons osseux, les Malacoptërygiens abdominaux. Quoique, sous le mot Able, on rangeât un groupe de poissons assez naturel, les classificateurs modernes ont senti le besoin d'y créer de nombreuses divisions, et le mot a été abandonné. Aujourd'hui les Ables correi^pondraient aux genres : Ablette., Rotengle, Gardon, Ide, Chevesne, Véron et Chondrostome. (Voy. ces mots.) Quoi qu'il en soit, la grande division primitive des Ables en un seul groupe n'est point absolument à rejeter, car tous ces poissons ont, au premier coup d'œil, un certain air de parenté évidente et une grande ressemblance comme couleur générale. Leurs différences sont surtout appréciables quand ces poissons sont comparés vivants, dans les eaux qu'ils habitent ensemble. Aussi les divisions qui séparèrent les espèces furent-elles basées d'abord sur la largeur plus ou moins considérable du corps, sur la coloration plus ou moins mar- quée des nageoires, mais elles se trouvèrent souvent si faibles entre certains individus que ceux-ci devenaient impossibles à distinguer, semblant métis des deux espèces. On a dû chercher autre chose, et la classification actuelle, sans être tout à fait rigoureuse, accentue davantage les sections ; mal- heureusement il a fallu recourir à un caractère anaton^j^que interne, et c'est surtout de la comparaison des dents pharyngiennes de chaque animal que l'on a tiré des divisions suffisamment tranchées pour séparer la masse des Ables. Ce caractère, impossible à reconnaître d'un premier coup d'œil, est, sous ce rapport, peu satisfaisant, mais on n'a pas trouvé mieux ; il faut attendre. (Voy. Cypri- noïdes, pour la classification générale de ces poissons.) En général, la position de la dorsale et le nombre de ses rayons fournissent des caractères diffé- rentiels, mais ils sont loin d'être toujours assez nets. Aussi, pour les gens du monde, la détermina- tion des individus offre-t-elle souvent de véritables difficultés. Compris sous le nom général et vulgaire de Poissons blancs, ce genre renferme d'ailleurs des espèces nombreuses et variées. La qualité du fond, les eaux, les herbes, la latitude, mille causes encore inconnues (Thabitat, sans parler du sexe, modifient souvent profondément l'aspect extérieur des individus de la même espèce, et rendent l'étude de ces poissjns d'eau douce une des plus ingrates et une des moins claires. Joignons à cela une synonymie mal établie et souvent très-douteuse, tant parmi les noms vulgaires que parmi les appellations scientifiques, et nous aurons une idée juste de 1 a AELE. la défiance qu'on doit apporter dans la détermination de ces poissons, d'autant que le mot Ahie est générique et spécial. Il faut remarquer, comme caractères généraux, que les Ables vraies ont l'anale étroite et soute- nue par 15 à 20 rayons seulement, tandis que celle de la Brème en a au moins 27. Ce caractère est le plus constant, car certains Gardons ont le corps presque aussi large et aussi aplati que certaines Brèmes plus râblées que les autres. Ce sous-genre, en outre, ne porte pas de barbillons, ce qui le sépare, d'un seul coup, des Goujons et des Tancbes ; de plus, il n'a aucun rayon épineux, ni 2^, ni 3» à la dorsale, ce qui le distingue des Carpes et des Barbeaux. Tous ces poissons ont la bouche dépourvue de dents, si ce n'est autour du pharynx. Aussi sont-ils des animaux non carnivores, destinés à être mangés tant par l'homme que par les poissons carnassiers dont ils forment la provende habituelle. Sur nos tables, la mollesse et la fadeur de leur chair très-remplie d'arêtes les font peu recher- cher, à moins qu'ils ne soient de très -grosse ou de très-petite taille. Dans le premier cas, les arêtes s'enlèvent facilement ; dans le second, on les accommode de manière qu'elles passent inaperçues. Leur chair, par le fait même de sa qualité spongieuse, participe facilement au goût du milieu où ils ont vécu. Dans les eaux vives et claires de la Loire, de la Garonne, de l'Allier et des rivières à fond sableux et plein de gravier, ces Cyprins ont la chair assez ferme et de bon goût ; mais si, au contraire, on les a pris dans les petites rivières vaseuses et sans courants qui affluent de l'intérieur des terres aux rivières plus considérables, ou dans les étangs à fond glaiseux, ces poissons contrac- tent un goût désagréable de marais et de vase, et présentent une chair beaucoup plus molle. Tous se nourrissent d'insectes et de détritus qu'ils happent très-adroitement à la surface de l'eau. Aussi, pour les pêcheurs à la ligne, ces poissons portent-ils le nom de Poissons de surface. Ce sont ceux que l'on prend, k la mouche naturelle ou artificielle, dans les beaux jours de l'été, alors qu'ils chassent vigoureusement entre les herbes, auprès des piles des ponts et des barrages, auprès des écluses des moulins, etc. Dans la Loire, l'Allier et toutes les rivières à eau claire peu profonde, on les voit, au printemps, frayer en longues troupes sur les bancs de sable, à demi découverts au milieu du fleuve; ils sont là, défendus des pêcheurs par le désert de sable et d'eau qui les entoure et leur permet de fuir à l'approche du premier objet qui leur semble suspect. ABLE [Genre]. — La pechc des Ables de toutes les espèces est, à proprement parler, la Pêched'eau douce; c'est celle qui se fait le plus souvent, c'est la seule, même, que la plupart des pêcheurs à la ligne aient faite, car ces poissons étant de beaucoup les plus nombreux dans les cours d'eau et les étangs de la France, ce sont eux natu- rellement que les pêcheurs ont dû le plus souvent rencontrer. D'autant mieux que, par une singulière fatalité, ils semblent moins défiants et plus faciles à prendre que les autres. On dirait que la nature en a fait une manne répandue partout pour calmer l'impatience du pêcheur avide de capture, le satisfaire par un triomphe aisé, et lui ôter l'idée de poursuivre une proie plus glorieuse mais plus difficile à conquérir. En effet, un grand nombre d'amateurs de la pêche s'en tiennent à un succès assuré, et prennent force Dards, Ablettes et Chevesnes, plutôt que de faire la guerre à la Carpe rusée, au Barbillon robuste ou à la Truite agile. Parmi les Ables se rencontrent d'ailleurs des individus de grande taille et de force respectable, qui nécessitent l'emploi de moyens de pêche appropriés. Les énormes Chevesnes qui se promènent nonchalamment dans les trous formés devant le déversoir des moulins, ne peuvent être capturés avec la môme ligne et la même canne que les Ablettes qui couvrent la surface de l'eau près des lavoirs ou des usines dans lesquelles on lave des laines et des peaux. Le genre Able renferme ce que l'on appelle, avec raison, les Poissons de sur- face, parce qu'ils habitent cette partie des, rivières dès que les rayons du soleil ont acquis un peu de force. On les voit alors remonter des fonds d'eau, des sources chaudes où ils se sont tenus, à moitié engourdis, pendant l'hiver, et venir chasser les premiers insectes que le vent du printemps fait tomber sur les eaux encore froides. Ce genre de nourriture, pour lequel cependant aucun d'eux ne dédaigne les ABLES. 3 aubaines plus substantielles que peut lui amener le courant, les rend tous aptes h se laisser prendre à la mouche naturelle-ou artificielle, à l'insecte, etc. En pochant à la surprise surtout, on en prend, sans fatigue et sans diffi- culté, des quantités considérables. Parmi les Ables, il faut mettre à part les Gardons , qui, eux , se tiennent plus volontiers au fond, dans certaines rivières, ce qui ne les empêche pas de mordre parfaitement à la mouche comme leurs cousins les Chevesnes et les Ablettes. Ce sont plutôt des habitants de la partie moyenne des eaux que du fond absolu, où se trouvent seulement les plus grosses pièces. Les troupes que les poissons de cette dernière espèce aiment à former, se promènent entre deux eaux, mais viennent volontiers à la surface happer la mouche perfide que l'on y fait jouer. Remarquons enfin un fait intéressant, c'est que toutes les Ables, — nous jpar- lons des espèces qui sont susceptibles d'un fort développement : Chevesnes, Gar- dons, Rosses, Nases, Dobules, etc., — parvenues à une taille respectable et à un poids de 2 à 3 kilos, changent de mœurs, se transforment en Poissons de fond, chasseurs, carnassiet's même, et, — fait remarquable, qui indique que l'intelligence existe chez eux comme chez tous les autres animaux, — deviennent, sans doute grâce à leur expérience, très-fins, trcs-défiants, et très-difficiles à prendre. L'étourderie du jeune âge s'est envolée ; la vie leur a apporté ses conséquences. Ce sont de vieux routiers, contre lesquels le pêcheur doit déployer toutes les ressources de son habileté. ABLES DES EAUX DE FRANCE. — Les Ables proprement dites, ou Poissons blancs, que nourrissent les eaux de la France, sont : 1° L'Able aspe {Cypriniis aspii/s) (?). 2° L'Able Dobule {Cyprinus Dobula). 3" L'Able Chevesne {Squalius Cephcdus). 4" L'Able Chevesne méridional {Squalius meridionalis). 5" L'Able Chevesne treillage {Squalius clathratus). GO L'Able ide {Cyprinus idus). ( ^"''^f ^' auteurs pensent que ce poisson -0 L'Able Jesse Cyprinus Mes). '%^' ''f'' '''''''''^^ '^' "^'"'^ provenances ^^ ' \ dinerentes. 8" L'Able nase {Cyprinus ou Chondrostoma nasus). {)° L'Able nase bleuâtre {Chondrostoma ccerulescens). 10" L'Able nase de Drême {Chondrostoma Bremœi). 11° L'Able nase du Rhône {Chondrostoma Bhodanensis). 12° L'Able rosse — Gardon — {Cyprinus ou Leuciscus rutilus). 13° L'Able Gardon pâle {Leuciscus pallens). 1-4° L'Able Gardon rutiloïde {Leuciscus rutiloïdes). 15° L'Able Gardon de Sélys {Leuciscus Selysiî). 16° L'Able Gi^vàon \QX).^evo\\ {Leuciscus p7'asinus). 17° L'Able rotengle — Gardon rouge — {Cyprinus crythrophthalmus). 18° L'Able vandoise — Dard — {Cyprinus ou Squalius leuciscus). 19° L'Able vandoise Aubour {Sq^talius Bearnensis). 20° L'Able vandoise Blageon {Squalius Agassizii). 21° L'Able vandoise Bordelaise {Squalius Burdigalensis). 22° L'Ablette alburnoïde {Cyprinus alburnoïdes). 23° L'Ablette spirlin — biponctuée — Éperlan de Seine — {Cypr, bipunctatus). 4 ABLETTE. 24" L'Ablette de Fabre {Albunius Fabreî). 25° L'Ablette hachette {Leuciscus dolabratus). 26° L'Ablette mirandelle {Alburrms mirandella). 27° L'Ablette ordinaire {Cyprinus albuvnus). 28° L'Ablette vairon {Cyprinus phoxinus). 29° L'Ablette Vernhe {Cyprinus Vernhe). ABLET. — (Yoy. Ablette, Hist. Nat.) ABLETTE [Genre], (Alburnus, Rond). — Malacopt. abd». Cyprinoid. Ce petit genre, comprenant au moins six espèces pour la France, n'aurait presque que des carac- tères négatifs au milieu des autres cyprins, si sa mâchoire inférieure proéminente, sa dorsale très- reculée en arrière des ventrales ne le distinguaient un peu. Chez tous, l'anale est longue ; mais ce qui groupe bien ces poissons ensemble, c'est leur fades dépendant de la qualité de leurs écailles nacrées, caduques et minces. Dents pharyngiennes longues, pointues, grêles, sur deux rangs ; 2 internes très-petites, et 5 plus grandes au dehors. Chaque dent un peu en scie sur son bord postérieur. ABLETTE COMMUNE, (Cyprinus ou Alburnus lucidus, Heck.).— Malacopt. abd'. C\prin. Long. max. =0'°,I5; haut. =0">,03. Syn : Bl'ttk, angl. — Weiss fisch, Ukeley, ail. — A1phenam\ hoU. — Sslawa ou Sôlyla, russ. — Arborello, ital. — Rondion, suiss. Ce petit cyprin a le corps étroit, un peu aplati et allongé, argenté et brillant ; de même cour- bure en dessus qu'en dessous ; par conséquent, le dos un peu arrondi en arc, vert-bleuàtrc. Côtés, flancs et ventre blanc argenté, sans reflets colorés. La télé est allongée, pointue ; la mâciioire infé- rieure plus longue que la supérieure, et un peu relevée du bout. Yeux grands et brillants, à pru- nelle noire. Dorsale de 10 rayons ; anale de 20. Nageoires pâles, généralement teintes de rouge à l'endroit où elles s'attachent au corps. Les écailles de ce poisson tiennent à peine à la peau ; elles sont petites et minces. Celles des côtés sont argentées et couleur perles d'Orient; celles qui couvrent le dos sont bleuâlres, avec un re- flet vert. Les,Ablettes, dont la couleur du dos est plus intense, sont moins estimées des fabricants de perles que les pâles, dont les écailles blanches et argentées servent à faire des perles fausses au moyen d'une préparation qu'on appelle essence d'Orient. L'Ablette ressemble un peu à l'Éperlan, mais elle ne porte pas l'appendice muqueux ou na- geoire adipeuse qui caractérise celui-ci, et le fait rentrer dans la famille des Salmones. Regardée entre le soleil et les yeux, elle est transparente, et cependant le dos est épais et charnu. La ligne latérale, qui part de l'opercule des ouïes et aboutit au milieu de la queue, forme une courbure assez considérable du côté des ouïes. Tous les poissons carnivores recherchent ce cyprin et ses œufs. Le seul défaut de l'Ablette comme appât vif, c'est qu'elle meurt sortie de l'eau et que, même remise de suite dans son élément elle y supporte très-peu de temps la piqûre de l'hameçon et la captivité au bout de la ligne. Dans quelques pays, en Suisse par exemple, on sale et on sèche l'Ablette, puis on la mange pré- parée à l'huile et au vinaigre. La chair de ce poisson est en général maigre, sèche et pleine d'a- rêtes, ce qui la rend peu recherchée. On croit ce petit cyprin originaire de la mer Caspienne. Nous pensons plutôt qu'il est indigène des eaux douces de l'Europe entière. ABLETTE COMMUNE. — La pêche de l'Ablette à l'hameçon est une des plus faciles. C'est celle à laquelle s'exercent les gamins au bord de toutes les rivières et de tous les ruisseaux, car le petit poisson qui nous occupe est extrême- ment répandu dans les eaux douces de la France. On peut dire de l'Ablette qu'elle est la gourmandise faite poisson. Elle mord à tout ce qu'elle peut avaler, et même attaque et tourmente des amorces aussi "•rosses qu'elle, mais dont elle espère détacher quelques bribes à son profit. Par un temps sec, en été, on prend l'Ablette avec l'asticot, entre deux eaux : avec la mouche naturelle ou les mouches artificielles, de surface. Il faut môme "^déployer un soin continuel quand on pêche à la surprise les Chevesnes, Dards et Gardons, pour garantir sa mouche naturelle des attaques de ce petit rapace en W u -M œ Q iz; O o > O o c \\ 1=5 -CD ^ 'o p: E— I cti 1^; C=D i2 Pxq — E-i O _ o CO 0. CD w ABLETTE. 5 acharne et endiablé. Les Ablettes sautent à 1 décimètre hors de l'eau, pour saisir au vol la mouche friande que vous laissez imprudemment approcher d'elles, et, ce qui est vraiment curieux comme miracle jd'adresse, c'est qu'elles ne la manquent pas et se manquent toujours. L'Ablette est donc un des poissons les plus vifs, les plus lestes et les plus adroits à dépouiller un hameçon sans y rester accrochés. Aussi peut-on, avec vérité, certifier aux apprentis dans le noble art de la pèche que, lorsqu'ils sau- ront bien piquer une Ablette à la mouche, ils auront dix fois plus de facilité à prendre un poisson vingt fois plus gros, mais dont le ferrer est moins rapide, et l'attaque moins fugitive. En effet, l'Ablette s'est élancée, a dévoré l'insecte et a fui au loin, avant que votre main ait pu transmettre au scion le mouvement qui doit enfoncer le dard dans les chairs de la gourmande petite bête. Dans certains grands fleuves où l'Ablette pullule, on la prend en quantités énormes, au moyen de la pêche à fouetter. (Voy. ce mot.) Il est d'ailleurs assez difficile d'indiquer les lieux qu'affectionne l'Ablette ; elle se tient partout : en été, à la surface de l'eau, où elle chasse sans cesse ; en hiver, au fond, parmi les roseaux et dans les sources d'eau vive, qui restent plus chaudes que la masse de la rivière. Au premier rayon de soleil, vous la voyez remonter à la surface et commencer sa chasse. On doit cependant remarquer que ce petit Cyprin se tient de préférence dans les endroits où un courant rapide et l'eau qui se renouvelle peuvent lui apporter les parcelles animales et végétales qu'elle recherche pour sa nourriture. Près des moulins, on la trouvera au-dessous des déversoirs, dans les filets d'eau que les vannes ou les pierres de l'écluse laissent passer. Au-dessus des mouHns, elle se tiendra en foule dans le fil de l'eau qui marche à la herse, la tête ordinairement tournée vers le courant, qu'elle remonte doucement et constamment en s'aidant d'un petit mouvement ondulatoire de la queue. Si quelque part on lave des peaux, de la laine, etc., les Ablettes y viendront en foule pressée, et alors on verra appa- raître les géants de l'espèce, qui représentent de très-jolis poissons, presque de la taille du hareng. C'est surtout dans la variété, dite alburnoïde, à dos presque horizontal, que l'on rencontre de beaux individus, véritablement susceptibles d'être mis en friture et d'off'rir aux dents autre chose qu'une petite masse d'arêtes et de chair filandreuse. Aussi, ces grosses Ablettes, appelées Libournaises dans le Midi, sont- elles fort recherchées, et c'est avec raison. L'Ablette sert elle-même d'appât pour le Brochet et la Perche, mais seule- ment à défaut d'autres poissons plus vivaces, tels que le Gardon, la petite Carpe, le petit Dard, le Goujon, la Loche, etc., qui tous vivent beaucoup plus longtemps qu'elle attachés à l'hameçon, et surtout se transportent plus loin dans le bidon ou seau approprié à la pêche au vif. Il faut se servir, pour pêcher l'Ablette, de très-petits hameçons n"" 16 à 20, montés sur un simple crin de cheval. La flotte peut être comparativement grosse, parce que le toucher de ce poisson est brutal, quoique d'une extrême rapidité ; et cependant, il est préférable de se servir d'une simple plume, qui indique l'attaque d'une manière plus rapide et plus sûre. En mettant trois ou quatre hameçons à la même ligne, on prend souvent plusieurs Ablettes d'un seul coup; dans ce cas, il n'est pas rare que la flotte soit relevée hors de l'eau, parce que ces poissons, au lieu de s'en- foncer quand ils ont pris l'esche, jouent avec elle et remontent à la surface de l'eau. 6 ABLETTE. On les prend aussi, sans flotte, avec un hameçon n" 16, monté sur un crin de cheval. On amorce avec une mouche ordinaire {musca domestica), dont elles sont très-friandes, et on laisse aller la mouche entre deux eaux. Le toucher est si in- tense que l'Ablette entraîne la ligne. En ferrant légèrement de côté, on rapporte, h tout coup, un de ces petits poissons. II nous semble inutile de nous étendre davantage ici sur les manières si variées de prendre les Ablettes; plusieurs de leurs pèches portant un nom spécial, tel que Xa pêche à fouetter, etc., se trouveront à la place que nous assignera leur rang alphabétique. ABLETTE ALBURNOÏDE (Cyprinus ou Aspius Alburnoïdes, Sélys). — Malacopt. abdom. Cyprin. Long. max. =0'",18; liant. = O^^Oi. Ce cyprinoïde, très-voisin de l'espèce commune, s'en distingue cependant avec un peu d'at- tention, d'abord par sa taille plus considérable, puis par les caractères suivants : Tête allongée, yeux très-grands (plus, proportionnellement, que ceux de l'xVblette type), d'un blanc d'argent, portant en haut une tache jaune ; dos verdàtre, les côtés bleu variant au noir, avec une bande longitudinale dorée et changeante suivant l'incidence de la lumière. Ventre et flancs blanc argenté, irisés ; oper- cules argentés portant de petits points noirs. Ligne latérale de 48 points blanc-jaunàtre. Dorsale et caudale un peu verdatres ; ventrales, anales, blanches ; pectorales légèrement jaunes. Le caractère le plus saillant de cette espèce, c'est que le dos est droit et que la ligne du ventre en paraît d'autant plus arquée. Dans l'eau, celte Ablette se reconnaît d'abord par sa taille, puis par la couleur vert-bouteille de son dos. Mêmes mœurs et habitudes que l'Ablette commune, même manière de la pêcher. Commune dans les rivières du N. -E. de la France, la Moselle, la Meuse ; au centre, dans le Loir, l'Eure, ;etc., en gé- néral dans toutes les rivières d'eau vive, à fond caillouteux et sans vase. Peu commune dans les fleuves. Ce poisson semble parfaitement conforme à celui auquel Bonnaterre donne le nom de Nimbe, et qui présente à la dorsale 12 rayons, 17 aux pectorales, 23 à l'anale et 20 à la caudale. L'Alburnoïde ressemble beaucoup au Nase petit, mais elle a l'intérieur du ventre blanc. (Voy. Temps du frai.) ABLETTE BIPONCTUÉE (Cyprinus ou Aspius bipunctatus, Lin.). — Malacopt. ab- dom. Cyprin. Long. max.= 0^,12; haut. = 0",03. Syn. : Lauben, allem. Yeux très-grands, blanc-jaune, portant en haut une tache violet-noirâtre. Dos vert pâle, un peu bleu sur les côtés ; ceux-ci marqués d'une ligne dorée, au-des.';ous de laquelle s'étend une bande violacée composée d'i.n grand nombre de taches rapprochées. Flancs et ventre blanc argenté. Ligne latérale de 50 points jaunes, entre deux lignes de points noirs fort petits, d'où vient le nom du poisson. Anales, de 16 rayons, et ventrales rouges à leur base et plus paies à l'extrémité ; pectorales très-rouges à leur base, blanches-vertes au sommet. Dorsales de 10 rayons, caudale de 20. Souvent la tache, existant à l'intersection des pectorales, est d'un beau jaune d'or ; dans ce cas, la nageoire est incolore et le corps entier participe à cet allai- blissement de la couleur, mais le dos est toujours remarquable par la bande orange pâle qui, de chaque côté, sépare le bleu du dessus du blanc pur des flancs. Cette bande n'a pas plus de deux écailles de large. Opercules argentés, avec une tache violette-noire à leur partie supérieure. Épine dorsale de 33 vertèbres, 15 côtes de chaque côté. Mêmes mœurs et mêmes usages que l'Ablette type. L'Ablette biponctuée se pêche dans la Seine sous le nom d'Éperlan de rivière, et dans la plu- part des rivières du Nord, où elle se trouve en compagnie de l'Alburnoïde. ABLETTE DE FABRE (Alburnus Fabrei, Blanc). — Malacopt. abdom. Cyprin. Long. max. = 0'°,I2. Cette espèce, voisine du Spirlin ou A. biponctuée, a le dos arrondi comme elle, la tête courte, les mâchoires égales, l'opercule plus court que l'A. commune. La ligne latérale a 50 points très-visibles et saillants ; les écailles grandes plus longues et plus arrondies que chez l'A. commune. D =8 rameux, après les 3 simples. A = 17 à 18 rayons branchus. Coloration de l'A. commune ; dents pharyngiennes plus courtes et plus faiblement dentelées. Se pêche dans le Rhône, vers Avignon. ABLETTE HACHETTE (Leuciscus dolabratus, HoU.}. — Malacopt. abdom. Cyprin. ACANTHOPSIS. 7 Cette Ablette s'éloigne déjà du type principal pour se rapprocher du Gardon rouge dont son œil grand, ses mâchoires égales, l'inférieure un peu plus courte, rappellent la figure. Le corps est moins effilé que chez l'A. commune, la tête plus massive, le dos un peu voûté, ce ([ui la rapproche delà VandoijC. Le dos est giùs bleuâtre ou verdàtre, le reste du corps argenté avec quelques points noirs sur les écailles, l'opercule et lajoue. Sa ligne latérale a 45-60 points ; au-dessus? ou 8 rangées, au-dessous 4 seulement. Les écailles sont plus longues et plus arrondies en arrière que celles de l'A. commune. Fraye en mai. D = 8 rameux + 3 simples; s'élève un peu en arrière de l'insertion des ventrales. A, très- courtes = 12 - 12 - 14 - 16, variables; nageoires inférieures jaunâtres. Se trouve dans la Moselle, la Meuse, le Rhin. ABLETTE MIRANDELLE (Alburnus mirandella, Blanc). — Malacopt. abd. Cyprin. Espèce assez voisine de l'A. commune, dont elle se distingue cependant par le dos et le sommet de la tête formant une ligne parfaitement droite, la mâchoire inférieure tout à fait ascendante et presque égale à la supérieure. L'opercule est plus grand que chez l'A. commune, et moins pointu vers la pectorale. La ligne latérale de 57 ou 58 écailles est plus tombante au milieu du corps, et serpente en se relevant derrière la tête. D = 8 rameux après les 3 simples ; un peu plus ample que chez l'A. commune. A = 15 à IG au lieu de 17 à 22. Corps d'un blanc d'argent. Sur la région dorsale, bleu foncé chatoyant comme la Sardine dont elle porte le nom en Savoie. On la trouve dans le lac Léman et dans celui du Bourget. ABLETTE SPIRLIN. — (\'oy. Spirlix ou Ablette biponctuée, Hist. Nat.) ABLIER. — Petit carrelet qui sert à la pêche des Ables. (Yoy. Carrelet GOUJONNIER, Pêche.) ABRAMIDOPSIS (Abramidopsis, Siéb.). — Malacopt. abdx. Cyprin. Sous-genre établi aux dépens du genre Brème, pour en séparer la Brème de Buggenhagen (voy. ce mot), par l'absence, chez cette espèce, de tout espace dépourvu d'écaillés sur la partie du dos, en avant de la dorsale. ABRAMIDOPSIS {Genre). — (Voy. Abramls Lecckartii, Hist. Nat.) ABRAMIS {Genre). — Le mot Abramis ou Abrmnus sert à désigner un genre, d'après Cu- vier, et a remplacé celui de Cyprinus, de Linné, devenu qualificatif exclusif du genre Carpe. ABRAMUS-ABRAMO RUTILUS. — (Voy. Brè.me-Rosse, Hist. Nat.) ABRAMUS B JŒRKNA. — Nom donné à la Brème Bordelière par Siébold dans ses Pois- sons d'eau douce de l'Europe moyenne. (Voy. Bré.me Bordelière, Hist. Nat. ) ABRAMUS BLICC A. —(Voy. Brème Bordelière, //îVMVaf.) ABRAMUS BRAMA. — (Voy. Brè.me commune, Hist. Nat.) ABRAMUS BUGGENHAGII. —(Voy. Brème de Buggenhagen, H^■s^ Nat.) ABRAMUS GEHINI. — (Voy. Brème de Gehin, Hist. Nat.) ABRAMUS HECKELII. — Nom donné à la Brème de Buygenhogen de Block , par Sélys-Longchamps dans ?a Faune Belge, p. 217; 1842. (Voy. ce mot.) ABRAMUS LEUCKARTII. — Nom donné par M. Siébold, dans ses Poissons de l'Europe moyenne, à la Brème de Buggenhagen, qu'il considérait comme une espèce pour laquelle il a com- posé le nom de Abramidopsis. Cette distinction était basée sur ce que cette Brème n'a pas d'espace sans écailles sur le dos, au-devant delà dorsale. ABRANCHES. — Ce nom créé par Cuvier, et qui veut dire privé de branchies, désigne une des trois grandes divisions de l'ordre des Annélides, ou vers à sang rouge. Ce groupe renferme les Lombrics ou vers de terre, les Sangsues, etc., qui sont fort utiles pour la petite et la grande pêche aux hameçons, et dont nous parlerons plus loin. ABUSSEAU. — Nom donné aux Athérines sur les côtes de Gascogne. (Voy. Athérine.) ACANTHOPSIS RUBANÉ (Acanthopsis Taenia, Agass.). — Malacopt. abdom. Cyprin. Long. max. = 0'",12 ; haut. = 0^1,01. Syn. : The spined loche, angl. Le genre Acanthopsis est une création du célèbre Agassiz pour y faire entrer la Loche de rivière. Quoique tous les Ichthyologues ne l'aient pas admis, nous avons cru devoir le conserver ici en donnant la caractéristique de l'animal qui avait servi de type et dont on retrouve la pêche et les mœurs plus loin, au mot Loche {Cobitis). 8 AGERINA. Tète très-comprimée, portant deux barbillons à la lèvre supérieure, quatre à l'inférieure : l'os préorLitaire est épineux : corps rousfàtre, marqué sur le dos de trois bandes latérales de taches verdâtres; l'inférieure plus large et formant 14 à 16 taches. Ventre blanc jaune. Nageoires jaunâ- tres, dorsale de 8 rayons etcaudale de 15, tachetées de brun. La caudale porte à son origine, au- dessus de la ligne latérale, une petite tache noire. Pectorales de \), ventrales de 7 rayons. Écailles assez distinctes qui semblent enfermées dans la peau. L'Âcanthopsis ou Loche vit dans les eaux claires et présente une chair maigre, sèche et coriace. Il porte beaucoup de noms différents et sert d'appât pour les poissons carnivores. (Voy. Temps de FRAI.) ACANTHOFTERYGIENS. — C'est le premier Ordre des poissons osseux, dont les ca- ractères généraux sont : Branchies en forme dépeigne. — Rayons osseux aux nageoires. Cet ordre comprend 15 familles ; 1» Percoïdes. i° Joues cuirassées. 3» Sciénoïdes. 4o Sparoïdes. '6» Ménides. 6o Squamipennes. 7» Scombiîroïdes. Sj Tœnioïdes. 9'' Teuthyes. 10" PharynËrieuslabyrinthiformes. 11° Mugiioïdes. 12" Gobioïdes. l.Su Pectorales pédiculées. 14o Labroïdes. 15" Bouche-en-flùte. Cette division, de beaucoup la plus nombreuse des poissons ordinaires, se reconnaît tout d'abord aux épines qui tiennent lieu des premiers rayons de la dorsale, ou qui soutiennent seules la pre- mière nageoire du dos lorsque ces animaux en ont deux. Quelquefois même, au lieu d'une première nageoire dorsale, ils n'ont que quelques épines libres. Leur anale porte aussi quelques épines pour premiers rayons, et il y en a généralement une à chaque ventrale. Leurnom, qui vient des deux mots grecs à-/.av6a épine, et TiTepûyiov petite aile, nageoire, leur a été donné par Artédi, et est caractéristique des nageoires piquantes qui distinguent si nettement ces animaux des poissons à nageoires molles et flexibles, auxquels il a donné le nom significatif de Malacoptérygiens. Nous venons de voir que Valenciennes et Cuvier ont subdivisé cet ordre en 15 familles fort na- turelles, dont plusieurs sont représentées par des poissons qui n'habitent pas notre hémisphère, ni les latitudes tempérées de l'Europe. AGARNE (Pagellus Acarne, Cuv.). — Acanthopt. sparoïdes. Long. max. = 0",40. Syn, : Axillary Bream, angl. — Bezugo, Madère. L'Acarne est beaucoup plus commun dans la Méditerranée que dans l'Océan; cependant on le prend quelquefois dans la Manche. C'est un poisson à corps ovale comprimé, à écailles grandes et ciliées, dont la couleur générale est d'un rose argenté. L'espace entre les yeux est brun-rouge, et les préopercules sont un peu gris plombé. A la base de la pectorale se trouve une tache d'un violet noir très-foncé, qui persiste même après la mort. Les yeux sont grands; la ligne latérale, de 70 écailles, suit la courbe du corps. D = 12 + 11. P=1G. V = l +5. A=3+10. C=17. La queue est fourchue. La base de la caudale et la membrane entre les deux derniers rayons des nageoires, l'anale et la dorsale, sont couvertes de petites écailles fines. (Voy. Pagel. ) ACCRUES. — On appelle ainsi des boucles que l'on fait servir de mailles et que l'on ajoute à celles déjà complètes pour donner au filet plus d'étendue. C'est donc une maille supplé- mentaire qu'on prend dans un rang en la jetant entre deux mailles du rang supérieur. L'emploi des Accrues est indispensable pour tous les filets qui ne sont pas cylindriques. Lorsqu'on a jeté la maille A sur la maille B, avant de jeter la suivante sur la maille D, on en jette d'abord une au-dessus du nœud C, qui unit les mailles B et D, ce qui produit une maille supplémentaire G, en forme de pigeon (voy. ce mot). (Voy. Mailler un filet.) ACERINA (Genre). — tVoy. Gremille, Genre, Hist. Nnt.) AGHÉES. 9 ACERINA CERNUA. — Siébold, Poissons de l'Europe moyenne; synonyme (l'Jcen«a vulgaris, Cuv. (Voy. Gremille ou Perche goujonnière.) ACHËES. — On nomme ainsi, communément, des vers de terre qui servent de nourriture aux oiseaux et d'appâts pour la pêche. Ces vers, surtout en été', pendant les temps secs et chauds, sont assez difficiles à trouver et il faut, pour s'en procurer, employer, même dans toutes les saisons, des moyens appropriés. Ces animaux se tiennent de préférence dans les endroits humides, et où l'humidité peut se charger de particules animales, et en imprégner la terre que ces vers avalent et rendent privée de ces matières que leur organisme s'est assimilées. Aussi les rencontre-t-on en abondance aux environs des fumiers humides, et non chauds ou en putréfaction, mais tout à fait fermentes et réduits en terreau. On les trouve également dans les prés où vont les bestiaux, dans les cours où coulent les eaux mé- nagères, dans les jardins bien garnis de fumier consommé, etc. L'endroit où l'on rencontre les meilleurs est sous un dépôt,en tas, des herbes fauchées d'une ri- vière ou d'un étang. Ces matières, en pourrissant, forment un compost noir dans lequel se dévelop- pent des vers rouges excellents pour la pêche. Nt)us venons de souligner le mot 7^ouge parce qu'il qualifie l'espèce la meil'eure et la plus re- cherchée des poissons, et en même temps celle qui vit le plus long- temps dans l'eau. Or, il faut remarquer que c'est surtout sur les vers envie que les poissons aiment à satisfaire leur voracité. La Perche, la Truite n'attaqueront presque jamais un ver mort ou d'une autre espèce que le rouge. Les poissons de fond et ceux de la famille des Ables sont également sollicités beaucoup plus vivement par le ver qui frétille et s'agite en tous sens, que par celui qui pend comme un Lrin d'herbe au bout de la ligne. Les espèces que l'on trouve le plus communément, sont : 1° Le Ver rouge à tête plus foncée. Il n'est jamais très-gros, et ne se rencontre pas souvent plus long que 0™,10, ni plus gros qu'une plume d'oie moyenne. 2° Le Ver rose, ou Achée de terre proprement dite, qui parvient à une grosseur très-respectable, ayant (,™,35 de long sur 0™,008 de diamètre. 3° Le Ver annelé, dont le corps est formé d'anneaux rouges et jaunâtres alternatifs et qui, quand on le coupe, rend une humeur jaune liquide d'une odeur particulière. Ce ver ne devient jamais plus long que O^jOG à 0™,0<', avec la grosseur d'une paille de blé. Il est bon, quand on ne peut trouver de vers rouges vrais. Cependant beaucoup de poissons ne l'attaquent pas; ils s'en approchent, et sont repoussés par son odeur qui, probable- p•^g 3_ ment, ne leur convient pas. Ainsi, la Perche le dédaigne; le Gardon, la Brème également. On le trouve, non auprès, mais dans les fumiers de cheval et do détritus de légumes. 11 s'enfonce moins profondément pendant les chaleurs que les vers rouges et roses ; aussi, en été, c'est celui que l'on ne recueille que trop facilement. 4° Le Ver jaune on verdâtre, court, dur et qui se trouve dans les terres fortes qui n'ont point été remuées depuis longtemps. Sa longueur est de G°>,05 à 0",07 : il a la grosseur d'une petite plume d'oie. Le poisson y mord peu. C'est dommage, car ce ver est longtemps en vie dans l'eau et tient bien à l'hameçon. Il n'est guère attaqué que par la Carpe, le Gardon de fond, dans les étangs, et l'Anguille dans les rivières à courant moyen ; les poissons blancs s'en détournent et n'y touchent pas. Il est probable que les poissons de fond des étangs, ayant plus souvent occasion de le rencontrer entre les racines des herbes et dans les détritus des champs et des berges emmenées par les grandes eaux, s'y habituent et finissent par ne plus le dédaigner. Ce ver se trouve facilement en été en piochant des terrains un peu argileux non remués depuis longtemps. 6" Nous ne parlerons ici des autres espèces de vers employés pour la pêche que pour mémoire, car ils ont chacun leur article à part. On connaît et on emploie le Ver de mouche ou Asticot, et le Ver à queue, larve vivant dans les lieux de déjections immondes et dont nous ne conseillons pas de se servir, puisque d'autres plus propres le remplacent fort bien. Enfin le Ver d'iris, indiqué par Wallon; le Ver de vase ou larve de névroptère, employé beaucoup à Paris et que les poissons des environs connaissent, tandis que, transporté dans d'au- tres rivières, les poissons, même les plus voraces. Ablettes, etc., s'en détournent et en ont peur. Nous ne pouvons mieux terminer cet article qu'en indiquant quelques recettes aussi vieilles que l'invention de la pêche à la ligne, et qu'on recommande pour se procurer des vers. Nous avons tou- jours, nous, employé la bêche ou la pioche comme moyen, un peu long, mais sûr. Dans un pré ou un lieu rempli d'herbe, on trépigne sur la terre au même endroit pendant 8 ou 10 ADIPEUSE. 10 minutes. On voit alors sortir les vers tout autour de soi. Il faut ne les ramasser que quand ils sont absolument hors de terre. Si l'on s'arrête un instant, ils rentrent aussitôt, et si l'on en veut saisir un à moitié sorti, il se cramponne si fortement qu'on le casse plutôt que de l'arracher. Lorsqu'on est au temps des noix vertes, on en prend 25 ou 30 dont on râpe le brou sur une bri- que plongée dans un seau d'eau. L'eau devient amère et on la répand sur la terre ; les vers sortent au bout d'un instant. Le même moyen s'emploie également avec une décoction de feuilles de noyer ou de chanvre. Les Achées se peuvent recueillir encore la nuit avec une lanterne sourde dans les allées d'un jardin ; mieux après une pluie ou un brouillard. Quand il fait sec, elles ne sortent que dans des lieux humides ou à l'abri du vent et du soleiL ACIPENSER {Genre). — Les Esturgeons sont des poissons de forme allongée, à bouche placée en dessous, privée de dents et saillante, espèce d'ouverture elliptique, garantie par un museau pointu avancé et immobile qui leur sert, sans doute, à fouiller les sables et les vases. Entre la bouche et le museau, 4 barbillons. Les Esturgeons sont très-remarquables par suite des plaques osseuses cutanées, disposées en 5 séries sur leur corps. Elles sont de grandeur différente et toujours garnies d'une pointe plys ou moins émoussée. La caudale est formée de deux lobes dont le supérieur est très-long, comparative- ment à l'inférieur. Poisson de mer de grande taille, remontant dans les grands fleuves. Une seule espèce pour la France. ACIPENSER STURIO. — (Yoy. Esturgeon.) ACHON. — Les pêcheurs de la Moselle donnent ce nom à VAble Dohule. On prononce aussi A»cÂon ei Ançon. (Voy. Chevesne. ) ACON. — Sous Charlemagne, et même avant lui, on se servait de l'Acon le long des rivages de la Saintonge, car il en est fait mention dans la loi salique. L'acon n'est qu'un assemblage de trois planches de sapin, dont l'une forme le fond de cette espèce de bateau. Le conducteur de l'acon s'appuie sur le genou, passe en dehors la jambe droite, et frappe de son pied la vase. Au moyen de cette espèce de rame, il fait glisser l'acon sur ces fonds mous, et franchit ainsi des espaces qu'il ne pourrait traverser autrement. Le pécheur va alors tendre ses fdets assez loin du rivage. L'Acon est surtout employé aux environs de la Rochelle, sur les côtes d'Esnandes. ACULEATUS (Gasterosteus). —(Voy. Épi.noche.) ACUS (Raja-. — {Voy. Raies, § 15.) ADIPEUSE (Nageoire). — La famille si naturelle des Salmones présente tous les individus qui la composent avec deux nageoires dorsales ; mais la seconde de ces nageoires se montre sous une formesi singulière que, jusqu'à présent, les naturalistes ignorent complètement à quoi elle peut servir à l'animal qui la porte. Au lieu d'être formée de rayons plus ou moins solides reliés par une membrane et destinés à frapper l'eau ou du moins à lui opposer une résistance calculée, cette nageoire est composée de rayons absolument rudlmentalres enfermés tous ensemijle dans une espèce de sac membraneux rempli de tissu graisseux, d'où lui vient son nom àoiTro;, graisse. La forme générale de cette nageoire représente une espèce de crête de coq non découpée et pen- chée en arrière vers la qu^e : c'est plutôt un appendice qui semble dénué de mouvements propres, qu'un organe analogue aux nageoires. C'est donc très-improprement qu'on lui a donné ce nom : celui ^'appendice ou d'excroissance adipeuse serait plus exact et rendraitmieux, à l'esprit, l'image qu'il pré- sente aux yeux. La nageoire adipeuse des Salmones est généralement de couleur très-foncée, noire, brune ou verdâtre, assez semblable aux parties les plus obscures du dos. Chez certaines Truites elle porte une ou plusieurs taches rouges tout à fait caractéristiques. Sa longueur même sert à la distinction des espèces dans le genre des Salmonidés, quoiqu'il semble que cette nageoire soit plus grande chez le mâle adulte que chez les femelles. Aurait-elle donc quelque connexion avec l'appareil génital, comme les cornes et autres appendices variables des animaux supérieurs qui n'apparaissent qu'à l'époque de la puberté? C'est ce que l'on ne sait pas. Le rôle de l'adipeuse est absolumeat inconnu. En a-t-ellemême un? C'est ce qu'il est presque permis de nier, quand on volt les poissons que l'on en a privés, vivre aussi alertes qu'avant l'opération. AIGUILLAT. 11 AESCHE. — Dénomination alsacienne de V Ombre commun. (Voy. ce mot.) AESSEAU. — Nom de l'Épervier dans quelques départements de France. (Voy. Épervier.) AGRION (Agrio, Latr.). — Genre d'insectes névroptères, de la famille des Suijulicornes, comprenant toutes les espèces de Demoiselles ou Libellules à corps linéaire, portant les ailes ver- ticalement pendant le repos. Ces animaux ont la tcte courte, large, le front plat, les yeux globuleux et saillants. Les Agrions fréquentent le bord des eaux douces où ils sont nombreux. Ils respirent l'eau par l'anus et sont remarquables par leurs couleurs brillantes sur l'abdomen et leurs ailes métalliques et chatoyantes. Ils font entendre envolant un cliquetis particulier, quand, en changeant brusquement de direction, leurs ailes membraneuses et sèches frap- pent les unes contre les autres. Le type de cette famille est VAgrion vierge, remar- quable par sa couleur bleue. Ces insectes sont placés entre les Libellules ou De- ,moiselles dont ils ont les mœurs, et les Ëphémères. Mis à l'hameçon pour la pèche à la mouche, ils plai- sent quelquefois aux poissons, mais le plus souvent leurs ailes raides sont un obstacle. En mordant sur eux, les Chevesnes, Dards, etc., se blessent et recrachent l'appât. ^''J- ^- " -^»''''^" "''''S'^- ^^'^- °**-> Il est toujours préférable d'arracher les ailes, de se servir du corps seulement, et de mettre, sur la pointe de l'hameçon, un autre insecte à ailes molles. AGÛEILLE. — Nom gascon de l'Orphie. (Voy. ce mot.) AGUGLIAT. — Nom de l'Aiguillât à Nice. (Voy. Aiguillât.) AGUIJE. — Nom de l'Orphie aiL\ Martigues. (Voy. Orphie.) AGUILLA. — Nom de l'Aiguillât aux Martigues. (Voy. Aiguillât.) AGUILLAT. — Nom de la Roussette petite, ou Chien de mer, dans plusieurs départements du Midi. (Voy. Roussette.) AGUIO. — Nom de l'Orphie aux environs de Nice. (Voy. Orphie.) AGULIA. — Nom languedocien de V Aiguillât. (Voy. ce mot.) AGULIO. — Nom languedocien de V Orphie. (Voy. ce mot.) AICHE. — Synonyme de Esche. (Voy. ce mot.) AIGLE. — On donne à Dieppe, où on le prend souvent, le nom d'Aigle au Maigre [Sciene). (Voy. ce mot.) AIGLE (Raie). — (Voy. Raies, § 1-4). AIGUILLAT (Spinax acanthias, Flem.). — Chondropt. à branch. fixes, plagiostome. Long, max = \°^,hO. Syn. : Picked dog, Picked dog fish, angl. — Haafisk, dan. — Pighaa, norw. — Haafu)\ island. — Hag, suéd. — Dùrnhay^ Dornhund, Spoimhag, a\l. — Speerhuay, hoU. — Âzio, oguzeo, pesce ca;2, ital. — Spinec, bret. — Sea-dog, écoss. — Peixe prego, portug. Squale très-voisin du Requin, mais n'ayant pas d'anale et portant des évents. Ces animaux ont une forte épine en avant de chacune des dorsales, et des dents tranchantes sur plusieurs rangs. Corps noirâtre sur le dos à reflets bleus, tacheté de blanc chez les jeunes ; ventre jaune-blan- châtre. Peau très-rude et chagrinée. Pas de nageoire anale. Bouche semi-circulaire et couverte, presque ronde. Dents basses, enchevêtrées, avec leurs pointes dirigées alternativement en dedans et en dehors, bords coupants. Nageoires pectorales grandes, ventrales petites. Queue puissante, lobe supérieur beaucoup plus grand. Chair filandreuse, dure, mauvaise, pouvant empoisonner quelquefois. Œuf à jaune recherché et délicat. Les jeunes naissent de juin en jiovembre. AIGUILLAT. — Ce squale est sans contredit le plus commun de tous les re- quins. Il marche toujours en troupes, quelquefois en nombre incalculable, si l'on en juge par les pêcheurs qui les prennent, les uns après les autres, à l'hameçon, avec une rapidité inconcevable. Les petits sont de la partie et suivent les gros à la 12 AIR poursuite de bandes de poissons qu'ils sont encore incapables d'attaquer. Quand on prend l'Aiguillât, il se courbe en arc pour se défendre avec ses épines, et se dé- Fig. 5. — Aiguillât (Spinax acanthiar, Fleni: tend comme un ressort. Montagu a entendu parler de 20,000 pris dans un seul coup de senne. C'est au moment de la poche du Hareng que ces armées de ravageurs appa- raissent et n'ont de rivaux que dans le nombre de leurs victimes. On croit recon- naître qu'ils se réunissent en plus grand nombre à la pleine et à la nouvelle lune. AIGUILLE (Pêche à !')• — (Voy. ANGUILLE, Pèche.) AIGUILLE A ENFERRER LE POISSON VIF. — (Voy. ENFERRER LE POIS- SON VIF.) — (Filets). Ce mot est synonyme de Navette. (Voy. ce mot.) AIGUILLETTE. — Nom populaire de V Orphie en Bretagne. (Voy. ce mot.) AIGUILLÈRE. — Sorte de fdet fixe employé dans la Méditerranée. AIGUILLON. — Nom populaire du jeune Brochet. (Voy. ce mot.) AIGUISER LES HAMEÇONS. — (Voy. PlERRE A AIGUISER.) AIR. — L'air est nécessaire aux poissons comme aux autres animaux de la création; seule- ment il ne leur arrive pas directement, mais par l'intermédiaire de l'eau qui le tient en dissolution. Cette manière de respirer a nécessité chez eux les organes spéciaux connus sous le nom de bran- chies, placés près de la poitrine, des deux côtés de la tète, et protégés par les organes vulgaire- ment appelés ouïes. L'air est absorbé par les poissons non-seulement en dissolution dans l'eau qui les entoure, mais également en nature à la surface de l'élément qu'ils habitent. Ils semblent venir ioù-e de l'air, comme nous buvons de l'eau, dans certaines circonstances de leurs besoins organiques. Cet air, avalé par eux au moyen d'une aspiration, ne passe jamais par les branchies pour sortir de leur corps ; il n'est donc pas destinéàla respiration. Le poisson l'avale, le faitsansdoutedescendre dans son estomac dont il doit peut-être vivifier les sécrétions, mais, en tous les cas, il rend en bulles, par la bouclie, la quan- tité d'air avalée. Cette exglutition s'exécute souvent par l'animal, en plusieurs fois, à d'assez longs inter- valles, ce qui ferait penser que l'air ne séjourne pas seulement dans les cavités buccales, mais est avalé et sert dans l'estomac à une fonction encore inconnue, après laquelle il est expectoré comme substance inerte et désormais inutile. La facilité qu'ont les poissons de rejeter les objets avalés par eux, ne rendrait, en aucun cas, cette fonction pénible pour eux. La quantité d'air nécessaire à la respiration des poissons est assez considérable; il est probable ALGUES. 13 qu'en absorLant l'oxygène, Ils rendent l'azote et sans doute aussi de l'acide carbonique; toujours est-il que quand on les séquestre dans de l'eau sans communication facile avec l'air extérieur, comme celle qui est renfermée sous la glace et ne possède pas un écoulement qui la renouvelle, ou un vo- lume suffisant pour prévenir l'épuisement d'air vital, ces animaux meurent asphyxiés. On a de nom- breux exemples de ce fait, dans les étangs dont l'eau n'est pas remplacée par celle des ruisseaux ou des sources. Il ne faut cependant pas négliger de faire entrer dans ces considérations la quantité des gnz di- vers qui s'échappent en abondance des vases et des détritus végétaux accumulés au fond des eaux. Ces gaz, parmi lesquels les combinaisons de l'hydrogène, du carbone, du soufre, du phosphore, etc. sont nombreuses, doivent être aussi délétères pour les poissons que l'air devenu irrespirable parce qu'il a déjà été respiré. Il y aurait de curieuses expériences à faire à ce sujet, en séparant d'un vo- lume d'eau donné la quantité des gaz qui le traverse dans l'état ordinaire des choses de la nature. On serait certainement frappé, dans certaines localités, de son extrême abondance, et l'on ne man- querait pas d'en déduire des faits du plus haut intérêt. AL.A-LONGA(Thymnus . — (Voy. Germo.n.) ALANDT. — Nom du Jesse. ALAUSAGOMMUNIS. — (Voy. .\lose commune, Hist. Nut.) ALAUSAFINTA — (Voy. Alose feinte, Hist. Naf.) AL.AOUZO. — Nom languedocien de V Alose commune. (Voy. ce mot.) ALBA (Raja). — (Voy. Raies, § 8, Hist. Nut.) ALBURNOIDES CYPRINUS. — (Voy. Ablette alblrnoïde, Htst. Xaf.) ALBURNU3 (Genre). —(Voy. Alburnus cyprinus, //î^^ iVa^) ALBURNUS BIPUNCTATUS (Heckel). — (Voy. Ablette biponctuée, Hist. Nat.) ALBURNUS CYPRINUS.— (Voy. Ablette, ffn^/. Nat. et Pe'che). La désignation d'albunius a été appliquée à l'Ablette par Rondelet. On en a fait un genre, c'est Heckel et Kner qui ont opéré ce changement. Jusqu'à eux, le m )t Albu'nus était seulement appliqué par Linné à l'espèce Cyprinus alburaus. ALBURNUS DOLABRATUS (Siéb.). — (Voy. ABLETTE Hachette.) ALOZAT. — Sorte de filet fL^e, en tramail, dont on fait usage dans la Méditer- ranée pour prendre les Aloses. ALBURNUS FABREl. — (Voy Ablette de Fabre, Hist. Nat.) ALBURNUS LUGIDUS (Heckel). — (Voy. Ablette co.mmu.ne.) ALBURNUS MIRANDELLA (Blanc). — (Voy. Ablette mirandelle.) ALESNE — Dans quelques départements sur la Méditerranée et l'Océan, on donne le nom d\Ales7ie à la Baie oxyrhinque ou à long bec. (Voy. ce mot.) ALEVIN. — Nom donné aux jeunes poissons dont on se sert pour peupler les étangs. On afTecte surtout ce nom aux jeunes Carpes de 0'",10 àO^jlo de longueur. ALGUES, —Ce mot a longtemps été appliqué à des plantes bien différentes, mais en général appartenant toutes à la mer ou à ses rivages. Linné d'abord, Jussieu ensuite ont restreint le sens de cette appellation, et l'ont appliquée à des plantes qu'ils ont divisées en 3 classes : Phycées ou Algues submergées. Lichens — émergées. byssacées — amphibies. Des travaux plus récents ont encore renversé cette classification, et les Algues marines ou Tha- /assiopltytes ont été réparties en trois nouvelles familles assez naturelles. Les Zoosperme'es, à feuille vert herbacé. Les Fioriftecs, à couleur rose, violette ou pourpre. Les Pfiyce'es, à nuance vert olivâtre plus ou moins foncée. Les Algues sont des plantes agames, le plus souvent vivaces, vivant dans l'eau douce ou salée, souvent à leur surface, quelquefois dans l'air. Extrêmement abondantes en mer, le flux et le reflux les ballottent en masses énormes, et l'eau les abandonne enfin quandelles sont flottantes ou détachées des rochers sur lesquels une de leurs extrémités est ordinairement û.xée. Elles sont utiles à la repro- 14 ALIGNOLE. Fig. 6. — Fucus vesiculosus. duction de certains poissons qui y attachent leurs œufs. Elles servent de refuge à d'autres contre les dents des plus forts et aussi de lieu d'embuscade aux espèces rapaces d'un volume faible ou moyen. On les emploie souvent à l'emballage des poissons et des crustacés, l'humidité qu'elles con- servent aidant à maintenir les poissons à l'état de fraîcheur pendant un temps assez long. L'industrie et l'agriculture en tirent également parti. Sans vouloir, en aucune façon, nous étendre sur l'étude de ces curieux végétaux, il nous a semblé indispensaljle que le pécheur, qui les rencontre en mer à chaque moment, soit qu'il les roule du pied près des rochers, soit qu'il les accroche au fond avec ses hameçons, sache au moins les premiers mots de leur histoire. Il faut qu'il apprenne que si les Algues lui paraissent des plantes, un peu bizarres il est vrai, elles n'en sont pas moins placées si près de la limite du règne animal, qu'empiétant un peu sur lui, il y a des mo- ments de leur existence où la séparation est presque impossible à faire. Rappelons que Cuvier avait rangé, comme beaucoup d'autres, parmi les animaux, les Corallines qui sont actuellement classées parmi les végé- taux, et constatons qu'il existe encore des êtres si équivoques sur la limite de ces mondes, que les zoologistes et les botanistes les reven- diquent tour à tour en leur faveur, sans parvenir à s'entendre sur leur nature ambiguë et à les attribuer à qui de droit. Le phénomène le plus curieux de l'histoire des Algues et le seul sur lequel nous voulons nous appesantir un instant, est celui de leur reproduction. Au premier rang nous voyons à peu près toute la famille des Zoospermées, dont le nom va recevoir par là son explication. Lorsque ces plantes sont arrivées à leur entier développement, la matière verte renfermée dans les cellules de leur tissu, subit une modification profonde, inconnue, merveilleuse, comme tout ce qui s'imprègne de la force vitale, modification par suite de laquelle cette matière naguère inerte et insensible se transforme en véritables animalcules. Ceux-ci, au moyen de leur bec, percent la paroi de leur cellule natale pour s'échapper. Globuleux ou ovoïdes, ils s'agitent et nagent d'un mouvement rapide au moyen des cils vibratiles dont ils sont munis et qui leur forment une couronne mobile ou une toison animée. Si l'on suit attentivement leur mouvement, on les voit, après avoir erré quelque temps, soit à la recherche d'une nourriture microscopique, soit, pour accomplir des fonctions que nous ne connais- sons pas encore, se fixer à quelque corps sous-marin, et là devenir d'une fixité parfaite, privés de leurs appareils moteurs, se changeant en une véritable graine, régénérant une plante semblable à celle qui leur a donné naissance. Un dernier mot : AUjues, ces êtres sont composés comme les sègi- \\!iW\;zoosi)ermes^\\'s, ont une composition chimique tout à fait analogue à celle des matières d'origine animale! Bien que toutes ces plantes, jusqu'à ce jour connues, appartiennent à un nombre relativement restreint de familles, les espèces y sont si multipliées, les formes si variables, les couleurs si mer- veilleuses, que la flore de la mer ne le cède guère en splendeur à celle de la terre. Les unes sont immenses, puisqu'elles ont 2 à 300 mètres de long ; les autres si petites qu'elles deviennent microscopiques. Les unes sont parasites, et vivent soit aux dépens des autres Algues, soit aux dépens des animaux de différentes classes plongés dans le même milieu qu'elles. 11 est aujourd'hui acquis à la science qu'elles jouent dans les eaux un rôle tout à fait similaire à celui des végétaux dans l'air. Non-seulement elles fournissent à des myriades de poissons le vivre et le couvert, — et à ce titre elles intéressent le pêcheur, — mais encore la culture des aquarium a prouvé qu'elles absorbaient les gaz viciés par les poissons et restituaient l'oxygène dont ils ont besoin pour soutenir leur existence. Admirable équilibre ! Quelque part que le naturaliste tourne les yeux, la prévoyance provi- dentielle éclate, et quelque nom qu'il donne à cette puissance, elle n'en est pas moins la plus grandiose manifestation dont son esprit puisse être frappé! ALIGNOLE. — Filet dont on se sert ponr prendre les petits poissons de mer. Il a la forme d'une simple nappe avec flotte et plombs, qu'on établit près de la surface de l'eau. On l'ourdit quelquefois en Provence avec un fil retors assez fort, parce qu'il sert alors à prendre des Bonites, des Thons, des Espadons, etc. ALOSE. 15 ALOSA. — (Voy. Alose. [Genre]). ALOSA CLUPEA. — (Voy. Alose). ALOSA COMMUNIS. — (Voy. Alose commune.) ALOSA FINTA. — (Voy. Alose feixte.) ALOSAOU. — Nom provençal de l'Alose commune. (Voy. ce mot). ALOSE [Genre], (Alosa, Cuv.) — Malacopt. abdm. Clupéoïdes. Les Aloses se reconnaissent facilement à la carène ventrale dentée en scie dirigée en avant, qui s'étend des ventrales à la caudale. Dans leur bouche, les maxillaires et les intermaxillaires sont seuls rnunis de très-petites dents. Le corps est d'ailleurs comprimé. Deux espèces très-voisines, pour la France, peut-être trois. ALOSE BATARDE. — Quelquefois fausse Alose : dénomination populaire du Saurel (voy. ce mot), quand il remonte les fleuves en même temps que les Aloses. ALOSE COMMUNE (Alosa Clupea, Lin.). — Malacopt. abd. 3« fam. Clupes. Long, max. = im. Syn. : White Shad., angl. — lise, Godfisch, ail. — Elfs, holl. — Laccia, Agone, Ital. — Sabogo, espag. — Stad sill, suéd. — Savel, portug. Sur deux Aloses prises à Brest en 1861, nous avons'trouvé A = 23, P = 15, incolores, légère- ment bordées de vert, ventrale et anale incolores, caudale un peu grise au bout. Corps très-mince, plus comprimé encore que la Brème, avec laquelle elle a une certaine ana- logie de forme, quoique appartenant au même genre que le Hareng (Clupéoïdes). Tête petite, bouche grande, garnie de petites dents, mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure qui est éclian- crée à son extrémité. La langue est blanche, marquée de petits points noirs : elle est pointue et à demi libre. Le système tout particulier au moyen duquel la mâchoire inférieure, terminée en pointe, entre dans la supérieure, est tout à fait caractéristique de ce poisson. Les maxillaires supérieurs se terminent de chaque côté en lames minces et transparentes, articulées au bout du nez et qui s'écartent quand la bouche s'ouvre. Le palais est marqué de taches régulières. 19 rayons à la dorsale grise-noirâtre, 20 à l'anale, basse, allongée, de couleur grisâtre et finement pointillée de noir; caudale fourchue,'grise aussi ; ventrales blanches; carène du ventre dentée et couverte de lames transversales. Elle porte des taches noirâtres sur les opercules et aux environs de la caudale. Les écailles dures et terminées par une pointe aiguë se continuent jusque sur la queue. Dos vert-olive pâle, avec des reflets dorés et irisés ; flancs, gorge et ventre nacrés à reflets un peu verdàtres et comme dorés. OEil blanc à iris noir. Les Aloses habitent l'Océan et la Méditerranée. Elles remontent au printemps, en franchissant les digues, les fleuves jusque près de leur source, puis elles retournent à la mer en automne. Il ne faudrait pas conclure de ceci que l'Alose a, pour remonter les courants et sauter les barrages, la même force que le Saumon ou la Truite; elle recule devant des chutes un peu fortes et des déversoirs à nappe rapide. Aussi les barrages que les usines ou les entreprises d'arrosement forcent à établir sur les rivières nuisent-ils considérablement à la reproduction de ce poisson, qui ne peut franchir ces obstacles et parvenir à une eau convenable à sa ponte. C'est pour l'Alose autant que pour le Saumon et la Truite, qu'il convient d'établir, auprès de ces barrages, des échelles de remonte appropriées à la force du poisson et lui permettant, par une série de bonds peu considérables, de franchir ces passages désormais pour lui inabordables. C'est à leur arrivée en mars et avril qu'elles déposent leur frai sur le bord des eaux en se pressant par troupes et faisant, comme la Carpe, un bruit considérable qui s'entend au loin. A la suite de cette opération, les Aloses sont amaigries et fatiguées. Quelques-unes même n'ont plus la force de nager et se laissent emporter par le courant renversées sur le dos. On dit même qu'il en meurt, en ce moment-là, un certain nombre. En août et septembre on rencontre dans les fleuves et leurs affluents de jeunes Aloses de O^jOG à 0™,08 de longueur, descendant à la mer. La chair de l'Alose est de qualité très-variable ; lorsqu'elle est prise dans l'eau douce et quelque temps après le frai, cette espèce est très-recherchée, quoique sa chair soit remplie d'arêtes. Ce poisson mord rarement à la ligne, quoiqu'il se nourrisse de vers, d'insectes et de petits poissons, mais on en a des exemples, surtout pour les jeunes individus. La Seine-Inférieure est de toutes nos rivières la plus abondante en Aloses ; il y a des années où l'on y en prend 12 à 14,000, avec des filets appropriés. ALOSE COMMUNE. — La pêche de l'Alose se fait en eau douce dans les fleuves et rivières où elle remonte, et exclusivement au filet. On emploie surtout la 16 ALOSE, senne et le tramail, mais on peut également les prendre à la truble dans les pe- tites anses, au verveux et à la nasse. Le talent principal du pôcheur consiste à de- viner, par l'inspection du temps, de la marche de ces poissons, s'il faut qu'il les attaque de fond ou à la surface. On pêche ordinairement l'Alose en descendant le courant. Si le temps est chaud, orageux, lourd, ce poisson descend au moins à 2 mètres, et se tient dans les grandes eaux. Si la chaleur est sèche, dure, le temps élevé, les Aloses viennent s'ébattre dans les anses abritées et jouer sur le sable et les petits cailloux. Le meil- leur moment pour la pêche, c'est la nuit, quand il n'y a pas de lune et par les pe- tites crues qui troublent les eaux. Comme ce poisson est extrêmement défiant, on en prend, avec ces précautions, plus que si on l'attaque à guerre ouverte. La pêche dure de mars à juillet. La senne que l'on emploie porte le nom d'Alosièj^e. On a remarqué que quand l'eau est claire au printemps, les Aloses mon- tent plus tôt. S'il vient une crue par hasard, elles attendent pour monter que l'eau ait repris sa pureté première. Si elles sont surprises par une crue dans leur remonte, elles s'en retournent vers la mer. On dit de même — et cela ne date pas d'aujour- d'hui, puisque Élien le rapporte, — que s'il tonne pendant que les Aloses remon- tent les fleuves, elles retournent rapidement à la mer. La seule réflexion que doi- vent inspirer ces assertions, c'est que de toute antiquité on s'est aperçu de la sauvagerie et de la défiance de ce poisson, ce que nous avons fait remarquer plus haut. L'Alose remonte tous nos fleuves, la Gironde, la Loire, la Seine, la Somme, la Meuse, le Rhin, le Rhône, etc. Dans ce dernier, elle est même une des pêches les plus importantes. C'est pour elle que l'on emploie le filet spécial nommé Araignée. (Yoy. ce mot.) Où vont les Aloses une fois redescendues à la mer ? On ne le sait pas. On prend quelques rares individus, en automne, sur les côtes près des embouchures des ri- vières : il est probable que ce sont quelques retardataires malades ou blessés, car leur chair est maigre et mauvaise. Mais la grande armée, la masse, où va-t-elle ? Nul ne le sait. Elle va où vont les Harengs, ses cousins, les Sardines, ses cousines, et mille et mille autres que nous perdons de vue:-..., car notre vue est encore bien courte ! ALiOSE FEINTE (Alosa Finta, Cuv.). — Malacopt. abdom. Clupéoid. Long. max. =0",45. Syn. : Wfnle Shad, angl — Alacha, esp. — Blomstecq, bret. — Vinlen, lioU. — Sabelia, porlug. — Vint, Venth, Verich, flam. — Astouna, basque. La Feinte ressemble telIenienlàrAlose commune que ces deux poissons sont très-dilTiciles à dis- tinguer au premier coupd'œiL Cependant la Feinte a la dorsale plus haute et les ventrales plus petites que l'Alose commune. De plus, elle porte sur la ligne latérale 5 à G taches rondes noires, espacées à la suite l'une de l'autre. La Feinte est un poisson de mer qui entre dans nos rivières vers le mois de mai, aussi l'ap- pelle t-on dans beaucoup de pays le/'omon de maî.-elle arrive après l'Alose vraie, et marche, comme elle, par troupes. Le but de ce voyage dans l'eau douce est d'y déposer son frai; cela fait, elle retourne à la mer vers la fin de juillet. Dans le mois de juin, o:i voit ces poissons en grand nombre faisant grand bruit et jouant près delà surface. En langage de pécheur, cela s'appelle battre l'eau, mais il parait qu'elles se débarrassent ainsi de leurs œufs mûrs par une violente action musculaire : ce bruit se fait entendre à une grande distance le soir ou dans le silence de la nuit. En octobre on trouve du frai de 0",10 à 0",15 ; nous en avons péché à la senne, en mer, avec des bancs de petits mulets. (Sept. 186G.) On remarque dans la remonte des Feintes un ordre différent des Aloses vraies : chez celles-ci ce sont les petites et les maigres qui entrent les premières dans l'eau douce ; chez les Feintes, au contraire, ce sont les gros individus qui ouvrent la marche. Les pécheurs ont donné à ces premières AMBRE, 17 venues le nom de Feintes à gros œil ou Feintes noires, parce qu'ils ont cru remarquer qu'elles avaient l'œil beaucoup plus grand que les autres et la peau plus noire. Ce dernier caractère peut parfailem3nt tenir à leur âge plus avancé; quant à la grandeur de l'œil, il serait à désirer que des observations fussent faites à ce sujet; elles pourraient indiquer une autre espèce, ou au moins une variété. Fig. Alose feinte {Alosa fin/a, Cuv.) Les dernières arrivées, car les bandes montent, pendant l'été, à deux ou trois reprises différentes, sont appelées par les pécheurs de la Loire Feintes bretonnes, comme s'ils pensaient qu'elles viennent de la basse Loire ou des eaux bretonnes de ce fleuve. Elles sont beaucoup plus maigres et moins estimées que les Feintes à gros œil. Dans la Seine-Inférieure les pécheurs appellent Cahuhau le mâle de la Feinte, et ils ne l'estiment qu'au second rang. C'est le contraire de l'Alose vraie. La nourriture de la Feinte parait être les petits poissons et les crustacés à carapace pas trop dure D= 18. P = 15. V=9. A= 21. C = 19. ALOSE FEINTE. — La Feinte se pêche absolument de la même manière que l'Alose vraie, au moyen des sennes, des trubles, surtout du tramail et quelquefois des nasses et verveu.x. (Voy. Alose commune.) Yarrell rapporte que M. Holdsworth lui a affirmé avoir pris plusieurs Feintes, un jour, en péchant au maquereau avec une légère ligne flottante à l'embouchure d'une rivière. Son amorce était un morceau de maquereau. ALOSE ROUSSE. — (Yoy. Glupée rousse.) ALOSIÈRE. — Senne fine et à grandes mailles avec laquelle on prend les Alo- ses. (Voyez ce mot.) ALVIN. — (Voy. Alevin.) AMAIRADE. — Filet du Languedoc qui s'appareille comme les Bottudes, et ressemble à des Demi-folles. (Voy. ces mots.) AMBRE. — On confond souvent l'Ambre jaune et l'Ambre gris. Le premier, dont on fait des bijoux, ne nous est point utile pour la pêche ; il s'agit ici de l'Am- bre gris, substance grasse, ai^omatique et douée d'un parfum analogue au musc, et qui paraît être une concrétion formée dans les intestins de certains Cachalots. On emploie cette substance odorante dans la composition des appâts et des crnorces artificielles. (Voy. ces mots.) 18 AMMOCŒTE. AMERTUME. — Certains poissons présentent naturellement un goût amer dans leur chair ; la Bouvière est de ce nombre. D'autres, comme le Gordon, ne con- tractent ce goût que dans certaines eaux et à un moment de l'année, quand ils se nourrissent d'herbes aquatiques abondantes dans ces endroits. La Perche elle-même, quoique Carnivore, contracte ce même goût amer dans les eaux 011 le Gardon le devient, sans doute parce qu'elle se nourrit de Gardons amers. Quel que soit le poisson, il prend également une amertume extrême si, en le vidant, on vient à crever la vésicule du fiel. On prétend que pour enlever cette saveur désagréable, il suffit de mettre dans l'apprêt du poisson quel qu'il soit, friture ou matelote, un morceau de fer, bien dé- capé à surface vive ; ce moyen n'est pas à dédaigner et mérite d'être mis en pratique. AMMOCŒTE. — Le nom de ce poisson est formé de deux mots grecs (à[j.!J.o; sable, et xoÎTr, gile); il rend parfaitement compte des mœurs de ce petit animal. L'Ammocœte, il y a dix ans, était simplement un cyclostôme assez semblable, comme forme, aux Lamproies, en très-petit. Deux espèces étaient connues ; nous verrons tout à l'heure ce qu'est ce poisson en réalité. 1° L'Ammocœte lampriUon,nommé aussi Sepf-œil et Chatouille (Ammocœte bi^anchialis, Dnménl), Long. max. = 0™,20. Syn. : Pride, Mud-Lamprey, angl. ; — Vor-igla, allem. Ce petit poisson est conformé absolument comme la Lamproie ; son corps paraît annelé. Au fond de la bouche sont placées 5 ou 6 dents ou osselets semi-circulaires; le bord postérieur de cette bouche est bilobé. Nageoires dorsales très-basses, terminées en ligne courbe ; yeux très-petits, voilés par une membrane. Dos verdâtre ; côtés jaunes; ventre blanc sans taches ni raies. Ce petit poisson attaque quelquefois les branchies des poissons plus forts. Il est très-bon à manger, mais sert rarement à cet usage. On le trouve dans le sable ou la vase des ruisseaux et rivières à eau limpide. Les Ammocœtes sont très-fécondes et pondent des milliers d'œufs que le mâle vient féconder. Les œufs sont abandonnés comme ceux des autres poissons à l'éclosion naturelle, qui a lieu au bout d'un temps plus ou moins long, selon la saison. 2" VAmmocœte rouge {Petromyzon ruber. Lac). Long. max. = On>,20. Rouge de sang, plus foncé sur le dos que sur le ventre, se trouve aux mêmes lieux que la précé- dente. Celui que l'on prend dans la Seine est souvent appelé par les pécheurs Aveugle^ à cause de l'extrême petitesse de ses yeux, ou encore Se/J^œ^/ rouge. On trouve aussi dans la Seine-Inférieure une autre Ammocœte que les pêcheurs nomment le Sucet, et qui ressemble beaucoup à l'Ammocœte rouge. Corps cylindrique, long. max.= O^jlO, nageoires dorsales basses, un peu adipeuses et la seconde s'étendant presque jusqu'à la queue. Tête large, yeux loin du museau, et comparativement grands, recouverts par la peau de la tête, iris doré. Dans la bouche, 9 petites dents orange, langue blanche et garnie elle-même de crans. Cet ammocœte suce le sang des Aloses et paraît dans les rivières en même temps qu'elles (?). On trouve encore à Rouen le Sept-œil noir. Ces trois ou quatre poissons se nourrissent de vers, d'insectes et surtout de charognes. Tel était l'état des connaissances que l'on possédait sur les Ammocœtes, quand A. Mùller démontra d'une manière irréfragable, en les conservant en captivité et observant leurs mœurs, que ces poissons n'étaient que des larves, à différents états de développement, de la Lamproie de Planer ou petite Lam- proie de rivière {Petromyzon P/aneri, Dloch). Plus petite que la L. fluviatile dont elle a la couleur, celle-ci ne dépasse pas une longueur de O^.Vô. Sa bouche porte des dents obtuses. Elle passe au moins deux années à l'état de larve ou d'Aramocœte, et ce n'est que la troisième année, quelquefois même au commencement de la qua- trième, que la métamorphose s'accomplit, vers le mois de mars ou d'avril. A ce moment elles pondent et meurent après. Adulte, cette Lamproie est carnassière, active, elle peut sucer sa proie. C'est elle que les pêcheurs ont vue parasite sur les branchies des diflerents poissons (?). A l'état de larve (ammocœte), la Lamproie est lucifuge, et ne vit que par l'absorption des particules animales que lui apporte l'eau dans laquelle elle est plongée, car sa bouche est encore imparfaite et ne peut lui permettre une succion véritable. AMONT. 19 Tout à fait jeune, la bouche est triangulaire et sans dents ; à mesure que l'âge arrive, la bouche se niétamorplioseot se rapproche du cercle, tandis que les dents apparaissent et arrivent rapidement h leur grandeur normale. Sans yeux d'abord, ceux-ci paraissent peu ù peu, d'aljord sous la peau, puis au dcliors. Ces faits sont du plus haut intérêt et singulièrement anormaux parmi les animaux vertébrés. AMMOCŒTE. — L'Ammocœte, connue sous dix noms différents, ainsi que nous venons de le voir, est toujours et partout une des esches les plus précieuses pour les poissons carnassiers des eaux douces. Tous y donnent. L'An- Fiy. 8. — Ammocœte [Petromyson Planeri, Miii.). guille en est friande, le Brochet, la Truite ne cherchent pas de meilleure proie quand ils aperçoivent celle-ci. Le secret de cette prédilection doit se trouver dans l'extrême vitalité de ce petit poisson, qui résiste pendant de longues heures à la piqûre de l'hameçon et passe ce temps en convulsions continuelles. Je sais bien que le pêcheur à la ligne est cruel et que pour lui les souffrances n'ont pas d'émotions : elles sont favorables à son projet, car elles ont pour effet d'attirer de très-loin les carnassiers qui, aper- cevant ces mouvements rapides et continuels, craignent qu'une si- bonne aubaine ne leur échappe et se précipitent, tète baissée et gueule béante, afin de satisfaire leur voracité. Pour empiler les Chatouilles ou Sept-œil, il faut passer le dard de l'hameçon seulement dans la partie charnue du dos. Dans la bouche, on les tuerait rapide- ment, ce qui est contraire à ce qui fait leur prix. On les conserve facilement dans l'eau sur un peu de sable. L'Ammocœte se prend avec des nasses, des guideaux et des fdets mobiles auxquels on a imposé différents noms, suivant les rivages oîi on les emploie et la forme qu'on leur a donnée. AMMOCŒTE BRANCHIALIS. — (Voy. Ammocoete.) AMMODYTES LANGEA. — (Voy. Équille.) AMONT. — Ce terme vient du mot latin ad montem^ signifiant du côté de la montagne^ d'en haut ; c'est le cùté d'où descend, d'où vient un cours d'eau quelconque. Il est l'opposé d'aval. (Voy. ce mot.) La direction du vent, d'amont ou d'aval, est très-importante pour le pécheur à la ligne : le vent d'amont forme des vagues ou rides qui soulèvent le poisson de surface, dam le sens de ses écailles, puisqu'il présente toujours la tête au courant pour être prêt à saisir la nourriture que celui-ci charrie. Quand ce vent n'est pas froid, il est préférable, dans les mêmes cas, au vent d'aval. 20 AMORCES. AMORCES. — Les amorces sont des appâts que l'on jette dans l'eau pour at- tirer le poisson à l'endroit oh l'on doit pêcher, h la différence des Esc/tes qui sont des appâts également, mais attaches à l'hameçon. Une des meilleures amorces est le ver blanc de viande ou asticot ; mais chaque poisson ayant une préférence pour telle ou telle nourriture, on a dû varier l'espèce d'amorces pour chacun ou pour ceux de mœurs semblables. Le secret de la réussite des pêcheurs qui font de belles captures, dans la loca- lité qu'ils habitent, se compose de deux choses : 1° une parfaite connaissance de la rivière, eta° la précaution d'amorcer à intervalles égaux les mômes places choisies et connues d'eux seuls. Le poisson, comme tous les animaux, est susceptible d'une certaine éduca- tion ; donnez aux Carpes d'un bassin ou d'une rivière, tous les jours, du pain à la même heure, et à oette heure-là, elles viendront d'elles-mêmes se rassembler au lieu habituel pour attendre leur provende ; changez de place un jour, et vous verrez l'a- morce délaissée pendant assez de temps, jusqu'à ce que le hasard la leur ait fait trouver. Or, ce qui se passe à la surface pour les Carpes apprivoisées d'un bassin, se passe également au fond de l'eau pour les Carpes sauvages d'une rivière. Elles s'habituent, au bout d'un certain temps à trouver à un certain endroit, une nour- riture abon(4ante et appropriée à leur goût ; elles y viennent, se repaissent, puis s'é- loignent chercher aventure. Leur estomac est repu, elles vont cueillir leur dessert. Qu'au lieu de leur apporter leur nourriture, vous laissiez tomber au même en- droit votre hameçon couvert d'une partie de l'amorce habituelle, elles se jetteront dessus sans regarder, sans défiance et avec une voracité dont vous serez surpris. Si, de plus, vous avez choisi l'heure, d'après les habitudes connues des poissons, la grosseur de la bouchée suivant l'animal que vous désirez, vous êtes à peu près sûr de réussir ; car un gros poisson mord quelquefois à une petite esche, mais ja- mais un petit ne mord à une grosse. C'est ainsi qu'en variant les amorces suivant les endroits qu'affectionnent les poissons, on peut arriver à les réunir. Les fèves, le blé cuit rassembleront en un seul endroit les Carpes, Tanches, Gardons de fond, Brèmes, tous poissons qui ha- bitent ensemble et qui fréquentent les mêmes fonds vaseux, entre les roseaux. Les détritus d'animaux, les vers de terre hachés, les débris de vers à soie, la rate cuite, le sang caillé, les entrailles de volailles, des oiseaux, etc., rassemble- ront les Anguilles, les Lottes, les Barbeaux, si vous les déposez, mêlés avec de la terre glaise et du crottin de cheval, à l'extrémité d'une digue, d'un perré, d'un vieux mur, entre des souches profondes, près des carrières ou des remblais trempant dans la rivière. Du crottin de cheval, du son, du sang, mêlés dans un panier ou un filet, fe- ront assembler en un endroit rapide et dans l'eau claire, les Ablettes, Goujons, petits et gros Chevesnes, Dards, même les Barbillons, etc. Il est donc vrai de dire que l'amorce est le moyen par excellence et le secret du grand pêcheur. C'est surtout le secret de ceux qui en font leur profession et qui souvent, ne reculent devant aucune préparation peu ragoûtante pour rendre cer- tain le succès du lendemain, succès du reste légitime, puisqu'il assure leur exis- tence, mais que le pêcheur amateur n'oserait pas poursuivre au prix des mêmes sacrifices de délicatesse. S'il l'ose, tant mieux pour lui, ce sera le cas de lui dire : honneur au courage récompensé ! AMORCES. 21 L'expérience démontre suralx^ulumment ainsi, qne toutes les fois qu'on en aura le temps et les moyens, il faudra amorcer au même endroit, aux mêmes heures et avec^la même substance pendant plusieurs jours de suite. Il est bon d'amorcer plusieurs endroits à la fois et de quitter l'un pour aller à l'autre quand un premier poisson a été pris. Gomme les endroits choisis sont ordinairement placés sur la même rive de la rivière, il faudra commencer par en bas, en remontant, et cela pour deux raisons. D'abord, quand un bruit se produit dans l'eau, le courant lui- même fait descendre l'ébranlement, produit ainsi, à une plus grande distance qu'il ne peut remonter ; en second lieu, si le poisson pris a effrayé les autres en se débattant, ceux-ci ont fui en remontant la rivière, toujours, ce qui peut donner l'espoir de les retrouver aux autres places amorcées qu'ils peuvent renconter sur leur passage. Le choix des endroits où l'on dépose l'amorce est également fort important. 11 faut qu'ils soient nets d'herbes et de grosses pierres, que le courant ne puisse en- traîner les matières déposées, etc. ; c'est pourquoi, dans les rivières à courant ra- pide, il faudra choisir les endroits abrités par des coudes brisant l'eau et produi- sant des parties tranquilles et à demi dormantes, que l'on nomme hayes ou haïes. Cela se trouve près des ponts, des digues, des barrages, au bout des quais, des murs, etc. Encore est-il bon de remarquer que vouloir amorcer dans les grands fleuves, est quelquefois très-difficile, même quand l'endroit est bien choisi. C'est souvent dans de tels cours d'eau, et sans aucune amorce, que l'on trouve la meil- leure réussite, guidé par le hasard. Dans les petites rivières, c'est le contraire. Quel que soit le mode de pêche à la ligne que l'on veuille suivre, —excepté la pêche à la mouche naturelle ou artificielle, dans laquelle on chasse plutôt que Ion ne pêche, puisqu'on marche sans cesse à la recherche du poisson de surface, — il faut amorcer son coup. On le fait en arrivant, si l'on n'a pu le faire, dans un autre moment, d'avance; mais l'effet ne se produit qu'au bout de plusieurs heures, et c'est pour attendre ce moment qu'il faut s'armer de patience. Il va sans dire qu'un coup bien amorcé le matin, et entretenu pendant la journée, ne doit pas être quitté, puisque sa valeur, comme chance de prise, croît avec le temps écoulé et la quantité d'amorces dépensée. Non-seulement le genre de poisson que l'on recherche fait varier la nature de l'amorce employée, mais la qualité des eaux, le genre de rivière où l'on pêche, in- fluent également sur cet objet. On en trouve un exemple frappant dans l'emploi des asticots qui conviennent, comme esches, à la majeure partie des poissons d'eau douce, et qui forment, mêlés au son et à la terre glaise, une excellente amorce. Dans les fleuves ou dans une rivière rapide, tous les poissons y viendront, gros et petits, et s'en rassasieront. Dans une rivière à cours tranquille, pleine de roseaux, les mêmes poissons se détourneront de l'asticot, et le menu fretin des Ablettes ou des Épinoches le dévorera seul, et encore ! A quoi tient cette différence de mœurs ? Sans doute, à ce que sur le bord des grands fleuves se trouvent jetés plus de corps en décomposition qui deviennent une abondante source d'asticots que l'eau entraîne et dont les poissons sont habitués à se nourrir. Sur les petites rivières qui sont, au contraire, enfermées dans les terres, sans crues, bordées de ceintures épaisses de roseaux, plus loin des villes et des fa- briques, le même fait ne se produit pas. Peut-être aussi le poisson qui là trouve une abondante pâture végétale et d'innombrables légions d'insectes, ne se soucie- t-il plus de l'asticot, vers lequel la faim ne le pousse pas. 22 AMORCES. Nous allons passer en revue les amorces les plus ordinaires el les plus faciles à se procurer, en indiquant le genre de poisson auquel elles sont adressées, et l'heure à laquelle il convient de les jeter pour aller ensuite pêcher au même enft'oit, à une heure convenable. Quelques-unes de ces recettes sont fort anciennes, nous les avons reproduites et respectées, parce que nos pères, dont on raille souvent la pharmacopée, avaient du bon cependant et prenaient autant, sinon plus, de poissons que nous. On prétend que c'est parce qu'il y en avait davantage ; je ne le crois pas plus que pour la chasse, mais il y avait moins de règlements et par conséquent moins de braconniers, voilà la raison, car l'un ne va pas sans l'autre. TABLEAU DES MEILLEURES AMORCES COMPOSITION DES AMORCES. POISSONS Ol'I Y MORDENT. HEURES. OBSERVATIONS. I. Prenez: 85 grammes de fro- Tout poisson P 1 u s i e u 1- s Les poissons trè.s-avi- mage vieux de Hollande ou de d'eau douce. heures avant des de cette amorce res- Gruyère, broyez Je tout dans un hi pèche. tent longtemps à rôder mortier avec de la lie d'Iiuile d'o- autour de l'endroit où ils lives, et mèlez-y du vin, peu à peu. en ont rencontré. jusqu'à ce que votre composition ait acquis la consistance d'une pâte un peu épaisse, et vous y ajouterez un peu d'huile de rose. Faites, avec cette pâte, de petites boulettes de la grosseur d'un pois, tout au plus. II. En Angleterre, on amorce Tous les pois- En péchant. id. dans la Tamise avec du pain de sons , surtout creton bouilli et coupé. le barbillon. m. Laissez tremper 6 litres de Carpes. Le soir pour id. fèves ( Foba vu/gan's) une nuit le lendemain , dans de l'eau ; faites cuire alors à nu point ilu demi avec 250 gr. de miel et jour. 1 décigr. de musc. Retirez du feu pour les pétrir et en faire des bou- lettes. IV. Mélangez: mie de pain, crot- Tous pois- Toute la jour- tin de cheval, chônevis, et sang sons blancs. née. caillé. V. Faites durcir au soleil ou an Tout poisson S'emploie en petits four des œufs de poisson, gardez- de surface et morceaux comme esche les dans des pots entre des lits de poissons blancs à l'hameçon. laine et de sel, et coupez par mor- ceaux pour la pèche. VI. Faites jeter un ou deux Dréme. Mettre à l'eau Cette orge porte le bouillons à de l'orge ou de l'avoine vers la nuit nom de malt, et sert à germée et grossièrement moulue. le bouillon de faire la bière. Passez dans un linge et laissez re- cuisson , sur- froidir (Walton). tout si l'eau est dormante. Vil. Faites cuire du gros blé, Gardons, brè- dit poii/nrd, avec de la caimelle mes , carpL'S , {Laiirus cinnnmomum), ou du ser- barbillons. . polet [Thijmus serpillnm. Lin.). AMORCES. L>3 COMPOSITION DES AMORCES. VIII. Recette de Florent (rame- née aux mesures décimales). Croton Cascarilla , ou résidu de manne ordinaire venant du Bos- weliia serrata, Dec 30 gr. (Ou remplacez ceci par le n° XIV et ajoutez :) Écorce d'encens.... 30 gr. Mjrrhe ( Dalsamodendron Myrrha^ 30 » Bol d'Arménie commun, ou argile ocreuse rouge 30 » Farine d'orge détrempée dans le vin 8 lit. Foie de porc rôti 100 gr. Ail 100 » Pilez chaque chose à part, et mê- lez à du sablon menu. IX. Prenez et pétrissez ensem- ble : Mie de pain Miel Assa fœtida [Ferida assa fœtida, de Cand.) et faites-en des boulettes. X. Faites cuire ensemble : Froment 500 gr. Orge 500 » Cbènevis 125 » ajoutez-y : Sel de cuisine 1 poignée surtout en été, de peur que le blé ne devienne aigre. XI. Faites bouillir du blé ; quand il est bien attendri, fricassez-le sur le feu avec du miel et un peu de safran délaye dans du lait (Wal- lon). XII. Chcmel (17(8) modifia cette recette. En transformant les quan- tités anciennes en mesures nou- velles, on la fait ainsi, en met- tant à cuire dans : Eau de rivière Fèves (P'aba vnigaris), 3/t de litre. Quand elles seront à demi cui- tes, ajoutez : Miel... 100 à 2 et f-. 1 Laissez du feu. encore cuire, retirez On croit qu'il peut être bon de donner la veille aux carpes une amorce de fèves purgatives ; en- viron la valeur de deux fèves d'«- loés soccotnn en poudre sur 2 li- tres de fèves, et les faire cuire ensemble. Le poisson mord mieux le lendemain aux fèves musquées. POISSONS OL'I V MORDENT. Tous les pois- son s d'eau douce. Gardons , che- vesnes. Tous les pois- sons herbivo- res de fond. Idem. Carpes. HEURES. Mettre à l'eau une heure ou deux avant de pécher. Pendant la pèche. Jeter des poi- gnées le soir pour le matin ou pendant la pêche , toutes les demi-heu- res, en amont du coup. Idem. 5 à C heures du soir et du matin. OBSERVATIONS. Se met à l'hameçon. Certains auteurs veu- lent au contraire que le blé soit fermenté et ai- gri, mais nous devons déclarer que jamais ce sjstèmene nous a réussi. L'es appâts végétaux doi- vent toujours être frais. Cette prescription plus moderne que la recette a été l'objet de beaucoup de plaisanteries de la part de quelques pé- cheurs. 11 eût mieux valu rapporter des expérien- ces plausibles que de se moquer d'une idée, en vérité diabolique, pour forcer à mordre ces pau- vres carpes qui n'en peuvent mais. 24 AMORCES. COMPOSITION DES AMORCES. XIII. Recette de Hermès. Pilez de l'ortie {Urtica urcns\ de la quintefeiiille iPotentillu re/j- tawi. Lin.). Ajoutez-y du suc de joubarbe {Sempenivum tec forum, Lin.), frottez-vous les mains avec le jus pour manier l'hameçon et les esches, et jetez le marc à l'eau. On peut remplacer la joubarbe par la serpentaire {Arum dracun- culus. Lin.). XIV. Recette de Florent (va- riante). Prenez : Origan [Origanum vulgare. Lin.), ou marjolaine Ijàtarde... H gr. Sarriette [Satureia liorten- sis. Lin ) [-> « Marjolaine 12 « Suivez alors la formule VIII. XV. Feuilles de mauve [malva) pilée avec du pain de chènevis qui est le résidu de l'huile de cette plante. XVI. Prenez une touffe de gazon vert et court, large comme une assiette. Au sommet de cette herbe, du côté vert, attachez avec une aiguille et du fd vert autant de petits vers rouges que vous pourez, pour recouvrir le gazon. Faites un rond de bois de la gran- deur du gazon, percez-le au" mi- lieu, placez-y le gazon, et descen- dez-les ensemble dans l'endroit où vous voulez amorcer de fond. XVII. D'après Walton. — Faites une pâte composée de fromage bien fort, que vous pilerez dans un mortier avec un peu de beurre et de safran, jusqu'à ce que le tout revête une couleur jaune citron. XVIII. On peut également faire pour l'hiver une pâte composée de fromage et de térébenthine. XIX. On fait des boules de terre glaise prise sur les bords de la ri- vière, on les mélange de son, de crottin de cheval, de pain de creton bouilli et de débris animaux de la cuisine. On coule ces boules parmi les pierres. XX. Pour mettre dans les nasses en mer , employez des sardines fraîches ou pourries, des débris de confiseries de poissons, de seiches et calmars, du foie, de la chair de chien de mer ou autre animal sem- blable, enfin des boulettes de fa- rine grossière pétrie avec des dé- bris de sardines , d'anchois ou autres poissons qu'on prépare dans la localité. POISSONS 'QLI ï MORDENT. Tout poisson (le fond. lOUjons. Carpe. Chabot de ri- vière. Chabot de ri- vière. Civelles ou jeunes anguil- les remontan- tes. Crustacés de toute espiice, congres, murè- nes , pagels , trigles , rou- gets. HEURES. Idem. Le matin ou la veille. Au relais de basse merpour relever au ju- sant suivant. OBSERVATIONS. Dans un sac ou un panier descendu au fond de l'eau. Ce mode doit réussir pour tout poisson, mais demande un temps pré- cieux. Et probablement plu- sieurs autres poissons de fond. Souvent barbillon, etc. AiNARRHIOUE. 25 AMORTIS. — Synonyme de Remous, Haies, etc. (Voy. ces mots.) AMOUTELLE. — Nom de la Lodie franche dans le département de l'Aube. (Voy. Loche FRANCHE.) AMPLORA. — Nom donné ù l'Anchois aux environs de Nice. (Voy. Anchois.) AMURES. — Une des deux secondes lignes de pêche des barques de l'Ile Dieu, pour le Get^mon. (Voy. ce mot.) ANALES (Nageoires . — Ces nageoires placées près de l'anus, en arrière de cet organe, en prennent leur nom. Klles sont toujours impaires, c'est-à-dire placées dans le plan d'axe de l'in- dividu, et varient considérablement de grandeur et de forme. Quand il n'en existe qu'une, elle est placée immédiatement derrière l'anus; quand il en existe deux, elles sont placées l'une devant l'autre, comme dans les Morues (Gades), et toutes deux en arrière de l'anus. Il arrive quelquefois que le rayon de la première de ces nageoires est épineux : exemple, la 'iAox\x& [Gadus morrhua, Lin.). L'usage de cette nageoire est d'abaisser le centre de gravité des poissons et d'augmenter leur stabilité dans toutes les positions données. Quand elle s'étend jusqu'à la queue, elle participe à son mouvement et augmente sa puissance ; elle aide encore aux changements de direction de l'animal en mettant une inégalité plus grande entre l'impulsion communiquée d'un côté, à la résistance qu'elle oppose, en se déployant de l'autre. Enfin la nageoire anale fait plutôt l'office d'un gouvernai! que.d'un propulseur, et, en elTet, elle est le vrai gouvernail des poissons. Dans la station à trois points, elle est repliée. ANARRHIQUE LOUP (Anarrhicus lupus, Lin.). — Acantho;-t. Gobioïd. Long. max. = I à 2 mètres. Corps allongé et comprimé, tête grosse et ronde ; crâne aplati, bouche grande, lèvres charnues principalement sur les côtés ; dents n'adhérant pas immédiatement à la mâchoire et aux os du pa- lais, mais à des épiphyses osseuses, coniques ou hémisphériques, qui elles-mêmes tiennent à ces os par une sorte de suture et s'en détachent facilement à certaines époques. Les dents des intermaxillaires et celles du devant de la mâchoire inférieure sont coniques et l'ig. 9. — Anarrliiijue loup (Anarrhicus lupus, Lin.) pointues ; et celles des côtés de la mâchoire supérieure, des palatins et du vomer évasées et attachées sur de gros tubercules hémisphériques. Couleur générale d'un brun foncé tirant sur l'olivâtre; de petites taches noirâtres formant par leur rapprochement de larges bandes verticales au nombre de neuf à dix ; sur la dorsale, des lignes irrégulières noirâtres se portant un peu plus obliquement en 26 ANCHOIS. arrière que les rayons qu'elles croisent à angles aigus. Ce poisson n'est pas rare sur nos côtes ni sur celles de l'Angleterre. On le trouve aussi sur les côtes de l'Amérique septentrionale. Sa chair ressemble à celle de l'Anguille. L'Anarrhique, par sa bouche fort bien armée et par ses muscles puissants, peut mordre avec force et briser facilement les objets qu'il rencontre. Nombre de coquillages, tels que les crabes, les astéries, les oursins et autres, forment sa nourriture. Il n'est pas vivipare. La femelle dépose les œufs sur des plantes marines et les jeunes croissent lentement. D'ordinaire il nage avec lenteur par des mouvements d'ondulation et comme se traînant sur le sa- ble, lise retire de préférence dans les anfractuosités des rochers. L'.Vnarrhiquepeut vivre longtemps hors de l'eau. ANATOMIE DES POISSONS. — (Voy. Anales [nageoires]. Baucillons. Dassin [os du]. Cartilagineuses [nageoires]. Caidales [nageoires]. Ceinture humérale. Cerveau. Circu- lation. Clavicules. Coeur. Coracoïdiens. Cotes. Crâne. Dents. Digestion. Dorsales [na- geoires]. Écailles. Épaule. Estomac. Évent, Génération. Huméral [os]. Humérus. Interépi- neux [os]. Intermaxillaire [os]. Interoperculaire [os]. Intestins. Laitance. Langi'e. Latérale [ligne]. Mâchoires. Maxillaiiies [os]. Membranes branchiostèges. Mitral [os]. Muscles. Museau. Nageoires. Narines. Nerveux [système]. Nutrition. Opercule. Orbite. Oreilles. Os. Ouïes. Ovaires. Palais [os du]. Peau. Pectorales [nageoires]. Pharyngiens [os]. Poitrine. Pores. Rayons [nageoires]. Rayons bbanciiiaux. Symphyse. Système nerveux. Testicules. Tète. Timpamque [os]. Ventrales [nageoires]. Vertîbres. Vessie. Vessie natatoire Voix. Vue. Yeux. ANCHIORE. — Nom provençal de l'Anchois. (Voy. Anchois.) ANCHOIS (Clupea ou Engraulis Encrasicholus, Lin.'. — 3Ialacopt. abd. Clnpéoïdes. Long. max. = Omilâ. Syn. : Anchovy, angl. — Roqueron, esp. — AmplorUy ital. — Chanisa, crim. — Anjovis, suéd. et allem. — Bylc/ùig, dan. — Ginrtongumet, hret. — Sarde/a, pol. — Brislitig, norw. Corps très-allongé et arrondi, écailles très-minces. Vivant, il a le dos vert-houleiUe et le ventre argenté ; mort, il devient promptement bleu si foncé qu'il en paraît quelquefois noir. Au demeurant un grand air de parenté avec une petite Sardine, mais pour caractère très-apparent la fente énorme des mâchoires jusque derrière les yeux. Ouïes excessivement ouvertes. Yeux grands et vifs, iris argenté, narines visibles et rapprochées au Lout du museau qui es t plus noir ([ue le reste de la tête et qui se termine en pointe mousse. Ligne saillante de la nuque au museau. Sur le front se trouve une espèce de cœur dont la couleur blanchâtre tranche avec celle de la peau qui revêt les côtes de la tête. Dorsale petite = 17,. Caudale fourchue profondément = 21 ; pectorales insérées en bas, près de la fente des ouïes = 17 ; ventrales très-petites insérées un peu en avant de la dorsale = 7. .\nale plus haute, mais assez étendue = IG, ayant, en tout petit, un peu la forme de celle de la Brème. Pas de dentelures au ventre comme en ont les Aloses. Les dents sont excessivement fines et au nombre de 4 ou G. Langue pointue et étroite; les écailles très-caduques et transparentes, la ligne la- térale en contient 48 à 50. L'ouverture des branchies est grande et susceptible d'une dilatation considérable, ainsi que chez toutes les Chipées, faculté qui explique pourquoi ces poissons meurent presque aussitôt sortis de l'eau. Les pla([ues qui recouvrent cette ouverture sont soudées entre elles ainsi qu'il se remarque dans plusieurs espèces de poissons : leur couleur est brillante et nacrée. Excessivement voi'aces, ces petits poissons vivent en troupes nombreuses comme les Harengs, les Sardines, les Sprats et la plupart des autres Chipées, se nourrissant de petits poissons, de crus- tacés du premier âge, d'œufs, d'insectes de mer. Us sont très-abondants dans les mers chaudes et tempérées de l'Europe, surtout près des côtes de l'Italie, de la France, de l'Espagne; cependant on les trouve jusque dans la Baltique et dans le grand Océan septentrional, mais ils y sont notablement plus gros. On les trouve égaleinent dans la mer des Indes. La multiplication de ce pelit animal est prodigieuse ; vers le printemps il fait son apparition sur les côtes venant on ne sait d'où, quelques-uns pensent de la haute mer, car la même incertitude règne sur ses mœurs que sur celles de ses congénères de la même famille. Ces', le moment des grandes pêches qui approvisionnent tous les pays : suivant la sai-on, les côtes et des causes encore peu con- nues, ce temps dure de mai en juillet. Les Marsouins, les Phoques, les Squales, les gros Gades, tous les carnassiers de la mer en font une consommation énorme et l'apparition de ces gros visiteurs est, comme pour la Sardine, un signal que les bandes innombrables de leurs victimes sont arrivé» s. Quelques traités de pèche prétendent que l'on faisait autrefois la pêche de l'Anchois en Breta- gne, et que Vannes et Quimpcr en préparaient 12 à 15,000 barils : il n'y parait plus aujourd'hui. ANCHOIS. 27 Ou chercherait en vahi un Anchois frais sur ces marchés, mais en revanche on y anchoite une cnornie qnantité de Sardines. Il n'y a que la foi qui sauve ! On rencontre quelquefois l'Anchois dans les eaux douces et saumàtres des grands fleuves. C'est ainsi qu'on a constaté sa présence, dans la Seine sur les Lancs de Qnillehreuf. 1,'Anohois est com- nnni sur les rivages de Cornonailles, sur les côtes de la Zélaiule, parliculièreiucnt dans les bras do l'Kscaut. ANCHOIS. — La gi-andc pèche des Anchois se fait en Sicile, à l'île d'Elbe, et, pour la France, en Corse, à Anlibes, Fréjus, Saint-Tropez, Cannes, Martigues, etc. 11 est probable que, si l'on s'amusait î\ jeter, à ce poisson quand il donne, une ligne amorcée d'un petit hameçon et d'ini petit ver, on en prendrait à volonté, car il est assez vorace pour ne pas laisser passer une proie ofTerte, sans l'attaquer ; mais cela n'en vaudrait pas la peine. Aussi la pêche de l'Anchois ne se fait-elle qu'aux grands filels comme celle de la Sardine, du Hareng, et au moyen de filets du même genre. De môme que tous les petits poissons blancs de la mer, les Anchois peuvent servir d'excellente esche pour tous les poissons voraces, tant de fond que de surface, le Bar, les Pagres, Pagels, Dorades, Orphies, etc., etc. Parmi les procédés de pèche de l'Anchois, il faut en distinguer deux, la RissoUe mobile et la Rissolle fixe. (Voy. Rissolle.) Pour faire cette pèche, trois ou quatre bateaux fostiers (voy. ce mot), par- tent, le soir, par les nuits sombres et sans lune, d'avril en juillet, allument leur />/(!rtr«7- lon et vont à une ou deux lieues en mer, sur les fonds où ils pensent trouver le plus d'Anchois. Derrière eux vient doucement et dans l'ombre le Bissollier, porteur des filets. Les fastiers se tiennent à une certaine distance les uns des autres, 150 à 200 mètres, et quand ils voient que les Anchois, rassemblés par la lueur des feux, sont en grand nombre, ils font un signal au RissoUier en môme temps qu'ils se rappro- chent. Le RissoUier entoure un des fastiers, avec précaution, de ses filets qu'il laisse glisser à l'eau; puis, quand cela est fait, à un signal donné, tous les feux s'é- teignent, les pêcheurs battent l'eau en faisant le plus de bruit possible : les An- chois, effrayés, éperdus, se sauvent de tous côtés, donnent de la tète dans les fîle's de l'enceinte et se maillent. H ne reste plus qu'à relever les filets, récolter le poisson et aller plus loin recommencer cette fructueuse opération, tant que la nuit est assez obscure, car il y a toujours un ou deux fastiers de prêts qui attendent le secours du RissoUier, La Rissolle fixe se tend auprès de la côte : le RissoUier en forme une es- pèce d'enceinte dont le centre est fait parla poche que porte le filet, puis il attend à l'ancre à sa portée. Pendant ce temps les fastiers vont à la découverte, s'efforçant de rassembler des Anchois sous leurs pharillons; aussitôt qu'ils en ont assez, ils mar- chent doucement et les amènent entre les bras de la Rissolle fixe. Alors on éteint les feux, on fait du bruit et l'Anchois se précipite vers la Rissolle où une partie se maille et l'autre se jette dans la poche. Quand l'Anchois se trouve mêlé cà la Sardine, les pêcheurs en tirent un mauvais augure pour la pêche de cette dernière, car l'Anchois étant très-vorace, mange la Rogue et chasse la Sardine, poisson craintif par excellence. Voici un fait à l'appui de ce que nous avancions sur la richesse des côtes de Bretagne en Anchois. Du 20 mai au 20 juin 18IG, plus de douze cent mille Anchois furent pris sur la côte et devant la ville de Douarnenez. Ils étaient plus petits que d'habi- tude et mêlés avec une grande quantité de Sprats. On dut pêcher les uns et les au- 28 ANGE. très au moyen cFune senne très-longue et à mailles très-étroites. Pour enlever les Sprats dont on n'avait que faire, on imagina de resserrer le tas de poissons, le plus près-possible de la chaloupe, en tirant vers le bateau les deux bouts du fdet. On pensait que celle position étant très-fatigante pour le poisson, le plus faible, c'est- à-dire le Sprat, devait périr promplement. C'est ce qui arriva. Mais comme néan- moins il en passait toujours une certaine quantité avec les Anchois, les femmes el les enfants des marins étaient occupés à les trier et h les rejeter à la mer. Le millier d'Anchois se vendit alors 1 fr. 50 et 2 fr. le kilog., et l'on en prit jusqu'à 100,000 d'un seul coup de filet! (Noël, m. s.) ANCHOYE. — Nom de l'Anchois aux Martigues, on dit aussi Anchoi. (Voy. AiNcnois.) ANDOUILLE. — Nom lorrain de V Anguille. (Voy. ce mot.) ANCHON ou ANÇON. — (Voy. AcilON.) ANCHOUBET. — Sorte de filet flottant, employé pour prendre le poisson de passage dans la Méditerranée. ANE. — (Voy. GUABÛT DE RIVIÈRE.) ANFOUNSSOU. —Nom du Mérou, en dialecte de Nice. (Voy. Mérou.) ANGAYRE. — Nom de l'Anguille à Lunéville. (Voy. Anguille.) ANGE DE MER iSqualus Squatina, Lin.). — Chondropt. à br. fixes, Plagioslomes. Long. max. = 2 mètres. S^n.: Angle fsch, angL — Meer Engel, allem. — Angelote, Peje angel, espag. — Squadro, ilal. — Schoerhmj, holL — Loerec, bret. — Lixa, portug. Fig. 10. — Auge de mer [Squalus Squatina, Liu.). Ce squale habite nos mers, tant l'Océan que la Méditerranée, et n'est même pas très-rare. Sa forme est si caractéristique qu'on ne peut s'y méprendre; sa tête ronde plus large que le tronc, les nageoires qui l'entourent et se développent de chaque côté comme des ailes, sont bienreconnaissables. La bouche est énorme, les dents longues, pointues et extractiles ; 3 rangées à la mâchoire supé- rieure, 5 à l'inférieure. Narines placées près du museau, recouvertes d'une espèce de peau terminée par deux barbil- lons. Yeux très-petits derrière lesquels se trouvent 6 évents communiquant entre eux. Dessus brun pâle ou brun sale, couleur de vase: peau granulée, rude, chagrinée. Dessous plus > < ce < w O ^ LU J ~ Z3 O < ANGUILLE. 29 [aie, presque blaiicliàtre: sur le dos une rangée de courtes épines entre les pectorales. Évents der- rière les yeux, grands. Le frai des femelles a lieu en juin. Ce poisson extrêmement vorace fait la chasse aux poissons plats, et, comme eux, ne quitte pas le fond où il se cache sous la vase et le sahie qu'il soulève. Il s'einhusqne sous la vase et agite ses barbillons qui ont l'apparence de petits vers marins. Les poissons, trompés, se précipitent sur cette proie frétillante et tombent ainsi dans le piège qui leur est tendu. Chair très-médiocre. Cependant, en Bretagne, les paysans le découpent en morceaux, le salent et le font sécher au soleil. ANGE DE MER. — On prend ce poisson h la ligne en môme temps que les Raies, les Squales, et au Bahou (Yoy. ce mot), amorcés avec de la chair de La- bres, de Lieu, etc. Le Bahou n'est vérifié que vingt-quatre heui^es après qu'il a été posé sur des fonds de sable, autant que possible. Il est commun dans le bassin d'Arcachon. Les pécheurs de Dieppe en prennent de grandes quantités dans les eaux de Brighton et de Hastings. La chair de l'Ange de mer est inférieure à celle de la Haie, mais sa peau est utilement employée dans les arts. On en fait des étuis, des fourreaux de sa- bre, etc., de même qu'avec la peau des Squales. ANGHIALO. — Nom languedocien de V Anguille. (Voy. ce mot.) ANGHILLO. — Nom de l'Anguille à Nice. (Voy. An^guille.) ANGI. — Nom donné aux Martigues à VAnge de mer. (Voy. ce mol.) ANGUIELLE. — Nom de l'Anguille, aux Martigues. (Voy. Anguilli: .) ANGUILLA. — (Voy. Anguille. Genre.) ANGUILLA ACUTIROSTRIS. — tVoy. Angiille a nez i'Ointu, art. Anguille.) ANGUILLA MEDIOROSTRIS. — (Voy. Anguille a bec moyen, art. Anguille.) ANGUILLA LATIROSTRIS. - (Yoy. Anguille a large bec, art. Anguille.) ANGUILLA VULGARIS. — (Voy. Anguille, Htsf. Nat. et Péc/ie.) ANGUILLE {Genre). — Les Anguilles présentent des nageoires pectorales sous lesquelles les ouies s'ouvrent de chaque côté. Llles n'ont pas de nageoires ventrales. Leur forme allongée, leur peau épaisse et molle entourant leurs écailles très-petites, sont des caractères tout à fuit typiques. La dorsale et la caudale sont sensiblement prolongées autour de la queue et forment par leur réunion une nageoire pointue. Les espèces pour la France sont nombreuses et encore assez mal déterminées. ANGUILLE CHIEN. — On donne ce nom, dans certaines localités, à une va- riété d'Anguilles qui doit être l'Anguille plat-bec, dont la gloutonnerie est exces- sive. Elle a les dents si fortes qu'elle coupe les fdets, et ronge même le fd de fer des empiles sur lesquelles on la prend. Sa chair est filandreuse et de ma^avaise qualité. On dit qu'elle a des bar- billons à la bouche ; quant à nous, nous ne lui en avons jamais trouvé, mais les pa- pilles saillantes qu'elle porte, — comme toutes les anguilles, et un peu plus déve- loppées que les autres, — aux narines, ont pu donner lieu à cette croyance pour des observateurs superficiels. ANGUILLE A BEC MOYEN. — C'est l'Anguille Yerniaux de nos pécheurs, le Znig des Anglais. (Voy. art. Anguille.) ANGUILLE A LARGE BEC. —(Voy. Anguille commune.) C'est le f'impcrneaux de nos pécheurs, le Grirj-eel des Anglais. ANGUILLE A LONG BEC. — (Voy. Anguille commune.) ANGUILLE COMMUNE (Murœna Anguilla, Lin.). — Malacoptérygiens apodes, 4* or- dre, anguilliformes. Long. max. = i",80. Syn. : AU, suéd. — Anguilla, espag. — Anguira, barq. — Argann, irland. — Qucurusen, 30 ANGUILLE. bret. — Angui/in, \la\. — fngola, hongr. — liiavl-aal, island, — Anguia, inguia, ^^orinq,. — Eelj angl. — Aal, allem. Nous ne nous dissimulons pas qu'en abordant l'iiistoire de ce singulier animal, nous soulève- rons un certain nombre de questions encore controversées. Tant mieux ! peut-être quelque lumière viendra-t-eile éclairer l'obscurité insondable où demeure, malgré tout, la question si capitale de la reproduction de ces animaux. L'Anguille est un poisson, à n'en pas douter, mais c'est un des poissons les moins poissons qui entrent dans les eaux douces de notre pays : tout ou presque tout est anormal en elle. Pour notre part, nous n'avons jamais pu trouver en elle ni ovaire, ni laitance, à quelque moment de l'année que nous ayons cherché. Ces organes existent cependant ; mais où ? Là est le mystère. L'Anguille, à demi reptile, quitte l'eau avec facilité. Ce fait, depuis longtemps répété dans les livres d'ichthyolo- gie, et enjolivé du goût de ce poisson pour les petits pois qu'elle va, dit-on, manger la nuit dans les jardins, avait été révoqué en doute, d'abord timidement, par quelques savants de cabinet, puis enfin plus hardiment. La chose allait passer à l'état de fait démontré erroné quand, l'année der- nière, un de nos amis et camarades, M. Lepaute, conservateur du bois de Vincennes, nous raconta les faits suivants que nous trouvons ainsi consignés dans nos notes. (4 juillet 1805.) « M. Lepaute, conservateur du bois de Vincennes, m'affirme à l'instant que des Anguilles adultes mises par lui dans une pièce d'eau du bois, bétonnée au fond, où elles ne se plaisent pas beaucoup, ont été prises ces jours-ci, la nuit, au milieu des pelouses de la forêt, gagnant la Marne vers Cha- renton. Ces étangs sont repeuplés, par lui, au moyen de Montée qu'on lui envoie de Boulogne. « De petites Anguilles, en fils, étant mélangées dans un aquarium à de petits Saumons très- jeunes, ces derniers disparaissaient. M. Lepaute, croyant impossible que des Anguilles Si petites absorbassent des individus plus gros qu'elles, fit l'expérience suivante. Il mit une certaine quantité des uns et des autres dans un verre plein d'eau qu'il renversa dans une assiette. La fermeture semblait hermétique... Au bout de quelques jours toutes les Anguilles étaient parties. Comment et par où ? Sans doute en passant l'extrémité de leur queue mince et glissante entre le verre et l'as- siette et poussant ainsi. Leur corps est d'ailleurs très-compressible. Enfin, quel que soit le moyen employé, elles disparurent, les Saumons restèrent, et ce n'étaient pas ceux-ci qui avaient mangé celles-là, les Saumonneaux naissants ne prenant aucune nourriture extérieure. » Malgré l'incohérence de cette note, elle a une grande importance. Elle met hors de doute, une fois pour toutes, les promenades de l'Anguille à travers les prairies ; par conséquent, elle explique très-bien qu'on en ait rencontré au milieu des pois dans des jardins proches de l'eau. Y venaient- elles pour manger les pois ? ce n'est pas probable. Elles y venaient plutôt chercher les insectes, limaces, chenilles, etc., qui pullulent dans ces endroits, et sortent de leurs retraites au milieu des nuits fraîches et mouillées de rosée. Mais la note de M. Lepaute prouve encore autre chose, c'est la difficulté de maintenir l'An- guille dans les eaux qui ne lui conviennent point, — fait que tous les éleveurs de poissons connaissent à merveille, — et la difficulté de se garer de ses promenades dans les endroits que l'on réserve à l'é- levage des jeunes alevins de salmonidés. Nous ne devons pas hésiter un moment, en présence de ces faits et des considérations qui en découlent, à placer l'Anguille au nombre des ennemis du pisci- culteur et à la regarder comme l'un des plus dangereux. En effet, si des fils avalent des Saumon- neaux aussi gros qu'eux, que doivent absorber, de jeunes Truites et autres, les Anguilles adultes dont la taille n'est pas inférieure à la grosseur du bras et dont la voracité est telle qu'on les pêche au moyen d'un Goujon comme appât ? C'est ainsi qu'en cherchant une chose, on en trouve une autre. Mais l'évanouissement des petites Anguilles enfermées sous le verre est caractéristique et démontre, sans réplique, la valeur des dé- gâts que ces poissons peuvent et doivent commettre dans les étangs, disloquant les pierres des digues, et creusant dans la berge des trous qui peuvent permettre l'échappement de l'eau. Certaines espèces d'Anguilles semblent, au dire des pécheurs, plus aptes à se promener sur le sol que d'autres. D'après les pécheurs de la Seine, cette faculté serait surtout l'apanage de celles qu'ils nomment Anguille jnnne ou verte. Anguille de printemps, Anguille coureuse. La variété dite Anguille noire ne sortirait pas de la vase et du limon, tandis que V Anguille blonde rechercherait les eaux plus claires et les fonds caillouteux. Celle-ci a la chair plus délicate et la peau plus fine que les deux autres. La remarque de M Lepaute me fit faire quelques recherches au sujet des migrations terres- tres des Anguilles. M. Desvaux, dans les Essais d'ichfliyologie, 1851, constate qu'il a trouvé en 1802, pendant l'été, une Anguille très- vivante, au milieu des prés et dans les herbes, à plus de 30 mètres de l'eau. 11 dit, un peu plus loin, avoir mangé en ISll, au mois de septembre, une Anguille soulevée par le soc d'une charrue, au milieu des terres, à plus de 400 mètres de l'eau. ANGUILLE. 31 M. Millet, dans VEncijclopëilie de l'Agriculteur, s'exprime ainsi : « Quant h moi, j'ai vu, en di- verses circonstances, (les Anguilles sur terre à des distances très-considérables des rivières et des clangs ; les unes coupées par des faucheurs dans les prairies, les antres blotties dans de petits buissons où les chiens et les chasseurs les surprenaient avant les premières lueurs du jour, d'autres restant dans des fosses ou mares au milieu des champs et à l'abri de toutes inondations ; d'autres enfin écrasées par des pièges dits assommoirs, destinés à la destruction des animaux nuisibles. » Dans le bassin d'Arcachon on connaît deux espèces d'Anguille, la commune, verdàtre, et la blanche, plus estimée. Celle-ci porte, dans le Maransin, le nom de C/iardicat, et de Mouryain à la Teste. Ces deux espèces remontent le courant, d'avril en septembre, se répandant en partie dans des étangs d'eau douce et dans les ruisseaux qui débouchent dans le bassin. En hiver et pendant les crues, elles reviennent dans les bassins, se retirent dans les lieux les plus profonds et sur les bords des chemins où il y a de la vase et de l'herbe. On les pêche toute l'année à la fouanne, et l'on en prend autant en hiver qu'en été. A Saint- Valery-sur-Somme, les pécheurs croient que la couleur blanche des Anguilles vient de ce qu'elles ont séjourné dans les herbiers ou sur les sables où elles acquièrent une meilleure chair. Dans les étangs du Midi, voisins d'Aigues-Morfes, on prend également deux espèces d'Anguilles, la commune que l'on nomme Lachcnaux et la blanche qui devient la fine. Voici quelques détails sur leurs mœurs, au dire des pécheurs du pays, qui font remarquer que les Anguilles ne viennent que dans les étangs peu profonds comme ceux de Mauguis et Ripansset et jamais dans celui de Tau où l'eau a une grande profondeur. Bien entendu nous citons leurs curieuses observations comme ren- seignements et sous toutes réserves. L'A. fine vient de la mer. Elle entre dans les étangs à l'état de fil (montée) par millions et pac bancs : elle s'enterre dans la vase, où elle se nourrit, grossit et engraisse. Lors des premières pluies d'octobre, à l'entrée de l'hiver, elle cherche à regagner la mer et rien ne la retient. On ferme tous les graus par des manignières, rien n'y fait ; elle passe tout de même. Par où ? Les mailles ont trois lignes en carré 1 II est probable que cette migration, contrariée par les filets, s'exécute par terre. Autre fait curieux. On a beau tendre des filets pendant l'été, jamais on ne prendra d'Anguille fine ; rien ne lui fera quitter la retraite qu'elle habite au fond de l'eau, avant le mois d'octobre ; on pren- dra tant qu'on voudra de Lachetiaux. Ces .\nguilles ont des mœurs toutes dilTérentes : elles frayent dans les rivières en eau douce : elles viennent du Rhône et des autres rivières, et elles entrent dans les étangs salés où ces cours d'eau se déchargent, à peu près de la même grosseur que les fines, non dans le printemps ou dans un autre temps marqué, mais lors des inondations et des débordements de l'automne et de l'hiver. Cette anguille ne cherche ni la mer, ni les rivières d'où elle est sortie et où elle a pris naissance. Elle s'enfonce dans la vase et se nourrit de racines, d'herbes, de petits poissons et surtout de vers et de larves. Au plus fort de l'été, lorsque la chaleur échauffe le limon, les herbes qui poussent au fond de l'eau et où les Lachenaux se trouvent cachés, meurent, pourrissent, se détachent et surnagent; l'eau devient alors rougeàtre et exhale une mauvaise odeur. Quelquefois même elle noircit comme de l'encre et devient infecte; c'est alors la Malaigue. S'il survient des pluies, le Rhône, le Vestre le Vidourle débordent et viennent mettre en mouvement les eaux croupissantes des étangs. Alors l'Anguille Lachenaux se réveille, elle s'agite et suit avec indifférence le flot qui l'emporte du côté de la mer. C'est lépoque où l'on eu fait des pêches considérables. L'Anguille commune appartient, parmi les poissons anguilliformes, à la section des Anguilles vraies. Les pécheurs en reconnaissent quatre sortes qu'ils prétendent former autant d'espèces, mais que les naturalistes confondirent d'abord sous le nom de murœna anguilla (Lin.). Toutes ont la peau vis- queuse, très-glissante, les écailles à peine visibles, enfoncées dans la peau et ne paraissant que quand celle-ci ejt desséchée. Les dents qui garnissent leurs mâchoires font connaître leurs instincts de proie. Corps cylindrique très-allongé ; tête petite et pointue ; dos verdàtre ou brun sans taches; ventre blanc ou jaune suivant les rivières, ou les étangs habités, probablement aussi suivant la variété à laquelle appartient l'individu. Dorsale et caudale réunies formant une caudale pointue. Ouvertures branchiales petites et portant les pectorales. L'Anguille est un animal très-vorace ; elle vit do poisson, frai, vers, insectes, cadavres en dé- composition ; nage avec rapidité, souvent à reculons. Elle est douée d'une grande vitalité, car, dépouillée de sa peau et découpée en morceaux, les tronçons s'agitent pendant longtemps encore, ce qui tient aux ganglions nerveux répandus dans toute la longueur du corps, et dont chacun est un centre de vie. 32 ANGUILLE. L'anatomie de l'Anguille a déniontré une anomalie très-curieuse dans son organisation, c'est l'existence d'un cœur lymphatique situé à l'extrémité de la veine caudale, et doué de pulsations très- appréciables. Celte découverte, due au docteur Marshall Hall en 1831, d'un organe analogue à celui qui existe chez la grenouille, le crapaud, la salamandre, le lézard vert (J. Mùller, 1833), est assuré- ment remarquable chez un poisson. Ce fait rend compte de l'extrême sensibilité de l'Anguille quand on lui Lrise la queue, et de la coutume des pécheurs qui veulent tuer cet animal, de lui frapper d'un coup sec, non la léte, mais la queue, contre un corps dur, un arbre, une pierre, ou même la pointe de leur soulier. D'autres mordent fortement la queue de l'Anguille et la tuent sans la mutiler. La sensibilité de l'animal en cet endroit est telle, qu'une Anguille à moitié morte, immobile, reprend ses convulsions désordon- nées rien qu'en lui passant le doigt sur l'extrémité de la queue et [iressant ce cœur légèrement. L'An"uille est ovovivipare, et c'est dans la mer qu'elle se reproduit. On appelle wow/é'e, les masses de petites anguilles qui, au printemps, remontent les fleuves et les rivières. En somme, on sait peu de choses sur la multiplication des Anguilles et surtout sur leur accouplement ou leur fécondation. Mais si, aux mois de mars, avril, on recueille les animalcules filiformes, diaphanes, de 0°>,0G à 0'",07 de long, qui fourmillent auprès du sable de la nrer, à l'embouchure des cours d'eau, y forment des masses d'apparence gélatineuse, et qu'on les transporte en eau douce, dans un étang, elles devien- nent des Anguilles parfaites dont la croissance est très-rapide. (Voy. plus haut, note Lepaute.) Des pêcheurs exerçant leur état dans la rivière A' Aigre, près de Chàteaudun (Eure-et-Loir), ri- vière très-limpide, roulant au milieu des prairies tourbeuses, nous ont affirmé avoir, plusieurs fois, pris de très-grosses Anguilles portant leurs petits dans leur ventre, d'où ils sortaient devant .eux. Ce fait prouverait que l'Anguille est fécondée ailleurs (peut-être accidentellement) que dans l'eau salée, et qu'elle serait fécondée par le mâle dans les eaux d'habilal. Descend-elle ainsi à la mer y déposer ses petits, éclos dans son corps pendant le temps nécessaire au trajet? Toutes les questions que l'on peut poser à ce sujet sont fort obscures, mais le fait d'une Anguille pleine de petits, à au moins cent lieues de la mer, est une circonstance à noter. Dans le même pays, les pêcheurs prétendent — nous reproduisons ceci sous toute réserve, quoi- que dans leurs observations il y ait toujours quelque chose de vrai,— que les Anguilles, au printemps, sont trouvées par eux entortillées en pelotons hors de l'eau, entre des touffes de gazon humide, dans les prairies tourbeuses, la imit, et surtout les nuits de rosée et de lune, et que c'est là qu'a lieu la fécondation de ces animaux. Ce moment peut être fixé, de fin février à mi-mars, et comme la montée se produit fin mars et avril, cela supposerait une incubation moyenne de 30 jours, dont la durée se- rait employée par l'animal à changer de lieu. Le fait du pelotonnement des Anguilles pour le cas de l'accouplement n'est pas une utopie et peut même précéder le moment où les pécheurs l'ont observé, car, vers l'automne, il est certain que les Anguilles qui ont passé la belle saison dans les ruisseaux, les rivières et les fleuves se ré- unissent, s'entrelacent en boule et se laissent dériver au courant. A ce moment, vers l'embouchure de ces cours d'eau plus ou moins considérables dans la mer, les pécheurs au filet prennent ces pa- quets enroulés, de 20 à 30 Anguilles nouées ensemble. La constatation, cependant, des élangs isolés qui sont et demeurent constamment peuplés de ce poisson, des petits cours d'eau qui en contiennent aussi en toute saison, prouve que ces animaux ont une autre manière de vivre, voyageuse ou sédentaire. Ce fait, de la migration partielle d'une espèce dont de nombreux individus demeurent et nichent dans des lieux d'élection, est commun parmi les oiseaux. Les bruants, les grives, les poules d'eau, sarcelles, canards, etc., en otrrent des exemples frappants. L'Anguille est le seul poisson d'eau douce qui entre dans la mer. Il habite ordinairement le fond même des eaux et ne s'élève à leur surface qu'à l'approche de l'orage. Il sort quelquefois, avons-nous dit plus haut, d'un étang pour passer dans un autre, ou pour chercher sa nourriture dans les herbes, où il trouve de petits limaçons,- etc. L'Anguille est donc un vrai rapace nocturne, ne chassant que dans les ténèbres les petites proies dont elle est avide, et se nourrissant même de cadavres. La chair de ce poisson est très-agréable, grasse et délicate, mais difficile à digérer. Cet animal croit très-lentement, mais acquiert une grosseur souvent considérable; les individus de 1 à 2 kilog. sont communs, quoique formant déjà une fort belle proie. Leur vie est longue ; car on a des exem pies d'Anguilles conservées 17 à 20 ans on domesticité. Rapprochons maintenant ces faits de ceux qui tendent à faire croire les Anguilles ovipares : ce qui est l'opinion des pêcheurs de la basse Seine. Suivant eux, ce poisson fraye deux fois l'an, une première fois au mois de février-mars, et une seconde en septembre. ANGUILLE. 33 A l'appui de l'avis qu'elles sont vivipares ou au moins ovovivipares, il faut rapporter l'observa- tion de Joaiini qui tient d'un paysan, (ju'une grosse anguille mise entre deux plais fut trouvée au ijout de quelques lieures entourée déplus de 200 petites Anguilles longues de O'n.O-'J à 0"i,Oi, blan- ches et (llirornics. Valencieiuies pense que ce pouvaient être des ascarides vermiculaircs ; so;i avis est que l'Anguille est ovipare seulement, qu'elle fraye dans la vase, que ses œufs restent réunis, et que les petits qui en naissent restent également unis pendant quelque temps ; mais que, quand ils ont acquis une taille de 0'",04 à 0'",05, ils se séparentet remontent l'eau douce des cours d'eau en for- mant la montée dont nous avons parlé plus iiaut. Quoi qu'il en soit, cette montée est bien, sans au- cun doute, du frai d'anguille, puisqu'elle a servi, sous la direction de M. Coste et plusieurs fois, au repeuplement des eaux stagnantes et isolées. (Voy. plus haut, expériences Lepaule.) D'après les auteurs anglais les plus éclairés, l'Anguille serait ovipare simplement; c'est l'avis de Yarrell et de Young. Ils font remarquer que les œufs de la femelle sont nombreux et exti-cmement petits. D'après leur opinion, les sujets adultes pondraient dans les mois chauds de l'été parmi le sable et les bancs de graviers des rivières et ne descendraient point dans l'eau saumâtre pour frayer. Le frai éclorait aux mois de septembre ou d'octobre, et resterait parmi les graviers dans le même en- droit ou les environs, jusqu'aux mois d'avril ou de mai, suivant que l'eau demeurerait chaude ou froide. Aussi ne voit-on jamais paraître le frai à un moment toujours le même, quoique cependant il ne dépasse pas les mois d'avril et de mai. Quant aux Anguilles adultes, au lieu d'émigrer, elles demeurent enfermées dans les trous des berges ou sous de grosses pierres, aussi longtemps que l'eau est froide, et, dans cette immobilité, attendent que la chaleur de l'été réchaull'e l'eau et les ramène à la vie et au mouvement. Il est donc probable que les Anguilles qui viennent déposer leur frai dans l'eau saumâtre, le font plus tôt que les autres, parce que cette eau est plus chaude que celle des sources des montagnes, par exemple. Si nous nous laissons guider par l'analogie, en les comparant à ceux des autres poissons similaires, nous devons penser que les œufs de l'Anguille, qui sont extrêmement petits, n'ont pas besoin de plus de trois semaines pour éclore. Telles sont les opinions diverses qui s'étaient produites sur la génération encore imparfaitement connue des Anguilles, lorsqu'une troisième opinion s'est fait jour, beaucoup plus radicale que les au- tres, mais en même temps inliniment moins commode à soutenir, puisqu'elle nie toutes les observations faites. Suivant cette opinion un peu bien hardie, de M. E. Blanchard, entomologiste, en face d'hommes aussi considérables comme iclithyologistes que Yarrell, Young, etc., l'Anguille est une larve. De quoi? 11 ne ledit pas, mais il l'allirme : les Anguilles sont certainement des larves. — Pourquoi? — Ce sont des êtres incapables de se reproduire, des êtres qui doiveat subir des changements avant de satisfaire à la loi de la reproduction. Et les œufs petits et noirs que les observateurs anglais ont vus 1 — Erreur! Et les petits vivants sortant du corps de la mère? — Erreur! Filaires que tout cela! — Chimère, devrait-il dire. Ce qui prouve que tous les observateurs passés sont des niais, incapables de distin- guer un poisson naissant d'un helminthe! Avec cela, que les gros yeux noirs de la jeune Anguille, à l'état de naissain, ne se voient pas ! et que ce petit poisson ressemble à un ver ! II faut, en vérité, faire bon marché de ses semblables pour supposer qu'ils sont tous aussibornés, et que des gens accoutumés à voir des poissons depuis longtemps^ et sur nature, ne peuvent pas les reconnaître même à l'état naissant !.,. Enfm, toutes les opinions étant utiles à rapprocher, nous dirons un mot de celle de quelques pé- cheursquipensentqueles Anguilles de l'eau douce ne sontqu'un état non adulte du Cowjre ou Anguille de mer, de même que le Parr, le Smolt et le Grilse sont des états de jeunesse successive du Saumon. Cette théorie séduit au premier coup d'œil, malheureusement elle vient se briser, — au moins quanta présent, — contre la remarque que le nombre de vertèbres de l'Anguille commune est au plus de 110, tandis que le Congre en possède 150, c'est-à-dire kO de plus, d'après les remarques de Yarrell. Cependant, malgré le dédain avec lequel le savant ichthyologiste anglais repousse cette opinion, elle est encore celle d^outes qui me séduirait le plus. Je sais qu'il est dillicile de supposer qu'un animal passant à l'état adulte, acquière 40 vertèbres de plus que dans son jeune cage. Malgré cela, ne pourrait-on penser que cet accroissement a lieu dans la série des vertèbres caudales, peut-être par dédoublement de celles primitivement existantes. Nous avons bien des animaux qui naissent avec une queue et qui la perdent ensuite, pourquoi n'en aurions-nous pas qui augmenteraient leur queue de moitié, en arrivant à l'état adulte ? Malheureusement nous nous heurtons ici à une autre difficulté. On trouve de petits Congres, — très -rarement, il est vrai,— mais ou en prend à chaque instant dans la mer qui ne sont pas plus 3 3i ANGUILLE. gros que rAnguille quand elle redescend pour frayer, qui sont mêuie plus petits, et cependant, ils ont 156 vertèbres!... Quel dommage! Le lieu de naissance," la mer; le genre de vie, carnage; la chair, huileuse; la forme, identique ; tout concorde : du petit au grand, du Smolt au Saumon ! Chenu et Desmarest n'hésitent pas à affirmer que l'Anguille fraye dans la vase après une sorte d'accouplement. Les œufs restent réunis ensemble par une viscosité analogue à celle qui réunit les œufs des Perclies d'eau douce, et forment de petits pelotons ou boules arr^ondies : chaque femelle, comme ils ont pu l'observer, produit annuellement plusieurs de ces boules. Les petits éclosent bien- tôt et restent, pendant les premiers jours de leur naissance, réunis dans ces pelotes; quand ils ont atteint 0",04 ou 0'",05 de longueur, ils se débarrassent des liens qui les retenaient et bientôt remon- tent tous, en bandes serrées et excessivement nombreuses, les fleuves ou les affluents près desquels ils se trouvent. L'avenir nous dira le dernier mot. D'après les observations les plus récentes faites en France et en Angleterre, on sépare les An- guilles en plusieurs espèces, basées sur la couleur et la forme du corps et de la tête. Ces caractères semblent assez constants et donnent lieu aux coupes suivantes. A. Pimpeineaiix. [A. lalirostris, Yarr A. Verniaux. (A. mediorosti'is, Yarr. A. long-bec. (A. acutirostris, Yari .) Fig. 11. — Comparaison de la forme de tête des anguilles, ramenée à une même mesure 1° Anguille commune ou Vertiiaux àts, pécheurs, le Swig-eel des Anglais (Anguilla mediorostris, Yarr.). — Anguille ^at/we ou verte. Coureuse, des pécheurs de la Seine, facilement remarquable à sa tête en pointe, large vers les yeux et s'appointissant plus brusquement que dans les autres espèces. Couleur générale vert-olive plus ou moins foncé sur le dos, passant au jaunâtre ou vert clair sous le ventre. D'après Valenciennes, pectorales presque noires : 10 rayons aux ouïes. Une bande jaune entre le vert des côtés et le blanc du ventre. 2° V Anguille à long bec [Anguillu acutirostris, \an\, Sharp-îiosed-eel), donlla tète est mince, grêle, et le museau plus comprimé et plus pointu que dans les autres espèces. En regardant la tête en dessus, il est facile de voir que les yeux sont plus latéraux que chez les autres espèces : mâ- choire inférieure saillante. En général, les Anguilles à long bec sont plus petites. Porte 130 vertè- bres. Pectorales grises, dos et côtés verdàtres, ventre blanc sans teinte jaune. Dents sur les mâchoires et formant une bande qui ne dépasse pas le chevron du vomer. 3" h' Anguille à large lec,h'imperneuux ou Pimperneuu des pêcheurs, Glut-eel des Anglais {An- guilla latirostris, Yarr., Broad-nosed-eel), qui a la tête plus courte et l'œ-il plus grand que les autres espèces : mâchoire inférieure presque égale. 115 vertèbres. Pectorale bordée de blanc, dos vert noir, ventre blanc. Il rayons aux euies. Dents en bande étroite sur toute la longueur du vomer. 4" h' Anguille plat-bec. Anguille-chien, Goulu, Grig-eel des Anglais, à museau plus aplati et obtus, œil plus petit. D'après Valenciennes, pectorales jaunes, dos vert-jaune, ventre blanc d'argent. 13 rayons aux ouïes. Dents en deux rangées au-devant de la mâchoire et formant un petit groupe sur le chevron du vomer. 5° V Anguille de fond, Sink-eel des Anglais. 6° V Anguille napolitaine, trouvée dans la mer de Naples et aussi dans les étangs du midi de la France. Probablement 1'^. acérine de Lacépède. Dimensions faibles. 7° UAnguille à bec oblong [Anguilla oblongirosiris, Blanch.), parait intermédiaire entre la ANGUILLE. 35 medio et Vacuiiro^tri^-, avec le museau plus court et plus obtus. Se trouve dans l'Huveaune près de Marseille, dans le Lot et dans le lac du Bourget. beaucoup d'incertitude règne dans toutes ces appréciations : les figures données jusqu'ici sont d'ailleurs mauvaises etdilTiciles à faire, parce que tous les auteurs ont oublié que, quand on veut comparer des grandeurs entre elles, il faut.avant tout, choisir une commune mesure. Or, celte com- mune mesure manque chez tous les auteurs, Yarrell, le soigneux, en tète. Puisque la classification des Anguilles ne peut se faire, jusqu'à présent, que par comparaison de forme et de grandeur de la même partie du corps, la tête, il fallait que toutes les télés dessinées de la même manière le fussent à la ))it'ine éche/le, aùn que toutes les images fussent superposables. Une autre méthode permettait de le faire sans erreur et d'une manière irréfragable, on n'y avait pas eu recours avant nous, c'est la photographie. Par ce moyen nous avons obtenu, non-seulement des images vraies, indiscutables comme rendu, mais superposables et de même échelle, puisqu'il dépend de l'artiste de grossir ou de diminuer le sujet qu'il reproduit {fig. 11). Certaines Anguilles, parmi celles de la même espèce, ont la mâchoire inférieure plus courte et la supérieure prédominante. Dans les eaux des étangs salés, aux bords de la Méditerranée, on distingue trois sortes d'Anguil- les dont on prend chaque année d'énormes quantités. Ces Anguilles sont, d'après les gens du pays : La Po«^ao«. Long. max. =0",G0. Grosseur = O^iOT. Dos vert-noir, ventre blanc d'argent ; vient de la mer aux étangs, ne quitte jamais les grandes eaux, et sa chair blanche et ferme n'a pas d'odeur de vase. (Paraît être Vacutirostria.) V Anguille fine. Forme allongée et élégante. Peau vert clair, presque transparente; ventre blanc pur ; tête petite ; habite les fossés entourant les étangs salins ; se tient dans une eau jamais bien profonde. Ciiair fondante, sans odeur de vase. C'est probablement le Verniuux ou Anguille franche ordinaire. V Anguille commune. Peau presque noire, ventre blanc grisâtre légèrement teint de noir ; tête grosse ; se tient partout, même dans l'eau noire et croupie ; chair à forte odeur de marécage. Il faut les laisser, avant de les manger, quelques heures dans le sel, après les avoir lavées dans l'eau vinaigrée. Sa chair est toujours inférieure à celle de la Pougaou. Cette Anguille ressemble beaucoup au Gluteel^ ou Anguille chien, ou Goulu, dont la voracité est extrême et la chair de médiocre qualité. Les jeunes alevins d'Anguille que l'o:! récolte en si grande abondance à l'embouchure des ri- vières et des fleuves dans la mer, qu'on les y prend avec un panier, ont une longueur movenne de 0'",02 à O'D.Oa. Elles sont presque transparentes et n'ont de bien visible que les yeux qui sont noirs. Vers la fin de l'hiver cette montée apparaît : elle doit séjourner quelque temps dans l'eau saumâtre car ce n'est qu'au bout de plusieurs mois, c'est-à-dire en avril ou mai, suivant la température que se montre dans la Loire par exemple, la grande émigration des Civelles. (Voy. ce mot.) Cette armée iimombrable, incalculable, iiionte sans trêve ni repos, nuit et jour, sur toute la lar- geur du fleuve, séparant un peloton dans chaque affluent, grand ou petit, qu'elle remonte, mais montant toujours, poussée par une force irrésistible. Les premiers individus ne sont pas beaucoup plus gros ni plus longs qu'un crayon. Un mois après il en passe tout autant, mais ils ont presque le double de grosseur, sans que leur longueur a.t beaucoup augmenté. Un mois après, car la montée dure sans relâche aussi longtemps que cela, on ne prend plus que les traînards et les retardataires de la légion; mais ils ont vieilli, ils ont crû, et ils sont plus gros que le pouce d'un homme et lon^s de O'o,^0. Peu à peu le passage s'efface, tout est rendu aux sources du cours d'eau, casé dans les étangs, les fossés, etc. Il faudra attendre l'automne pour voir redescendre, adultes, les Anguilles pelotonnées à la mer. Cette croissance remarquablement rapide indique deux choses : d'abord, que l'Anguille absorbe une très-grande quantité de nourriture, ce que sa voracité bien connue ne laissait pas ignorer ; et se- condement, qu'une telle croissance la place au premier rang des animaux utiles à l'homme. Le baron de Rivière rapporte que dans un abreuvoir de 200 mètres carrés environ, isolé au mi- lieu des s:ibles maritimes de la Camargue et ne recevant d'autre eau que celle des pluies, l'un de ses pêcheurs prit 300 à 350 kilog. d'Anguilles. D'après M. Millet, un kilogr. de montée (3,500 Anguilles environ), récolté à Abbeville au prin- temps de 18 iO et jeté dans des fossés et canaux creusés pour l'extraction de la tourbe dans l'Aisne a donné en cinq ans plus de 2,500 kilogr. de belles Anguilles. Cette production, alimentée par là même quantité annuelle de montée, se soutient. {Dict. agric.) L'Anguille parvient à une taille véritablement monstrueuse. Dans ma jeunesse des douves se trouvaient à sec dans un château de la Sarthe, appartenant à l'un de mes parents. Ces douves, ali- 30 ANGUILLE. mentées par une source conduite dans un canal de construction romaine, n'avaient pas été curées depuis plusieurs centaines d'années de la boue qui les encombrait et s'y élevait à une hauteur de 3 à 4 mètres. Une fois les douves à sec, le propriétaire résolut de profiter pour ses cultures de la masse d'engrais accumulée, et l'on y mit les ouvriers terrassiers. Au bout de quelques jours, en bê- chant dans la vase à demi solidifiée, —car elle était à sec depuis près d'un an, — ils tombèrent sur une énorme Anguille endormie et ensevelie qu'ils prirent, à leur grande frayeur, pour un serpent. Elle avait près de 2 mètres de long et 0ni,25 de tour. Je ne me rappelle plus son poids formidable, mais ce dont je me souviens, c'est de la dureté de sa chair coriace et immangeable, plus semblable à des tronçons de gros câbles qu'à toute autre chose. Depuis combien d'années vivait-elle là? Nul ne le sait. Mais elle était probablement centenaire... et au delà, si l'on en juge à la dureté de ses muscles. Bien nourrie, l'Anguille atteint en peu d'années un poids de 2 à 3 kilogr, ,et c'est là le poids où elle doit être consommée. Elle a beaucoup d'ennemis, sans compter l'homme. Les rapaces aquati- tiques, la loutre, dit-on, la chassent, quoique dans les t^elaisde ces carnassiersje n'aie jamais trouvé de trace d'Anguilles au milieu des nombreux ossements de toute espèce d'autres poissons. Les An- guilles, assure-t-on, se mangent même entre elles : c'est bien possible. ANGUILLE COMMUNE. — Nou.s voici arrivés à la question Pêche, l'une des plus intéressantes quand il s'agit d'Anguille, car ce poisson fournit une énorme part à l'alimentation publique et devra, dans un avenir plus ou moins éloigné, être sous ce rapport d'une bien plus grande utilité encore. Ce qui se lait à Gommac- chio n'est pour nous que lettre morte en ce moment, et cependant il nous faudra en France établir, un jour ou l'autre, la même fabrique de chair marine. Les endroits heureusement ne manqueront pas sur nos côtes du Midi, quand on voudra les choi- sir et les aménager en Lavorero. Nous en reparlerons dans notre deuxième partie. Il nous suffît ici de rappeler que, d'après ce que nous venons de voir, les mœurs de l'Anguille sont nocturnes, sa conformation carnassière, sa voracité assez grande, sa finesse, sa malice, son intelligence en un mot, plus développée que chez la plupart des autres poissons. Il y a là tout le secret de celte pèche et de ses dif- ficultés. Avant tout, disons que les appâts que ce poisson préfère, sont : les gros vers rouges ou lombrics, les débris d'animaux, sang, boyaux de volailles, etc., les petits poissons, — parmi eux le Véron, avec prédilection, — enfin, en allant du médiocre au meilleur, les Sangsues, et l'Ammocète, Sepl-œil ou Ghatouille suivant le pays. Il est probable que, faute de pièces aussi succulentes, l'Anguille, avec sa bouche petite et peu fendue, doit se contenter souvent de vers et de mollusques aquatiques. Gomme ce poisson se creuse sous les berges, ou tout auprès, des trous dans la vase ou dans l'argile un peu molle, ce sera près de ces endroits qu'il faudra tendre des lignes. Il aime également les pierres, entre lesquelles il se cache pour guetter sa proie ; aussi abonde-t-il parmi les perrés, dans les digues, les murs démolis trem- pant dans l'eau, près des rochers à surfaces dégradées, etc. G'est dans ces retraites que demeure l'Anguille tout le jour ; tant que les eaux sont claires, il est rare d'en prendre une après 8 heures du matin et avant 4 à o heures du soir pendant la saison. Mais si l'orage monte à l'horizon, un instinct curieux.se développe chez cet animal et lui dit que la pluie suivra, que l'eau deviendra trouble et charriera la manne abondante des insectes et des débris animaux ; aussi, par l'eau trouble, l'Anguille s'agite, monte à la surface, chasse, et par conséquent se fait pren- dre par le pêcheur. On pèche l'Anguille à la ligne à soutenir à la main, en amorçant au même endroit, à l'extrémité d'unie bergeoud'unperré, plusieurs jours de suite. Il est extrê- mement important de choisir un hameçon Limerick courbé très-fort, mais pas gros, l'Anguille n'ayant pas la bouche grande ; cesera le cas d'employer un hame- ANGUILLE. :n çon l'cnforcé. Les numéros o, G, 7, soûl déjà Iros-gros; nous préférons i) ou JO, qui, quoique plus petits, nous oflrent plus de sécurité, et voici pourquoi. L'Anguille, nous l'avons dit, est un poisson extrêmement vorace, mais à gueule petite ; elle saisit la proie, l'avale entièrement. Si riiameçon est gros, il happe dans la gueule qui est petite et où il prend peu de chair, d'autant plus que l'intérieur de la bouche est dur et garni de dents sur lesquelles il peut glisser. Enfin, ([uelque vorace que soit l'Anguille, quand elle sent une résistance dans sa proie, elle l'abandonne : c'est une occasion manquéc et un poisson laissé pour un autre. Si au lieu de cela, le pêcheur intelligent a fait choix d'un hameçon très-petit el qu'il ait su le dissimuler entièrement dans l'esche, l'Anguille avale à peu près sans défiance l'hameçon qui ne prend que dans les téguments de l'estomac d'où il est impossible de l'arracher, car il ne mord pas seulement par sa pointe, — ce qui est la position la plus favorable pour casser, — mais par toute la courbure de son crochet, car souvent dans les petites Anguilles la pointe ressort à l'extérieur du corps. Comme dernière considération, il est bon de remarquer combien important est que ce poisson soit très-solide- ment piqué. Il a une telle horreur du jour que, quand on le sort de l'eau, il brise souvent la ligne par ses mouvements convulsifs : sa force est telle qu'il s'entortille el remonte verticalement son corps, la queue en l'air, autour de la ligne, en prenant un point d'appui sur sa blessure. N'essayez jamais de noyer une Anguille, comme un autre poisson pris à l'hame- çon; elle peut rester hors de l'eau longtemps sans en être incommodée, et d'ailleurs elle a la vie si dure que ce serait peine perdue. C'est donc une pêche pour laquelle (et c'est une des rares) il n'est pas besoin de moulinet. Enlevez votre Anguille d'au- torité, sans vous hâter, mais solidement, et encore quand elle aura bien voulu quitter les perrés on les racines auxquelles elle a l'habitude de s'entortiller, et au moyen desquels elle parvient souvent à casser l'empile ou à se déchirer la gueule, si l'on s'est servi de gros hameçons qui ont piqué dans les lèvres. L'Anguille est sortie de l'eau, vous ne la tenez pas encore, si elle tombe; au lieu de sauter sur place comme les autres poissons, elle fuit, elle gagne l'eau, glissant, rampant comme un reptile. C'est alors qu'elle est suspendue entre ciel et terre, qu'il est important d'a- voir une monture de ligne solide et à toute épreuve ; vous prenez l'Anguille entre les doigts, en relevant le médium sur les deux autres de façon, à forcer le corps à se plier et à ne pas glisser, car vous savez, glissant comme une Anguille ! En frap- pant fort avec la queue de l'animal contre un corps dur, on ralentit ses mouvements. Cette précaution est très-bonne, ainsi que celle de prendre dans sa main une poi- gnée de sable ou de terre pour saisir l'Anguille. Enfin, elle n'est à vous que quand elle est entrée dans le sac ou dans le panier. L'Anguille a les denfs nombreuses et acérées, suffisamment fortes pour couper l'empile d'un hameçon. Quand on la pêche à la ligne de main, elle n'a pas le temps de se livrer à ce plaisir, mais il est toujours prudent de monter l'hame- çon sur une très-forte florence, mieux sur du cordonnet de soie dévrillé, mieux encore sur de la cordelette filée fine sur laquelle les dents de l'Anguille n'ont pas d'effet. Avec un poisson si difficile à manier et qui se défend si bien, il est à peu près impossible d'aller rechercher son hameçon aune pr(jfondeur de 8 à 10 cen- timètres dans son estomac. Le plus simple moyen est d'abandonner ce soin à la cuisinière, el quand l'Anguille est prise, de la mettre au-dessus de son panier et de 38 ANGUILLE. couper le fil qui la relient captive. Ou eu est quitte pour remonter un hameçon, une Anguille vaut bien une empile ! La méthode la plus simple de prendre les Anguilles est de les pêcher à la ligne' de fond de nuit, aux cordées ou aux jeux. Nous allons passer ces méthodes en revue. Les cordées (Voy. ce mot), que l'on tend le soir, doivent être montées finement et fortement sur fil de lin bien dévrillé ou sur soie, les hameçons pas trop gros, mais forts. Dans ce cas, il fiiut prendre du numéro 6, parce qu'en retirant les cor- dées on peut accrocher des pierres ou des racines, et que dans ce cas des hame- çons trop faibles sont rompus. On esche avec des lombrics, des sangsues, etc., comme nous avons dit plus haut, ou de petits poissons vifs. L'Anguille prise se tient tranquille tant que dure l'obscurité, mais au matin elle se démène dans tous les sens, noue l'empile, s'aide de la puissance de sa queue sur les pierres pour chercher à se détacher, et y parvient malheureusement souvent. Elle laisse, dans ce cas, comme témoignage irrécusable de ses efforts, l'empile nouée, renouée, tor- tillée et couverte d'une glu visqueuse insoluble dans l'eau. Nous avons vu des An- guilles qui, ayant tordu autour de leur cou une empile solide, avaient usé leur peau et coupé leurs chairs de manière à détacher presque la tête du tronc auquel elle n'adhérait que par l'épine dorsale et l'empile, car ceci n'arrive que quand l'hameçon a été avalé et s'est accroché dans l'estomac. Les jeux h. 4 ou 5 hameçons doivent être également tendus le soir, entre les herbes, dans des endroits profonds, non rapides, près des perrés ou des bords argileux. Les ha- meçons et les empiles sont les mêmes. L'hameçon inférieur des Pater-Noster rend également de bons services, surtout parce que ce genre de ligne qui demeure verticale, peut se tendre et passer entre les arbres, les joncs, dans des endroits où les jeux et cordées sont impossibles à placer (fg^ 12). Dans certains pays, on emploie une méthode particu- lière pour empiler les hameçons, et même un système d'hameçons spéciaux que nous allons décrire. Empiles. On prend des brins de chanvre non filé, fort et bien choisi, dont on fait un petit écheveau que l'on ne tord pas, mais que l'on attache de place en place {fig. 13); à l'une des extrémités, on empile un hameçon à la ma- nière ordinaire, et à l'autre on fait une boucle au moyen d'une ligature en bonne soie poissée. L'Anguille prise sur celte empile a beau la mordiller, comme ses dents passent entre les fils du chanvre et ne rencontrent pas d'obstacle, elle ne peut la couper. Hameçon. Au lieu de se servir d'un hameçon, on empile une aiguille à coudre ordinaire numéro 6, ou un morceau de fil de fer de la même grosseur. L'un ou l'autre de ces engins est aiguisé des deux bouts, et, au milieu de sa longueur, on pratique, à la lime, une petite entaille circulaire sur laquelle on attache, par une cmpilure de soie, le petit écheveau de chanvre indiqué ci-dessus {fig. 13). On choisit un gros ver rouge et l'on introduit dedans l'aiguille ainsi montée, en la cachant tout à fait. Lorsque l'Anguille a avalé le ver, cet hameçon se met en Fi(j. 12. — Pater-Noster tendu. ANGUILLE. 39 travers dans son estomac et ne peut plus ressortir. Il faut, pour l'enlever, ouvrir l'animal; aussi, quand une Anguille est prise ainsi, on coupe l'empile pour ne pas perdre de temps. Ces deux perfectionnements rendent la pêche de ce poisson très-intéressante et très-fruclueuse. L'usage des écheveaux de chanvre peut avec succès être appliqué à la pêche du Brochet, de la Perche, de la Truite, du poisson de mer à dents aiguës, tels que Bar, Daurade, Sargue, Saupe, Rous- sette, etc., etc. Les Anguilles cherchent leur refuge pendant le jour dans les endroits où se trouve de la vase. Après avoir passe la nuil à chasser leur proie, elles choisissent un lieu où la vase demi-li- quide soit peu résistante ; après avoir sondé le terrain avec leur tête, elles se retournent, introduisent le bout de leur queue dans le trou commencé, puis, par des oscillations rapides, une suite de mouvements habilement combinés, elles creusent la vase et s'y enterrent jusqu'au nmseau. Tout cela se fait sans for- mer de bourrelet; et le pêcheur ne les découvrirait jamais, si le courant d'eau qui passe dans les branchies de l'Anguille ne soulevait, au-dessus de son trou, un imperceptible petit nuage boueux qui suffit cependant pour déceler, quand l'eau est lim- pide, et au loin, la présence de l'animal. ^ Nous ne devons pas omettre la recette suivante qui réussit /.-,>,. ,3. _ Aiguille à parfaitement dans l'emploi des jeux de nuit. On prend des ti^-x Peintes et éche- r r J J- Ycaudi; chanvre noucj. Ablettes et on les expose au soleil de midi sur la grève, on les y laisse sécher et bleuir. Quand on veut en escher les hameçons, qu'elles soient en-. tières ou en morceaux, on les trempe dans de la bouse de vache, ou à défaut dans de la boue; les Anguilles en sont extrêmement friandes. Cet appât s'emploie pour la pêche de nuit. On a des exemples, dit Wood, d'Anguilles prises à la mouche, par des pêcheurs qui s'en servaient pour la Truite. En Anjou et en Vendée on emploie le procédé suivant, — que l'on appelle Pêche à la vermée, — pour prendre les Civelles, au moment où elles remontent en grand nombre. Nous l'avons vu employer de même dans le port de Saint-Nazaire, au mo- ment du printemps où les Anguilles sont encore en grand nombre sur les côtes. On récolte une certaine quantité de vers de terre dont on fait un chapelet, en les cnfdant dans leur longueur au moyen d'une aiguille montée de bon fil, fort, long de l",oO à peu près. On love alors ce cordon de vers sur lui-même, de manière h en former des anses de O'",2o environ, que l'on réunit par un lien et que l'on attache au bout d'une ligne jointe à une canne solide. Du rivage ou de dessus un bateau, le pêcheur laisse descendre ou jette ce paquet dans le lieu où il suppose que des An- guilles sont rassemblées, et, tendant légèrement la ligne, il attend. Les Anguilles attaquent les vers que le fil intérieur empêche de se diviser ; le pêcheur sent quelques petites secousses, relève vivement le paquet qu'il jette soit dans le bateau, soit sur le rivage, où il entraîne les Anguilles accrochées par les dents. Si le mouvement est assez vif, peu retombent à l'eau et l'on en prend par ce moyen de grandes quantités. Cette pêche réussit au moment où les Anguilles s'a- gitent et chassent, c'est-à-dire le soir, la nuit et par l'orage, sur la cote. iO ANGUILLIÈRK. Non-soulomenl on prche les Anguilles à l;i ligne, mais encore avec un certain nombre d'engins différents : à la fouane, dans la vase, comme nous l'avons indiqué plus haut; aux filets, nasses, verveux, râteaux, ou au moyen de barrages spéciaux nommés gords, bourdigues, labyrinthes, anguillicres, etc., suivant les pays oîi ils sont établis. Ces derniers appareils reposent sur deux principes : on forme un bar- rage dans le cours d'eau, afin de forcer les Anguilles à passer par une ouverture et à tomber dans un filet, ou une nasse, ou toute autre sorte de piégc dans lequel l'Anguille, une fois introduite, demeure forcément à la portée du pécheur. Les barrages s'établissent dans des bras de rivières ou de mer (Graus) dans les- quels ils ne peuvent gêner la navigation, et, dans un cas comme dans l'autre, il faut une autorisation de l'autorité. Ces travaux consistent enfiles de pieux formant un angle aigu dont les côtés, parlant du rivage, se réunissent au milieu de la rivière. Cet angle est tronqué par une ouverture tournée vers l'amont si l'on veut prendre les Anguilles de remonte (Civelles), vers l'aval si l'on fait la pêche aux Anguilles qui descendent à la mer. Le long des pieux on tend des nattes, des filets, ou l'on établit de simples clayonnages, et à la porte du gord on tend un guideau, sorte de grande chausse, dans lequel tombe le poisson qui n'en peut plus sortir. C'est surtout la nuit que cette pêche est abondante, principalement à la descente; à la remonte, les Ci- velles passent toute la journée, mais cependant en moins grande abondance que (juand le soleil est couché, car alors toute l'armée se met en mouvement. La pluie est favorable, l'orage aussi et surtout la profonde obscurité des nuits sans lune. (Yoy. BouRDiGUE, Écluse [Pêche à l'I). Depuis l'Escaut jusqu'à Bayonne on pêche l'Anguille, à l'embouchure des fleu- ves, avec les guideaux, les sennes, les nasses, dans lesquelles on met différents ap- pâts composés de limaçons, moules, grenouilles, tourteaux de chènevis, foie de bœuf ou de porc, etc. Quoique les Anguilles de la Seine, de la Loire, de la Gironde soient très-esti- mées, la grande pêche des Anguilles se fait dans la Méditerranée. Elle a lieu dans les marais salés pendant les trois derniers mois de l'année, suivant que le permet la saison. On pêche avec des bourdigues, des maniguières, des paradières et diffé- rents autres instruments qu'on emploie suivant les localités et les circonstances. C'est pendant la nuit et quand les vents soufflent du nord que la pêche est la plus abondante. Dans ces étangs salés on prend les Anguilles au moyen d'espèces de parcs formés de pieux et de filets tendus dont la distribution présente différentes chambres au milieu desquelles s'engage le poisson ; quand les Anguilles ont tra- versé ce labyrinthe, elles arrivent dans la quioulette, poche en filet munie de plu- sieurs goulets, comme aux verveux. Dans les étangs voisins d'Aigues-Morles on pêche ainsi jusqu'à 7 et 800 (juintaux d'Anguilles par an. On en sale la plus grande partie. Cette opération con- siste à faire mourir les Anguilles dans le sel, puis à les disposer par lits séparés par une couche de sel broyé. ANGUILLE DE MER. — (Voy. CONGRE.) ANGUILLE PIMPERNEAUX. — C'est l'Aiiguifie à large bec. (Voy. Anguille.) ANGUILLEVERNIAUX. — C'estrAiiguilleà bec moyen de nos pécheurs. (Voy.ANGLiLLE.) ANGUILLIÈRE. — On douuc ce nom, en beaucoup d'endroits, à une espèce de Guideau (Voy. ce mot) ou grande chausse (jue les mariniers et usiniers placent, la nuit, aux vannes et déversoirs de leurs cours d'eau pour prendre les Anguilles. Cette méthode est désastreuse, parce que le poisson y entre, gros et petit, aussi bien ANNEAU. 41 (juo l'An^ïnillo, et y csl tup, b.'ilIoUé pendanl loulc la nuit au milieu des herbes et des délrilus qui y péuèlrent toujours, et roulé sous les vagues rapides dueouraul d'eau. Ou appelle aussi Aiif/itillihr uu réservoir couslruit spécialement eu vue de conser- ver ou (ranu'liorer les Ani;uilles. (^'oy. ce mol dans : Les Grandes Iii//iistfies des eaux.) ANGUILLIFORMES. — Famille uiii(iiie foniiaiil l'ordre des Malacoplérygiens apodes, 4f des Poissons osseux. Caractères : Pas de nageoires ventrales, corps allonge, couvert d'une peau épaisse, gluante; écailles peu visibles, vessie natatoire de forme variable et singulière ; pas de cœcum. Chair présen- tant peu d'arctes. Ces poissons se distinguent surtout par le double caractère de nageoires pectorales et d'ouïes s'ouvrani, de chaque côté, sous ces nageoires. Leur estomac est en long cul-de-sac, leur intestin à peu près droit ; leur vessie aérienne allongée porte vers son milieu une glande propre. La dorsale et la caudale, sensiblement prolongées autour du bout de la queue, y forment, par leur réunion, une caudale pointue. (Voy. Cœur lymphatique, dans Angui/le, Histoire naturelle.) Dans les Anguilles vraies, la dorsale commence à une assez grande distance en arrière des pectorales, quelques-unes ont la nageoire pectorale plus courte. Tous ces poissons présentent de petits opercules entourés coneentriquement par les rayons et enveloppés aussi Lien qu'eux dans la peau qui ne s'ouvre que fort en arrière par un trou ou une espèce de tuyau, ce qui, abritant mieux les branchies, permet à ces animaux de demeurer quelque temps hors de l'eau sans périr; leur corps est long et grêle; leurs écailles, comme entourées dans une peau grasse et épaisse, ne se voient bien qu'après le dessèchement. Us manquent tous de ven- trales et de cœcums et ont l'anus assez loin en arrière. Celte l'amille se divise en 7 genres : l» Anguille. — Suî(s-<7P«>'e5 ; Anguille , | 3" Gymnotes. Soî/.î-5rert)'(?5 ; Carape, Apténotes. Congre, Ophisure, Murène; — Spha- | 4° Guiinarques. gebranclies, Monoplères ; — Sym- branches ; — Alabès . 2° Saccopharynx. 5" Leptocéphale. C Donzelle. 1° Équilles ou Ammodytes. ANMAILLADE. — Filet traînant tramaillc, employé dans le golfe de Gascogne à la pèche des Rougets, Mulles, Aiguilles. Les mailles de la flue ont 0'",16, celles des aumées 0'",I08. Usage, du 1" avril au 1" novembre. ANNEAU [Hameçon à]. (Voy. PALETTE et Hameçons.) L'hameçon à anneau est l'outil des maladroits ou des pécheurs de pro- fession qui manquent de temps pour empiler convenablement leurs hameçons. Hélas ! combien de poissons ne perdent-ils pas par ce défaut de soins ! et quelle triste économie que celle qu'ils croient faire ainsi ! Certes, nous savons perti- nemment qu'il n'est pas donné à tout le monde, surtout à la campagne, de pouvoir manier les hameçons courte queue numéros 14 et lo, qui sont fins comme des ai- guilles. De pareilles armes vont mal entre des doigts habitués à manier la gaffe et l'aviron. Mais, auprès du pêcheur, se rencontrent sa femme ou sa fille; il n'est pas difficile de leur faire apprendre ce que l'on ne peut pas faire, et tout va bien, tout va mieu.x, lorsque le poisson a le moins de chances possibles de son côté. Au bord de la mer, c'est autre chose ; la manie des pécheurs de profession est d'employer d'énormes hameçons ; il n'y a rien à leur dire, ils ne veulent rien en- tendre. — Le fond, les rochers, les varechs, que sais-je? tout cela brise les hameçons fins. — Ily a bien quelque chose devrai dans cela. En outre, les poissons de mer, avec leur gueule, la plupart du temps énorme et pavée de dents rudes, carrées ou pointues, leur ouverture de mâchoires considérable, et leur voracité proverbiale, sont moins sensibles au toucher de l'hameçon. Mais en eau douce ! L'hameçon à- anneau est toujours de qualité inférieure ; les fabricants n'en font pas autrement ; c'est assez dire combien les pointes sont défectueuses, combien le fer est ployant et cassant, enfin combien de mécomptes ils apportent, sans parler 42 ANNEAU. de la grosseur forcée de l'empilage et de l'inconvénient de l'anneau. Cet anneau k{fg. 14) et l'empile — nécessairement double en cet endroit, sans compter le nœud qui existe un peu plus haut, — tous ces obstacles empêchent de faire remonter suffi- samment le ver dont on désire couvrir l'hameçon. Il reste là une partie dure que le poisson sent, en fermant les lèvres. Avec un Limerick t\ palette, à ce moment, il serait pris, parce que l'hameçon présente assez d'avuntage ; mais avec le grossier hameçon à anneau qui ne pique pas, le poisson le crache, s'en va, et tout est dit. Pour empiler l'hameçon à anneau, on le prend par la pointe CB, que l'on place en bas, entre les doigts; on passe dans l'anneau A, formé par la hampe recourbée sur elle-même en arrière, l'empile en ficelle D ; on fait un nœud simple et l'on attache le petit bout par un second nœud simple un peu plus haut. Quelques pêcheurs effi- lent le petit bout de l'empile de cordelette ou de fil qu'ils em- ploient, ouvrent en la détortillant la partie correspondante de l'em- pile, passent le bout effilé , une fois, reviennent deux tours plus haut sur leurs pas, revrillent le tout et composent ainsi une empilure sans nœud saillant. C'est un peu meilleur. Lorsqu'on veut empiler des hameçons à anneau sur florence ou çon à anneau et sur criu, le scul moycu cst dc redoubler, après l'avoir passé dans son empilage, l'anncau, Ic criu ou la florence sur eux-mêmes et d'y faire une liga- ture de soie poissée. 11 est tout aussi simple alors d'empiler un hameçon ordinaire, qui a l'inconvénient de la boucle de moins. Faire un nœud avec ces empiles est pire encore qu'avec la corde, car il reste forcément un bout raide et dur qui pique la bouche du poisson et l'aide à l'avertir qu'il est temps de rendre gorge et de filer. ANNEAU A DÉCROCHER. — Ce petit instrument, qui fait partie du bagage du pêcheur, est un des plus utiles pour la pêche à la ligne de fond, parce qu'il sert à la décrocher des racines dans lesquelles elle se prend fréquemment, et à dégager l'ha- meçon des pierres sous lesquelles il est souvent, trop souvent engagé. Cet anneau est d'autant plus utile, que nous recommandons sans cesse aux pêcheurs vraiment dignes de ce nom, de se servir d'hameçons très-petits et très-acérés ; or ces petits hameçons, quoique montés sur des empiles fortes et bien choisies, ne peuvent être, attachés à un câble. 11 est donc certain que dans un accident semblable, si l'on tire brusquement avec la canne, on cassera le scion ; si l'on tire sur la ligne, on cassera l'empile et souvent la ligne elle-même, qui se trouve ainsi perdue, avec flotte, plombée, etc. D'un autre côté, cet anneau lourd et muni de pi- quants est difficile à loger sans inconvénients dans sa poche ou dans son sac; et puis, c'est un outil tle plus, et le pêcheur en porte déjà tant ! Ce que ces objections prouvent, c'est qu'il y a un choix à faire. Si l'on va pêcher spécialement de fond, dans une rivière inconnue, qu'on le prenne ; si l'on pêche de surface ou à la ligne flottante, qu'on le laisse au logis, quitte à briser sa ligne si un accident arrive ! Cet anneau est fait en cuivre ou enfer, et pèse de 200 à 300 grammes au plus; il est muni de pointes recourbées {fig. 15). Quand on pêche à la canne ordinaire, sans moulinet, on peut choisir un anneau ordinaire sans charnières, on passe dedans Fig. Ici. — Anneau à déci'ochei-. ANNEAUX. 43 le gros bout de la canne, on dévide la forte ficelle qui lient à l'anneau, on laisse couler celui-ci le long de la ligne tendue par l'obstacle, et en tirant sur la ficelle, on ramène souvent la racine et l'hameçon dedans, ou bien l'on détourne la pierre, et la ligne redevient libre et prête à recommencer. Mais avec une canne à moulinet, — et c'est celle que nous recommandons toujours, même pour aller pécher le Goujon, — il faut que la queue de l'anneau soit double. L'anneau s'ouvre par une charnière : pour l'ouvrir, il faut détacher la corde qui servira à tirer dessus; on referme alors l'anneau au-dessus du moulinet; on repasse la corde dans les œillets correspondants des deux queues ; on la noue, on décroche la ligne, et on sort enfin l'anneau par l'hameçon, sans l'ouvrir de nouveau. Le diamètre de cet anneau est de 0™,07 à 0"',08. ANNEAUX. — Les Anneaux sont nécessaires, dans la confection des cannes à moulinet, pour offrir un passage au fil de la ligne. Ils se placent de distance en dis- tance sur la canne, espacés d'abord de 0",oO vers le gros bout, et se rapprochant toujours les uns des autres, de fiiçon que les deux derniers ne soient écartés que de O^JO, vers l'extrémité du scion. Il est bon également d'en avoir de trois grandeurs, de manière à mettre les plus petits au scion, qu'ils ne chargent pas, et les plus gros auprès du moulinet. Ces Anneaux portent, dans le commerce, le nom d'Anneaux â corsets, et se trouvent chez les merciers. On en fait, depuis quelque temps, qui sont enlevés à l'emporte-pièce dans des plaques de tôle ; ils ont l'avantage d'être d'une seule pièce, mais aussi le désavantage d'être toujours irréguliers, comme épaisseur, et à bords tranchants et déchirés en dedans et en dehors. Il faut leur préférer ceux que l'on fait par l'ancienne méthode et qui sont en fil de laiton soudé. Ceux-ci, quoique moins solides, parce que la soudure n'est pas tou- jours parfaite, possèdent au moins une circonfé- rence arrondie et non tranchante, et ne risquent pas d'érailler ni de couper le fil de soie de la ligne. Les uns et les autres sont étamés (ce sont les meilleurs), ou vernis à l'huile et noircis. Ces Anneaux étant choisis avec soin et re- passés légèrement à la lime douce sur leurs bords, on procède à leur montage. Pour cela, on com- mence par couper, avec des ciseaux ordinaires, une petite lame (fîg. 16) de tôle très- mince dont se servent les marchands de parapluies. Cette petite lame doitavoir en- viron 0",02 de long sur 1 millimètre et demià2 de large; on lui donne, en appuyant avec le doigt, une légère courbure au milieu, de façon que quand elle sera appli- quée sur la canne elle laisselibrement tourner l'Anneau dans la petite cavité formée. Ona marqué, d'un trait de lime, la place de l'Anneau sur la canne, et l'on fixe le tout au moyen d'une ligature de soie poissée, de fil de lin ciré ou de cordelette solide et bien retorse. Cette ligature commence cinq ou six tours plus loin que l'un des bouts de la petite lanière de tôle, continue jusqu'à l'Anneau, passe de l'autre côté, et va au delà où elle est arrêtée cinq ou six tours plus loin que la seconde extrémité de la lanière. Lorsque cette ligature est terminée, on la vernit au moyen d'un pinceau trempé dans du vernis noir à l'essence, que l'on trouve partout dans le commerce. ' La première couche que l'on pose un peu claire est absorbée par le fil ; elle Fig. Ifi.— Anneau et sa lanière de tôle, à mettre sur la canne. r^r^ AXODONTES. sert cà l'imbiber et à le coller au bois ; la seconde, plus épaisse, et que l'on applique quand la première est bien sèche, consolide parfaitement les tours du fil, en les réunissant par une matière imperméable à l'eau. Comme, par le frottement du ser- vice, cette peinture s'enlève légèrement chaque année, on profite du mauvais temps et du repos forcé de l'hiver pour réparer ce dommage, en redonnant une solide couche de vernis. ANNÉLIDES. — L'origine de ce mot est Anuulus, petit anneau ; il représente une classe d'animaux articulés renfermant des vers à corps mou, sang rouge, vivant dans l'eau douce, la mer. le sable humide, etc. Leur corps est marque de rides annulaires ou d'anneaux, d'où vient leur nom créé par La- marck. — Les Annéiides forment 4 ordres : A. Errantes : Ex. : Arénicoles. — A. Tubicoles ou sédentaires : Ex. : Serpules. — A. Terricoles : Ex. : Lombrics. — A. Suceuses : Ex. : Sangsues. Fig. 17. — A. Errante. [Arénkoh .) Fig. 18. —A. Terricoles. [Lombrics.) Fig. 19. — Suceuse [Sangsue méd.). Ce sont des animaux à corps allongé, mou, divisé en un grand nombre d'anneaux, munis ordi- nairement de poils roides et piquants ou de tubercules charnus servant à la locomotion. Ils sont quelquefois dépourvus de tète, et d'autres fois cette partie se présente très-distincte. Le sang est presque toujours rouge, circule dans un système de vaisseaux clos. Il s'oxygène par une respiration aquatique et branchiale, rarement aérienne. ANODONTES. — Ces mollusques d'eau douce, auxquels on donne le nom de Moules d'étang et de rivière, servent d'appâts aux pécheurs .pour un certain nombre de poissons de fond. On les emploie surtout comme amorce après avoir eu soin d'en briser les coquilles et d'en couper l'animal, car sa nature coriace ne permettrait pas aux petits poissons de le dépecer. Or, il ne faut jamais perdre de vue, pour la réussite d'une amorce, que c'est le mouvement que se donnent les petits poissons autour de la nour- riture oll'crte qui y attire les gros et les fait rester auv alentours. Parmi les moules propres aux eaux douces, le pêcheur en distin- guera debx espèces bien différentes que les naturalistes ont tantôt rap- prochées, tantôt séparées dans un même genre. Ce sont les Anodontes et les Molettes. Ces coquilles sont habitées par des animaux semblables comme forme, et la plus grande différence vient des coquilles qui, chez la Moule d'étang ou Anodonte, sont loin d'être belles, à l'extérieur couvertes d'un épiderme assez épais noir ou verdàtre, tandis que les Mulettes ou Moules de rivières ont de jolies couleurs bleues ou violettes, et quelquefois striées et nuancées d'une élégante façon. Fig. 10.— .Mulette il'cau douce, iMoule des peintres. [Gr.nat.) APIIOIUSMES. 45 La coquille des Anodontes est ordinairement arrondie ou ovale, tandis que la Mulette est d'une forme beaucoup plus variable. Chez la première, les impressions musculaires sont très-distinctes et écartées, tandis que chez la seconde elles sont très-écartées et peu distinctes. Tout le monde conuait d'ailleurs les immenses écailles des Anodontes, lesquelles servent dans le Nord, où on les appelle Cafottes, à écrémer le lait. Ce sont celles de l'espèce appelée M. Cygneus. On mange ces animaux dans quelques localités, quoiqu'ils soient durs et coriaces, à cliair très- fade. Le pécheur, lui, ne s'en servira de nourriture que pour ses poissons. Les Mulettes, comme les Anodontes, fournissent des perles dans les circonvolutions de leur man' teau ; on distinguera, sous ce rapport, la Moule du Rhin [Mija margaritifera, L.), la Mulette litto- rale {Unio littoralis. h.), à coquille petite et plus carrée; enfin, la Moule des peintres {Mijapictorum, L.), oblongue et mince, qui sert à contenir des couleurs et souvent des or et argent au pinceau. ANON. — O'oy. Egrefin.) ANUS. — L'Anus est l'orifice extérieur des déjections. Il est placé à l'inverse des mammifères, c'est-à-dire en avant de l'orifice urétral de la vessie, au lieu d'être en arrière; il en est de même de l'organe de la génération, qui est également à l'inverse de celui des animaux plus élevés dans l'échelle des êtres. Les Poissons laissent sortir sans contraction leurs excréments qui pendent assez longtemps comme un filet attaché à l'individu et qui se détachent peu à peu par les mouvements de la loco- motion ou le frottement sur les herbes et les pierres. Ces produits de la digestion sont assez ramollis, parce qu'ils sont toujours mêlés vers l'extré- mité de l'intestin^ dans le cloaque, avec une quantité d'urine d'autant plus grande que les reins qui la sécrètent sont aussi longs que l'abdomen et par conséquent très-volumineux. Ceux-ci sont placés immédiatement sous l'épine dorsale, et souvent divisés en 2 lobes. L'urine est un peu épaisse et comme huileuse. ANXCHOIS. — Nom donné à VAiwhois dans la Gascogne. (Voy. Anchois.) AOUSE. — Nom provençal de V Alose commune. (Voy. ce mol.) AOUT. — (Yoy. Calendrier du Pécheur a la ligne.) APHORISMES. — I. Un poisson manqué n'a jamais pesé moins d'mie demi- livre ; au moment où on met le pied sur la plage, le soir, — tout poisson mancjué est une espèce particulière dont la croissance est rapide, — le soir il pèse une livre, huit jours après, c'est un monstre. (A. Karr.) II. La pêche est un plaisir même quand on ne prend pas de poisson. III. Il y a deux grandes espèces de poissons : le poisson frais et celui qui ne l'es! pas. Le premier est toujours bon, fût-ce une Ablette ; — le second, fût-ce une truite, ne vaut rien. IV. L'homme est né pêcheur et chasseur. V. La pêche est le premier des arts de l'homme. (A. Karr.) VI. Pour la pêche à la mouche, choisissez eaux rapides pendant le calme, eaux calmes pendant l'orage. VII. Eaux limpides, mouches claires; eaux troubles, mouches foncées. VIII. Grand vent, grosses mouches. IX. Temps calme, insectes très-petits, ligne imperceptible, pêcheur invisible. X. Ne vous endormez pas ou vous vous laisserez manger. XI. N'ambitionnez pas trop de profondeur, c'est nul. XII. Soyez flexible et pliez : la force est dans la souplesse, l'impuissance dans la raideur. XIII. La ligne n'est point un exercice, c'est une manie chez les uns et un art chez les autres. XIV. Tout gros poisson marche la nuit ; s'il est pris, il se tient coi jusqu'aujour, 011 il fait d'incroyables efîortspour se dégager. XV. Fatiguez un monstre avant de le sortir de l'eau, et surtout pas de résistance. XVI. Piquez du poignet, jamais de l'avant-bras. 46 APPATS. XYII. Péchez l'Ablette et le Goujon avec une canne à moulinet, on ne sait jamais ce qui peut arriver. XVIII. Pêche de fond, un hameçon. MX. Pêche de surface, un hameçon. XX. Deux hameçons, môme esche. XXI. Quand on jette une ligne de fond, mettre le pliant sous le pied, pour ne pas lancer tout ;\ vau-l'eau. XXII. Crin blanc ou crin noir mélangés valent mieux. . XXIII. Toute la pêche est dans le choix de l'hameçon. APL.ET. — Ce mot s'applique très-souvent, en fait de pêche de mer, comme synonyme d'engin ou d'appareil, c'était du moins la signification du mot Aploïdum du moyen âge. Aujourd'hui on donne quelquefois ce nom au filet qui sert à la pêche du hareng. APOGON COMMUN (Apogon, Rex mullorum, Cuv.). — Acanthopt. percoid. Long. max. =0"',I5. Syn. : Sarpananzo, ital. L'Apogon est un petit poisson rouge argenté ou doré, propre à la Méditerranée et dont la couleur est plus ou moins jaune, suivant la saison : il est remarquable parce qu'il porte une tache noire de chaque côté de la queue. Il est assez facile à reconnaître par ses grandes écailles tombant aisément, ses deux dorsales très-séparées, et la double dentelure de son préopercule. Ce petit poisson a été longtemps ballotté entre les Trigles et les Mulles des anciens, et a fini par être reconnu pour ne représenter ni l'un ni l'autre. Aujourd'hui, il est rentré dans la grande famille des Percoïdes, dont son aspect seul aurait suffi pour ne jamais le faire éloigner. D = C-M/9. = 2-1-8. P=10. Y= 1+6.C=19. On ne prend ce poisson que dans le temps du frai. APOPHYSES. — On donne, en anatomie, le nom d'Apophyses aux éminences que l'on observe à la surface des os. (Voy. Arêtes.) APPATS. — En terme de pêcheur, oppât est synonyme cVamo7xe, tant qu'il s'agit deau douce; mais en parlant de pêche de mer, appât devient en même temps, et plus souvent, synonyme d'esche. On appelle appât, en termes de mer, toutes les substances dont le poisson est friand, et dont on se sert pour l'attirer à un hame- çon, dans un filet, ou dans un lieu quelconque. Ces appâts ou amorces ne sont pas les mêmes pour tous les poissons. Pendant l'été certains pêcheurs d'eau douce amorcent avec du fromage passé, le plus souvent celui de Gruyère ; d'autres emploient la chair de quelques quadrupèdes, et particulièrement celle du chat et du lapin, et le foie de ces ani- maux de préférence : tout cela dépend du poisson que l'on veut prendre, et s'il est carnassier ou non. Pour les premiers, on fait souvent usage, non comme appât, mais comme esche, des chatouilles, des moules de rivière, séparées de leur coquille, des sauterelles, des mouches, des papillons, des grenouilles, etc. Beaucoup de petits poissons, qu'on nomme blanchaille, sont de bonnes esches à l'hameçon. On amorce au contraire avec de grosses fèves, qu'on appelle fèves de marais, pour réunir les poissons de fond en un seul endroit choisi. Les odeurs fortes, comme l'assafœtida, le musc donnent à l'appât auquel ils sont mêlés un attrait tout particulier pour le Brochet et d'autres poissons d'eau douce. Les poissons qui servent généralement pour escher l'hameçon en mer sont les harengs blaquets, les sardines, les lançons, les anguilles, que l'on nomme en Nor- mandie quilles ou équilles, le grados, ou éperlan bâtard, en un mot, toutes les espèces de petits poissons ronds. APPATS. 47 1. (lalinar coiimiuii ou Cornet. Ficj. 22. — Sèche \ulgaire. Lorsque les p^'cheurs de mer n'ont pas de bons appâts, — car on n'en trouve pas facilement en toute saison comme ceux indiquéstout à l'heure, — ils se servent de coquillages, tels que les moules, etc., ou de crustacés, comme les crabes; ils ôtent l'écaillé de ces animaux et garnissent les hameçons avec l'animal, mais ils ne prennent avec cet appàl que des Merlans et des Limandes. Ils emploient aussi le pitof, qui est assez gros seul pour garnir un hameçon. Les sèches et les cornets {fig. 21) ne s'emploient qu'à défaut d'autres nourritures, et les poissons que l'on prend avec ne sont que des Raies et des Merlans. Les cornets {fig. 22) entiers sont cependant meilleurs que les sèches ; ils conviennent ;\ tous les poissons, excepté aux pois- sons plats, et les diverses Morues en sont friandes. '^ Depuis le mois de mars jusqu'en septembre, on garnit l'hameçon avec quelques crustacés, tels que la grosse, la petite chevrette, ce qui attire les Maquereaux et- les Baies. Quand on se sert de la petite chevrette {fig. 23), il en faut au moins cinq à six pour un hameçon, et l'on prend des Jïaies grises. Les crabes de toute espèce, quand ils sont près de quitter leur enve- loppe, ou que la nouvelle est encore tendre, servent aussi à amorcer les hameçons. On déchire ces animaux par morceaux suffisants pour couvrir le fer en entier. Le Congre se prend souvent à. cet appât, et les pêcheurs au libouret prennent aussi avec lui des Merlans et des Limandes. Les pêcheurs de la côte amorcent également avec des loches de mer, malgré la mauvaise qualité de cet appât, et quand, par les mauvais temps, la disette est com- plète, on est quelquefois obligé de se servir d'appâts salés, tels que les harengs et le foie de bœuf; dans ce cas il faut veiller avec soin à ce qu'ils ne soient pas corrom- pus. On garnit la pointe de l'ha- meçon avec un petit morceau d'un des meilleurs appâts qu'on peut se procurer dans le moment, soit de la viande fraîche de bœuf, vache, cheval, âne, chien, etc., et surtout en veillant à ce que ces viandes n'aient aucune mauvaise odeur. Il est préférable d'employer le foie et les poumons de ces animaux que leur viande. Ces appâts employés aux petites pèches, à l'entrée des ports, n'amènent géné- ralement que des Merlans. Les poissons de mer sont tous carnassiers : il faut remarquer que tous sont en général plus friands des individus de leur espèce que de tous autres appâts, et l'on trouve ordinairement pris aux hameçons les poissons de même espèce que ceux qui servent d'esches. Si l'on n'a à sa disposition que des poissons un peu gros pour garnir les hame- çons, on s'en sert très-bien en les coupant en bius, pourvu que l'hameçon en soit complètement couvert. On doit cependant prendre soin de laisser toujours saillir Fig. 23. — Chevrette. 48 APPELET. la pointe, parce que, si elle était cachée, comme l'appât de poisson mort ou vif est dur à traverser, le fer n'atteindrait les lèvres qu'après une vive pression du poisson mordant; or il aurait senti la dureté du fer avant d'être piqué et aurait rejeté Ihameçon ainsi que l'amorce mal mise qui le cache. Il ne faut pas oublier que, malgré sa voracité, le poisson de mer se prend en général seul, le pêcheur est rare- ment là pour ferrer au moment opportun et assurer ainsi sa capture ; il faut donc établir son attache de façon qu'elle ne gcne point la piqûre de l'hameçon. Dans la pêche en eau douce, si l'on se sert d'appâts vivants, on peut cacher la pointe, mais, quand on s'y sert de poisson vif ou d'appâts durs, il faut également la laisser dépasser. Jamais le poisson ne peut se défier du petit appendice noir ou bleu que pro- duit cette pointe qui saillit, la nourriture qu'il prend est souvent accompagnée de petits morceaux de paille, de bois, etc., qui font le même effet. S'il devinait ce que c'est, il devinerait encore mieux ce qu'est le fd qui tient le tout, et se sauverait avec raison de cette amorce douteuse et perfide. En mer, comme en eau douce d'ailleurs, il est toujours préférable de se servir d'hameçons très-fins et de montures très-solides : le poisson se prend ainsi par les parties grasses et charnues de l'estomac ou de la gorge, au lieu des membranes sèches et osseuses des lèvres et du palais. Cette règle est capitale, pour les poissons de mer surtout, qui ont la gueule toujours armée de dents nombreuses et acérées en beaucoup de cas. Les pêcheurs- normands se servent, pour prendre les Maquereaux, d'un appât artificiel composé d'un morceau de drap rouge, mais ils n'en usent que quand ils manquent d'autres appâts meilleurs, car la pêche aux hameçons ne peut se faire par tous les temps et en toute saison ; pendant l'hiver, elle n'est pas commode ni lucrative à cause des gros temps. Pendant l'été, les poissons mordent bien à la viande, aux poissons, aux crustacés en mer, en eau douce, à toutes les esches. En automne, on amorce avec de la viande fraîche ou des poissons vivants. Il y a donc lieu de faire la plus grande attention au choix des esches ou appâts dont on peut disposer. Il est une manière judicieuse de les employer qui révèle le pêcheur consommé, et celui qui a réfléchi aux mœurs des poissons et étudié leurs habitudes et leurs instincts. (Yoy. aussi : Emploi des esches pai\ individu et tau SAISON.) APPATS ARTIFICIELS. — (Voy. INSECTES ARTJFiciELS sclou Ics mois [em- ploi des] et MoucuES artificielles [fabrication].) APPATS DE FOND. — On donne le nom cVappâts de fo7id h ceux qui tombent au fond de l'eau et qui servent à attirer le poisson à cet endroit ; ce mot est syno- nyme à'amorces. APPAT "VIF. — (Yoy. Vif [pêche au], Ablettes, Goujon, Gardon, Carpe, Tanche, Loche.) APPATS PAR ESPÈCES ET SAISONS. — (Voy. rarticle : Emploi des esches et APPATS.) APPELET. — Une pièce d'appelets est une ligne de fond garnie de ses em- piles avec leurs hameçons pour la pêche en mer. Si l'on joint, les unes au bout des autres, plusieurs pièces d'appelets, on forme une Tessure. C'est ainsi que ces grandes lignes sont mises à l'eau, au moyen de bateaux. APRON. 49 APRON [Genre] (Aspro, Cuv.). — Les Aprons diffèrent, au premier coup d'œil, des Perches, parce qu'ils ont l'air écrasés sur le dos et sur la tête, tandis que la Perche commune est plutôt com- primée. Les deux dorsales, au lieu de se toucher, sont écartées l'une de l'autre. Le préopercule est à peine dentelé, et l'opercule porte en arrière une pointe très-visible. Une seule espèce pour la France. APRON COMMUN (Perça asper, Lin. — Aspro vulgaris, Cuv.). — Acanthopt. percoid. Long. max. = 0'",18. Syn. : StricherStreben, ail. — Kulz, Baie — Persico, ital.; — Ostrzi/ca, pol. Espèce du Rhône, de la Saône, de l'Ouche, du Doubs, de l'Ognon, son tributaire, de l'Isère et de ses alHuents, mais n'existant pas dans les rivières de l'ouest de la France. Ce poisson reste petit, d'une teinte jaune, avec le dos et le dessus de la tète plus foncés ; a la chair blanche, légère et agréable, d'un goût analogue à celui de la Perche. Il porte ordinairement trois marbrures plus foncées, noirâtres, partant du dos et descendant sur les flancs obliquement en avant, dans le genre de celles de la Perche commune. Fig. 24. — Aprou [Ptrca asper, Liu. Corps allongé, à peu près rond au milieu ; tête déprimée et large vers les ouïes, museau couvert d'écaillés et en saillie au-dessus de la bouche; dents en velours aux mâchoires, au voraer et aux palatins ; langue lisse. Yeux petits, préopercule finement dentelé, opercule à un piquant prononcé. Ouïes et membranes semblables à celles de la Perche. Écailles âpres et ciliées, ligne latérale rapprochée du dos et lui étant parallèle, peu marquée, 70 à 80 écailles. Dos brun-rougeâtre à 4 ou 5 bandes obliques noirâtres. Le ventre blanchâtre, les nageoires gris- jaunâtre. Première dorsale à peu près arrondie à 8 rayons, 2^ et 3« plus longs. Deuxième dorsale 12 ou 13 rayons. Anale, l2 ou 13 rayons; caudale en croissant, 17 rayons; pectorales, li; ventrale plus longues que les pectorales, G rayons, le 1'^'' épineux. Noël, dans la partie manuscrite de son Dictionnaire, donne à l'Apron : branchiostèges, 7. D = 13-23, cinq rameux. P= 14. V = G. G = 15. 42 vertèbres, intestins à 2 replis; ovaires gros à proportion de l'animal. (Voy. Temps de rr.Ai.) Se nourrit de vers et autres animaux aquatiques ; se transporte facilement ; habite les eaux vives et pures. Le Rhin en a trois variétés; la plus grande gris-noirâtre, une gris cendré, la plus petite, enfin, jaune-bronze. APRON COMMUN. — Ce poisson, analogue comme couleur à la Perche vul- gaire dont il se rapproche beaucoup par la taille, est de la même famille naturelle. 11 se rencontre en France dans les fleuves et rivières de l'Est et du Sud-Est. Il aime les eaux vives et pures, où il se nourrit de mollusques, de vers et pro- bablement de très-jeune frai. Sa bouche, petite, comparée à celle de la Perche, le rend omnivore plutôt que complètement carnassier. Il n'est d'ailleurs commun nulle part. Sa chair est agréable. ^ 50 ARAIGNÉE. On le prend au moyen de vers de fumier, vers rouges à tôle noire, bien vifs, ou (le vers de vase. Tl mord également sur l'asticot, mais plus rarement. On doit avoir soin, comme pour la Perche ordinaire, que l'appât ne reste ja- mais en repos. Ce mouvement s'obtient d'abord en renouvelant souvent les vers parce qu'ils sont frétillants, et enfin, en déplaçant souvent la ligne ; on la sort de l'eau, et on la jette un peu plus loin. Tout cela doit se faire doucement, sans secousse et sans bruit; le plus souvent ces poissons se précipitent sur l'appât au moment où il descend verticalement dans l'eau, entraîné par son poids. AQUILA [Raja|. — (Voy. Raies, § il ) ARACE. — Genre d'Aiiiiélides errantes, qui vivent dans la mer, sur les côtes de l'Europe, et dont on se sert pour amorcer les lignes de mer. (Vieux mot.) ARACHE. — Nom donné aux Martigues à V Alose commune. (Voy. ce mot.) ARAIGNÉE. — Nom de la vive à Gênes, à Marseille, en Languedoc. Sans doute parce que, regardant comme venimeuse la piqûre de la vive, on l'a assimilée à l'araignée. [Esche]. — Nous ne pouvons entrer ici dans des détails techniques sur ces ■Avàm^wx articulés^ intéressants à tant de points de vue autres que celui du pécheur. Pour ce dernier, les Araignées sont de très-bonnes esches à mettre à un hame- çon pour la poche de surface en eau douce : il n'en demande pas beaucoup davan- tage. Cependant il n'est pas tout à fait superflu de le mettre à même de s'assurer s'il rencontre une araignée ou un imecte, et cela est si facile à apprendre qu'il y aurait mauvaise grâce à ne pas le savoir. Les insectes ont toujours 6 pattes, les Araignées en ont presque toujours 8 : les araignées ne sont donc pas des insectes, ce qu'il est déjà bon d'apprendre. Les Arai- gnées n'ont jamais d'ailes, ni d'antennes, mais un faciès qui varie d'une façon incroyable, non-seulement comme grosseur, mais comme disposition. Chez toutes, la tête Fig.tà. —Mygale maçonne cst confouduc avcc Ic tliorax; Icur bouclic est fort bien ^"'' ""'''' armée. La plupart sont chasseresses et vivent d'insectes. Comme elles sont succulentes, les poissons les recherchent beaucoup. Les unes vivent dans ou sur l'eau, les autres, sur la terre ; aussi la respiration des unes et des autres est-elle appropriée à ces milieux différents. Excellentes pour tous les poissons de surface, Truites, Ombres, Chevesnes, Vfindoises, Ablettes, etc., on les imite parfaitement par des espèces de chenilles artificielles. [Filets]. — Filet spécial pour la pêche des Aloses dans le Rhône. Voici comment se pratique cette pêche d'après Curnier : Le pêcheur se met en ouvrage. Armé d'une poche en filet à grandes mailles et peu profonde, montée sur un cercle en lattes de saule, emmanchée d'une perche de 2 à 3 mètres, il la plonge à l'avant de son bateau du côté du large, il la descend en pesant sur le bout du manche, perpendiculairement à la surface de l'eau, et, une fois que tout est noyé, il laisse le courant entraîner le filet, en ayant soin de le maintenir toujours dans sa position, en l'accompagnant ou en l'ai- dant d'une main attentive et intelligente. L'Alose est un poisson très-vif, doué d'une grande puissance natatoire ; il importe donc que la poche se fasse lestement, ARAIGN^ÎIE DE MER. 51 sans quoi, comme ce filet n'offre aucune espèce de goulot de nasse, qu'il est à fond trcs-rapproché et très-plat, le poisson a le temps de s'échapper ; un bon courant est nécessaire, puisque c'est lui qui doit imprimer la vitesse au filet. On comprend que V Araignée intercepte le passage dans la tranche d'eau correspondante à sa circonférence, le poisson allant dans un sens, celui opposé au courant, tandis que le filet le suit ; le moment important est celui où cette rencontre a lieu. Le poisson est touché, mais bien s'en faut qu'il soit pris, il faut l'amènera la surface, et notez qu'il n'y a, pour le soutenir, ni engin, ni traquenard d'aucune sorte. Aussi- tôt que le filet noyé en tête du bateau en a suivi la longueur, une corde qui s'y fixe porte et se roidit. On cesse de peser sur le filet, qui tend alors avec impé- tuosité à quitter la position forcée où il est maintenu, pour reprendre sa position naturelle, c'est-à-dire flotter horizontalement. C'est à ce moment que le pêcheur a à donner tous ses soins pour faire émerger le filet simultanément sur tous les points de sa circonférence; de là dépend la bonté du coup, car si son filet émerge droit, au lieu de venir à plat, adieu le succès ! fût-il plein d'Aloses, il versera tout dans le fleuve. Le poisson, lorsque le coup est bien donné, est prison- nier alors dans la partie lâche du filet qui flotte au delà du bord extérieur du cer- cle. Cette pêche est très-ftitigante. On comprend, en effet, que le maniement d'une espèce de poêle, de 20 à 25 pieds de tour, fichée au bout d'un long bâton, et cela au milieu d'un courant rapide, ne soit pas précrsément un amusement de fem- melette. Les hommes qui s'y livrent donnent environ 40 à 50 coups par heure, et se relèvent toutes les deux heures, ARAIGNÉE DE MER. — (Voy. Crabe.) — Il cst difficile d'imaginer rien de plus hideux que l'Araignée de mer ou Maïa Sqninado. Bossuée, hérissée, le dos couvert de varechs parasites qui lui font une barbe étrange ; la carapace bar- bouillée de la vase dans laquelle elle se retire ; des pinces faibles, mais une forêt d'épines en avant, en arrière et de tous les côtés, la couleur noire, brune ou vio- lette : telle est l'Araignée de mer solitaire sous la pierre où elle se tapit. Infatigable comme tous les Crabes, le Maïa est un nettoyeur, sans trêve ni repos, de tout le voisinage. Quel est le sens qui lui apprend que son office est utile à quelques mètres aux environs, au milieu de cette énorme masse d'eau qui bat les rivages? Quelle diffusion merveilleuse de molécules a pu, partant du cadavre qu'il aidera tout à l'heure à dépecer, venir frapper son odorat? Et cet odorat lui- même... où est-il? où en est le siège? L'homme ne le sait pas. Pour nous, alors que la drague nous rapportait, des grands fonds, les Maïas mêlés aux huîtres ramassées, nous étions toujours en admiration devant la laideur inimitable de la pauvre bête et devant la splendeur des merveilles qu'elle portait 1 ^ fia. 2G. — Araignée de mer [Maïa Souinado). sur son dos. v ï ; Sous le microscope, ces petites mousses roses et blanches devenaient des ar- brisseaux de cristal, habités de fleurs vivantes, de renoncules agitant leurs pétales. A leurs pieds, ces gazons invisibles étaient encore des milliers de polypes sor- 52 ARCHET. tant et rentrant leurs bras et rayonnant dans tous les sens, afiamés de Teau qui leur manquait. Il est probable que ces arbuscules et ces mousses vivantes, tous carnassiers, tous amis de la chair, ne viennent envahir la carapace du Maïa, que pour prendre part, et une part active, à l'absorption des débris, jadis vivants, dont se repaît l'A- raignée. Tandis que celle-ci déchire à belles dents et dévore par gros morceaux, elle secoue un nuage de poussière animale que l'eau porte aux tentacules affa- més des fleurs parasites. C'est sur le dos du Maïa qu'on trouve la Polysiphonia vuriegata^ petite floridée à couleur de rubis, le Plocamium coccineum, rose lui aussi, avec ses ramilles en forme de doigts fermés, et puis la Cêrmwe élégante, et des corallines, etc., etc. ARBALÈTE. — L'Arbalète est une variété d'archet ou de couple (Voy. ces mots) dont se servent les pêcheurs du Boulonais. Il se compose d'un morceau de fil de fer long de 1",20, gros comme une forte paille et enfilé dans la partie épaisse d'un plomb pesant de 500à 1,000 grammes. Ce fil de fer estpresque'droit, très-légè- rement courbé en arc au milieu. On aplatit au marteau chacune de ses extrémités en palette et l'on y attache une ou deux empiles en fil double retors de 2 mètres de long, montées d'hameçons pareils à ceux qui servent à la pèche du Maquereau. Pendant le calme, les pêcheurs, de dedans leur bateau, descendent cet engin au fond de la mer, au moyen d'un orin frappé au haut du plomb de fond, et semblable à celui sur lequel ils montent les quipots. (Voy. ce mot.) On prend ainsi les Merlans, les Grondins, etc. La pêche de jour se fait au fond, mais pendant la nuit on maintient l'ar- balète entre deux eaux. ARBRES A ENIVRER LES POISSONS. — l'un de ces arbres croit aux Antilles et opère sur les poissons un singulier effet. Il est de la taille d'un poirier, ses feuilles ressemblent à celles des pois, mais elles sont plus épaisses; son bois est dur et jaune. On prend l'écorce des racines de cet arbre, on la pile de manière à la réduire en parcelles très- minces, et on la met dans des sacs. Lorsqu'on veut pécher, on agite les sacs dans l'eau, et une légère poussière, formée par les par- celles les plus petites, se répandant, le poisson l'avale, est enivré, nage sur le dos et se jette au rivage. On en prend ainsi de grandes quantités. Nous devons ajouter à ce récit, extrait de Duhamel du Monceau, que rien ne prouve l'innocuité du poisson ainsi empoisonné ; de plus, que c'est une manière barbare et irréfléchie de détruire une grande quantité de poisson, le plus souvent sans profit pour personne, puisque le poisson ainsi capturé ne se conserve pas et est malsain. * A la Nouvelle-Grenade (Amérique), les Indiens font usage de plusieurs substances végétales, dont l'une pourrait bien être l'arbre indiqué plus haut par Duhamel. Le Fromager ou Seïba fournit un suc avec lequel les habitants de Santa Marl/ia empoisonnent les rivières pour faciliter leur pêche. Les Indiens de la Meta font une chose semblable avec l'effusion du suc de la racine Barbasco, qu'ils jettent dans l'eau de cette rivière pour enivrer les poissons. ARCHET. — Cette pêche se fait surtout entre les rochers, dans les endroits où le sable s'est accumulé sous les efforts de la mer, et où ne se trouvent pas de trop grands herbiers dans lesquels les hameçons se cacheraient, ce qui les déroberait à la vue du poisson, et en second lieu où ils se mêleraient par le mouvement de l'eau et présenteraient un obstacle à la levée de cette ligne. Pour construire un archet, en Poitou, sur les côtes de l'Océan, on fait choix d'une baleine ou d'un jonc de l^jSO de long environ, ABC {/ig. 27). On le ploie sous la forme indiquée dans cette figure, en sorte que les longueurs AN, BN, soient égales à MC, ce qui divise la baguette ployante en quatre parties égales. A R I C I E. 53 En N on fait une ligature solide, puis on y comprend l'extrémité R de la ligne de fond NS qui traverse la courbe NC, et vient s'attacher en G à l'archet et en même temps à un plomb de fond qui fait caler le T tout. L'autre extrémité T de la ligne, porte une bouée pour la retrouver et la retirer. Il est quelquefois bon, outre les hameçons em- pilés m^n, 0, p, que l'on attache aux bras A,B de l'ar- chet, de placer un autre hameçon f à une certaine hauteur au-dessus de l'archet et sur la ligne NS. On peut munir l'empile d'un corceron léger f qui empêche cette petite cord-elette de se tortiller au- tour de la plus grosse AS. (Voy. aussi Arbalète.) [Filets]. — Portion de cercle fort, courbé en demi-circonférence, et soutenant la coiffe d'un ^'"'J- -'• - -^■'chet en station. verveux. Ses deux extrémités sont tenues écartées par une corde tendue passée dans les mailles qui bordent le bas de la coiffe. ARCS BRANCHIAUX. — (Voy. Branchiaux [Arcs].) AREIGNOLE. — C'est une Battude de grande dimension. (Voy. ce mot.) ARÉNICOLES. — Espèces d'Annélides errantes qui habitent les sables de la mer. Cette famille des Aréiiicolieiis ne renferme que le sous-genre Arénicole. L'Arénicole du pêcheur (Cuv.), long. niax.= O^.lô à 0«',Î0. Couleur cendrée, rouge ou brune, changeant en vert foncé. Corps allongé, mou, de la grosseur d'un fort crayon, fusiforme, c'est-à-dire plus gros au milieu qu'aux deux extrémités. Ces Annélides présentent une tête peu ou point distincte ; elles sont dépourvues d'yeux, de mâchoires, d'antennes et de cirrhes ; elles ne portent de branchies que sur la partie moyenne du corps. Les anneaux qui composent leur corps sont nombreux et à surface comme chagrinée. Ces Annélides portent sous le ventre des appendices rangés deux à deux, ressemblant au premier abord aux fausses pattes des chenilles de lépidoptères. La tête est terminée, comme celle des Lom- brics, par une ouverture circulaire. Ces vers sont tirés de leur trou de sable, sou- vent profond de 0"'^50 à 011,00, pour amorcer les hameçons tendus aux poissons de mer. On reconnaît la retraite de l'animal aux petits cordons de sable qu'il rejette au dehors. Quand on le touche pour en amorcer les lignes, il sécrète une liqueur jaune qui tache les doigts comme la bile. (Voy. aussi Dorsibranches.) ARÊTE. — Les parties osseuses des poissons portent vulgairement le nom d'arêtes, que l'on peut supposer dérivé du mot latin arisia, barbe d'épi. La colonne vertébrale, munie de ses longues apophyses, forme la grande arête ; les côtes, soudées aux apophyses transverses, présentent les arêtes ordinaires de la chair. Les rayons des nageoires reçoivent aussi quelquefois ce nom, ainsi que les petits stylets grêles et longs qui, dans certaines espèces, partent des vertèbres pour traverser les chairs qu'elles soutiennent. Les poissons blnncs contiennent une très-grande quantité d'arêtes. En géné- ral, on estime, à part son goiit, d'autant plus un poisson qu'il contient moins de L-es appendices désagréables et même dangereux. Sous ce rapport, les poissons jp^ gg. — Arête du genre Salmones sont favorisés. 11 en est de même de la plupart des poissons de mer. (côte) . ARGENTEUS (Leuciscus). — (Voy. Dard ou Vandoise.) ARICIE. — Genre d'Annélides errantes qui vivent dans la mer, sur les côtes de l'Europe, l't servent d'amorce à la mer. Fig.^8. — Aréni- cole du pêcheur. 54 ASPECT DE L'EAU. ARLEQUIN. — Nom que l'on donne quelquefois au Ycron en costume de noces. (Voy. Ykron.) ARMAIL.LADE. — Synonyme cVAmav'ade. ARPHYE. — Synonyme ù.' Orphie, dans la langue des pêcheurs de certaines côtes. — (Voy. Orphie.) ARRAIN GORRIA. — Nom provençal ou basque delà Bième demer. (Voy. ce mot.) ARROSE. — Nom gascon de la Borée. — (Voy. ce mot.) ARSELIN. — Poisson de mer plus petit que la Vive, armé d'aiguillons et dangereux comme elle, et qui s'enfouit également dans le sable. C'est l'espèce Vive marinière {'frachiniis ripera), remarquable par sa couleur plus foncée, sa taille moins considérable et le plus grand nombre d'individus qu'on en rencontre sur les côtes. Il se prend de la même manière que la Vire commune. — (Voy. ce mot.) ARTICULES. — Embranchement des animaux, se distinguant par leur système nerveux, composé de ganglions cervicaux, thoraciques, abdominaux, anal, et d'une chaîne double, ganglion- naire, les unissant dans la longueur du corps. Tous sont à sang blanc, excepté les Annélides. Le corps, en forme d'anneaux mobiles, est plus ou moins rétractile. ASPE (CypriniisaspiuSjLin.). — Malacopt. abd. cyprinoïd. Syn. : Schad, Roppc, Aland, ail. — Asp,, suéd. Le nom d'Aspe {Aspius) a été assigné, par certains naturalistes, aux Ablettes, dont nous avons décrit six espèces qui se trouvent dans nos eaux : l'Ablette commune, l'AIburnoïde, la Biponctuée, etc. Cependant, il représente également une espèce du genre Able, espèce assez voisine de lAblette comme caractères, mais parvenant à un poids de 5 à 6 kilogr. Les caractères principaux de ce poisson, peu estimé^ sont : Dos noirâtre, nuque bleu foncé; opercules bleus mêlés de jaune et de vert; ventre blan- châtre . Dorsale grise pendant la jeunesse, puis bleue; caudale de 28 rayons, de même; — anales, pecto- rales et ventrales jaunâtres dans la jeunesse, et ensuite bleuâtres mêlées de rouge. Canal intestinal à 3 sinuosités. 18 côtes de chaque côté, épine dorsale de 4i vertèbres. Cette espèce se nourrit de petits poissons, de vers, de végétaux et de débris de corps organisés; elle habite les rivières à fond propre et à courant peu rapide, et perd la vie facilement hors de l'eau. Chair molle et grasse ollYant beaucoup d'arêtes. N'y aurait-il pas ici confusion avec le Chevesne commun? La synonymie de ces poissons blancs est encore fort obscure. L'Aspe d'Agassiz est un poisson allemand, et celui dont nous parlons se prend au nord et à l'est de la France ? ASPE. — L'Aspe est un beau poisson très-rusé qui habite dans les eaux calmes des rivières du nord de la France. Il est vorace cependant et fait sa proie de petits poissons comme le Chevesne, avec lequel il a beaucoup de rapports, il se prend aux mêmes appâts. C'est le Chevesne des eaux tranquilles. ASPECT DE L'EAU. — Lorsqu'on ne connaît pas une rivière, il est absolu- ment nécessaire d'en sonder la profondeur et de reconnaître la qualité du fond, parce que, ces deux choses une fois connues, on peut présimier l'espèce de poisson qu'on y attaquera. Il peut se faire des divisions fictives par rives et par cantons compris entre des objets fixes servant de repères. On prend un petit carnet de poche sur lequel on trace un tableau analogue à celui-ci : ASPECT DE L'EAU. RIVIÈRE DE 55 STATIONS. DÉSIGNATION DES LIMITES. Du pont (le pierre aux 3 chênes. De.s 3 chênes au rocher près du che- min de etc. etc. Du pont de pierre au coude du cliemin de Du coude au hêtre fourchu. En face du rocher double fendu. etc. COURANT. pno- FONDEVn met. 2 1,.^0 0,60 3Ioven. Courant très - vif. etc. etc. Eau tran- quille, pres- que pas de courant. Haïe. etc. Sable fin. Jars ou fond de cailloux. etc. etc. Fond de vase. Gravier. etc. OBSEHVATIONS. Herbes à 2 mè- tres au larse. Rien n'empôche morne de mettre dans la colonne d'observations les espèces de poissons que l'on peut espérer y trouver, d'après leurs mœurs connues. Tous les renseignements nécessaires pour remplir le carnet ci-dessus sont fournis par la sonde. Voici comment il faut opérer : On monte une canne à mou- linet ordinaire, et au bout de la soie on attache la sonde, dont le dessous est bien garni de suif, puis on la plonge, devant soi d'abord, à la longueur de la canne, et on rapporte la qualité du fond par ce qui s'est attaché au suif mis sous le mor- ceau de plomb ; en sondant à plusieurs endroits, on s'assure mieux encore que la qualité du fond est constante, et comme on est maître de choisir la subdivision de ses stations et leur espacement, on peut arriver en très-peu de temps à con- naître parfaitement le fond de la rivière oii l'on veut pocher. Pour trouver immédiatement la hauteur de l'eau, il vaut mieux se faire luie mesure spéciale ; voici comment : on prend une ficelle de la longueur de la canne et on l'attache à l'extrémité de la ligne de soie passant dans les anneaux, à l'autre extrémité on place la sonde suiffée. Cette ficelle porte, à partir de la sonde, des divisions de mètre en mètre, soit de petites boules de liège retenues par un nœud et peintes de différentes couleurs ; les demi-mètres peuvent être indiqués par deux petits plombs fixés à côté l'iui de l'autre, et les quarts de mètre par un seul petit plomb ; on apprécie parfaite- ment à vue d'œil les dimensions intermédiaires. Cette jauge, faite une fois pour toutes, sert continuellement. On peut également faire usage d'un petit ruban verni et garni de numéros :i(> ASTICOTS. [)oints h riiuilc; on lui donne -4 mètres de long, c'est tout ce qu'il faut dans la plupart des cas. Malgré d'assez nombreuses exceptions, on peut ranger ainsi les poissons d'eau douce par connaissance de leur habitation, comme fond et comme courant. Dans les courants raides, fond de sable ou de pierre, ce qu'on nomme en cer- tain pays jars ou carrées, profondeur de 0"',riO àl mètre, on prendra : Ablettes \ raies et alburnoïdes, Dards, Chevesnes petits, petite Truite, Ombre, Saumonet, tout cela à la surface ; au fond, Goujons et petits Barbillons. Par un courant moyen, sur mi fond de vase ou de sable vaseux, de 1 mètre à 3"', 50 de profondeur, on [)rendra, à la surface, en été : des Chevesnes ; au printemps et à l'automne, des Dards; et au fond, en toute saison, les Gardons, Brèmes, Carpes; et la nuit, des Anguilles. Au contraire, dans l'eau calme et tranquille, par 3 à 4 mètres d'eau, sur du sable fin ou de la vase, et surtout s'il y pousse des joncs et des herbes, on prendra à la surface du fretin; entre deux eaux : la Perche et le Brochet, et au fond : la Carpe, Anguilles, le soir, Barbillon aussi, car il va partout. C'est un des lares poissons qui ne se cantonnent point, au contraire de la Carpe, de la Tanche et (lu Brochet même. A la chute des moulins, des écluses ou des cascades, on prendra : la Truite, l'Ombre, tout cela au fond; le Brochet môme qui s'y plaît; le soir, l'Anguille qui s'y promène. ASPER PERÇA. — (Voy. Apron.) ASPIC. — Nom vulgaire d'une espèce de Lavande. — (Voy. Huile d'aspic.) ASPIUS CYPRÎNUS. — (Voy. Aspe.) — Le genre Aspius a été établi par Agassiz sur une espèce de l'Allemagne. ASPRO [Genre]. — (Voy. Apron.) ASPRO VULGARIS. — (Voy. Apros commun.) ASSA FCETIDA. — Cette gomme résine provient d'incisions faites à la racine d'une ombel- lifère, Ferula nssa fœtiJa, qui croit en Perse, dans les montagnes. Cette résine jouit de la propriété de rougir par l'action de la lumière et de l'air réunis. On trouve cette substance en masses brun-rougeâtre demi transparentes, et quelquefois mêlées de terre et de petites pierres. Elle répand une odeur alliacée forte et fétide, et possède une saveur amère acre et repoussante. Elle est beaucoup plus soluble dans l'alcool que dans l'eau, mais elle l'est encore assez pour lui communiquer au loin son odeur qui paraît avoir de l'empire sur l'odorat et le goût des poissons. ASSÉE. — Poisson du genre Chevesne, qui se pèche dans la Dordogne et la Vézère. C'est la Vanrloise Bordelaise {Squalius Burdigalensù, Val.}. (^ Voy. ce mot) — Sa chair est très-délicate, plus ferme que celle de la Vandoise commune, et n'a pas d'arêtes dans les muscles. Se prend comme le Clievesne. (Voy. ce mot.) ASTACUS SERRATUS. — (Voy. Palémon porte-scie.) ASTICOTS. — Les pécheurs donnent ce nom aux larves de plusieurs mouches, qui sont le plus ordinairement : Musca Cœsnr. — Hlii.^ra carnaria. — Musca vivipare. — Musca domestica. (Voy. Mocches.) tiij. 30. — Mouche ile la viande. [Sarcophaga carnaria, I.iii.) J'ig. 'il. — .Mouche Cœsar. [AJusca Lcesar, Lin.) Fig. 32. — Mouche domestique. (Alusca domestica, Lin.) Ces larves sont cylindriques, molles et blanchâtres ou jaunes. Elles sont apodes, c'est-à-dire sans pieds; leur tête est garnie de crochets écailleux. ASTICOTS. 57 A peine un animal a-t-il perdu la vie, qu'averties par un sens, un odorat particulier et qui ne les trompe pas, arrivent en troupe des mouches bleues à corselet rayé et abdomen soyeux (c'est la Mouche à viande commune), d'autres vertes à beaux reflets métalliques (c'est la Mouche Cœsar). La mouche à viande pond sur ces animaux de petites larves microscopiques; la mouche verte, des œufs qui éclosent vite et donnent naissance à des myriades de petites larves analogues. Alors se passe un phénomène très-curieux. Toutes ces larves, au moyen de leurs mouvements et de leur appareil masticatoire composé de crochets cornés très-solides, pénètrent dans les tissus qu'elles désorgani- sent et réduisent en une sorte de bouillie dont elles se nourrissent. Cette fermentation est activée par une espèce de liqueur que sécrètent ces larves qui croissent à vue d'œil, tant elles s'assimilent promptement le produit de cette décomposition. L'Asticot, alors parvenu à toute sa croissance, présente une larve à peau solide et résistante remphe d'une matière grasse et blanche, d'une espèce de pulpe animale qui semble fort attrayante aux poissons de certaines eaux. Nous disons à dessein de certaines eaux; car, dans de nombreuses rivières, le poisson ne les goûte pas du tout. L'odeur qui reste à ces larves, du milieu où elles ont vécu, est peut-être également un attrait pour les poissons ; cependant, pour le pécheur, on les débar- rasse à peu près de toute odeur en les déposant dans du son qui les nettoie. Un des faits les plus singuliers de cet animal, c'est la puissance de pénétration dont il est doué; par le mouvement vermiculaire qu'il se donne, il disparait entre les bois même joints d'un bateau, entre les pierres, dans la terre, en très-peu de temps, et cependant, entre elles, ces larves n'ont aucune action les unes sur les autres. Elles sont dans un état de grouillement perpétuel, qui atteste leur bonne santé et qu'elles conservent longtemps sous l'eau quand elles sont convenablement mises à l'hameçon. Lorsque les Asticots vont se changer en chrysalides, ils perdent leur mouvement et s'en- ferment dans un cocon brun, rouge ou noir, formé par.leurpeau distendue et durcie; en cet état, on les nomme Épine-vinetle, parce qu'ils ont une certaine ressemblance, comme forme et comme couleur, avec le fruit de cet arbrisseau. A l'état de chrysalides, ils servent encore d'appâts pour certains poissons. — (Voy. Gardon.) Pour se procurer les Asticots en grand, on étend à terre des débris de viande sur une épaisseur de 0'",25à 0«',30, et on les recouvre de paille pour empêcher le dessèchement par le soleil. Les mouches y déposent leurs œufs ou leurs larves, et, au bout de quelques jours, la masse n'est plus qu'un composé fort mal odorant des Asticots dont on a besoin. On peut également, mais à la campagne, suspendre en im lieu écarté, un hangar, un grenier, un foie d'animal (c'est la partie qui produit les plus gros, les meilleurs Asticots) et placer en dessous un pot rempli de son, hs larves y tombent à mesure, et on y fait sa provision au besoin. Lorsque, pour la pêche à la mouche, on veut se faire une bonne quantité d'appâts sans la fatigue de les prendre, il suffit de placer les Asticots dans une boîte de son, recouverte d'un couvercle percé d'un trou de 3 à 4 centim. de diamètre; on place sur ce trou une boîte à mouches {fig. 33) dont l'entrée est ouverte, on fait coïncider celte entrée avec le trou du couvercle, et les mouches, à mesure qu'elles éclosent, se rendent peu à peu dans la boite, où elles sont retenues par le tulle et où elles achèvent de solidifier leurs téguments. On se sert d'une des boîtes; et l'autre, vide, remplace, sur l'ouverture, celle dont on se sert. On recueille ainsi, sans fatigue, de très- belles et bonnes mouches pour la pêche de tous les poissons de surface. En regardant attentivement l'Asticot, on lui reconnaît la forme d'un cône très-allongé et un peu renflé, dont la pointe est la tête. On ne peut l'enferrer ni par un bout ni par l'autre, il faut le faire par le côté ; sans cela la pulpe blanche de l'inté- rieur se répandrait, et la peau resterait seule vide et sans vie sur l'hameçon. Au lieu de cela, il faut prendre l'Asticot entre le pouce et l'index de la main gauche en tournant la base du cône^du côté du corps, comme en B {fig . 35), et intro- duire, de la main droite, la pointe de l'hameçon entre le 3'= ou le 4'' anneau inférieur. La pointe s'enfoncera dans le sens de l'axe du corps de la larve, et le tout prendra la position D au bout de la ligne, la contraction des lames cartilagineuses qui forment la peau de l'insecte empêche la sortie de la pulpe intérieure, et l'Asticot demeure vif et remuant à la pointe de l'hameçon dont il couvre seulement le dard et le crochet, la hampe restant découverte sans inconvénient. Quant à l'Épine-Vinette dont l'enveloppe est très-cassante et très-dure, tandis que le dedans est Fig. 33. — Boite mouches, ouverte. Fig. 3i. — Manière lie tenir l'asticot. Fig. 3S. — .\slicots vifs l'hameçon. 58 ATHÉRINE. une substance lilanche, molle cl laiteuse, elle est fort difficile à mettre à riiameçon auquel elle tient fort peu. Il faut la piquer avec délicatesse et vérifier souvent si l'hameçon n'en est pas dégarni. 11 faut être très-prct à ferrer, parce que la moindre attaque du poisson suffît pour la détacher. On ne doit essayer cette pèche que par un temps très-calme et avec une flotte extrêmement sensible, d'au- tant plus que le Gardon, poisson auquel on s'adresse, est un de ceux qui mordent le plus légère- nient. ASTON. — Nom de l'Alose feinte, à Dux. (Voy. Alose feinte.) ASTRODERME ÉLÉGANT (Astrodermus coryphœnoïdes, Bons.». — Acanthopf. Scombér. Long. max. = 0">,4i). Un des plus jolis poissons, mais aussi un des plus rares des côtes méridionales de notre pays. Corps argenté, couleur de rose, tacheté de noir; nageoires rouges; tête élevée et tranchante. Bouche peu fendue; ventrales petites et surtout à écailles rayonnant de tous côtés comme des étoiles. D = 22, P= 18. V = H-4. A = 1S, C = 17 -f^- o Se prend dans la Méditerranée, sur les côtes. ATHÉRINA HEPSETUS. - (Voy. Athérinf. Boserè.) ATHÉRINA PRESBYTER. - (Voy.PRÉTRE.) ATHÉRINE [Genre]. — Acanthopt. Il«= famille. Petite famille que les naturalistes ont grand'peine à classer dans le grand groupe des Acantho- ptérigiens. Par leur première dorsale mince, de peu de rayons, écartée de la seconde, par l'organisation de leur mâchoire, ils se rapprochent évidemment des Murjef:, sans cependant pouvoir s'y joindre. Ces poissons ont le corps très-allongé, la bouche très-protractile, munie de petites dents très-flnes, et tous une bande argentée, caractéristique, sur les flancs. Se trouvent dans toutes nos mers, sous des noms variés, et probablement représentées par un assez grand nombre d'espèces encore fort mal étudiées. ATHÉRINE JOËL. (Atherina Boieri, Bisso). — Acanthopt. Athérin. Long. max. = Om,10. Syn : Spllancosa, ilal. — Komahren fisc/i, allem. — Silcen fich, suéd. — Snlv bandt, dan. — Smelt, angl. Espèce méditerranéenne, analogue auSauclet, dont les dents visibles aux mâchoires, au vomer et aux palatins, les séparent. 1"^ D = 8. 2« D= 10. A= 13. P=15. V = G. C = 20 fourchue. Écailles en losange, minces et unies. Ces poissons frayent au printemps. On les pêche à Fécamp à la marée montante, vers la fin de l'été, au moyen du carrelet, du lanet surtout, au fond duquel on met pour appât des crabes écrasés. On les recherche beaucoup comme amorce. On les fait sécher, et elles deviennent jaunes en restant transparentes. ATHÉRINE PRÊTRE. — (Voy. AthÉRINE ROSERÉ.) ATHÉRINE ROSERÉ (Atherina presbyter. Val.). — Acanthopt. athérinoïd. Long, max. = On^iô. Syn. : komhrcn fisch, allem. — Roornn cirwiech, holl. — Sandsmelt, angl. Petit poisson de l'Océan, tout blanc, corps demi-transparent, laissant voir la grande arête dans toute sa longueur. Sa couleur est ordinairement verdàtre sur le dos, ou les écailles sont bordées de petits points noirs ; blanche sous le ventre avec une bande d'écaillés argentées, mates et opaques sur deux de hauteur le long des flancs. Toutes les nageoires sont transparentes, la caudale un peu plus brune. Deux dorsales de 8 et I + '2 rayons; ventrales 1 -1-5 ; pectorales de 15 ; abdominales 1 + i ; caudale fortement fourchue de 17. Écailles petites, mais épaisses. Yeux grands et parfaitement ronds, un peu jaunes en haut, iris noir; mâchoire supérieure protractile et garnie de fines dents en avant. — Inférieure plus longue que la supérieure ; langue blanche, pointue, de sorte que la bouche, d'ailleurs peu fendue, semble avoir son ouverture tournée en haut. Bout du museau piqueté de petits points bruns ou noirs, sem- blables à ceux du dos. Ses petits demeurent rassemblés en masses considérables pendant les premiers jours qui sui- vent leur naissance. On vend cela dans le Midi, frit ou cuit dans le lait, sous le nom de Nonnat. Adultes, les Athérines vivent également par troupes assez considérables pour qu'on en fasse une pêche spéciale. On les vend alors sous le nom de faux Eperlans. En Bretagne, on les sale et on les conserve dans l'huile en même temps que les Sardines. Elles sont quelquefois en si grande quantité, qu'on en nourrit les animaux domestiques. ATTAQUE DES POISSONS. 5î» Excellente pour amorcer les lignes à Merlan, et très-bonne à manger. L'Athérine mord parfaitement à un hamecjon amorcé d'un ver marin (Néréide), appelé en anglais Ragworm, et Pelouse ou Grmetfe en français. Fiij. 30. — l'rèti'é ou Alheriiie Huseiii [Atherina presbyter, \al.]. ATHÉRINE SAUCL.ET (Atherina Hepsetus, Cuv.). — Acanthopt. athérin. Espèce de la Méditerranée, portant aux palatins des dents si petites, qu'on peut à peine les distinguer; ce qui la sépare de VAlh. Joël {A. Boieri, Riss.), dont les dents au même endroit sont très-visibles. Corps fauve clair, pointillé de noir en dessus; demi-transparent pendant la vie, avec la bande d'argent caractéristique. Nageoires transparentes, œil énorme, museau pointu, caudale très-fourchue. Excellente amorce comme toute les Athérines. Se prend au carrelet, au lanet, à la senne fine, à la ligne, avec un morceau de gravette, etc. ATTAQUE DES POISSONS D'EAU DOUCE. NOMS DES POISSONS. Ablette. Angi'ille. Barbeau ou Barbillon. ATTAQUE DES POISSONS. Franchement, par petits coups. Chipote, puis entraine fort et goulûment : il est rare qu'elle lâche la proie une fois mordue. Frappe du nez sur l'appât. Attaque ensuite franchement. Son attaque forme deux coups d'autant moins marqués que l'individu est plus gros. Il donne quelquefois un seul coup, mais très-fort. Quand il a saisi le ver, il l'avale en entier et ne le lâche jamais. MANIÈRE DE FERRER. Vivement. Ferrer fort et sortir de l'eau d'autorité, car elle ne peut être ni noyée ni fatiguée : elle combat jusqu'à la mort en s'aidant des pierres, des berbes et des racines. Ne pas se presser, attendre le coup d'entraînement décisif et brusque. Une fois ferré, le bar- billon se laisse aller, mais pour l'amener à la surface il faut commencer une lutte qui ne finit qu'avec sa vie. f>() ATTAQUE DES POISSONS. NOMS DES POISSONS. ATT.\QIE DES POISSONS. MANIÈRE DE FERRER. Brème. Cliipote longtemps el atta- que ordinairement l'esche par- dessous, ce qui fait sortir la flotte de l'eau comme poussée par-dessous. D'autres individus attaquent franchement , mais toujours légèrement, comme le Gardon. Ferrer au remonter de la flotte, ou au plonger quand le coup est tirant. Brochet. En chasse, attaque franche- ment: ordinairement, entraine franchement, mais sans se pres- ser. Ferrer vite et fort. Ferrer fort, mais de côté, et quand il a bien entraîné. Carpe. Chipote longtemps et en- traine. Ferrer solidement, mais sans se presser ; combat à mort. Chabot. Comme le Gardon. Comme le Barbillon. CHEVESNE. De fond, au printemps, à la cerise; à l'automne, aux boyaux de poulet et au raisin, il mord très-franchement et entraîne vite. De surface, il mord et làciie presque en même temps , au sang de même. Ferrer fort sans se presser, et bien tenir coup; il combat fort, mais peu longtemps. Ferrer très-vite et de côté : le coup de poignet doit être aussi vif que l'éclair. CVPRIN DORÉ. Comme la tanche, en chipo- tant. Ferrer au coup tirant ; ne combat pas fort. Dard Mord comme le Chevesne ; mais de surface, encore plus lé- gèrement. Très-vite : gueule peu forte et à ménager ; quand il est un peu gros, il se défend bien. Épinoche. La gloutonnerie personnifiée. Se prend seul. Gardo.n blanc. Mord vite, lâche plus vite en- core, et touche, au blé et au sang, si légèrement que c'est à peine si la plume remue. Au ver de vase, il fait encore moins de signal. Ferrer très-vite. Ferrer au premier mouve- ment; on en manque, mais c'est le seul moyen de le prendre. GOUJO.N. Un gourmand : une fois le ver attaqué, il le sucera jusqu'à ce qu'il se soit pris seul. Ne pas se presser; on ne le manque jamais si l'on attend le coup entraînant. Lotte. Attaque comme l'Anguille. Ferrer de même. Ombre. Attaque franchement et rapi- dement, quitte de même. Ferrer très-vite et franche- ment. Perche. Attaque franchement et en- traine de suite. Ferrer sec, mais sans se pres- ser au coup tirant; ne combat presque pas, même quand elle est grosse. Plie. Mord comme le Barbillon ; elle mangera les deux esches d'une ligne l'une après l'autre. Ne pas se presser : elle se prend seule ; une fois l'hameçon dans le corps, elle ne bouge plus, la plume ne remue pas, parce qu'en attaquant , sans doute elle suce. Rotengle , OU Gardon rouge carpe. Attaque bien de fond; à la mouche, il mard légèrement. Ferrer vite ; il est fort quand il est gros. ATTAQUE DES POISSONS. 61 NOMS DES POISSONS. Saumon. Tanche. Truite. Yérox. ATTAQUE DES POISSONS. Attaque franchement comme quelqu'un qui a conscience de sa force. L'eau bouillonne sous son coup de léte quand il enlève la mouche. (Ihipote comme la Carpe, et mord encore moins franche- ment. Si elle chasse , elle attaque vive comme un éclair ; dans le cas contraire, elle entraîne dou- cement, mais franchement. Attaque bien quand il peut. et entraine MANIÈRE DE FERRER. Ferrer solidement et donner du lil ; il est terrible et combat à mort, devrait-il vous faire par- courir plusieurs kilomètres. Ne pas se presser. Assez forte. Ferrer sans hésitation et ne pas forcer la main. Elle est forte au premier coup, mais elle ne combat pas longtemps ; elle se noie et meurt de suite. Ferrer sans se presser. Alose. Bar. ATTAQUE DES POISSONS DE MER. Très-mollement, en suçant. Barbi-e. Baudroie. BOMTE. Gapelan . Carrelet. Congre. Mord franchement et entraîne sans hésitation, puis se défend à mort. Attaque lentement, puis de- meure immobile ; mais , une fois piquée, se balance d'une curieuse manière. Avale goulûment et se laisse amener sans défense. Attaque d'un seul coup, sans qu'on la sente, et entraîne rapi- dement en filant à la main. Goulu par excellence , tire d'une manière incroyable pour un si petit poisson. (Voy. Plie.) Comme l'Anguille. Se tient coi au fond. Finement et bien de côté, l'hameçon étant toujours tenu entre les lèvres. Ne pas se presser, attendre le coup d'entraînement, ferrer alors solidement de manière à assurer l'entrée du fer dans la gueule qui est fort bien armée. Plus on se servira de petits ha- meçons, moins on aura besoin de ferrer promptement et fort, parce que l'on ne devra pas craindi-e de piquer dans les dents. Demande une main exercée, comme tous les poissons plats avec lesquels il faut beaucoup de prudence, surtout quand ils sont gros. Il faut d'abord ferrer fortement pour bien assurer l'entrure et ménager ensuite à cause des soubresauts. Ferrer ferme : hameçons gros et forts à cause des téguments blancs lâches qui tapissent son immense gueule. Ferrer d'un coup sec, et ame- ner sans résistance. Amener sans ménagement. Ferrer sec ; amener vite à bord, parce qu'il se tortille beau- coup quand il est petit. Lors- qu'il est gros, il se laisse sou- vent amener, au bord du bateau, comme un poisson mort. 62 ATTAOUE DES POISSONS. NOMS DES POISSONS. ATTAUIE DES POISSONS. MA.MI'RE DE FERRER. Davrades. Mordent comme tous les pois- Les Daurades de toutes les sons (le surface, vivement et lé- espèces se pèchent avec des gèrement ; mais, comme on les morceaux de poissons, et cette prclie à la ligue traînante loin esche étant ferme et dure, il ne (lu lialeaii, elles se croient eu faut pas craindre de ferrer sec sûreté et eulrainent fortement, au coup d'entrainement. Ména- mais sans secousse. ger en ramenant quand elles sont grosses, parce qu'elles se balancent beaucoup , mais ne prennent point de parti. Dorée. Idem. Idem. Égrefin. Mord bien, attaque franche- Se prend souvent seul, mais ment et entraine de même. assurer la prise au coup entraî- nant. Se défend assez bien cl peut être lourd. Flet. Se prend seul. Ferrer fortement et retirer lentement. Il est lourd. Germon. Se prend seul aux lignes traînées. Idem. Hareng. Mord quelquefois, à l'embou- chure des fleuves, sur la mou- che artificielle. Même pêche quepour le Dard. Lieu. Attaque, comme tous les Ga- .\ssurer l'entrure du fer par des, goulûment et franchement, un coup sec. En général, le tou- tire fort et ne se défend pas. cher de ces poissons est carac- téristique : c'est un coup tirant, brusque, et sans clapottement. Limande. Mord comme la Plie et tous Se prend le plus souvent les poissons plats. seule : la ligne semble tenir au fond ; ce n'est que par quelques légères saccades que l'on fait lever le poisson qui, vaincu par la douleur, se défend par des soubresauts ondulatoires. Lingue. Encore une Morue : comme telle, attaquant sans peur et ti- rant fortement. Pêche très-facile. Maigre. Mêmes mœurs que le Bar. Même pêche. Maquereau. Attaque comme un fou, tire .\mener sans précaution: il de même, mord sur tout ce qui n'est même pas besoin de ferrer ; Hotte ou sautille à la surface de le poisson prend son élan telle- l'eau. ment rapide qu'il s'enferre tou- jours de lui-même. Merlan. De fond ; touche très-légère- Ici, il faut avoir la main leste : ment; l'un des plus rusés parmi au premier tressaillement de la les poissons de mer. 1 gne, ferrer sec et court, puis amener sans précaution. Merlu. Se prend seul : encore un La pêche la plus amusante goulu, comme toutes les Morues. de l'entrée des ports , où ce poisson remplit le même office Morue. Rien à ajouter. ^x i- • , i , Cette ligne est munie de balnettes 15, en plus ou moins grand nombre; ces balnettes sont armées chacune de leur empile, portant un hameçon garni de son amorce. Pêche en traînant. — On choisit une maîtresse corde, d'une longueur moindre, d'environ 3 mètres, que la profondeur moyenne de l'endroit où l'on veut pêcher ; à l'extrémité de cette ligne, on amarre un fort plomb, ou un petit boulet de fer, ou un poids d'horloge, puis on garnit de 2 en 2 mètres la maîtresse corde avec des balnettes. Cette pêche se fait en bateau; quand on a mis la corde à l'eau, le poids de la balle lui fait prendre une position verticale tant que le bateau demeure au repos ; mais, quand il marche, la résistance de l'eau donne à la corde une position d'au- tant plus oblique que la marche est plus rapide. Cette position peut même, si le plomb est trop léger, devenir tellement oblique par une marche rapide, que la ligne se place horizontalement et flotte à la surface. Mais on se contente de donner peu de voile au vent, assez pour que la ligne quitte la position verticale. De cette manière, les empiles attachées aux balnettes s'éloignent de la maîtresse corde, s'écartent en éventail dans l'eau, et permettent aux poissons de saisir facilement les amorces, qui, soumises à cette traction énergique, acquièrent ainsi un mouvement vif et attrayant par son irrégularité. BALNETTES. 73 Le point le plus délicat consiste à bien calculer la lon^^ueur des balnettes et des empiles, afin que rien ne se môle et que le tout s'écarte dans l'eau sans confusion. On pêche ordinairement à trois lignes à la balle par chaque bateau; pour cela, il est nécessaire que les hommes s'entendent, afin de ne pas mêler leurs lignes. Fig. 46. — Pèche à la balle, en mer, à trois lignes traînantes. Les trois pécheurs se tiennent sur un môme côté de la chaloupe, qui est le côté sur le vent; le plus vers l'arrière jette sa ligne à la mer le premier aussi loin que pos- sible et dans le sillage du bateau ; le second pécheur, placé au milieu, jette sa balle devant lui moins loin et en ne filant pas une aussi grande longueur de corde; enfin, le pêcheur de l'avant laisse filer sa corde à pic et en donne encore moins long que celui du milieu. C'est lui qui porte le plomb le plus lourd, et le plus léger est celui du matelot de l'arrière, car il faut que dans l'eau les trois lignes s'étagent sans se mêler : celle de l'arrière sera plus près de la surface, celle de l'avant restera presque à pic, et l'autre entre les deux. Les pêcheurs sentent à la main les secousses des poisssons qui ont mordu; s'ils ne le sentent pas, ils relèvent au bout d'un temps convenu, en halant sur la bauffe, mais à petites brasses et en la levant auprès d'eux sur un appui quelconque. Quand ils sont arrivés aux balnettes, ils les relèvent avec précaution, détachent le poisson s'il y a lieu, remettent des amorces et filent la ligne à l'eau de nouveau. BALLE FENDUE. — (Voy. LlGNE A SOUTENIR.) BALLES PERCÉES. — [Voy. PLOMBÉES.] (Filcts.) BALNETTES. — On appelle Balnettes de petites baguettes faites en houx- frelon, auxquelles on donne O^jlO à0"',20 de longueur, et qui d'un bout sont atta- chées à la bauffe, et de l'autre servent de support à des empiles. Ces empiles doivent être faites en fil très-fort et tordu fin, ou mieux en soie filée ou en crin. Elles doivent avoir une longueur de 3 mètres environ, et porter un hameçon approprié à la grosseur du poisson que l'on espère prendre. Pour la pêche ordinaire du poisson de mer, sur les côtes, on emploie les hameçons n" 1 à 3. (Voy. Balle, Pêche) 74 BANMERE. BAMBÈLE. — Nom de la Carpe Gibclc ou d'une de ses variétés, dans les lacs des montagnes, près de la Suisse. Elle se prend de la même manière. — (Voy. Gibèle.) BAMBOU Bambuza). — (Voy. Canxks a pèche [Confection des\). Genre de la famille des Graminées, composé de plantes souvent très-grandes, originaires de l'Inde, de la Chine et des iles de la Sonde; remarquables par leur port qui participe de celui des joncs et de celui du palmier. Épillets lancéolés, comprimés, à 5 fleurs, renfermant chacune G étamines. Le type qui intéresse le pécheur à la ligne, est YArmida baml.os ou Bambou proprement dit, dont les jeunes tiges servent à faire les cannes à pèche. La tige du Bambou est droite, et présente, comme celle de tous les roseaux, des nœuds également espacés sur sa longueur. Elle est composée d'un bois flexible, à la fois solide et léger, recouvert d'une espèce de vernis naturel, siliceux, noir, brun-jaunàtre ou moucheté. Ses feuilles ressemblent à celles du roseau ordinaire, et ses panicules de fleurs sont peu colorés. Les vieilles tiges qui atteignent une grandeur considérable deviennent plus lourdes, par accumu- lation de matière ligneuse sur leur épaisseur, elles servent à faire des pieds de canne. On refend l'intervalle entre deux nœuds, aussi éloignés que possible, en bûchettes que l'on polit et que l'o.i monte l'une au bout de l'autre en les assujettissant par des ligatures de soie poissée et vernie. On obtient ainsi de très-bons scions droits, flexibles, élastiques, mais malheureusement un peu raides. Ils conviennent admirablement à la pêche de fond ou à la monture des grelots. • BANDE DE FILET. — (Voy. SpeNS.) BANDINGUE. — On nomme ainsi des cordelettes ou lignes que l'on attache à la corde qui tient les lièges et qui forme la tète d'un filet. Ces lignes deux fois plus longues que la hauteur du fdet, portent, à leur extrémité libre, soit une cà- bHère, soit un fagot de genêts, d'ajoncs ou de paille, que l'on enterre dans le sable. Ces cordelettes, quand un fdet est debout, remplacent les perches ou étais, et ser- vent à le maintenir dans une position perpendiculaire, en retenant la tête du fdet et en empêchant que la force du courant ne le couche sur le sable. BANNIÈRE. — On appelle ainsi la portion de ligne qui s'étend du bout de la canne à la surface de l'eau. La détermination de cette quantité, qui paraît arbi- traire, est au contraire fort importante et décèle la science du pêcheur à la ligne sédentaire. En effet, plus la bannière est petite, plus le mouvement de ferrer est prompt et sûr ; si la bannière est grande et le fd de la ligne lâche, il faut un temps très-appréciable pour relever assez la canne et pour tendre le fd de la ligne. Cet effet de tension subite sur des parties élastiques comme la canne et la ligne, produit un choc brusque sur l'hameçon, choc qui suffit à déchirer la gueule du poisson et le fait perdre pour le pêcheur. L'action de ferrer ne comporte qu'un très-petit mouvement du poignet de droite à gauche, et réciproquement; mouvement juste assez étendu pour enfoncer le dard dans les chairs et assurer une prise certaine. Le pêcheur habile doit donc sentir, en ferrant, une petite résistance, suffisante pour lui indiquer que, plus loin, l'hameçon déchirerait au lieu de piquer. Toute cette délicatesse de mouvements, si longue à expliquer et qui s'exécute en un clin d'œil, fait parfaitement comprendre que la longueur de la bannière doit être juste appropriée à l'endroit d'où se fait la pêche, mais que toujours et partout elle doit être le plus petite possible. Que la pêche ait lieu avec une flotte ou sans flotte, comme la pêche à soutenir, la ligne, sans être tendue, ne doit jamais être lâche ; elle doit présenter une tension moyenne suffisante pour que le pêcheur en soit bien maître, et non assez forte pour atténuer la sensibilité de la flotte ou du fil qui décèlera l'attaque du poisson. Dans un courant rapide, le maintien d'une bannière convenable est souvent W CJ) > U^ PQ 1=5 ŒD ^^ ^ > ^ pi o h3 Ph X 1=3 cri SU ^-1 1— 1 ai :^~ u f-, :i=> CD Dm CZD BAH. 75 (l'une grande difficulté, et rinipossibililé où l'on est d'y arriver fait manquer beau- coup de poissons, parce que, lronq)c par le courant et par le vent, le pécheur n'est jamais sur de l'attaque. C'est alors, pour lui, le cas de mon- ter une ligne à mouche ; pour ce genre de pèche, rivière et temps sont favorables ; i\ celte pèche-là aussi, le trop de ban- nière est encore un défaut. On -=;?-— peut donner comme base gé- ^"J- ^'- - «'"^'"^ '''' '*"-'"^- nérale, pour régler une bannière, que, la canne étant tenue presque horizontale, en faisant avec l'eau un angle de 100 à 120", la bannière doit être tout entière hors de l'eau et la ligne médiocrement tendue. BAR ou BARS COMMUN (Labrax lupus, Cuv.). — Acaiithopt. percoid. Long. max.=: I mètre. Syn. : Basse, angl. — //«/• Barsch, dan. — Yan, Dreinec, bret. — Bot/, à Arradon près de Vannes. — Spigola, ital. Ce poisson, qui ressemble à une grande Perche argentéeet allongée, est commun sur les cotes de France, surtout en Bretagne et dans la Méditerranée; il est très-estime comme nourriture. Il a le dos argenté bleu-ciel, le corp$ argenté vif; les deux nageoires dorsales rose tendre; les pectorales et les ventrales jaunâtres; une tache noire à la pointe des opercules. Le corps du Bar est plus comprimé et plus allongé que celui de la Perche: la plus grande hau- teur du corps se trouve un peu après les ventrales. Jlâchoire iaférieure plus longue que la supé- rieure : l'œil est au-dessus de la commissure des lèvres; l'intermaxiUaire porte une bande de dents en cardes fortes et aiguës, le vomer une bande en chevron, et chaque os du palais une bande éga- lement; la langue est rude au toucher à la pointe et sur les côtés. La joue est revêtue d'écailles. Le préopercule est grand, l'opercule triangulaire et couvert d'écailles. Ouïes très-grandes ; 7 rayons branchiaux, i^e dorsale gris pâle = 9 rayons épineux, 4« et 5« plus longs; 2'"e dorsale = 13 rayons. Caudale peu fourchue, grise, = 17 rayons. Lobe supérieur plus long. Pectorales blanches, = 10 rayons. Ventrales blanches, = 5 rayons et une épine forte ou bien externe. Ces nageoires sont attachées en arrière des pectorales, mais en avant de la première dorsale. La ligne latérale noire, se relève en dessous de la pe dorsale, et forme une ligne convexe vers le haut; elle va delà au milieu delà queue; elle est formée de points allongés, relevés, et contigus sur chaque écaille. Les écailles sont pentagones, marquées chacune d'un point argenté formant des raies longitudinales brillantes ; sur le dos, petits traits noirâtres. L'iris de l'œil est blanc d'argent. Ouverture des narines, double. L'intestin forme deux replis ; vessie natatoire simple, grande, s'étend du foie à l'anus, avec membrane blanc mat épaisse, mais facile à crever. 2G vertèbres; 12 paires de côtes. Très-vorace; on le nomme souvent Loup Je mer^ mais il ne faut pas le confondre avec un squale auquel on donne le même nom. Comme forme générale ce poisson rappelle un peu un Saumon râblé. Les Bars nagent souvent à la surface de la mer et aiment l'embouchure des cours d'eau douce où même quelques-uns re- montent. (Voy. TtMPS DE FRAI.) Quelques personnes prétendent que le Bar n'est pas le même poisson que le haut Bar, parce que celui-ci a les écailles violettes. Nous pensons que ces dilTérentes colorations tiennent simple- ment aux fonds ou aux eaux qui servent d'habitation à ces animaux, de même que l'on voit des Carpes plus dorées, plus blanches ou plus brunes suivant le lieu où elles vivent. Le nom de haut Bar dérive, d'ailleurs, des langues du nord: Hnv, mer, Bar, Perche: c'est la Perche de mer. Peu de poissons dillerent plus que celui-ci comme valeur de chair, si nous laissons de côté sa coloration. Celui qu'on prend dans la baie de Douarnenez durant la pêche de la Sardine, n'est pas estimé, et dans certaines années il est si huileux, qu'on n'en saurait manger. Ce défaut de qualité provient nécessairement de la nourriture qu'il a prise, en ne donnant la chasse qu'aux sardines. Il est bien meilleur à Port-Louis. Lorsqu'il y a beaucoup de Sardines sur un fond, le Bar ne fait pas un grand tort à la pèche, au contraire, il dispose le poisson à ne pas rester sur la même place. Si, d'une part, il éveille ses 76 15 A H . craintes, de Taulre, il le force à se livrer à plus de inouveineiit. Sous d'autres rapports, le Brochet n'en use pas difleremment avec la Carje. Mais, dans les années où la pèche de la Sardine est mé- diocre, la présence du Bar est nuisible. Le peu d'abondance des Sardines l'explique suffisamment. Le Bar se prend en plus grande quantité durant la pèche de ces Chipes que pendant toute autre saison Les plus grands ont 1 mètre de longueur, mais ils sont assez rares de celte taille. Lorsqu'ils se trouvent sur un fond où l'on fait la pèche, ce qui malheureusement se voit chaque jour, ces poissons ne s'approchent jamais des filets; ils s'en tiennent, au contraire, éloignés, comme s'ils craignaient d'y trouver la mort. Mais, à mesure qu'il s'en détache une Sardine quand on tire le filet à bord, ils s'en emparent. Heureux le pécheur qui ne leur paye que ce faible tribut, car il est reconnu que leur présence fait fuir les Sardines, qui ne la redoutent pas moins que celle des Lieux ou des Morues! On prend le plus souvent les Bars à la ligne par trois ou quatre brasses de profondeur. Us oppo- sent souvent une assez forte résistance, et il est besoin de les fatiguer avant que de les amener à la surface de l'eau. BAR COMMUN. — Le Bar est un poisson de mer, de surface, qui hante l'embouchure des rivières, surtout dans sa jeunesse. 11 se rassemble souvent en troupes dans les anses, aux mois d'août, de septembre et d'octobre, et se mêle vo- lontiers aux Mulets. On le prend à l'hameçon en ne laissant pas gâter l'appât, que l'on fait soit de lanières de chair de Sèche, soit de vers de terre ou de mer, soit de poltrons ou crabes mous, soit de chair de Pilono ou de Sardine fraîche et salée. Il faut em- ployer des hameçons n" 000. Sa chair est ferme, blanche, sans arêtes, plus délicate que celle du Mulet, mais varie beaucoup, suivant le fond où ce poisson est pris. Se pêche à la Belée. (Voy. ce mot.) Quoique le Bar ne soit pas un poisson de passage proprement dit, on le prend plus facilement d'août à fin octobre, quand il s'approche des côtes et qu'il choisit le voisinage des eaux douces. A Cherbourg on le trouve près du rivage, rarement à quelque distance ; il préfère le voisinage des côtes et surtout les rochers, devant lesquels il rôde continuellement, passant et repassant à diverses reprises. Dans la rade de Brest, on le prend au pied môme des rochers ; il en est de même dans la rivière de Tréguier, dans la baie de Concarneau. Commun aux Glé- nans, il a donné son nom breton, Dninec, à l'un de ces ccueils. A l'Ile-Dieu, il n'est pas rare non plus, et on le pêche à la ligne flottante. La pêche du Bar est une des plus agréables de l'automne, au bord de la mer. Elle se fait des rochers du rivage ou des jetées des petits ports. Si l'on peut se procurer des Sardines fraîches, la réussite en est à peu près assurée, à moins que le vent ou le mauvais temps n'ait éloigné les Bars de la côte. Vorace, rôdeur, le Bar mord fi'anchement. Comme il a la gueule grande et qu'il est d'une taille respec- table, ordinairement O^^oO, pesant 3 à 5 kilogrammnes, il faut employer une forte ligne de soie bien dévrillée, ou de fil plusieurs fois redoublé et cordonné en- semble. Cette ligne est terminée par une avancée en racine de premier choix, double et tordue. On la remplace souvent, dans les ports de mer, par du crin filé en vingt brins, lequel vaut mieux que la racine, parce qu'il ne brille pas dans l'eau. Il est bon de garnir l'extréiuité de l'avancée d'une empile de corde fiée, ou, si l'on en manque, de monter l'hameçon sur un fil de laiton mince et bien recuit, car le Bar a la gueule si solidement armée que je lui ai vu maintes fois couper, d'un seul coup, la ligne en vingt brins dont nous parlions tout à l'heiuT. Les pêcheurs de la côte en manquent beaucoup par ce motif, et en même temps parce qu'ils persistent à em- ployer des hameçons d'une grosseur ridicule. Il en réstdte que ce crochet n'est pas en en. PU > ""*^>  Ï=D CD uo CJ) ^;:: "3 r=) > < cllll UA CQ 3 O^ ^ < S PQ /- / ' s HA R]} EAU. 77 avalé par le poisson, quoique sa gueule soit fort grande, comme nous l'avons dit; la pointe du crochet s'implante dans les dents et elle ne tient pas, ou elle passe dans les lèvres et les déchire pendant les efforts du poisson et ceux du pécheur qui haie sur sa ligne sans beaucoup de précaution. En employant, au lieu de cela, des Limericks à palettes n° 3, bien cachés dans 1/3 ou 1/2 sardine, le Bar avale tout, et l'hameçon, au lieu de faire eftbrt sur sa pointe, ce Cfui la brise ou l'ouvre, s'engage en entier dans les téguments charnus du gosier ou de l'estomac, et tient de toute la force de son crochet. Au moyen de ce système, nous n'avons presque jamais perdu un seul de ces magnifiques poissons. On a soin de placer sur la ligne, au-dessus de l'empile, un plomb suffisant pour tenir la ligne vers le fond où le mouvement de l'eau la roule sur les herbes ou le sable, selon l'endroit. Quoique poisson de surface, le Bar a l'œil à tout; il voit de fort loin et généralement ne mord qu'au fond, surtout quand il s'agit de fortes pièces. Il ne faut pas quitter la place quand on a pris un de ces poissons, mais persister ; la troupe n'est pas loin, et il y a beaucoup à parier qu'elle reviendra. Comme cette pêche se fait au milieu des rochers, on est souvent exposé à y briser les hameçons ; c'est pourquoi il faut être monté soigneusement, car il vaut mieux casser son hameçon accroché, que d'abandonner là une partie de sa ligne. Pour lancer celle-ci à l'eau, on la dévide en rond devant soi, on attache une extrémité à son bras, puis, saisissant le fil à 60 centimètres au-dessus de l'hame- çon, on fait tourner cette extrémité comme une fronde, mais d'arrière en avant. Au moment voulu, alors que le plomb a donné assez de volant et que l'hameçon revient de derrière, on lâche le tout, et le plomb entraîne la ligne en décrivant une parabole qui porte fort loin. Il ne reste plus qu'à assurer la position de l'appât au fond de l'eau, ce qui se fait en retirant un peu et à petits coups, à passer le fil au- tour de son doigt, sous le pouce, et à attendre l'attaque du poisson, qui est franche et se distingue très-aisément. Au coup tirant, ferrez court et sec ; le fil élastique ne rendra que trop. Ferrez d'ailleurs du poignet et jamais du bras, ou vous briserez la gueule du poisson, et ce sera autant de perdu. Le Bar est tellement vorace que, manqué une fois, il revient se f;iire prendre au bout d'une demi-heure, rapportant au pécheur le premier ha- meçon engagé dans sa gueule, avec le bout de ligne pendant après. Cependant il ne faut pas s'y fier. Se défend bien, ménager et noyer avec soin. Comme il pèse beaucoup, l'épui- selte est presque de rigueur. BARBARIN. — Nom populaire du Barbeau commun, quand il est petit. (Voy. Bahoeau commun.) BARBATULA (Cobitis\ - (Voy. Loche franche.) " BARBEAU [Genre] (Barbus, Cuv.). — Malacopt. abd. Cyprin. Ce petit groupe est l'un di s plus naturels de toute la famille des Cypriiioides. Leur corps allonge, leur bouclie en dessous, les quatre barbillons qu'ils portent à la mâ;:hoire supérieure, et le premier rayon osseux de leur dorsale les distingueraient suffisamment, quand même leurs mœurs ne seraient pas remarquables. Les jeunes Barbeaux se mêlent souvent aux Goujons ; mais, si leur couleur ne les faisait pas distinguer, la position de leurs barbillons et leur nombre suffirait pour les séparer. En effet, le Gou- jon a deux barbillons à la mâchoire inférieure, le Darbeau quatre à la supérieure. Deux espèces en France. BARBEAU COMMUN (Cyprinus barbus, Lin.). — Malacopt. abd. Cyprin. Long. max. = 1 niL'tre. 78 BARBEAU. Syn. : Barbe/, aiit;l. — Barb, allem. — Barm, holl. — Barba, ital.-esp. Corps allongé fusiforme; dos verdàtrc, côtes et ventre blancs ou Llancliàtres ; anales, ventrales et pectorales un peu jaunes, quehiuefois orangées; dorsale et caudale verdàtres mêlées de rouge, fjuelquofois bordées de noir. -4 barbillons au bout de la mâchoire supérieure, dont 2 à la naissance des lèvres. La dorsale a 10 rayons. Le 3"° de cette nageoire est dentelé des deux côtés. L'anale courte et forte présente 8 rayons dont 3 plus forts. Les pectorales en ont ((î, la dorsale 12, dont -5 plus grands; la caudale 19. La tête est allongée. Ce poisson se tient dans les eaux pures, vives et limpides ; au fond, sur les cailloux et dans les courants les plus rapides. L'Italie a quelques espèces voisines, dont l'épine est plus faible, et qui, néanmoins, diCfèrent des Goujons par leurs quatre barbillons. Le Barbeau se nourrit de vers, de poissons, d'insectes, de mollusques et de toute matière ani- male charriée au fond des eaux. Sournois et rampant, il se glisse partout. On le rencontre dans presque tous les cours d'eau en plus ou moins grande quantité, mais il est rare qu'il y fasse abso- lument défaut. Défiant et peureux, il aime les eaux pures pour voir loin autour de lui. Quand les rivières sont chargées de terre, que les crues ont troublé l'eau, il oublie sa timidité, la gourmandise l'emporte, et II vient sur les bords, sur les berges nouvellement couvertes, chercher sa nourriture alors plus abondante. On le prend facilement dans ce moment avec le ver rouge, surtout si l'eau a recouvert une pelouse d'herbe rase, foulée, ainsi qu'on en rencontre sur les talus sableux des grands fleuves comme la Loire et la Seine. Le Barbeau y vient en abondance ; fouillant avec son museau, il soulève les petites touffes entre lesquelles il espère trouver des vers. Il s'aventure quelquefois si près du bord que sa dorsale est hors de l'eau. Le Barbeau aspire l'eau et la rejette avec force ; il a les yeux saillants et peu développés, la prunelle est noire, l'iris nacré avec des reflets d'or. La mâchoire inférieure étant plus longue que la supérieure, son museau est cartilagineux et charnu . Les lèvres de ce poisson sont grosses, et surtout celle de la mâchoire supérieure qui est rouge, épaisse et conformée pour que l'animal puisse l'étendre et la retirer facilement. L'ouverture de la gueule est elliptique. Les dents pharyngiennes (Voy. ce mot) du Barbeau sont fortes et crochues ; elles se montrent sur trois rangs, cinq à I inté- rieur et au milieu, une en bas et en dedans. — Mais les deux côtés sont très-souvent inégaux : le second peut n'avoir quelquefois que quatre dents, irrégulièrement espacées sur une seule rangée. Ce poisson, dont la croissance est rapide, est Carnivore, et partout gros et bien vivant. La chair du Barbeau est blanche, ferme et délicate; la laite est grosse, plus rouge que blanche, et très-bonne à manger. Les œufs sont vénéneux, ou du moins purgatifs, et peuvent produire un empoisonnement qui n'est pas sans rapport avec celui de la belladone. BARBEAU COMMUN. — On ne peut pas dire qu'il y ait une poche particu- lière pour ce poisson. Le moment oîi il est le meilleur est depuis le mois de sep- tembre jusqu'en mai : alors il a peu de laite et d'oeufs. Comme il est très-vorace, il mord bien à l'hameçon et se prend en même temps que les autres poissons de fond, mais de préférence dans une eau courante, lim- pide et profonde. Il ne se cantonne pas et rôde sans cesse dans tous les endroits d'une rivière, dans les grands fonds d'eau qu'il affectionne, mais qu'il quitte sou- vent pour parcourir les bancs de sable où son dos est à découvert. Pendant l'été, il fréquente les parties herbeuses des bancs de sable ; mais comme, avec l'automne, les herbes tombent et disparaissent, il se retire dans l'eau profonde et élit domicile auprès des pilotis, des écluses et des ponts, où il reste jusqu'au printemps suivant. Sa nourriture habituelle se compose de limaces, de vers et de petits poissons. Pendant qu'il tourne et retourne la couche de sable du fond, dans l'espérance d'y trouver sa nourriture, on voit les petits poissons attentifs à becqueter les menus ani- malcules de la terre remuée. Il arrive qu'en péchant à rouler {Trol Un y) ou h suiwe {Spinniîig), la Truite avec des esches vives d'Ablettes, Goujons ou Vérons, on a souvent pris des Barbeaux. Pendant l'hiver, le froid semble mettre les Barbillons dans un état de torpeur BAinWEfS. 79 qui permet de les prendre à la main. A eelle époque, ils ne mordent plus àThameçon et forment des bandes quelquefois agglomérées sous le bord de quelque ])ateau coulé ;\ fond; là ils demeurent couchés les uns à côté des autres en tel nondjre qu'on les prend souvent en laissant descendre un gros hameeon parmi eux, et le tirant à soi brusquement; on en ac- croche tout simplement par le milieu du corps. On choisit pour cela une bricole, ou un grapin, que l'on fait avec 2 ou 3 hameçons, n" 00 [fg. 48 et 49). Le Barbillon est du nombre des Cyprins qui ont la propriété d'émettre un son guttural sous l'eau, mais on ignore le mécanisme qui leur permet cette faculté, l'endant ce son , aucune bulle d'air ne s'échappe de la bouche du poisson. (Voy. Yoix.) Quoique omnivore, le Barbillon aime les aliments à goût fort : le fromage de Gruyère, très-fort et passé, lui est agréable, il le re- cherche. En été, c'est le meilleur appât pour les lignes de fond. On peut également se servir d'une espèce de larve de mouche, à la- quelle un appendice caudal développé a fait donner le nom po- ^'S'-^o-- C'api"- pulaire de ver ù queue, et qui se trouve dans les lieux de déjections les plus infectes. Sans demander aux pêcheurs le tour de force de les aller chercher là, on peut s'en procurer d'un peu moins dégoûtants dans les étables à vaches, où on les récolte dans les conduits. L'asticot peut les remplacer. Le ver rouge est bon, mais à l'automne et au printemps, pendant les crues. La véritable poche du Barbillon, c'est la pêche dans les pelotes, et plus géné- ralement toute pêche de fond, la ligne à soutenir, les jeux, les lignes de nuit; car ce poisson mord peu en jour, et très-vivement le soir et le matin, au crépuscule. On peut également escher à la rate de bœuf, ou à la viande cuite quel- conque. BARBEAU MÉRIDIONAL (Barbus meridionalis, Risso). — Malacop. abd. Cyprin. Long. niax. = 0'",50. Originaire des rivières du midi de la France, ce poisson se distingue tout d'abord du Barbeau commun, parce que sa dorsale est dépourvue de gros rayon denté. Couleur grise, ventre argenté, dos bleu d'acier, yeux petits, iris doré. D=5 simples, 9 branchus, tachée de brun, plus large que chez le B. commun, tandis que l'anale est plus petite. Opercule un peu pointu en arrière. Se prend dans les rivières du Languedoc et de la Provence, le Lez, l'Hérault, la Sorgue. On le trouve aussi dans toutes les eaux des Alpes-Maritimes, il présente les mêmes habitudes que le B commun ; on le pêche de la même manière. BARBERIN. — Nom vulgaire du Surmulet à Bordeaux et à Bayonne. (Voy. Surmulet.) BARBETTE. — Nom populaire de la Loche franche dans certains endroits. (Voy. Loche francoe.) BARBIER COMMUN [Serranus anthias. Val.]. {Hid. Naf.) - Acanthopt. percoïd. Long. max. = 0°,25. Syn. : Sarpananto, ital. Le Barbier de la Méditerranée est l'un des plus beaux poissons de cette mer si fertile en espèces remarquables. Corps rouge rubis avec reflets d'or et d'argent, elles joues couvertes de bandes jaunes. Les ventrales se prolongent beaucoup et se terminent par des filets singuliers dont l'inférieur est le plus long. Troisième rayon de la dorsale s'élevant du double des autres, en panache. Les deux mâchoires et le bout du museau sont, chez ce poisson, garnis d'écaillés petites, mais sensibles. Caudale très- fourchue et terminée en filets gracieux. La ligne latérale, plus convexe que le dos, se redresse vers 80 BARBUE. la région caudale, et se marque par un tube simple, assez gros, sur cliaque écaille. Les nageoires sont nuancées de rouge, de jaune, etc. ; la couleur de ce poisson est inimitable. D = I0+I5. P = n. V= 1+5. A = 3+7. C=17. Ce poisson magnifique habite les lieux rocailleux et il se lient dans les grands fonds. BARBILLONS — On comprend sous ce nom des filaments plus ou moins nombreux, qu'on remarque autour de la Ijouclie de certains poissons, et qu'on a regardés comme des organes de tact. Le Darbeau, les Carpes, les Loches, les Morues, les MuUes, et un grand nombre d'autres pois- sons en sont pourvus, mais on est encore sans certitude sur le rôle réel de ces organes. Cependant, on remarque qu'ils accompagnent presque toujours la bouche des poissons fouisseurs et habitant le fond des eaux, ce qui corrobore la supposition que ces organes les dirigent dans leurs fouilles, en développant leur sensibilité tactile pour des choses que leur vue ne pourrait découvrir. Un de ces exemples les plus curieux de l'emploi des Barbillons, est celui du Mulle ou Rouget; d'autant plus que ces organes étant beaucoup plus longs, proportioimellement, que dans les autres poissons, leur fonction devient bien plus apparente. Placés sous le menton, ces organes, blancs et lé" gèrement effilés, sont parfaitement libres au gré de l'animal. Non-seulement il peut les coucher en arrière, dans une petite gouttière creusée entre les maxillaires inférieurs, et où ces tentacules sont à l'abri, mais il peut les diriger simultanément en avant, ou l'un à droite et l'autre à gauche, l'un en avant et l'autre en arrière. L'utilité de la gouttière sous la gorge est évidente, si l'on réfléchit à la sensibilité exquise que doivent avoir ces organes; aussi, tandis qu'il nage, le Mulle les tient-il ordinairement reployés; ce n'est qu'alors qu'il repose sur le fond et qu'il y avance par une sorte de petit mouvement repta- toire des nageoires inférieures, qu'il déploie ses Barbillons et commence à s'en servir. Leurs mou- vements sont tout à fait semblables à ceux des antennes des insectes : c'est bien réellement en pal- pant, par une vibration légère, le contour des objets que le poisson en acquiert la connaissance. Quel but ont ces organes complémentaires, chez une espèce de poissons, plutôt que chez une autre ? La vue, chez le Rouget, serait-elle conformée différemment que chez les autres poissons ? Rien ne semble le faire prévoir. On comprendrait la présence de Barbillons sensibles pour accom- pagner la bouche de poissons dont les lèvres ou le museau seraient revêtus d'armures solides ou d'écaillés insensibles et mauvais conducteurs du tact; mais, chez le Rouget, au moins, cette néces- sité ne se faisait point sentir ! Il a les lèvres nues et charnues, la bouche grande et épaisse, pourquoi lui donner un organe qui semble une superfétation ? Toutes ces questions, et bien d'autres., qui se pressent à l'esprit, restent encore à présent sans réponse. Avouons-le, nous ne savons rien ni sur le but, ni sur l'utilité des Barbillons en général. Quelques-uns, chez d'autres espèces, par exemple, chez la Carpe, semblent dénués de mouvement et de sensibilité. A quoi peuvent-ils servir alors ? Ces appendices, par leur forme, leur nombre et leur lieu d'insertion, présentent d'excellents caractères distinctifs des genres, familles et espèces naturelles. BARBOTEAU. — Nom du Jeses. (Voy. Dobule.) BARBOTE. — 1" Nom vulgaire de la Lotte commune; 2° nom de la Loche de rivière ou d'étang, parce qu'elles se plaisent souvent à barboter dans l'eau trouble. (Yoy. Lotte et LocnE.) BARBUDE. — Nom de la Barbue à la Teste de Bucb. — (Voy. Barbue.) BARBUE (Pleuronectes rhumbus. Val.). — Malacopt. subrach. Pleuronectes. Long. max. = 0m,50. Syn. : Brill, Peapl, Moule dab, angl. — Glallbult, WmckelbuUy Viereck, allem. — Slaefwar, dan. — Piyg/iuai's, suéd. — Sand-flynder, norw. — Grief, holland. — Rhombo, Scaflo, ital. — Peil, gallois. — Varviœn, breton de Morlaix. — Gn'ef, flam. — Botinet-flenk^ écoss. La Barbue diffère peu du Turbot, mais son corps est plus ovale et n'a pas de tubercules. Ses yeux, pla.és conune ceux du Turbot, sont un peu plus petits ; sa peau, dont la couleur grise est un peu moins foncée, est marquée d'une multitude de petits points blancs brillants et mouchetée de marron. Quelques individus, à Brest, ne présentent aucune tache, mais une robe uniformément brune, traversée d'une grande marbrure plus claire en travers. Les écailles sont petites, mais noires; la ligne latérale très-peu visible et faisant un cercle au- dessus de la pectorale. Toutes les nageoires sont brun clair, piquetées de petites taches brun foncé, plus ou moins marquées, mais \.o\i\.ç.s petites . Le nombre des i;Ayons est : D = 7U. P = 10 à 12. V = 6. A = 59. C=10. Le squelette présente 35 vertèbres. o àhÊ W :r ■UJ a. UJ Q QJ O Q > O > < --L\ Q w 00 =! ^ CQ ^ pc; C/3 OJ 88 BLK. vitalilc singulière ; ils sauleul encore dans les paniers i)lusieurs heures après qu'on les a portés au marche. Franc- Blaquet, Célan, Célan-Gardon : tous ces noms désignent un petit poisson qui succède au Faux-Blaquet et est plus mince que lui : 5 largeurs dans la lon- gueur ; à chair plus sèche ; hords des lèvres bruns, mâchoire inférieure plus longue encore que celle du Faux-Bla(]uet. C'est le Pilc/i(ird{Clitpeti Pilc/iardus, Val.); il a toutes les habitudes du Haieng, auquel il ressemble beaucoup, mais il est moins gros. Il a les écailles plus grandes proportionnellement et deux rayons de plus à l'anale. Dents presque invisibles. Dorsales plus près de la tète que le Hareng. Excellent pour amorcer les hameçons pour la pêche aux lignes dormantes et autres. Les B/aquets, Blanches on Blanquettes, que Ton prend en grande quantité dans les ports, et surtout dans celui de Dieppe, au premier printemps, comprennent sans aucun doute un plus grand nombre d'espèces que celles que nous avons énu- mérées ci-dessus. Il est probable que le frai du Hareng, de l'Alose, de la Feinte, y est en grande quantité. On peut nommer ces petits poissons les Ablettes de la mer. Comme celles d'eau douce, leurs écailles sont brillantes et argentées, peu adhé- rentes à la peau ; le Mulet les poursuit pour s'en nourrir et les faire fuir comme le Brochet l'Ablette d'eau douce. Les Blanques se pochent au fond des ports, au printemps et en été, au moyen des Carrelets. On les frit ou on les saumure, suivant le goût. On les prend en grandes quantités et l'on s'en sert volontiers pour amorcer les hameçons. BLÉ. — (Voy. Graines, Cuisson de graines.) En juillet, en août, le soleil a mûri les graines, les moissons se récoltent; le vent entraîne les premières, les hommes rentrent les secondes , et les charrettes chargées de gerbes suivent le chemin qui passe sur la chaussée de l'étang ou le long des berges de la rivière ; les grains se détachant sans cesse, le vent les pousse dans l'eau ; ils se gonflent, gagnent le fond de l'eau ; le poisson s'en nourrit, les connaît, les recherche. C'est donc un exemple naturel que le pécheur s'empressera d'imiter. Un orage éclate, des torrents d'eau forment, dans les champs, des myriades de rigoles qui roulent des grains mêlés aux détritus de toutes sortes : cet amas mar- che, s'avance et va s'engloutir à son tour dans les eaux pour nourrir les poissons. Toutes ces circonstances observées ont donné lieu à la pêche au blé, une des plus productives et des plus intéressantes pour prendre les poissons non carnivores de la grande famille des Cyprins. La Carpe, la Tanche, le Gardon, la Vandoise, le Barbillon môme, sont avides de cet appât. Avant de se servir du Blé, il faut le ramollir ; pour cela, on le fait cuire. On choisit quelques poignées de froment, le plus gros est le meilleur. On prend ordi- nairement le Blé, auquel on donne le nom de Blé poalard, dont les grains sont très-gros et arrondis. On le fait bouillir à grande eau, jusqu'à ce que les grains soient très-ramollis et crevés seulement d'un côté. Parmi eux, un certain nombre ne crèvent pas, et sont cependant devenus mous ; ce sont ceux-là que l'on choisit pour mettre à l'hameçon. Il est bon d'ajouter une poignée de sel à l'eau dans laquelle doivent bouillir les grains ; ce sel retarde la fermentation très-prompte à s'établir dans ce blé mouillé, pendant les grandes chaleurs. A ce sujet, une divergence s'établit entre les pêcheurs; les uns ne voient aucun inconvénient à offrir aux poissons des grains fermentes et aigres ; ([uant à nous, il in.K. 89 nous a toujours semblé que les jjoissons de fond pour lesquels cet appât est préparé le refusaient, ou du moins y mordaient beaueoup moins volontiers. Dans ce cas, en ellel, en se reportant à ce que la nature seule montre, on s'aperçoit que l'accès de l'air seul fait aigrir, puis moisir le Blé cuit que l'on conserve; s'il restait dans une eau courante, il se ramollirait et ne se moisirait pas. L'on doit croire, peut-être, qu'il pourrirait, mais au bout d'un temps très-long. Le poisson n'a donc pas l'habitude de trouver des grains moisis au fond de l'eau ; quand vous lui en offrez, l'odeur le fait fuir ; il ne les connaît pas. Nous con- cluons donc, sans hésitation, qu'il ne faut se servir que de Blé non fermenté; le sel que l'on ajoute ne fait que retarder celle fermentation, il est donc utile. Pour cette pèche, il faut, autant que possible, choisir un grand fond d'eau ; au moins 2 à 3 mètres, car c'est dans ce grand fond que se tiennent les plus gros poissons. On ne doit faire cette pêche que dans un endroit à courant moyen et près des joncs et des roseaux, en s'assurant d'abord que le fond est aussi propre que possible; car le grain de Blé, ne présentant pas un volume considérable, si on le jette dans des herbes, il se cachera dessous ou parmi elles, et ne sera rencontré que par hasard par le poisson, et souvent au bout d'un temps fort long. Il faut excepter de cette règle la pèche que l'on fait près des laveurs de laine, dont nous parlerons ci-après. On réussit encore dans les endroits dont le fond est formé de petits cailloux, pourvu qu'il y ait une profondeur suffisante ; là se tiennent en troupe les Gardons, et souvent on en rencontre d'une taille fort respectable. Arrivé à la place choisie, on jettera un peu de Blé au-dessus du coup ; plus ou moins haut, suivant la rapidité du courant. Quelques petites poignées suffiront, en faisant en sorte que, sous l'action de leur pesanteur, les grains gagnent le fond juste à l'endroit où devra se trouver l'hameçon, c'est-à-dire au milieu du coup. Dans un étang, on jette le grain dans le coup môme; l'absence de mouvement dans l'eau le laisse descendre où l'on doit pécher. Piquons alors un grain de Blé sur un hameçon Limerick courbe n° 14 ou la, mis à l'avancée ; on s'arrange de façon que toute la courbe de l'hameçon soit cachée dans le grain et que la pointe sorte seule, mais d'une façon très-apparente. Cette précaution est indispensable ; car, si le dard est à l'intérieur, il faut, sous la pression du poisson avalant l'esche, qu'il traverse cette enveloppe un peu dure; il en résulte un temps d'arrêt bien court mais suffisant pour que le poisson, averti par un obstacle inaccoutumé, rejette le grain sans s'être piqué et s'éloigne. La facilité avec laquelle ces animaux recrachent ce qui leur est suspect est prodi- gieuse. Souvent trompés au fond des eaux par une foule de substances qu'ils atta- quent et qu'ils croient bonnes, ils apprennent à les recracher en les lançant avec une rapidité et une habileté dont on ne peut se faire idée quand on n'a pas été témoin de leur manège. En se servant d'un très-petit hameçon, on a presque toujours la chance que le poisson avale entièrement le grain de Blé, et alors on accroche l'animal non plus par les téguments de la bouche ou par les lèvres, mais par les muscles du gosier, ce qui offre une sécurité beaucoup plus grande pour qu'il ne puisse s'échap,per, car l'hameçon est entré dans les parties molles jusqu'au coude et ne peut que se briser, — c'est l'exception, — ou même, ne fùt-il pas bon, il pourra difficilement s'ouvrir, ce qui arrive souvent quand l'eflbrt a lieu siu- la pointe même. Dans les rivières et fleuves rapides, on fait, avec le Blé cuit, d'excellentes pêches 90 ULK. l-Uj. l-'lottes légères, P, S, T, ou en iiliiiii auprès dos pouls. Mais là, il u'cst plus (|ut'sliou dauiorcer uu coup préalable. Si l'on peul se placer auprès des laveurs de laines, ou prendra, entre deux eaux, des quaulilés énormes de Dards ou ^'andoises et petits Chevesnes ; au fond on rappor- tera (iuei(pies JJarbeaux, et uiêuie d'assez jjfros, alléchés par les graines (jui se trou- vent dans les toisons. Ces poissons mordent au Blé avec une inimaginable ardeur. Dans les rivières, on trouve i)our celte pêche de très-bonnes places au-dessous des moulins; pendant que la roue tourne, on place sa ligne dans le remou causé par les gros bouillons de l'eau, à l'endroit où il s'amortissent. Il faut très-peu de plomb afin que le grain, soulevé par l'eau, ait l'air libre au milieu d'elle et obéisse à son seul mouvement. La flotte sera formée d'une simple plume [{(//(/. 59) ayant juste la force de se maintenir sur l'eau, ce à quoi le pécheur aide, en ten- dant doucement la bannière de tem} s en temps. (Voy. Flotte.) On pèche encore fort bien en lan- çant sa ligne dans les rivières tranquilles et profondes, de manière à faire tomber le grain de blé entre les touffes d'herbes qui en encombrent le lit. On donne 0'",'d) à 0"',60 de fond seulement, afin que le grain de blé reste entre deux eaux, et l'on ramène souvent des Gardons, les- quels aiment à se promener dans ces petits délilés ainsi tracés parmi les herbiers. Quelle que soit la manière que l'on préfère pour pécher au Blé, une recomman- dation doit dominer, c'est d'avoir l'œil vigilant et la main leste, car on s'attaque surtout aux Gardons, l'un des poissons dont la rapidité est proverbiale, qui mord et lâche l'esche en un temps presque inappréciable, et a un toucher si léger qu'à peine fait-il pencher la petite plume qui doit être le seul guide du pécheur. La Yandoise, elle aussi, ne fait qu'effleurer l'appât du bout des lèvres ; ferrez rapide comme l'éclair, ou elle est déjà loin. Le Gardon, quand il mord, s'y prend quelquelois par deux ou trois attaques très-faibles; il faut saisir la bonne, c'est l'affaire d'un clin d'œil, sans quoi il n'est plus là. Le bon pêcheur au Blé peul entreprendre toute espèce de pèche ; il la fera bien, car il lui a fallu acquérir sûreté de l'œil, vitesse de la main, et accord entre les deux. Ferrer promplemenl ne veut pas dire ferrer brusquement, car l'hameçon pro- pre à cette pèche est très-petit ; les poissons ne sont pas doués d'une gueule solide comme celle de la Carpe, de la Tanche et du Barbeau ; avec ces trois-là, on peut ferrer à peu près sans rien craindre, mais il faut du sang-froid pour les fatiguer et les avoir. Quelques auteurs prétendent que l'emploi des graines est de toute saison ; nous croyons, par expérience, que c'est une erreur, et que l'emploi des graines, — car on accompagne le blé, de fèves, de chènevis, de pois, etc., etc., — doit être limité aux mois de juin, juillet, août, septembre au plus, s'il fait encore très-chaud, en uu mot, aq moment où le soleil a beaucoup de force. Ou recommande également de se servir d'un hameçon u" 8 et de le couvrir de 3 à G grains de blé enfilés à la suite l'un de l'autre. Nous croyons qu'il est beaucoup plus simple, si l'on veut se servir d'un gros hameçon, de recourir aux fèves, et alors de prentli'e uu n" 2, et on attaquera les Carpes. Or, l'emploi des'gros liLl/UX. 91 lianicçons n'est point nccess;iire pour réussir, car nous avons pris de fort Ix'llcs Carpes et des Brèmes respectables sur un simple et unicpie grain de blé, en même temps que de magnilitjues Gardons : nous conseillons donc un très-petit hame(;on. INjur celte pèche, comme pour toutes les autres, un hdmeQon n est ja7nais trop petit. BLENNIE ALPESTRE (Blennius alpestris, Wan.). — Acantliopt. gobioides. Long, max. = G"',OG. Diminutif de la Blennie Cagnelte, même genre de coloration. Les dents supérieures, au nombre de 10 seulement, et 14 en bas, comme incisives. D = 2G à 27. P = 12. A = 17 à 18. Le même système de dentition doit faire présumer également des mœurs carnassiùres, mais on manque de renseignements à cet égard Propre au lac du Dourget (Savoie). Il est Lien ( lobable que celte Ijlcnnie est la même que celle décrite par Gjorna, en Piémont^ dans le Journal d l'Académie dcf Sciences de Turin, vers 1815, sous le nom de (irassoiron. BLENNIE CAGNETTE (Blennius Cagnotus, Val.j. — Acantliopt. gobioides. Long, max. = (i'",iO. Poisson de forme bizarre ; corps arrondi sur les flancs et vers la queue ; couleur fauve, à bandes transversales brunes irrégulières et variant de forme et de grandeur, suivant les individus; plus nie caj,'iiettr iJtcniiius cagiiolus, Val. saillantes connue dessin, chez les jeunes. Tète, poitrine et nageoires pectorales couvertes de points gros et noirâtres. Tète massive, busquée ;. lèvres marquées, charnues; mâchoire supérieure avan- çant un peu. OEil près du front, saillant, entouré de globules saillants qui laissent échapper la muco- sité abondante dont le corps de l'animal est enveloppé Crêtes saillantes au-dessus. D = 30, régnant dans toute la longueur du corps, à taches brunes brillantes. P = 14, ovales, poinlillées de noir à la base ; quelques taches brunes. V = 3, étroites, sous la gorge, rapprochées. A = 18 à 19. C= 10, mar- quée de taches en lignes verticales. Les dents de la Dlennie Cagnette rappellent celles d'un carnassier mammifère. Elles se compo- sent d'espèces d'incisives, 22 en haut, iG en bas, et de canines pointues et recourbées, qui indi- quent un animal Carnivore et vorace. C'est sous ce point de vue que nous la mettons ici ; elle doit mordre à l'hamec^on comme le fait le Cotte dont elle a les mœurs ; mais nous n'avons pas des données certaines à cet égard. On devra essayer avec de très-petits vairons ou des vers rouges bien frétillants. Ce poisson, propre au midi de la France, vit dans le Var, le Tarn, le canal du Midi, le Lez, etc. 11 se lient en petites troupes, au fond, parmi les cailloux et le gros sable, dans les eaux claires. Chair blanciie, de bon goût. (Voy. Temps de frai.) BLICCOPSIS (Bliccopsis, Sjéb.). - Malacopt abd. cyprin. Sous-genre établi par Siébold, aux dépens des I liekes, pour la Brème rosse (Voy. ce mot), dont les carènes ventrales et doisales SiOnt remarquables par la présence des écailles qui les garnissent. {Die Sùsswasscrfistlie von Mtiteleeuropa, 142 (1860). Bliccopsis ubramo-rutilus) . BLICKES (Blicca, Heck.). — Malacopt. abd. cyprin. Sous-iîenre formé, aux dépens du genre Brème, pour celles qui ont les dents pharyngiennes placées sur doux rangs, 2 en dedans, 5 en dehors. Pas d'écaillés sur les carènes ventrales etdorsales. BLIZON. — .Nom de l'Éperian en Picardie. (Voy. Éperlan.) U-2 u (US -1)1-:- H OC. BŒUFS. — (Voy. GaNGUI A DEUX BATEAUX.) BOGUE (Box vulgaris, Ciiv.). — Acanthopt. spar. Long. max. =(r,25. Syn. : T/ie /jogue, rcd f/ilt-head, sea brcain, aiigl. — Rollie hrassen^ alleni. — fiesayo, esp. — feijyo, ital. Poisson à corps arrondi et allongé, d'inie belle couleur jaune-olive, portant trois ou quatre Landes longitudinales dorées sur ciiaque flanc. Sa bouche est très-petite. Les dents du Bogue sont aplaties, échancrécs dans le milieu et pressées les unes contre les autres, sur un seul rang, tout autour des mâchoires. Ces dents ont une espèce de talon qui aug- mente leur stabilité; elles servent à broyer les plantes marines dont le Bogue se nourrit le plus souvent. ^ l'ig. 01. — BogiiL' [Box vulgaris, C.uv.). Ce poisson fraye, dit-on, deux fois par an, et à chaque fois approche des côtes en bancs nom- breux. La distribution des écailles sur la tète et les ouïes est toute particulière, et le dessus de la tête en est dépourvu. La ligne latérale est d'une courbure générale, de la tête à la queue, convexe en dessus. Les deux dorsales ont U à 15 rayons épineux; les anales 3 et 16, les pectorales 18, et les ven- trales I et 5, la caudale 15. La chair est très-estimée. BOGUE. — Le Bogue est un sparoïde, et, comme tel, un ami des rochers. On le prenil souvent dans ces endroits à la ligne. Il faut escher avec des mollusques dépouillés de leurs coquilles, ou des crustacés. BOGUERAVEL. — (Voy. PaGEL BoGUERAVEL.) BOGUIÈRE. — Sorte de fdet spécial en nappe simple, employé dans la Méditerranée à la pèche du Bogw. BOIRE UN POISSON. — Cette expression est synonyme de noyer un i)ois- son : on ne leiu' fait pas hoire de l'eau, mais hien respirer de l'air; ce qui produit sur les organes une asphyxie semblahle à celle que l'absorption de l'eau exei^ce sur les poumons des animaux qui respirent l'air en nature. BOIRONNIÈRE. — Espèce de Nasse employée dans la Méditerranée. (Voy. ce mot.) BOIS-DE-ROC. — C'est le Culliis scnfjji)i (Voy. ce UKit) el non une Vive, lUilTK. M'A coniine (|iR'l(|iies pOcheiirs le croienl : il est solilaiiv. Au printemps, il (piillc le Ibnd des mers el vient se loger dans les creux de roches dont il remplit ordi- nairement la capacité, parce (piMl choisit souvent ceux qui ont été percés par les IMiolades. H passe ainsi la belle saison dans son ermitage, n'ayant rien à craindre des gros poissons et abrité par les Varechs cpii le dérobent aux yeux du pêcheur, mais non aux recherches des enfants. Il attend patiemment la proie (pie la mer montante l'ait passer à sa portée. A'ers réquinoxe d'autonnie, il abandonne sa maison d'été et regagne les eaux profondes, où il passe les temps froids. Gomme les blessures que peut faire ce poisson avec les aiguillons dont sa^tête est garnie en arrière, causent une douleur presque aussi forte que celle de la Yive, on les confond souvent. Il se défend à ou- trance, car il mord très-bien, et son énergie vitale est remarquable. BOISSEAU. — Synonyme de Nasse. (Yoy. ce mot.) BOITE A ASTICOTS. — Les Asticots, par leur fourmillement continuel, se glissent dans les plus petits interstices ; ils offrent, de plus, une assez grande diffi- culté à saisir isolément, alors qu'ils sont réunis en masse; aussi, a-t-on imaginé plusieurs systèmes de boites pour permettre au pêcheur de ne pas perdre un temps précieux à choisir ses esches une à une. La première boîte AB {/ig. 62) est plate dans mi sens et bombée sur celui que représente la figure ; elle se suspend au- tour du corps comme une poire à poudre, par le moyen d'un cordon AGB. La boîte porte en un prolongement du fond taillé en ovale arrondi et muni dun petit rebord. Le couver- cle D est articulé par une charnière attachée à la partie con- vexe de la boite. En s'ouvrant, il donne passage aux Asticots, (pie l'on fait descendre dans le prolongement o, en posant la boite à plat, et là on les choisit et on les saisit très-aisément. En laissant la boîte reprendre sa position verticale, les Asti- /^^'î/- C2. - Boite à asticots. cols retombent au fond, et le couvercle se referme. La seconde boîte MN {/ig. 63) est également en fer-blanc peint ; elle se compose d'une capacité ovale N, dans laquelle on met les Asticots, et dun couvercle à charnière M, muni de petits trous pour le passage de l'air. En S la boîte porte un petit tube en fer-blanc de O^jOl de diamètre, fermé par un bouchon à chaîne, qui permet de faire tomber dans la main un ou quelques Asticots, suivant le besoin. Cette boîte se place dans le carnier de poche ou dans le pa- nier; elle est d'un usage moins commode que celle (fig. 62), car elle peut être peiduc, être oubliée, tomber à leau, ce que la première, une fois suspendue, ne peut pas faire. La troisième PO (fig. 64) est une boite ordinaire en fer-blanc dont le couver- cle, sur charnière, porte de petits trous. C'est la moins compli(piée ^ et ce n'est pas la moins commode, à condition de remplacer par la quantité ce qui manque en qualité, c'est-à-dire d'en avoir deux au lieu d'une, plus petites il est vrai, pour diviser sa provision d'As- ticots ; si l'une se perd, ou tombe à l'eau, la seconde est encore dans la poche ou le panier. Elle permet en outre d'obliger un ami, ^'c- '^^^ — ^oîte à , , . , , , „ asticots, ordinaire. car on peut lui en prêter une des deux; avec les autres, on est for- cément égoïste ; si le voisin a perdu la sienne, il faut l'avoir comme compagnon, à Fig. 63. — Boite à asticots, à tube. 94 TUUTE. longueur de canne, ce qui, en fait de pôclie, n'es! pas toujours agréable. Car à la pêche, un ami est bon, excellent même, mais pas trop près : la solitude est meil- leure, pourvu qu'elle soit très-peuplée de poissons. BOITE A GRILLONS, SAUTERELLES, HANNETONS, etc. — Il peut sendjler puéril aux pei'souues non habituées à la pèche à la ligne de voir conslruii'c une boite spéciale pour chaque espèce d'appât, une pour les vers rouges, une pour les papillons, une pour les asticots, une pour le vif, et enfin celle-ci pour les gros insectes qui servent ;\ la i)éclie ;\ la grande volée, à la pèche à la surprise et à la pèche au lancer. La raison en est cependant bien simple, et beaucoup moins puérile qu'elle n'en a l'air. D'abord, à la pêche, le temps est précieux, en ce sens qu'il y a certains mo- ments de la journée où la perte de deux minutes est la perte d'une journée de soins et de patience. Le temps pendant lequel le poisson mord ne dure quelquefois pas une demi-heure ; il faut savoir en profiter hardiment, rapidement : c'est alors que le pêcheur auquel toutes ces précautions ne demandent aucune démarche inutile, c'est alors que ce pêcheur l'emporte sur les autres, et montre ce que peut la science sur le hasard ou l'imprévu. En second lieu, nous faisons une boîte pour les gros insectes, parce qu'ils sont incompatibles avec les autres ; et en effet, si vous les réunissez à des papillons, ils les déchirent sous leurs pattes crochues et souvent les mangent. Il est vrai qu'ils en font autant entre eux, si vous les laissez trop longtemps en présence ; car, au bout de quelques jours, vous ne trouvez plus dans votre boite que des débris de pattes etd'élytres, et quelques survivants étiques et boiteux. Il est donc indispensable de mettre ensemble les animaux dont les dures carapaces ne se frois- seront pas entre elles, mais broieraient tout insecte plus faible ou moins bien armé. Enfin, il fallait pouvoir les fiiire entrer et sortir un à un comme les moutons de Polyphème, non pas pour les compter, Figr. 65. — Boîte mais pour u'cu pas pcrdrc dix en en prenant un. Or, la petite à grillons. j^^.^g ^^^ gg^ remplit parfaitement ce but. Elle est faite en fer- blanc peint ou émaillé ; elle est munie d'un couvercle AB qui permet, quand on le veut, de nettoyer l'intérieur sali par les déjections des insectes. Ce couvercle AB porte, à un des bouts de l'ellipse qu'il forme, B, une ouver- ture ronde de 1 centimètre au moins de diamètre que ferme une pe- tite plaque tournante I. C'est par là que le Grillon, et autres, se pré- sentent, un à un, quand on penche la partie BD. Le trou B doit être absolument au bord du couvercle AB, parce que les insectes se présentent dans une position commode, en mar- chant sur l'intérieur de la boite, dont le côté BD devient horizontal, alors qu'on penche leur prison. BOITE A MOUCHES. — En fait de pêche, ouest souvent obligé d'inventer de petits instruments pour abréger beaucoup de peines. La Boite à mouches vives en est un frappant exemple. Le problème à ré- soudre était celui-ci : prendre facilement une seule Mouche, en vie, au ^^^ rudie^'et milieu de beaucoup d'autres qui ne doivent pas recouvrer la liberté. papillons. C'cst bicu siuiplc, ct cependant on a été assez longtemps avant de trouver l'instrument nécessaire. 11 se compose d'une espèce de couvercle en fer- blanc EF {/ig. 68), dont le bord est percé d'une rangée de petits trous rapprochés. IHIITK. 95 solidcniciil iiiic coiffe C. (////. (17) de liillc lin ou de izc Fil/. 67 Fig. 6K. — Boite à mou- che, dessus et dessous. dans l('S(|iU'ls ou (•( de soie. Les Mouches, insectes et papillons sont inlroduils ;\ mesure ({u'on les prend au moyen du filet V à papillons {fig. 6G), par l'ouverture H'. La seconde figure EF montre le dessous du couvercle AB; en H est le trou qui- s'ouvre à volonté par un obturateur G qui tourne sur un petit axe, et s'arrôte au centre sous un petit crocliet soudé au fond. On construit aussi des boîtes à mouches de forme ovale, qui soûl plus com- modes. Le pêcheur doit en avoir au moins deux avec lui, dans son panier ou son carnier de pèche. Quand on veut prendre une Mouche, ou pousse de côté, légèrement, l'obturateur G, et Ton découvre une partie du trou H ; un insecte se présente pour sortir, on le saisit et Ton referme, d'un seul mouvement de doigt, l'issue aux autres. On pourrait, comme perfectionnement, faire l'obturateur î\ ressort et se fermant de lui-môme. Quand les insectes sont morts, on les amène au trou H en soulevant la gaze par-des- sous, avec l'autre main. L'ouverture II ne doit pas être ronde, mais avoir la forme d'une poire {fi(j. 68); l'obturateur a la même forme. On ouvre tout pour un papillon, un gros insecte ; on n'ouvre que l'ap- pendice pour une Mouche vivante. De cette façon, on n'en perd jamais. Or, quand elles sont rares, on les regrette, car chacune d'elles amène un poisson. (Voy. Papillons.) BOITE A VERS. — De tous les ustensiles du pêcheur à la ligne, c'est le plus facile h trouver : connue les Vers que cette boîte doit contenir sont des animaux doués de mouvements assez lents, le pêcheur peut se servir d'une boîte quelconque avec son couvercle P. On la fait ordinairement en fer-blanc {fig. 09), ^ avec un couvercle percé de petits trous. Ce grand couvercle s'ou- vrant laisse l'intérieur à découvert et permet d'y choisir le Ver qui convient le mieux : ce qui est indispensable pour des appâts qui sont tous de dimensions différentes. Pour tous autres appâts, excepté la boîte au vif, cette précaution serait superflue. Tous les asticots sont Fig- e''- — Bo>t'" sensiblement de la môme grosseur; quant aux papillons, on les choisit à travers le tulle [fig. 67) : restent donc les grillons, qui se valent à peu près tous, et les sauterelles et hannetons aussi. On a rendu plus portative la boîte ordinaire à Vers rouges, en lui donnant la forme de la figure 70 : elle devient ainsi un cylindre aplati s'ouvrant à charnière et peut se placer plus aisément dans la poche ou dans le carnier de pêche. Aux deux bouts du cylindre sont ménagées deux petites boîtes pour menus objets, plombs, hameçons, etc., ou pour une petite pro- vision de blé d'un côté, d'asticots de l'autre. Chacun s'en sert à sa guise. BOITE AU VIF. — Auxiliaire indispensable des pêches d'automne au Bro- chet, à la Perche et à la Truite, ainsi que d'une grande partie des pêches de mer, la boîte au vif n'en est pas moins un ennui et une sujétion continuelle à laquelle le pêcheur ne peut se soustraire. Qui veut la fin, veut les moyens ! tel est l'inexo- rable proverbe qui condamne le pêcheur à traîner cette boîte après lui. Fig. 70. — Boite à vers, perfectionnée. 96 IKIM'I'I:. Elle se compose d'un vase tronc-eonique, un peu aplati de devant en arrière CDEF [fhj. 71), muni d'un couvercle AB. Ce couvercle porte des trous à sa par- tic supérieure et un rebord AB, parce que l'eau que contient la boîte jaillit par les ^r^ trous T, mais elle est retenue par le rebord AB, et re- ^^^^^^ tombe dans la boite au lieu de le faire le long des jambes ^^am^^i. L'anso, en fd de fer fort, est munie en G d'une poi- mÊÊÊ^ — "mi gnée de bois, alln de ne pas blesser les mains. M^Hp *», C'est dans cette boîte, remplie d'eau souvent renou- ^ÉmÊSSi^^^^t velée au bord de la rivière, que l'on emporte les petits poissons qui doivent servir d'amorces i)our les plus iiros. /.'(i/. :i.- iî,.ftfiiu. vif. \ • ; p , K- I t I • ■ ^ ^ • Us y vivent tort bien pendant plusieurs jours, surtout si Ton a la précaution, pendant que l'on poche, de plonger entièrement la boîte dans l'eau près du bord. A cet effet, il est bon d'attacher, à la poignée de l'anse G, une bonne corde à fouet de la grosseur d'une forte paille et de 2 à 3 mètres de long; avec cette aide on plonge la boîte au vif dans la rivière ou l'étang, le poisson y de- meure sain et vif, et rien de plus facile que de la retirer et de la replonger suivant le besoin. Ouand on laisse plusieurs jours les petits poissons plongés dans la rivière, ils n'ont besoin d'aucune nourriture. Lorsque la boîte est hors de l'eau, la chaleur est seule fi craindre pour les petits poissons qu'elle contient. Évitez le soleil, et mettez la boîte à l'ombre ou sous des feuilles, si vous ne pouvez la descendre dans l'eau. BOITTE. — Ce mot est synonyme de esche ou amorce pour tous les pêcheurs de nos eûtes, depuis la Manche jusqu'à l'Océan. 11 représente toute chose que l'on peut mettre sur l'hameçon pour prendre ou attirer le poisson. On (lit Buitter pour escher ou amorcer : c'est garnir d'appât un hameçon. BOITTE BLANCHE. — On nomme ainsi toute boitte formée d'un morceau de poisson vif, frais ou salé, que l'on met sur l'hameçon. Ce mot est en opposition avec les boittes formées de vers, de crustacés, de calmars, etc. Autant que possible, il est bon de conserver, avec la viande, la peau brillante qui la maintient et em- poche les poissons de déchirer le tout en un clin d'œil. La peau suffit elle-même quelquefois, surtout quand elle est bien résistante. BOMARENQUE. — Nom de ï Anguille dans les Bouehes-du-Rhône. (Voy. Anguille.) BOND. — CVoy. Sautade.) BONITE Scomber bonito, Lin ; Tliynnus Pelamys.Cuv.). — AcaiUliopt. scombér. Long, niax. = C'",70. Syn. : The Bonilo, aiigL — Pulamilu, ilal. — Bonnet, suéd. — Boni/o, esp. La Bonite se rapproche beaucoup du Tiion. Son dos lileu est rayé de lignes noires obliques; comme le Thon, elle porte 7 ou 8 fausses nageoires près de la queue. La tète de la Bonite est conique et finit en pointe, au museau. La mâchoire inférieure est pro- éminente ; les dents peu nombreuses et petites ; la langue molle et nue. Le corps de la Bonite est rond jusqu'à l'anus ; mais, à partir de- là, il diminue jusqu'à la queue où il est déprimé. La ligne latérale, d'abord descendante et ondulée, devient droite vis-à-vis de l'anale, et, se relevant de là, se termine en crête vers la queue. Les yeux sont élevés et ronds, l'iris argenté ; la couleur du corps est bleu pur, plus noir sur le dos, les côtés brillants, le ventre blanchâtre. Derrière les pectorales partent, d'un espace triangu- laire, quatre raies noires qui s'étendent de chaque côté jusqu'à la queue. Les écailles sont petites comme celles du Maquereau. Dorsales : l'*, de if) rayons, 2"" de 12, BORDELIÈRE. 97 8 fausses nageoires Pectorales : 27 rayons. Ventrales: 1+5. Anales: 2 + 12 et 7 fausses nageoires, (laudale non échancrée, mais allongée en liant et en bas, de 35 rayons. Les pectorales et ventrales ne sont pas grandes. Les cciulcurs de ce poisson sont magnifiques. Fig. 72. — Mcimlc. (Thynnuî Pelamijs, C.uv.). BONITE. — Ce poisson abonde dans la Méditerranée et dans la mer Atlanti- que. Un le pèche de la môme manière que le Thon, avec lequel on le trouve pres- que toujours mêlé. La pêche peut se faire toute l'année, mais particulièrement de- puis le mois de mai jusqu'à la fin de septembre. Les lignes employées sont ordinairement amorcées avec un lambeau de chair d'Anguille; la Bonite est très-vorace et se jette avec avidité sur tout appât. Ce poisson est très-friand de Sardines et de Poissons volants ; comme il se tient à la surface et en haute mer, on le prend facilement avec un hameçon recouvert d'un leurre qui représente grossièrement la forme de son aliment de prédilection. On choisit tout simplement un morceau de plomb auquel on donne la forme d'un petit poisson et auquel on attache deux plumes pour figurer les nageoires ou les ailes. La nourriture ordinaire des Bonites se compose de poissons, de petites sei- ches, de coquillages et de végétaux marins. Elles se jettent avec avidité sur tous les débris de salaisons avariées, et toute chair corrompue qui n'est plus mangeable et qui est devenue trop salée, est excel- lente pour prendre les Bonites. Ce poisson marche en troupes de 10, 13, 20 individus, aimp les grandes eaux et ne quitte point la surface. On le prend encore facilement dans les endi^oits où la mer est agitée. BONITE RAYÉE. — Un des noms populaires de la Pélamide. (Voy. ce mot.) BORDE. — Nom de V Ablette dans quelques localités. (Voy. Ablette.) BORDELIÈRE [Brème]. {Cyprinus vel Abramus blicca, Lin.) — Malacopt. abd. Cyprin. Long. niax. = 0",20 à 0°',22 ; haut. = 0™,09. Syn. : The white brearn, or Breamflat, angl. — Bjôrkno, Blecka, suéd. — Zobel pleintze, allera — Bunke, braten, iiorw. — Flire, hlikka, dan. — Ssfl//a, russ. — Bley, hoU. 7* 98 BOUCHON. Tète courte, inuse.iii pointu; opercules argentés à points verdàtres. Elle n'a pas de dents, le palais charnu portant un os au milieu, la langue non libre. Yeux très-grands, taches verdàtres au- dessus, peu élevés sur la tète, à prunelles noires, l'iiis blanc argenté, quelquefois jaune. Corps court, élevé, dos très-comprimé, verdàtre, cotés blancs, flancs et ventre argentés. Ce petit poisson est remarquable par une suite de points bleus formant la ligne latérale et fort apparents, déposés sur le milieu du corps jusqu'à la naissance de la queue. La ligne latérale n'est pas si courbée vers le bas que celle de la Brome conmmne, et présente de 46 à 50 points. Dorsale noirâtre, 10 rayons; caudale et anale, 22 rayons, saupoudrée de noir brun présentant un peu de rouge au lobe inférieur plus long que le supérieur. Anale rougeâlre sur fond gris à ex- trémités brun noir. Ventrales et pectorales jaune d'ocre chez les grosses Brèmes, grises chez les petites. Ce poisson, très-peu estimé, et dont le corps est presque toujours rempli de vers intestinaux, présente une chair molle remplie d'arêtes. (Voy. Parasites.) On croit que le nom de Blicca lui a été donné à cause du brillant de sa couleur comparée à celle de la Brème commune, qui est toujours un peu jaune et qui, quand elle est vieille, devient d'un jaunâtre presque brun. C'est peut-être aussi une altération du nom suédois. Ce poisson se nourrit d'herbes, d'insectes et de frai, sert d'appât vivant, et tire son nom de son séjour habituel au bord des eaux. 11 ne s'emploie guère qu'à nourrir le poisson dans les rivières. BORDELIËRE {Brème). — La Bordelière se trouve dans les lacs de la Savoie, dans les étangs de la Bresse, dans le Rhône et la Saône. On n'en fait pas de pêche particulière, on la trouve pêle-mêle avec les autres poissons blancs. Elle se pêche aussi dans la Seine, dans la Loire, le Loir, etc., et la ma- jeure partie des rivières de la France. Un la prend au petit ver rouge et au ver de vase, comme tous les petits poissons blancs, même aux insectes, car elle est très- vorace. Sa manière de mordre est singulière, car elle mord plutôt en remontant qu'en descendant; aussi la flotte, au lieu de s'enfoncer dans l'eau, est promenée horizon- talement sur sa surface par l'attaque du poisson sur l'esche. BORDER UN FILET. — Pour border un filet, on l'entoure d'une corde que l'on passe de maille en maille et que l'on attache de 10 en 10 centimètres avec plusieurs tours de fil retors. Cette opération a pour but de donner à l'engin plus de résistance, en empêchant les uis extérieurs qui portent l'effort de se briser, et par suite le filet d'être déchiré. BORIQUE. — Nom des ]\asses dans la Dordogne. (Voy. Nasse.) BOROGHE. — Nom de V Ablette biponctuée sur le lac de Genève. (Voy. Ablette biponctuée.) BOT. — Nom vulgaire du Gantelet ou Plie franche. (Voy. ce mot.) BOTEAU. — (Voy. DOBULE.) BOTTO. — Dénomination du Chabot commun aux environs de Nice. (Voy. Chabot.) BOUCHE. — (Voy. Museau.) BOUCHES EN FLUTE. — 15"" et dernière famille de l'ordre des Acanthoptérygiens. Ces poissons se divisent en deux genres que nous n'étudierons point: loLes Fistulaires; 2» les Centrisques. BOUCHON. — Bouchon est quelquefois pris comme synonyme de flotte, mais nous ne nous occuperons ici que du Bouchon {liège) en lui-même et de la manière de le travailler pour les différents usages délicats de la pêche à la ligne. Le bouchon, tel qu'on le trouve dans le commerce, est de plusieurs grosseurs et fait en liège. Ce liège est l'écorce d'une espèce de chêne qui croît spontané- ment dans l'Europe méridionale et que nous possédons en France dans les Pyrénées- Orientales, les Basses-Alpes et les Alpes-Maritimes. Son nom botanique est : Quei- cus suber. Lin. Ce chêne croît dans des terrains arides, rocailleux, dans les sables. Au bout de 8 à 10 ans, l'écorce a acquis une épaisseur suffisante pour qu'on puisse BOUCHON. 99 lii récolter avantageusement. On fait une incision circulaire au haut et au bas du Ironc, on fend verticalement, et on détache cette écorce avec précaution pour ne ])as endommager l'écorce intérieure ou liber qui fait vivre l'arbre. T^c liège est une matière à la fois très-tendre et très-réfraclaire. Il se débite liès-bien au moyen d'une scie un peu fine et n'ayant pas beaucoup de chemin. Quand on a débité grossièrement le morceau dont on a besoin, il faut lui donner la forme exacte et le poli. Deux moyens se présentent : la râpe, puis la lime; ou d'un seul coup, le couteau. Tous deux peuvent être appliqués, mais dans des cas diffé- rents. La râpe dont on fait choix doit être neuve et d'un numéro assez fin. Son travail laisse des stries que Ton efface au moyen d'une lime douce, puis du papier de verre très-lin. Quel que soit le travail que l'on veut faire subir à un bouchon, il faut d'abord choisir du liège de la plus belle qualité possible, l'acheter débité en gros bou- chons, qui suffisent amplement à tous les besoins de la pêche à la ligne, et laisser les morceaux en tables grossières aux pêcheurs aux filets : cette qualité suffît cepen- dant à faire des bouées. L'emploi du couteau pour façonner le liège est assez difficile ; il faut une lame mince, très-franche de tranchant, et prendre le fil du liège en travers de la lame et lui peu obliquement. Il y a, dans cette coupe, un certain tour de main qu'on peut apprendre avec un peu de soin en attaquant un bouchon de plusieurs manières, et remarquant celle où le liège se laisse couper franchement et sans bavures. La confection des flottes exige, à chaque instant, du pêcheur qu'il sache percer l)ropremcnt un bouchon. Cette petite opération s'exécute facilement au moyen d'une lime spéciale appelée Queue de rat, que l'on peut se procurer partout. On com- mence par faire un avant-trou dans le liège au moyen d'un poinçon, puis on intro- duit doucement la pointe de la queue de rat, et par un mouvement de va-et-vient, on arrondit le trou et on perce le liège sans éclats et d'une manière très-régulière, de façon (pie la plume qu'on y introduit s'adapte parfaitement. Quand on veut peindre le liège, on le fait au moyen de peinture à l'huile que l'on vernit ensuite, ou au moyen de peinture au vernis. Quel<|ue bon que soit le liège que l'on a choisi, il présente toujours de petites cavités qu'il faut remplir avant de peindre, afin d'avoir une surface bien unie. On y parvient en les bouchant avec du mastic de vitrier ou du blanc de céruse à l'huile. Ce dernier est préférable. Celte peinture qui, au premier abord, a l'air d'un enjolivement et d'un enfantil- lage, a sa raison d'être et son utilité. D'abord, en faisant choix pour la partie supé- rieure d'une couleur bien voyante, elle permet au pêcheur de distinguer plus aisé- ment et de plus loin sa flotte sur l'eau, ce qui ofltre des avantages dans la pêche du matin et du soir. En second lieu, cette couleur ne peut être aperçue des poissons et n'a donc pas d'inconvénients de ce côté. Enfin le bouchon, comme corps poreux, absorbe, quand il est nu, une certaine quantité d'eau, qui remplace l'air de ses pores et le rend d'autant moins léger ; quand il est rendu imperméable par une couverture vernie, il garde toutes ses propriétés même après un long séjour dans l'eau. Or, quand une flotte est soigneusement équilibrée, elle est d'une grande sen- sibilité, chose extrêmement utile pour la pêche sédentaire en eau douce; l'absorp- tion de l'eau par le liège suffit à détruire cet équilibre. (Voy. Flotte.) 11 est bon que la peinture soit appliquée de façon à boucher hermétiquement 100 BOUCLE. l'interstice qui existe entre la plume et le bouchon, de façon que l'eau ne puisse pas plus s'introduire par l'intérieur que par l'extérieur. Une flotte bien faite est un petit ouvrage de patience et d'adresse dont le pê- cheur habile peut seul sentir toute l'importance. Quand on a besoin de liège pour confectionner les bouées {fiy. 73) (jue l'on attache aux lignes de fond, en mer ou en eau douce, on se sert simplement de morceaux dégrossis d'épluchures de liège gros- sier que l'on trouve partout. Dans ce cas encore, il est bon de les peindre à l'huile et au vernis. Elles résistent plus longtemps et se Fig. 73. — Bou.îe voieut de plus loiu. On peut réunir plusieurs morceaux ensemble au en hege. nioycu de bounc colle-forte, on les serre pour la faire prendre, et quand le tout est recouvert de peinture, l'eau n'y a aucune action. On obtient ainsi des bouées aussi volumineuses qu'on peut le désirer, et qu'il est bon de laisser liées. On fait (le même pour les lièges de Bricoles. BOUCHON CARRÉ pour ligne à soutenir. (Voy. Soutenir.) — Si l'on veut pê- cher à la main ou à la canne à soutenir, sur un fond de pierres éboulées ou de ro- ches, d'où l'on ne pourrait jamais retirer le plomb, on emploie la précaution suivante. On sépare, de sa ligne MN à soutenir {jhj. 74), le plomb qui y est attaché ou dans Fig. 74. — Bouchon carrci pour les pelotes. Icqucl cUc cst passéc, ct on Ic remplace par Ligne à soutenir. ^^ bouchou AB, quc l'ou pcrcc ct daus le- quel on passe la ligne. Ce bouchon est retenu par le petit plomb A mis à demeure à O^jSO au-dessus de l'hameçon. Ce bouchon ABC, qui est taillé en parallélipipède, ne doit et ne peut pas dépas- ser le grain de plomb. On prend alors de la terre glaise, — celle que l'on trouve au bord des rivières et des étangs, — on en fait une pelote dont on calcule la grosseur et le poids sur la force du courant où l'on pèche, et l'on entoure soigneusement le bouchon avec cette pelote. La terre ne glisse pas, à cause des facettes du bou- chon ; et, quand la pelote est au fond, comme le bouchon est percé, la ligne re- prend sa liberté et sa sensibilité. Si aucun poisson ne vient mordre, la pelote se casse, le liège redevient libre et remonte la ligne au courant sans qu'elle accroche dans les herbes ou les obstacles. En somme, c'est un bouchon semblable à celui qui sert pour la pêche dans les pelotes. BOUCHOTS. — (Voy. Parcs.) BOUCLE (Hameçons à\ — L'hameçon à boucle est une invention pour les mala- droits ; invention qui a tous les inconvénients des hameçons à palette, sans en avoir les avantages. Généralement cette disposition n'est adoptée que pour les hameçons communs que quelques pêcheurs emploient pour les cordes traînantes ou lignes de fond que l'on tend la nuit. La hampe DB de l'hameçon ACBD est recourbée sur elle-même en D, de façon à former un anneau dans lequel il suffît de passer un fil pour que l'hameçon se trouve empilé. Mais alors se présentent deux inconvénients : l'anneau A est gros, nécessairement; de plus, l'empile D a besoin d'un nœud pour tenir l'hameçon; le nœud D est lui-même gros. Deux obstacles accumulés l'un au-dessus de l'autre ; de sorte qu'il est impossible de faire passer un ver ou un petit poisson au-dessus de cet BOULLIER. lOi Fig . 73. — Hame- çon à boucle. obstacle sans déchirer l'Esche, par conséquent la faire périr et lui enlever ainsi la qualité essentielle qui l'a fait choisir. Si l'on craint de prendre trop de peine à empiler convenable- ment les nombreux hameçons des lignes de nuit, il vaut encore mieux se servir d'hameçons à palette ordinaire et les empiler par le simple nœud ; dans ce cas, on supprime une des grosseurs, celle de l'anneau, c'est autant de gagné sur le genre d'hameçon qui fait le sujet de cet article. Pour le pêcheur adroit qui ne regarde pas à la peine pour en être ré- compensé par la réussite, il est extrêmement important de dissimuler absolument la présence de l'hameçon en le choisissant aussi petit que possible, et alors surtout un empilage soigné est ce qu'il y a de meilleur. C'est un peu plus long, mais avec de la patience on vient à bout de tout; de plus, rien n'empêche d'y mettre du temps et de monter peu à peu sa collection d'hameçons empilés : on ne devient pas riche en une demi-heure ! BOUCLÉE {R. — (Yoy. Pates, Amorces, IIuile composée.) BOULIÉCHE. — Nom donné dans la Méditerranée à de très-grandes Sennes. (Yoy. ce UKjt.) BOULLICHE. — Synonyme de Boullier {Voy. ce mot.) BOULLIER ou BOULLIÈRE. — Le grand Boullier est un filet formé de deux longs bras qui aboutissent à une manche ou un tramail. Il ne diffère de VAis- saugue que par la grandeur de la maille.- (Yoy. Aissaugue.) Fig. 76. Fig. 77. Bouées diverses. Fig. 78. 102 B U R G N E. BOULOIR. — Iiislruniciit jxtur Bouler. (Voy. ce mol.) BOUQUETOUT. — l'clit Boideiix^ employé à Coutuiices pour la poche de la r.revelte. (Voy. IJorïEix.) BOUQUETS. — Nom populaire des Crevettes. (Yoy. ce mot.) BOURAQUE ET BOURAGUE. — Synonyme de Casier. (Voy. ce mot.) BOURDIGUE. — ( >n (iouue ce nom à un grand engin de pèche {fig. 79) que l'on dispose dans un endroit oii le poisson a un passage habituel. Les plus connus sont usi- tés dans les passes AD qui donnent accès, dans les étangs salés du Midi, aux eaux de la Méditerranée M. L'oscillation diurne des eaux de cette mer suffit pour produire un léger courant dont cer- taines espèces de poissons profitent pour s'agiter et faire la chasse. La Bour- digue est une sorte de madrague d'eau tran- quille et de petite dimen- sion. Cet appareil se com- pose d'une espèce de la- byrinthe IHF formé de Bourdigue. [Duham.) nattes ou de claies en roseaux ou cannes atlacjjées sur des cordes et soutenues dans l'eau par de forts piquets. La disposition des circonvolutions est telle qu'une fois entré dedans, le poisson D se trouve forcément conduit dans un verveux final J, que l'on \\oxnm.c panterme, et où il trouve la mort. On dispose quelquefois sur le côté, à proximité de la Pantermc, un espace K appelé serve, dans lequel entre le poisson et oi^i il demeure enfermé à portée des be- soins ou de la vente de chaque jour. D'ailleurs, le but des Bourdigues est double et peut aussi bien servir à introduire dans les étangs les jeunes poissons qui devront s'y engraisser et s'y développer, qu'à les empêcher d'en sortir. D'autres fois cet en- gin est simplement installé en vue d'arrêter quelques espèces : Mulets, Dorades di- verses, Maquereaux, etc., etc., dans leurs migrations et leur va-et-vient perpétuel. On ne saurait trop admirer l'ingénieux tracé de ces pièges qui changent à cha- que pas, mais dont le dessin général est toujours le môme et remonte probable- ment à la plus haute antiquité. Dès 1235 il est fait mention des Bourdigues dans les étangs qui communiipient à la Méditerranée. Elles existent encore dans les environs de Cette et des Martigues. (Charpentier, Gloss. novum, I, § 9i.) BOURGIN. — On nomme ainsi, h Marseille, une petite Aessaugue. (Voy. ce mot.) BOURGNE OU BOURGNON. — Grande Xasse qu'on met au bout des parcs ouverts. (Voy. ces mots.) BOURLOTTE. — Ver blanc marin que l'on trouve dans les fissures des ro- chers. (Voy. GiiAvr^TTii.) ' BOUKHICIIK. 103 V 'ô-. Fig.%0. — Bourriche à poisson. BOURRÉES. — (Voy. Écre visse, Pi'cltc) BOURRICHE. — Une l'ois le poisson pris i\ la ligne ou au filel, trois métho- des se présentent au pôcheur pour le eonserver : le laisser dans Peau attache par les ouïes ou dans un filet; le mettre dans un filet ou dans un panier et l'y laisser mourir hors de l'eau ; enfin le tuei' immédiatement. Des trois méthodes, la dernière nous semble la meil- leure, parce qu'il est incontestable que l'animal tué brusque- ment, souffre moins que celui qu'on laisse se débattre dans les convulsions de l'agonie que lui cause une asphyxie assez lente dans l'air. Un grand nombre de poissons, surtout parmi les espèces marines, ne laissent pas de choix au pôcheur, car ils meurent immédiatement au sortir de l'eau. Plusieurs au- tres changent de goût, de valeur par conséquent, suivant qu'ils sont tués vifs ou laissés mourir. Tous les pécheurs de Saumons savent que la chair de cet animal est infiniment plus ferme et se conserve beaucoup mieux quand le poisson a été tué en sortant de l'eau. Pourquoi ne pas imiter la nature dans ce qu'elle fait de bien ? Les pécheurs qui veulent conserver leur poisson vivant, surtout s'ils ont besoin d'en faire des amorces vives pour d'autres pèches, se serviront avec avantage du petit filet ci-joint {fig. 80), auquel les marchands ont donné, je ne sais pourquoi, le nom de Bourriche. Il se compose d'un sac BP, maintenu ouvert par deux ou trois petits cercles d'osier. On lui ajoute une petite flotte en F, et une balle Ppour le lester à l'extrémité inférieure. Il se tient dès lors verticalement dans l'eau, et une se- conde corde attachée à l'ouverture sert à l'amener près du bord ou près du bateau. L'usage des cerceaux est bon, parce que les poissons peu- vent se tournei" et se retourner dans la bourriche sans s'accro- cher aux mailles : ils peuvent prendre leur position favorite, la tête en avant, sans être noyés par la force du courant, ce qui arrive rapidement lorsqu'ils sont enfermés dans un sac flottant EFS {fig. 81) qui se referme sur eux et les enveloppe de ses plis. Il va sans dire que la partie étroite B de la bourriche doit être resserrée encore par un disque de caoutchouc ; c'est la meil- leure fermeture que nous connaissions, et pour un sou on a une serrure inforçable. Il ne reste plus que le poisson à mettre derrière ces verrous économiques. Quelques personnes plongent dans l'eau, au moyen de ce filet, ou d"un sac sim- ple S [fig. 81) leur poisson mon : il suffit d'avoir une fois vu ce qu'il advient par cette macération sur ses tissus et sa gélatine extérieure, pour n'avoir plus envie de recommencer. On me dira que cette méthode a pour but de le tenir frais lors des grandes chaleurs de l'été, et d'empêcher l'accès des mouches qui savent se glisser partout. Il vaut mieux tuer brusquement son poisson dès qu'il vient d'être pris, puis le déposer dans un récipient quelconque, filet, carnier ou sac, au milieu d'herbes odoriférantes mouillées, — on en trouve partout au bord des eaux douces, — telles que menthe, etc. Sur le rivage de la mer, on lui fiiit un lit d'algues ou de varechs, on le recouvre des mêmes matières, et le tout se conserve parfaitement frais jusqu'au soir, Firj SI. - Sac flottant. 104 BOUTEUX. non pas en le laissant en plein soleil, mais en l'abritant le mieux possible de ses rayons directs. Il m'est arrive en pareil cas, au milieu d'une plaine de sable, au bord de la mer, d'être embarrassé de trouver un peu d'ombrage : il ne me restait qu'à en créer. J'y parvenais en tendant, au moyen de quelques scions de rechange, de quel- ques pierres mises l'une sur l'autre ou dressées, mon mouchoir mouillé au-dessus du panier. La brise faible suffisait pour entretenir une évaporation auxiliaire, la cou- leur blanche du linge empêchant l'absorption d'une partie de la chaleur, et mes cap- tures demeuraient en très-bon état. Le même système d'emballage dans les herbes est, d'ailleurs, le seul possible dans la Pèche à In moKcheiyoy. ce mot), alors qu'on suit, sans relâche, le bord d'une rivière pendant des heures entières, n'ayant, pour réceptacle de ses captures, que le panior (Voy. ce mot) ou le carnier qui pend derrière vos épaules. BOURSAL. — Nom provençal du Goulet des verveux. (Voy. ces mots). BOURSE. — Synonyme de Manche, Queue ou Soc, dans les filets. (Voy. ces mots.) BOURSET. — Corps flottant qui sert à tenir un des bouts flottants de la Dreige. Il y a, pour ce filet, une voile immergée qu'on appelle voile de Bourset. (Voy. Dreige.) BOUT-DE-QUIÈVRE. — Grand haveneau à perches croisées (^^. 82), dontles deux extrémités inférieures sont terminées par des cornes de chèvre, afin qu'on puisse le pousser lentement sur la grève, la rondeur des cornes le faisant glisser sur le sable. On remplace quel- quefois ces cornes par deux planchettes qui font le même effet. Sert à prendre les crevettes. BOUTARGUE. — (JEufs de poissons préparés, provenant de la pêche des Bovrdigues. BOUTEUX. — Filet en forme de trouble (voy. ce mot), qu'on emploie sur les fonds unis de la même manière qu'un jardinier se sert de sa ratis- soire. L'ouverture en est carrée et quelquefois le sac est fait comme un verveux. au moyen de laquelle on tient ce filet a 2 mètres, ou 2 mè- tres 30 de longueur. I^a traverse en bois du bas est longue en proportion [fig. 83). Elle est assez forte pour être taillée en chanfrein, afin (le mieux gratter le sable. Le filet est en deux parties : les mailles plus fines du fond ont en- viron 10 millimètres d'ouverture. De septembre en février, les pêcheurs peuvent se servir du Douteux sur les plages de sable uni. Pour cela, ils entrent dans l'eau jusqu'à la ceinture, posent le filet devant eux, et, poussant par Textrémité du manche, marchent ou courent aussi vite que possible. De temps à autre, on relève le filet pour le dégager de la vase, des herbes et du menu fretin qui l'embarrasse. C'est pourquoi on prohibe cette pêche pendant le temps du frai, c'est-à-dire de mars en août. Cette pêche est fort amusante, car Fig. 82. — Boutde-quiévre. La perche Fin. 83. — Bouteux. KOU VIÈIIE. 103 elle livre tout à rimprcvu. Non-seulement on y prend des poissons plats, Soles, TxitboU, Plies, etc., que le frottement de la traverse et le bruit des pas font sortir du sable, mais encore des poissons ronds qui viennent buter dans le fdet, des Cre- vettes, des Crabes, etc. On se sert encore sur les côtes de la Flandre d'une sorte de Boutcux appelé Grenadibre {fi g. 84). Cet engin n'a pas de cerceau ; il porte deux traverses, l'une en bas, longue de 2 mètres à 2 mètres 5Ô, l'autre h 2 mè- tres 50 de la première et plus courte de moitié. On réunit par deux cordes les extrémités des deux traverses, ce qui forme un trapèze régulier, sur les bouts duquel on monte le sac du bouteux. Cet engin sert comme le boutcux à demi-cercle pour prendre les Crevettes. Le Savre est encore une sorte de bou- teux, dont on se sert en Normandiepour prendre les Lançons. (Voy. Savre.) On pourrait encore rapporter à ce genre de fdet lesHavcneaux et les Bouts- Fi(j. Si. — Bouteux Grenadière. de-quièvre; mais nous renvoyons aux articles spéciaux, oii ces engins sont décrits. BOUTEUX A QUEUE DE VERVEUX. — On fait quelquefois le sac du Bouteux très-lpng, et pour le maintenir ouvert on y monte un certain nombre de cerceaux successifs. L'engin devient alors beaucoup plus difficile à pousser de- vant soi, et d'autre part les filets sont facilement coupés, aux cerceaux, parle frottement sur le fond. (Voy. Bouteux.) BOUTIQUE A POISSON. — Quand le pêcheur à la ligne aura son habita- tion près d'une rivière ou d'un étang, il fera bien de s'y faire construire une bou- tique à poisson, espèce de caisse percée de trous et plongeant dans l'eau. On y conserve les poissons que l'on a pris et que l'usage d'une bourriche a permis de garder vivants. On fait des économies de poisson les jours où l'on est trop riche, et on les retrouve quand la disette se fait sentir. Si la boutique est dans une rivière limpide, elle offre encore l'avantage qu'on y laissera quelque temps séjourner le poisson pris dans les étangs; il y perd le goût de vase presque toujours inhérent à sa première habitation. On y conserve les poissons vifs pour appât dans une boite de bois ou de zinc percée de petits trous. Le couvercle de celte boutique doit être fermé à clef; on y prend le poisson avec une épuise tte, jamais à la main. Les espèces voraces y peuvent rester avec leurs victimes habituelles, sans essayer de leur faire du mal. On doit remarquer que les Brochets qu'on y enferme dégorgent même le poisson avalé précédemment et non digéré. Certains poissons s'y nourrissent des débris qu'on leur porte, mais d'autres n'y mangent jamais et par conséquent y dépérissent , n'étant soutenus que par les débris microscopiques que charrie l'eau qu'ils avalent. BOUVIÈRE [Genre]. (Rhodeus, Agass.) — Malacopt. abd. Cyprin. Petit genre reposant sur une seule espèce en France, très-facile à détermin?-. Bouche sans barbillon, corps plat, large, pas de rayons dentés aux dorsale et anale; cinq dents pharyngiennes par côté et sur un seul rang. BOUVIÈRE AMÈRE fCyprinus ou Rhodeus amarus, lilo.). — Malacopt. abd. Cyprin, Long. niax. = 0"',UG ; haut. = b"',0l5. 106 BRANCHIAUX, Syn. : Bitterling, ail. Dos et tète vert jaune, opercules nuances de noir. Côtes et fiancs blanc rose, et irisés d'une belle couleur aurore. Yeux rouge-carmin, plus fonces en dessous. Ventre d'un blanc éclatant. Épine dorsale de 30 vertèbres, 14 côtes de cliaf|ue côté. -^^^■^m-^^^m Fig. Sii. — Bouvière amère [Rhodeus ainarus, Blocli). L'intervalle entre chaque écaille est noirâtre, une bande vert doré ou bleu d'acier part de la caudale et va jusqu'à la dorsale. Dorsale, 10 rayons, et caudale de 'iO rayons vert pâle, cette dernière fourchue, la première por- tant un 2'^" rayon ou épine assez roide. Anale rouge, 11 rayons ; ventrales, 7 rayons, lavées de rouge; pectorales, 7 rayons pâles ; anales et dorsale nettement bordées de noir. Ce poisson, le plus petit des Cyprins-carpes, est assez large en proportion de sa longueur et paré de couleurs magnifiques; il est transparent dans presque toutes ses parties. Sa chair n'est pas mangeable, par son amertume. Il vit dans les eaux pures et courantes ou dans les étangs traversés par un cours d'eau, surtout dans le nord. (Voy. Temps de frai.) BOUVIÈRE AMÈRE. — La Bouvière ne se prend pas à la ligne, on en trouve en hiver un grand nombre dans les nasses et les troubles, pendant que l'on pêche pour d'autres poissons plus importants. Elle a été comprise dans ce traité parce qu'elle forme la meilleure amorce que l'on puisse trouver en hiver, de novembre à février, pour pêcher au vif la Perche et le Bro- chet dans les étangs, les ruisseaux elles endroits où la chaleur et l'eau vive ont permis aux pois- sons de ne pas se retirer, à demi engourdis, dans les crùnes et les trous. BOUYER. — Sorte de Senne de très-grande dimension. (Voy. ce mot.) BOUYEROUNS. — iNom provençal de la montée d'Anguilles. (Voy. Montée.) BRANCHIAUX (Arcs). — Les arcs branchiaux (fiij. 8G-87), d'une courbure plus ou moins considérable, suivant les espèces de poissons et même les individus, sont des os arqués et solides qui soutiennent chacun une brancliie distincte. Le long de leur partie convexe, ils por- tent un ou plus souvent deux rangs de petites lames plus ou moins IlexiLles et un peu convexes d'un côté. Ces la- mes, appliquées l'une contre l'autre, sont attachées aux arcs branchiaux et revêtues à leur surface de ces mille et mille ramifications veineuses et artérielles où se passe le phénomène de l'hématose ; elles sont enfln recouvertes de membranes de diverses épaisseurs. Fig. 8G. — Arc branchial épi- Fig. 87. — Ar neux du Brochet, avec sa hrauchial d branc hie. la Carpe BRANGIIIOSTÈGES. 107 Fig. S8. — Branchies. Ces lames sont souvent garnies de petits poils plus abondants sur la face convexe que snr la face concave. La partie concave des arcs branchiaux no porte pas de branclihis mais des protubérances plus ou moins rugueuses, des dents et quelquefois de courts aiguillons {fig. 8(i) . Tous ces arcs sont élastiques et garnis, à l'extrémité, démuselés qui les font mouvoir et peuvent même augmenter leur courbure au besoin. En général, les poissons ont 4 arcs branchiaux de chaque côté de la fcte. Quelques-uns, cepen- dant, — Raies et Sciuales, — en ont 5, 6, 7 ; mais ces phénomènes semblent bornés à quelques espèces. BRANCHIES. — Ce mot, tiré du grec pfay/.ia, sert à designer les organes respiratoires des poissons vivant dans l'eau, par l'intermédiaire de laquelle ils absorbent l'air nécessaire à leur vie. Ces organes (/i^. 88), formés de lames deformi analogue aux dents d'un peigne(/ï5'. 8G), présentent de très-nombreuses ramifications de vaisseaux sanguins ; une, au moins, à chaque dent du peigne. Ces veines sont abouchées à des urtérioles. C'est au travers des parois de ces organes qu'est absorbé l'oxygène de l'ainqui transforme le sang veineux en sang artériel. Phénomène désigné sous le nom à'/iémalose ou révivificationdu sang. Ces organes sont protégés par une membrane appelée brcui- cliioslège. Le poisson avale l'eau par un mouve- ment régulier, spasmodique, analogue à la res- piration aérienne. Cette eau est chassée entre les lamelles des peignes branchiaux, et se trouve expulsée par les ouvertures extérieures qui portent le nom û'oines. Les branchies des animaux inférieurs sont quelquefois libres à l'extérieur, à l'état de houppes, de panaches, de franges, de feuillets, etc. (Voy. Arénh:ole, Annélides, etc.) Dans les poissons, les branchies sont toujours placées, quels qu'en soient le nombre, la grandeur et la forme, dans une cavité de chaque côté de la tête, cavité qui n'est qu'un prolongement de la bouche par laquelle l'eau est avalée. Les ouïes sont ouvertes précisément par suite de la contraction que, au moyen des muscles, le poisson faitsu- bir à la courbure des arcs branchiaux ; sou vent,cependant, elles sont munies d'un opercule et de ses membranes. La figure 89 montre la partie antérieure d'un Ma- quereau commun, dont l'appareil respiratoire a été mis à jour. (Voy. Crustacés.) BRANCHIOSTÈGE (Membrane). — Cette membrane protège et recouvre les branchies des poissons, d'où elle tire son nom de [5pay/_îa «TTc'yw, couvre-fjtanc/iie. Elle est placée entre la mâchoire et l'épaule, et renferme des pièces osseuses et cartilagineuses. Outre l'appareil des arcs branchiaux (voy. ce mot), l'os hyoïde porte, de chaque côté, des rayons qui soutiennent la membrane branchiale. Une sorte de battant composé de quatre pièces osseuses, le pré-opercule A, l'opercnle B, le sub-opercule C,et rinter-operculeD,sejointà celte membrane pour fermer la grande ouverture des ouïes. Il s'articule à l'os tympanique, et joue sur une pièce appelée le préopercule. Dans la tête de Truite {fig. 90), on voit en E les rayons branchiostèges, supportés dans la membrane branchiostège. Cette membrane ordinairement attachée à la partie inférieure de l'interopercule, l'est quelquefois à sa surface intérieure. En haut, l'inter-opercnle est attaché à l'os épihyalique ou stylo-hyalique, et forme ainsi l'un des anneaux de cette chaineau nioyende laquelle sontniaintenus les mouvements synchroniques de l'appareil respiratoire. BRANCHIOSTÈGES (Rayons). — La membrane E {fig. 9!») qui est placée, en tout ou en parlie, sous l'opercule des poissons, en général, est presque toujours soutenue, comme une nageoire, par des rayons simples, en nombre variable, suivant les espèces et les familles. Ces rayons sont mus par des muscles spéciaux et peuvent, en se rapprochant ou s'écartant comme les branches d'un éventail, plisser ou déployer la membrane qui les unit. Fig. 89. — Bi-aiichii'j du .Maquereau. Fig. '.•U — Tète de Truite. 108 BRÈ.\fE. Pour fermer les ouïes, e po'sson étend cette memljrane et ferme, en agissant ainsi, l'opercule qui applique fortement les Lords membraneux qui l'entourent sur ceux de l'orifice branchial ou ouïe; en un mot, sur la portion non wfoiiVe, appartenant au corps de l'animal. BRANLETTE. — (Voy. CANNES A l'ÊciiE [Confection des].) BRAS. — (Voy. Carpk) [os du]. BRÉGEL. — Sorte de filet fixe employé spécialement à la pèche des An- guilles (5'' anond. marit., Toulon), et ne pouvant être calé que pendant le temps de l'ouverture de cette pèche. (Art. 7, § 3 et 14.) BRÉGIN. — Synonyme de Bourrjin. (Voy. ce mot.) BREIGE. — Tramait dont on se sert dans la Gironde, pour prendre les Es- turgeons. (Voy. Tramail.) BRELOT. — Ce poisson est vorace et se jette avec avidité sur les appâts qu'on lui présente. On en prend beaucoup avec des hameçons ; c'est le même que la Sor- gue, et ce nom de Brelot lui est donné sur les côtes des Gharentes. (Voy. Sargue.) BRÈME [Genre]. {Ahramus, Lin.) — Malacopt abd. Cyprin. Groupe très-naturel de la famille, quoique peu distinct dans ses espèces. Toutes ont le corps large et comprimé, l'anale très-longue d'avant en arrière et coupée en courbe rentrante. La queue est fortement échancrée. Écailles grandes, solides, à stries concentriques. La portion antérieure du dos, en avant de la dorsale, préseiite une ligne dépourvue d'écaillés. On divise ce genre en quatre sous-genres : / Espace nu en avant de la Dents pharyngie.nnes \ dorsale Brèmes proprement dite\\ SUR UN SEUL RANG. , | Pas d'espacc nu sur le V dos , Abramidopsis. f Pas d'écaillés sur les carè- Dents pharyngiennes ) nés dorsales et ventrales. Blickes. SUR DEUX RANGS. .. . \ EcailIcs sur les carènes ' dorsales et ventrales. .. . Bliccopsis. Cinq espèces en tout pour la France. BRÈME BORDELIÈRE. — (Voy. BORDELIÈRE.) BRÈME COMMUNE (Cyprinus ou Abramus Brama, Lin.). —Malacopt. abdom. Cyprin. Long. max. = 0'n,40 à Cn.SO. Haut. = 0'n,i2. Syn. : Brecmiy angl. — Bleitzen^ allem. — Scarda, ital. — Pessegi, hongr. — Bleye, sax. — Klorzez, pol. — Lesch, russ. — Brax, suéd. — Brasen, dan. — Braexen, portug. Corps très-large et très-plat; dos arqué, caréné en avant, noirâtre ou noir bleuâtre; côtés et ventre d'un blanc jaunâtre. La ligne du dos et celle du ventre forment un cran auprès de la dorsale et de l'anale. La tête est petite, pointue et comme tronquée, l'œil petit, la bouche petite, sans barbillons; on aperçoit dans son intérieur une langue rouge, molle et épaisse, adhérente au palais. La nageoire anale est grande (27 rayons), plus large à la vue que la caudale qu'elle rejoint presque. La caudale est fourchue. Dorsale (li rayons); caudale et anale blanches, bordées de brun fondu. — Un appen- dice auprès de chaque ventrale. On a remarqué que les Drémes avaient le sens de l'ouïe fort délicat. — 32 vertèbres, et 15 cotes de chaque côté. (Voy. Temi'S de frai.) La Brème est souvent mise au nombre des Carpes, mais elle se rapproche beaucoup plus du Gardon, et surtout de la Rosse, quoique plus grosse, plus large et moins épaisse. Les Brèmes de rivières ne sont jamais aussi grosses que celles des lacs. La Brème est le poisson des eaux tranquilles ; elle vit où vit la Carpe, mais celle-ci occupe le rez-de-chaussée, et la Brème le premier étage. Elle croît assez rapidement. Sa chair est blanche, ferme et de bon goût, surtout quand le poisson est un peu gros. Extrêmement timide, souvent elle n'ose pas aller dans les herbes du bord déposer son frai, et les œufs, se décomposant dans son corps, la font périr au bout de quelque temps. La Brème dépose ses œufs dans les herbiers, et se retire dans les eaux profondes, où elle vit d'insectes, d'herbes et de limon. A l'époque de la ponte, le corps du mâle se couvre de verrues ou _J o o UJ Q ex UJ O WV > < o < v*" '!««^(9!:<ï^^,'.;: ;^ y: W 2 BRÈME. 109 proéminences disséminées sur sa peau. A cette époque, cliaquc femelle est souvent suivie de trois ou quatre mâles. Les œufs sont vénéneux, dit-on; mais ce fait demande confirmation. (Voy. Temps de fuai.; On appelle Brème gardonnée, une espèce moins grande que la Brème ordinaire, et dont les écailles sont brillantes comme celles du Gardon. Les Brèmes changent de couleur en vieillissant; les grosses ont la tête et le dos remljrunis, elles ont sur le corps des bandes rougeâtres. Il est probable que la Brème gardonnée est une jeune Brème qui se trouve dans les eaux vives, et qui est grasse, avec des écailles brillantes, car la nature de l'eau influe sur la couleur de ce poisson. BRÈME COMMUNE. — La Brème se pêche aux mômes lieux que la Carpe, dont elle partage les goûts et les habitudes. Ce poisson se réunit en troupes commandées par un chef auquel on donne le nom de j^oi des Brèmes. Rien de plus gracieux que de voir les évolutions de ce bataillon d'un nouveau genre, entre deux eaux, dans un endroit profond et tranquille, par un beau soleil d'été. La lumière joue sur leurs écailles, et les Bi'êmes, se promenant lentement autour des touffes d'herbe, ne daignent pas toucher à l'appât que leur tend le pêcheur. Il faut choisir un autre moment, ou attendre que l'eau, moins claire, les em- pêche de voir rembùche. Elles mordent alors de confiance, en faisant danser la flotte sur l'eau d'une manière caractéristique et unique. Ce poisson partage avec le Barbillon les goûts de la promenade sur les berges herbeuses couvertes par les crues momentanées ; il s'y prend facilement au ver rouge. Dans une eau vive les Brèmes s'engraissent facilement connue les Carpes et parviennent à une taille fort respectable. Les lieux fréquentés par la Brème sont les parties les plus profondes: dans les courants peu rapides, dont le fond est sablonneux et plein d'argile; dans les étangs, les endroits les plus larges et les plus tranquilles, où il y a de l'herbe. Elles se nourrissent de vers et d'autres animaux à corps mou, en même temps que de substances végétales. La pèche en est très-intéressante, et, en appâtant soigneusement le fond, on peut en rassembler un grand nombre au même endroit. La Brème est un des meilleurs appâts vifs pour le Brochet et les autres pois- sons carnassiers. Isaac Wallon prétend, qu'en France, la Brème est plus estimée qu'en Angle- terre, et cite le proverbe : « Qui aune Brème en son étang peut festoyer un ami. » Daniel, dans les Amusements champêtres, rapporte une pèche à la Brème qui est une bonne leçon pour ce genre d'exercice. La scène se passe dans un étang du comté d'Essex ; le temps était nuageux et le vent vif : « Il y avait sept cannes en « action, et on changeait très-souvent les esches en même temps. Quand un poisson (( était piqué et amené au-dessus ou près de la surface de l'eau, on en voyait un (i certain nombre le suivre, et aussitôt que les hameçons étaient esches de nouveau, (( ils étaient engloutis tout aussi goulûment. On prit quelques Perches et Tanches, c( mais principalement des Brèmes qui, terme moyen, pesaient 2 livres chaque, (( et depuis six heures du matin jusqu'à la brune du soir, on en prit au moins (i 100 livres. L'esche employée était le gros ver rouge et le coup avait été appâté « le matin et le soir précédant le jour de la pèche. L'appât dont on s'était servi était « du blé bouilli et du pain de creton (voy. ce mot) ou résidu de fonderies de suif, (( mêlé parmi. » On parle de Brèmes prises, dans les lacs d'Ecosse, qui auraient pesé plus de 30 et même 40 livres chaque (lo à 20 kilogrammes). Une bonne place pour la pèche de ce poisson doit être amorcée avec des grains de brasseur mêlés de pomme de terre, pétris en forme de boules, et régulièrement 110 BREME. jelcssur le coup depuis dix ou quinze jours. Aussi l'ait-on des captures énormes sur les endroits ainsi amorcés. BRÈME DE BUGGENHAGEN (Abramus Buggenhagii, Blocli). — Malacopt. abJ. Cyprin. Long. max. = 0'",:,<0. Syn. : Leitei\ Pomcra. — Large -sca/ed Bream, Pomeranian Bream, angl. Cette Brème, propre à nos rivières de l'Est et du Nord, et aux allluents du Rhin, est remar- quable parce qu'elle ne présente pas, comme l'espèce commune, un espace long et étroit, dépourvu d'écaillés sur la portion antérieure du dos. Sa tête et son dos sont brun-bleuàtre; ses flancs et son ventre argentés, marqués de points bruns ; les nageoires noirâtres. D, moins haute == 3 rayons simples, 9 ou 10 branches. A= 3 simples, 14 à 15 branches, quel- quefois 18. Présente les mo'urs de la liréme commune, et se pêche de même. BRÈME DE GÉHIN (Abramus Gehini). — Malacopt. abd. Cyprinoïdes. Long. max. =0"',30. Espèce très-voisine de la Brème commune, mais à dos moins élevé. Dos gris-bleu, flancs et ventre argentés, très-finement piquetés de noir. Ligne latérale de 52 écailles. D, haute, 3 rayons simples, 9 rameaux = 12. A = 24 rayons. Toutes les autres comme chez la Brème commune, mais semblant plus grandes par rapport à l'animal. Vit dans la Moselle. Se pèche comme l'espèce commune. BRÈME ROSSE (Abramus Abramo-rutilus). — Malacopt. abd. cyprinoïdes Long. max. = 0'",15. Encore une Brème de la région Est de la France, commune dans la Moselle ; nous l'avons prise dans le Rhin et dans .'es petites rivières de l'Alsace. Le corps est peu élevé, peu comprimé, ressemble l'Kj. '.'I. — liièiiic-Husât' [Ahramis abramo-rutdus, llull.j. beaucoup à celui du Gardon. Les nageoires, d'ailleurs, sont, comme chez ce dernier, rouges plus ou moins vif à leur base. Le dos est vert olive, les flancs un peu jaunâtres. L'œil grand. La ligne latérale a 42-46 écailles ; on en compte 8 rangées au-dessus, 4 au-dessous. D = 3-H8. A = 3 + 14-lG. A les mœurs du Gardon, et se pêche comme lui. (Voy. Temps de frai.) BRÈME DE MER, NOIRE. — (Voy. CaNTUÈRE GRISE.) BRÈME DE MER. — (Voy. Pagel A DENTS AIGUËS et Cantuère.) Gc iiom po- pulaire est donné d'ailleurs, dans les ports et sur les côtes, à un grand nombre de poissons à corps aplati, de la lïmiille des Sparoïdes. Î3 RI G OLE. m BRESEM. — Terme usité, en Alsace, pour désigner la Brème commune (Yoy. ce mot.) BRESSEAU. — (Voy. PÉCliE A LA LIGNE EN MER.) BRETEAU; — Nom d'une variété d'Anguille que l'on pêche en assez granae abondance dans la rivière d'Eure, en Normandie. C'est une variété blonde du Ver- nianx. (Voy. Anguille.) BRETELLIÈRE. — Nom des Petites Canières (voy. ce mot), dans l'arrondis- sement (le IJrest. BRETTEOU BRETTELIÈRE. — Z>m?-/b//e qui sert, en Normandie, à pren- dre les Chiens de mer. (Voy. Demi-folle.) BRETTE.— Nom picard de la Plie. (Voy. ce mot.) BRICOLE (Hameçons). — On donne le nom de Bricole à un hameçon à deux pointes (//^. 92 et !)3) qui s'emploie pour la pêche des poissons carnassiers à large Fig. 92. — Bricole Limeiick. Fig. 93. — Bricole Hameçon ordinaire. Fig. 94 — Grappin Limerick. bouche, comme le Brochet, la Perche, et môme les omnivores, comme le gros Chevesne. Est-ce lui ou est-ce l'engin auquel il sert de terminaison qui a donné son nom ;\ l'autre, c'est ce que nous ne savons pas, et ce qu'il n'importe pas beau- coup de savoir. Les Bricoles sont un genre d'hameçons beaucoup trop peu em- ployés et qui pourrait rendre des services continuels dans la pêche de mer. Son grand défaut est la difficulté d'en débarrasser le poisson sans être obligé de couper l'empile ; mais, à part cela, en se servant surtout de Bricoles Limericks (fig. 92) dont les pointes sont contournées, il est impossible qu'un poisson à large bouche se dégage une fois pris. Un degré au-dessus de la Bricole est le Grappin qui, lui, a trois crochets {/>g. 94). La monture ou empilage ordinaire des Bricoles est métallique et se fait de deux ou trois manières : d'abord sur une petite chaîne en cuivre pour les gros poissons de mer, soit avec du fil de cuivre, soit avec de la corde filée. Pour se servir du fil de laiton, on opère comme le montre la figure 95. Il s'agit de faire un toron, RS, portant une boucle à chaque extrémité et point de bouts qui s'accrochent dans la ligne. Pour cela, si l'on veut que RS ait 0'",15, ce qui est suffisant, on coupe un bout de laiton bien recuit et gros comme du fil fort, de la longueur de 0", 35, on plante un clou A dans une table B, et l'on plie sur lui-même le laiton de manière à lui donner la forme BC ; on passe un petit morceau de fer DC dans la boucle opposée à celle qui contient le clou A, qui ne doit pas avoir de tête, et Ton tourne dans un sens ou dans l'autre, en maintenant le milieu avec l'autre main, de façon que les deux extrémités du fil soient recouvertes par la partie oblique du fil de laiton. Comme les deux hameçons qui forment la Bricole sont ordinairement faits du même morceau d'acier, il s'ensuit que les deux hampes sont terminées par un anneau naturel, ce qui est une faute et une très-mauvaise construction. Le dos ■ Empile en laiton et ma- nière de la faire. 112 BRICOLE. des deux hameçons doit se loucher, mais avec un petit effort et grâce à l'élasticité du métal, on passe une des pointes des hameçons dans la boucle R ou S (fçj. 95), et, en suivant, on fait franchir h l'épaisseur du laiton la partie serrée, et la boucle arrive en R. La Bricole est empilée; mais cette méthode la laisse branlante au bout du laiton et peu commode à l'usage. Pour empiler une Bricole sur de la corde fdée {pg. 96), on coupe une longueur facultative de cette empile, 0'",15 à 0",20 suffisent le ^*'™*'**^^ ^ plus souvent, et on la plie comme MN. On la maintient Fig. 96. - Empile en eorde fiiîe. alors ployée par unc ligaturc très-soignée et bien vernie, puis on passe la boucle N dans la Bricole, et celle-ci est empilée, mais encore branlante au bout de sa monture. A ce sujet, c'est le moment de faire remarquer que la Bricole ne servant guère qu'avec des appâts vivants, il faut qu'elle soit montée de façon à être complètement cachée dans leur corps, avec le moins de dommage possible pour ces animaux généralement petits et fragiles, et dont il faut bien se garder d'éteindre la vie, puis- qu'elle fait leur seule valeur. Or, comment arriver à introduire de pareilles mon- tures dans le corps de très-petils poissons sans les déchirer, ou dans des insectes sans les fendre en plusieurs morceaux? Gela est impossible, et les pêcheurs qui se servent de Bricoles ainsi montées ne peuvent employer que des amorces vives d'un très-fort volume. Elles leur rapportent sans doute de belles pièces, mais la qualité n'est pas tout, et la quantité est bien quelque chose ; et puis, tous les cours d'eau ne produisent pas des monstres, et la plupart contiennent bon nombre de poissons très-respectables déjà et dont maint pêcheur ferait sa joie et ses délices. Notre pêcheur doit renoncer h attaquer ceux-là; il ne chasse pas au fusil, mais au canon. Honneur à lui! toutefois essayons de faire moins bien, mais autrement. « Tous les goûts sont dans la nature, » dit la sagesse des nations. D'abord, en se servant de corde filée, on peut l'empiler directement sur la hampe double des Bricoles, par une des méthodes communes de ligature à la soie, mais cette manière, quoique meilleure que la précédente, offre encore un trop gros volume ; elle est préférable en ce que la Bricole, maintenue par la roideur de la corde filée, ne branle plus au bout, et se passe mieux dans le poisson vif. Puisque le défaut relevé vient de la forme trop grosse de l'anneau des Bricoles, il faut trancher dans le vif et supprimer cet anneau; mais comment le faire? D'une manière bien simple, et qui produit des Bricoles supérieures, comme forme, à toutes celles faites d'une seule pièce. Nous allons prendre deux hameçons Limericks droits ou courbes, mais sans palette et dont la hampe sera terminée en pointe comme d'ha- bitude et fortlonj^ue. Nous les mettrons dos à dos, et au moyen de soie bien pois- sée, nous ferons quelques tours, en spirale éloignée, entre et sur eux, puis joignant au tout, l'extrémité de la corde filée, nous l'empilerons bien serré au moyen d'une ligature longue en soie cirée, puis vernie par-dessus. De cette manière, nous aurons une bricole dont la hampe sera presque de la même grosseur que la monture et qui pourra passer très-facilement dans le corps des animaux, quelque petits et délicats que nous les choisissions. (Voy. Grappin, fg. 94, plus haut, fait de cette manière). Tant que la Bricole n'est employée qu'avec de petits poissons, nous renvoyons à un article spécial pour savoir comment on les enferre. Mais la Bricole peut s'ap- pliquer à la pêche à la grande volée avec les gros insectes, hannetons, grillons, pour le Chevesne et la Truite, et dans ce cas les Bricoles ordinaires ne peuvent abso- lument pas servir; c'est ce qui nous a fait adopter la modification ci-dessous. BRICOLES. U;{ Pour les Broohols ordinaires, on fait les bricoles avec deux hameçons nu- méro 3 à 0. Pour les Truites, de 9 ;\ 4. Pour les poissons de mer, de 5 à 000. Nous avons môme fait, pour la pêche au vif avec le petit Véron, d'excellentes Bricoles montées sur florence ou mieux sur crin filé, avec deux hameçons numéros iOh 12. Pour les Chevesnes, au hanneton, deux hameçons 9 à 5. Nous devons terminer cet article par la description de la méthode que nous sui- vons pour placer un insecte à une Bricole ou à un Grappin {fig. 1)7), sans l'endommager; cette petite manœuvre exige un arrangement spécial. E {/i(j. 97) est l'extrémité d'une avancée de flo- rence, qui, elle-même, est l'extrémité d'une ligne de soie venant d'un moulinet. En C, cette florence / X />x • I • r>i '\ I •! ' Fia. 97. — Bricolaee des insectes. (ce peut être encore mieux du crin nie) est empilée en boucle dans laquelle a été passée l'anneau fermé d'un très-petit émerillon D. Dans l'anneau suivant, à ressort, est passée la boucle de l'empile BA de la Bri- cole. Le dessinateur a interverti la position des boucles, fermées et à ressort, de l'Émerillon, mais la manœuvre du tout se comprend malgré cette inadvertance. RI {/ig. 98), est une aiguille à tapisserie de dimension ordinaire, plutôt fine que grosse. L'un des côtés du chas _ a été coupé, en I, au moyen i »• d'une petite lime fine et les F;^. os. — Aiguille pour le bricolage des gros insectes. bords de la coupure doucement amincis. Voici maintenant comment on opère. On saisit le hanneton entre les deux premiers doigts de la main gauche, on prend dans sa main droite l'aiguille RI, dans le chas de laquelle on accroche, par I, la boucle D de l'empile. On a un peu serré dans ses doigts la boucle D de façon qu'elle soit le moins écartée possible ; alors on enfonce l'aiguille R par le bout du hanneton opposé h la tête, et on la fait ressortir par cet organe. Le reste de l'appa- reil suit et le hanneton se trouve orné de deux ou trois petits appendices que la Truite et le Chevesne ne voient pas, mais qu'ils sentent parfaitement. L'aiguille est dégagée; la boucle D passée dans l'anneau à ressort de l'émerillonDC, et le pê- cheur est muni d'un excellent et solide appât que rien ne dérangera. On réussit encore mieux en remplaçant les bricoles par un petit grappin A de 3 limericks, numéros 9 {fig. 97). Tous les insectes un peu gros servent parfaitement à cet usage, barbare, c'est vrai, mais très-avantageux pour le panier du pêcheur. BRICOLER UN POISSON. — (Voy. ENFERRER UN POISSON VIF.) BRICOLES. — On donne encore le nom de bricoles à des lignes dormantes particulières que l'on tend pour prendre surtout le Brochet, de nuit, dans les étangs ou les cours d'eau qui ne présentent pas une trop grande rapidité. On a varié ces pièges de mille manières, nous passerons en revue les principa- les qui forment en quelque sorte des types que chaque pêcheur pourra modifier suivant les lieux, suivant les habitudes et les goûts du poisson. Le Pater-noster et les Jeux doivent être mis au premier rang des bricoles, quanil on les tend de nuit et au vif. (Voy. ces mots.) Rappelons, une fois pour toutes, que les pêches du Brochet, de la Truite et de tous les poissons carnassiers et chasseurs se font de la même manière, et, sauf la 8 114 lUUCOLES. taille, que ee qui est boa pour l'un est excellent pour l'autre. De plus, (|ue tous les poissons chasseurs, ayant la bouche abondamment pourvue de dents, tous les ha- meçons ou l)ricoles employés seront montés sur métal [pg. Oo) ou sur corde filée {fi(j. 1)6). Enfin (pie toutes les bricoles tendues, le sont au j)oisson vif, dont nous avons indiqué la monlure et autres circonstances. La première bricole, la plus simple, est celle indiquée (//y. 99). Elle se compose d'une bouée A ou gros bouchon de liège peint en couleur voyante et souvent surmonte d'une plume ; au travers de ce bouchon passe la ligne C qui porte l'hameçon que l'on place à une profondeur dépen- dant de la quantité d'eau oii l'on pêche. Règle générale : tous les poissons chasseurs nagent entre deux eaux. Il faudra donc sonder la profondeur moyenne, et faire en sorte que le petit poisson-amorce soit à mi-hauteur du fond à la surface. Quand le poisson est mis à l'hameçon, on lance les bricoles dans l'étang, le soir, et le lendemain on revient, au petit jour avec un bateau, récoller toutes celles que l'on a ainsi jetées. Si un Brochet a, pendant la nuit, attaqué une des amorces, il s'est enferré tout seul. Il a commencé en fuyant par entraîner les bouées sous l'eau, mais l'effort nécessaire pour y maintenir le liège l'a fatigué et, à ce moment, vous le trouverez se promenant lentement avec son liège ^^f' ':*''• , qu'il fait plonger de temi)s en temps et (lui vous indique sa direction. Bricole simple. i i o i i i i Il est quelquefois assez difficile de ressaisir ce liège quand on a affaire à un poisson de taille respectable, l'animal fuyant dès qu'il voit le bateau approcher, et la poiu'suite pouvant être longue à moins qu'il ne s'accroche dans les herbes ou les branches, auquel cas on peut tout perdre. II est donc prudent de se munir d'une petite fourche à long manche, ou d'un crochet monté de même, pour s'efforcer de saisir la ligne au-dessous du bouchon. Ces inconvénients ont fait modifier la bricole comme {(ig. 100); la bouée R porte ici plusieurs mètres de la ligne S enroulés autour d'elle, et le dernier tour étant retenu par une petite coche dans le liège, ou attaché avec un brin de coton très-mince. Quand le Brochet s'est pris, au premier mouvement qu'il fait pour plonger, la ligne se dé- roule et le poisson reste pris à plusieurs mètres de la bouée qu'il traîne encore, mais qu'il ne secoue pas autant, vu l'élasticité de la ligne. Dans ce cas le pécheur peut saisir cette ligne beaucoup plus Fig. 100. facilement, à la main, de dedans le bateau. Ce système a l'inconvénient que le Brochet embrouille presque toujours la ligne qu'il traîne dans les herbes ou les branches et parvient quelquefois à se décrocher, à son grand dam, c'est vrai, et non sans y laisser quelque morceau de sa mâchoire, mais enfin, quand le pêcheur arrive, le péché est parti. On peut re- médier à ce malheur en attachant à la ligne enroulée sur la bouée R, une corde qui vient se fixer au rivage et que l'on soutient par des postillons. Mais le remède ne vaut guère mieux que le mal, parce que la corde se mêle et que la bricole fixe est moins chanceuse que la bricole libre, laquelle parcourt, suivant le vent ou le courant, l'é- tendue de la pièce d'eau. Tous les engins que nous venons d'étudier ont, au reste, un défaut capital, c'est d'être visibles de la rive, et par conséquent faciles à enlever avant la venue du propriétaire ou du pêcheur. Ce défaut était surtout sensible pour les braconniers, BISICOLES, 115 aussi l'ont-ils senti, cl se soiil-ils ;n)pli(iursà y trouver des remèdes. Ils ont réussi; le mal rend ingénieux. La bricole BCD (fi y. 101) est une de ces machines perfides et cachées que rien ne décèle et que le tendeur seul connaît. A est un plomb de fond sur leciuel est fixé, dans un trou, une baguette de coudrier ou du premier arbre venu de la haie voisine, et dont la longueur est approximativement les deux tiers de la profondeur de l'eau. Cette baguette C reçoit la forme courbée que montre la figure 101 et porte, enroulée en spirale autour d'elle, une ligne atta- chée au plomb A, et qui, après avoir fait un nœud au bout C de la baguette, porte en D le petit pois- son-appât. La longueur CD est calculée de façon que D soit h. mi-hauteur de l'eau. Enfin, euB, est une corde qui attache le plomb à la rive, sous l'eau, et ne peut être trouvée qu'au moyen de re- pères que le tendeur a choisis. Quand le Brochet ^'>- lo'-- Biiooic cachée, à baguette fixe. a saisi l'amorce D, il se promène en dessous de la baguette CB sans pouvoir y mêler la ligne, et, s'il fait effort pour se sauver, l'élasticité de la baguette empêche qu'elle ne se brise, non plus que la ligne qui l'entoure et la consolide. Celle bricole présente encore ses défauts, comme toute chose en ce monde. On ne peut pas la régler suivant la profondeur de l'eau pour qu'elle soit toujours bien ten- due. Si la baguette est trop longue, on la voit au-dessus de l'eau; le secret est éventé; si elle est trop courte, le i)oisson-amorce est trop bas, le Brochet ne l'attaque pas. On a encore remédié à tout cela. La bricole (/? o 1=^ o F- o W BllOCHET. H7 vaste œsophage, et alors il aspire le reste et l'engloutit. S'il prend une Perche ou un autre poisson e'pineux, il le serre dans sa gueule, qui présente une force étonnante, le tient ainsi hors d'état de se mouvoir, et l'écrase; ou attend qu'il meurt de ses blessures, pour l'avaler. Si, dans son élan terrible, il manque d'engloutir un poisson, son coup de dent est si soudain, qu'il coupe un morceau de cet animal comme avec un rasoir. Nous avons pris, au\ lignes de fond, des poissons ainsi attaqués par le Brochet après qu'ils s'étaient accrochés aux hameçons, et dont le corps était coupé de biais, aussi net qu'avec un couperet. La voracité de l'Anguille est proverbiale, mais celle du Brochet n'est pas moins remarquable. Dans le lac de Lucerne, l'Anguille devient souvent la proie de Brochets monstrueux. M. le colonel Pfjll'er écrivait à Noël de la Morinière qu'une Anguille du poids de 1 kil. 500, saisie par un Bro- chet, était parvenue à se frayer un passage sous l'opercule branchial de ce poisson, et que tous deux vivaient lorsque le Brochet fut péché. Quel parasite! Les Brochets ne vont pas de compagnie, cependant ils se rassemblent en assez grand nombre, en mars et avril, qui est l'époque du frai. On les rencontre ordinairement deux par deux, mâle et femelle, se suivant à l'époque des amours. Le Brochet nage avec une grande vigueur et une rapidité remarquable. Ses organes propul- seurs, dorsale et caudale, reculés en arrière, le lancent en avant comme une flèche, même hors de l'eau, pour .atteindre une proie. Ses mouvements secs et saccadés n'ont, du reste, rien de gracieux, et dénotent la brutalité de ses mœurs. Il dort ou il chasse, pas de milieu; c'est une machine à dévorer : poissons aussi gros que lui, poissons armés d'épines, rats d'eau, petits canards et autres oiseaux aquatiques ; animaux morts, tout lui est bon. La chair de ce poisson est estimée, elle passe après celle de la Perche; mais elle est ferme, blanche et sans trop d'arêtes, surtout quand l'individu a trois ou quatre ans. Ce poisson se développe très-rapidement, surtout dans les premières années. Les œufs éclosent vite, plus vite que ceux des espèces non voraces, dont il fait sa nourriture. D'autre part, il fraye dès février; la plupart des Cyprins et des Ables ne frayent qu'en mai et juin; il a donc une avance considérable et calculée par la nature, pour qu'il ne manque pas de nourriture. Ces faits, rassem- blés, expliquent pourquoi il envahit et dépeuple cet tains cours d'eau, où il finit par être forcé de s'entre-dévorer, faute de proie plus facile. Il faudrait permettre la pêche du Brochet au temps du frai. On rétablirait ainsi l'équilibre, parce qu'il s'en sauverait toujours une assez grande quantité. Au moment où nous écrivons, cer- taines rivières en sont exclusivement peuplées, et c'est presque toujours le cas des petits cours d'eau à courant lent, profond, et à rives ombragées de roseaux. C'est un poisson très-commun en Europe et dans l'Amérique du Nord. BROCHET COMMUN. — Nous venons de dire que ce poisson est très-vorace et se jette avidement sur les appâts qu'on lui présente, cependant cette voracité a ses heures et ses caprices. Le pêcheur doit connaître les unes et déjouer les se- conds, ce qui n'est pas toujours facile. Le Brochet, ayant la gueule garnie d'un très-grand nombre de dents, couperait le plus souvent Teinpile si elle était faite en florence ou en crin. Aussi est-on obligé d'avoir recours à la corde filée ou au fil de laiton fm et recuit dont on construit des chaînettes. Le Brochet donne sur tous les appâts, mais de préférence sur les petits poissons vifs, les grenouilles, et toute proie vivante. Pour le pécher, on se sert ordinairement de bricoles ou hameçons dou- bles, un peu forts, afin d'offrir de la résistance aux efforts de ce poisson très- robuste. (Voy. Bricoles et bricoler un poisson.) Quand le Brochet a mordu à une amorce, on ne doit pas se presser de ferrer, il ne lâche jamais sa proie, mais il l'emporte souvent fort loin pour l'avaler à son aise. Il est donc bon de la lui laisser entraîner librement, et de ferrer ensuite, ferme, autant que le permet la force de la ligne ou la bricole dans une bouche ar- mée et dure comme celle du Brochet, car on peut ne rencontrer que des parties solides sur lesquelles il faut toujours craindre que la pointe de l'hameçon ne puisse pas assez mordre. 118 BROC m: T. La meilleuro époque pour pocher le lîrochet à la ligne est le mois d'octobre; on commence dès septembre, et on finit en décembre; quand le temps est doux, le vent au midi, la pèche est bonne, le Brochet s'agite, mord et chasse ; mais, si le vent tourne au n(M'(l, plus de pèche; le Brochet est au fond, près des sources chaudes et il n'en ])ougera pas, il n'a plus faim. Car, comme toutes les espèces carnivores, s"il peut mander d'une façon ellVayante, il sait jeûner d'une manière miraculeuse : et il ne s'en fait pas faute, malgré lui, (piand la saison de la bise est venue. Toutes les fois que le pêcheur auia piis un Brochet, surtout si celui-ci est un peu gros, il fera sagement de se servir du dégorgeoir {fl(j. 103) pour extraire l'hameçon ou la bricole de la gueule du poisson ; il fera encore sagement de n'y pas mettre les doigts, parce que la forme recourbée et crochue des """ "'^^ ^' 700 dents qui garnissent les mâchoires rendent la po- 'ig. 103. - Dégorgeoir. sitiou très-difficilc ; on y entre facilement, mais on n'en sort pas de même, surtout sans avarie à sa peau; sans compter que les dents, qui peuvent être enduites de matières étrangères, les déposent dans la plaie, la- quelle, dans ce cas, risque de ne pas être très-saine. En tendant au Brochet, l'amorce vive doit être toujours à moitié hauteur du fond de l'eau à la surface. Il faut toujours employer des émerillons(/?^. 104) afin de laisser au poisson-amorce toute latitude de se promener sans embrouiller la li- gne. Ayez une flotte solide et bien visible Fig. lOi. - Én>e.illo„s de diirerentes formes. g {f,(J. 105); Ic BrOChct, Vrai pirate, UO s'occupe pas de ces misères-là. Si la Hotte avait l'air de vivre, il l'attaquerait comme le reste : que lui fait la couleur ? Rien de plus facile que de s'apercevoir si une rivière ou un étang contient des Brochets. De temps en temps une traînée de poudre paraît s'enflammer à la sur- \ face de l'eau, une gerbe de petits poissons brillants s'élance et I semble* l'épanouissement d'un sillon à peine visible sur l'eau. /ëLJ C'est le Brochet qui chasse ; les petits poissons quittent l'eau pour ■^^t::^ l'air et fuient, mais en vain, la dent meurtrière (lui les déchire les P ^;:ugy uns après les autres. m:"\^ C'est du reste le seul poisson qui inspire aux autres animaux de ^s^ji p^^ sa classe assez de frayeur pour les chasser de leur élément. La ^^^ ^^ Truite chasse, mais c'est elle qui bondit hors de l'eau après les in- ^^^^g sectes, ou, comme une flèche, va saisir le goujon novice ou l'ablette ' ^^s-^ imprudente : la Perche gloutonne chasse également autour des -'■"- toull'es de roseaux. Le Brochet seul inspire celte épouvante, et fait /'fy. lOo.- Flotte jaillir les petits poissons en l'air comme les étincelles que tire à Brochet. p.^^j^,^, ^^ j,^ j^^^.^^j^ ^^^ rémoulcur. Le Brochet, au reste, se trouve partout. Les étangs les mieux fermés finissent par encontenir sans qu'on en ait voulu mettre. Les oiseaux aquatiques se chargent de ce transport, en gardant, attachés à leurs pattes et à leurs plumes, les œufs gluants du terrible destructeur. 11 est comme la mauvaise herbe, il prend partout. Il est probable de plus (]ue la propriété purgative des œufs du Brochet n'a pas été attachée en vain à ces organes, par la nature qui ne fait rien d'inutile. Cette vertu permet aux œufs de n'être pas digérés i)ar les oiseaux (pii les mangent et les emportent BROCHET. H9 iiilaels dans leurs iiilcstins pour les aller semer un peu i)lus loin où souvenU'homnu' n'avait pas besoin de Thùle importun (pii en nailra. Il n'est pas sans exemple, surloul dans les étangs, qu"un jeune Brochet, en fo- lâtrant, se jette sur le ver rouge que le pêcheur tend à la gourmandise des Gardons. Le Brochet même se régale quehiuel'ois d'insectes et attaque au besoin la mouche naturelle, à la pêche ;\ la surprise. Mais ce cas est rare. Le Goiilv dédaigne de sembla- bles morceaux. Se nourrissant de petits et moyens poissons, il doit fréquenter les mêmes parages qu'eux, c'est pourquoi on le rencontre ordinairement entre deux eaux. La voracité des Brochets s'exerce sur toutes choses qui touchent à l'eau ou qui sont charriées par elle ; aussi, n'y regardant pas de trop près, est-il exposé à une foule de méprises dont la digestion pourrait être trop longue, et l'accumulation, dans son estomac, indigeste. C'est pourquoi la nature lui a donné, comme à tous les poissons en général, mais surtout aux poissons voraces, la propriété de rejeter les aliments avec la plus grande facilité. Le Brochet n'en est pas encore au même point que la Morue, qui, dit-on, vomit son estomac, le lave, le retourne et le remet en place sans qu'il y paraisse autrement, prête à recommencer quand l'occasion s'en présentera, ou quand le besoin s'en fera sentir. Mais sans être de cette force, le Brochet possède un fort joli talent : aussi, à la moindre atteinte de l'hameçon ou de la bricole, s'empresse-t-il de la restituer, et comme sa gueule et son gosier sont d'une énorme dimension et capables de se distendre à volonté, il parviendrait sou- vent à se dégager, si le pêcheur ne faisait judicieusement choix d'hameçons et de bricoles de petites dimensions, mais surtout munis de pointes très-effilées. C'est avec d'autant plus de raison, qu'en entrant comme en sortant, le fer a plus de chances de rencontrer un corps dur, dans cette gueule, qu'une partie charnue où enfoncer sa pointe : il vaut donc mieux aller plus loin prendre son point d'appui, dans l'estomac. On peut résumer la monture des lignes, pour le Brochet, en disant : mon- ture solide, hameçons petits, solides et acérés. La position habituelle du Brochet est un des obstacles les plus sérieux à vaincre pour le pêcheur. Le Brochet n'approche de la rive que quand il fait très-chaud, en été, et qu'il y vient dormir à fleur d'eau, au soleil. Quand il chasse, c'est le mo- ment où il mord, il ne le fait qu'en pleine eau, au milieu de la rivière ou de l'é- tang. C'est donc là que le pêcheur doit l'aller chercher, et ce n'est pas toujours chose facile. Il faut se munir d'une canne longue et forte le plus possible, terminée par un scion solide et flexible, mais un peu raide. Comme il n'est pas du tout nécessaire de tenir la canne à la main, elle peut avoir d'énormes dimensions, et ces cannes gigantesques sont les meilleures. On peut les faire en bois peint; quand on a, par leur moyen, lancé l'amorce au milieu de la rivière, on laisse la canne couchée moitié sur la rive, moitié sur l'eau qui la porte, ou bien on la met sur des fourches, si la rive est élevée. Alors le pêcheur s'assied commodément, et quand il a installé deux ou trois cannes, au plus, à portée de son œil et de son bras, il attend que sire Brochet veuille bien s'asseoir au banquet auquel il est convié. Entre la flotte qui sera solide, avons-nous dit, et l'extrémité de la canne, on doit éviter que la ligne ne se mêle. Comme le poisson-amorce nage, tourne, et re- tourne en cherchant à fuir, il faut maintenir la ligne à fleur d'eau : on y arrive aisément au moyen de deux ou trois postillons placés sur sa longueur. (Voy. ce mot. 120 " BROCHET. 11 faut être muni (mi oulre d'une boite à amorces vives, de petits poissons, d'une aiguille à amorcer el enrcrrer les petits poissons comme nous le disons, en choisis- sant la méthode qui semble la plus expéditive et la plus commode. La ligne à Brochet est d'ailleurs décrite en détail. La poche du Brochet en elle-même n'est pas difficile, car ce poisson ne brille ni par sa défiance ni par ses ruses. Confiant dans ses forces el poussé par son insatiable gloutonnerie, il s'é- lance, pour ainsi dire, sans regarder, sur la proie qui lui semble à sa portée. C'est surtout dans les endroits tranquilles, près des remous paresseux, des eaux amor- ties, autour des grandes toufïcs de roseaux et des herbes qu'il rôde lentement, s'élançant comme une flèche quand il voit l'occasion favorable. Il s'embusque éga- lement sous les racines des bords profonds, parmi le chevelu des herbes pendantes sur la rivière. Si, delà, il aperçoit l'amorce vivante dont les allures lui semblent en- travées et par consé(juent offrant une proie facile et incapable d'une fuite sérieus(\ il bondira, et d'un seul coup engloutira l'amorce, l'hameçon et souvent 0"',tO à 0",15 de l'empile. C'est alors qu'il faut se féliciter d'avoir employé la corde filée et de tenir en main une gaule solide et une ligne résistante, car la bataille sérieuse commence, mais celte fois entre le pécheur el le Brochet. Avec un peu d'adresse elle se termine toujours par une victoire pour le pécheur. La résistance du Brochet est brutale, furieuse, aveugle, mais peu longue : il est facilement réduit et ne ruse jamais. Agissez donc en connaissance de cause. Le Brochet chasse généralement le matin et vers le soir : c'est le moment oi^i il faut aller le pécher. Dans l'été, il ne mord guère, et passe la journée au soleil à se chauffer ou à dormir. L'abondance des petits poissons qu'il hume en passant fait qu'il dédaigne ceux qu'on serait tenté de lui offrir avec un hameçon comme condi- ment, aussi le pêcheur change-t-il de tactique dans les longs jours de la canicule. Il pêche alors le Brochet au collet. On prend, pour cela, une perche d'un bois léger, de 3 m. de longueur; on attache à l'extrémité un collet de crin de cheval, en six doubles; ou un collet en fil de laiton. On ouvre ce collet le long de la perche et non en travers. Si le temps est beau et limpide, on se promène le long de la rivière et l'on voit le Brochet qui dort. On s'en approche alors en silence pour éviter de le réveil- ler : on peut l'approcher, presque toujours, à le toucher avec la perche. Quand on est bien placé, on passe adroitement le collet formant nœud coulant sous le poisson sans le toucher autant que possible, on s'arrête un peu au dchà des ouïes, vers le point d'équilibre du corps entier, et d'un coup sec en relevant, on l'enlève tout d'un coup hors de l'eau pour le lancer derrière soi sur la prairie. Le Brochet ne s'échappe pas quand on le touche, il ne fuit qu'au bruit. Cer- tains pêcheurs même sont tellement adroits, qu'en touchant légèrement le poisson à certaines parties du corps, ils le font tourner jusqu'à ce qu'il soit convenablement placé pour passer le collet. Cette pêche se fait depuis le mois de février jusqu'au mois d'août. Pèche du Brochet aux bricoles. — Ce genre de pêche, extrêmement intéressant, se fait de plusieurs manières et procure la capture des plus grosses pièces des étangs et des rivières. (Yoy. Bricoles.) Pêche à la ligne calante. — A une grande gaule de -4 à o m. on attache une ficelle vers le milieu de la longueur et on enroule celle ligne autour de la canne jusqu'à son extrémité. Le fil (jui reste doit encore avoir au moins 5 m. de longueur. On attache, au bout, la bricole portanU'appàt ; pour que celui-ci entre dans l'eau, CABLIÈRES. 121 on met de distance en distance des plombs ;\ la ligne. On lance alors celle-ci avec force et on se promène, la perche en main, sur le bord de l'eau en agitant de temps en temps la canne pour faire remuer le poisson comme s'il était vivant. Il faut, comme aux autres méthodes de pécher le Brochet, laisser à celui-ci le temps d'engammer l'amorce et ne pas ferrer dès qu'il la touche. Cette pêche peut se l'aire à toute heure, mais il vaut mieux s'y livrer le soir, un peu avant le coucher du soleil; ou le matin, 2 heures après son lever. Pèche à la Tarbitte. — Quand on a préparé sa ligne, on tient la canne de la main gauche, et de la main droite le paquet de ficelle, en en dévidant autant qu'il en faut pour jeter la ligne dans l'étang ou la rivière, on laisse aller l'amorce au fond et on fait sautiller le poisson en le retirant par saccades au moyen de la corde. Quand le Brochet s'élancera sur l'amorce, on lui lâchera de la ligne jusqu'à ce qu'il soit accroché en lui laissant le temps d'avaler le goujon, puis on l'amènera doucement en retirant la ligne, de la main droite. Il est bon, quand on sent que le poisson a mordu, de donner une petite saccade à la ligne pour ferrer. Dès qu'il est pris au bord, si l'on est monté d'une ligne assez forte pour ne rien craindre et si l'on voit que le poisson est bien accroché, on le jette hors de l'eau; mais, dans tous les cas où on le pourra, il sera plus prudent de recourir à l'épuisette. BROCHETON, — Petit Brochet, (^'oy. ce mot.) BROQUER. — C'est enfiler un poisson sur un hameçon, par les yeux, les ouïes, etc. (Voy. Enferrer un poisson vif. Bricoles, etc.) BROUCHET — Nom gascon du Brochet. (Voy. ce mot.) BUCHOT. — Dénomination normande d'une sorte de petit bouteux dont la poche est faite en espèce de grosse toile à jour, et qui sert à prendre des Crevettes. (Voy. Douteux. — Yoy. Parcs.) BUHAUTIER. — Petit honteux qui sert, en Picardie, A. prendre les Crevettes. (Yoy. Bouteux.) BUIRON. — Nom provençnl de la Montée des Ançiiilles. (Voy. Montée.) BURRATSCHEL. — Nom vulgaire du Carassin à Strasbourg. (Toy. Carpe carassin.) - C CABLIÈRES. — On donne le nom de càblières à des pierres DE {fifj. 106), qui servent à retenir au fond de la mer les cordes C, ou ap- f pelets, au moyen desquels se fait la pêche. Ces mêmes càblières s'emploient pour la pêche en eau douce, et servent à retenir, au fond des fleuves et des rivières, les cordes ou lignes de fond qu'on y tend; elles portent alors le nom de Pariaux. Dans l'un comme dans l'autre genre de pêche, il vaut toujours mieux, quand on ne regarde pas à un peu de dé- -^ pense, remplacer les pierres par des plombs assortis de gros- Fig. lue-càbiière et corde. seur et disposés le long de la hauffe C, ou maîtresse corde. L'appareil est ainsi 122 C A 15 LIÉ ri ES. F'Q. 1U7. Fiy. 108. nâblière percée. Càblière en gourde beaucoup plus facile à lever, ce qui peut se faire sans détacher les plombs. D'un autre côté, les pêcheurs de profession font reniar(|uer, que quand leur bauffe est débarrassée des càblières qui restent au fond du bateau ou sur le rivage, ils ont moins de peine à la remuer quand il s'agit de lélendre sur des piquets ou pâlots pour la faire sécher. Or, ce séchage est très-important pour la conservation des cordes; il faudra donc, (juand on se servira de plombs et qu'on voudra concilier tout, attacher les ploudjs, à part, aune petite corde de bitord, qui pourra se déta- cher par une demi-clef C (//^. lOG), comme les empiles ordinaires. On aura soin de choisir des plombs en olive un peu gros, afin d'en mettre un moins grand nombre ^;5^ et de ne pas les perdre une fois détachés; enfin, on les montera de façon à ce qu'ils se fixent absolument contre la bauffe afin que les empiles ne s'y accrochent point. Les càblières en pierre dont se servent les pé- cheurs sont choisies ou en gourde, comme un 8, ren- flées aux deux extrémités ' fig. 107), afin de placer au milieu la corde d'empilé, ou percées {fig. 108). Si la na- ture peut leur en fournir de toutes faites, il est rare qu'ils en percent eux-mêmes; cependant quelques-uns le font et avec raison, elles sont plus régulières. Les càJjlières remplacent souvent les plombs des jeux, surtout quand on a un grand nombie de ces appareils à tendre : on en met quelquefois une aussi, en guise de plombs, aux libourets, au pater-noster, à l'arbalète, à l'archet, etc. (Yoy. Pêche à la ligne en mer.) CÀBLIÈRES [Grandes]. — La pèche aux grandes càblières, pèche qui prend aussi le nom de pêche aux bauffes, dormante ou sédentaire, se fait de différentes maniè- res, suivant le fond et la vigueur de la mer. L'engin principal est une vraie et pure ligne de ïo\\ù.{fig. 109), composée : 1° D'une bauffe ou maîtresse corde, AMB, d'une longueur indéterminée, et d'une force suffisante pour résister aux coups de mer, et à la traction des poissons qui agissent, sans intermédiaire, sur cette corde attachée à deux points fixes. Ordinairement elle se fait en corde de chanvre bien dévrillée et tannée avec soin, de la grosseur de la figure 110 ; 2° De deux fortes pierres A, B,ou càbliè- res, servant à faire caler la ligne {fig. 109); 3° D'hameçons empilés s, p, q, r, et attachés par l'empile sur la bauffe avec un écartement de l^joO à 2", 00; 4° De petites pierres ou càblières m, n, v, pour bien équi- librer la ligne sur le sable ; 3" Quelquefois de corcerons C, D, destinées, au contraire, à l'alléger pour qu'elle ne se perde pas dans la vase ou les herbes, suivant la manière de la tendre. Cette manière est différente suivant les cas : ou bien l'on creuse, à la bêche, dans le sable un sillon dans lequel on couche la bauffe tout du long, on la recouvre de sable, et les hameçons amarrés sortent seuls avec une partie de l'empile; ou bien. Fig. 109. — Grande Càblière, tendue. Fig. lin. - Conlo (te fond. CABLIKHES. 123 on laisse la haiitl'c à dcnuMirc sur le sable, eoinplaiit sur le poids des eàldières pour que la mer u'euiporle pas le lout. L'inclinaison de la grève fait surtout varier le mode de tendre sur ou sous le sable ; le nombre et la grosseur des galets aide encore à déterminer quel mode doit être adopté. Dans la Méditerranée, comme dans r(3céan, on tend également ces lignes à une certaine distance des côtes, mais alors en pleine eau. Ordinairement, ces baufl'es- là ont de oO à 60 mètres de longueur, et la corde est de la grosseur de la figure III. La ligure 109 donne une idée très-exacte de cette ligne de fond. Les pêcheurs emportent leurs engins dans une barque ^' et s'éloignent du rivage, en" se portant au-dessus du fond ou du banc où ils veulent pécher. Ils commencent par lais- ser couler doucement la grosse câblière B, et, à mesure, les f/^/. m. — Bauive empiles qui sont espacées de i mètres sur la bauffe, celle-ci étant lovée dans un panier; les empiles restent en dehors, les hameçons sur le bord. On dévide doucement, en nageant, et les hameçons tout amorcés gagnent le fond de l'eau. De temps en temps, sur la bauffe MN, on attache de petites câblièresm, n, u; enfin quand toute la corde est à l'eau, on attache à la câblière A un orin muni de sa bouée {fig. 112), on laisse couler, et la corde de fond se trouve tendue. Quand on veut relever cette ligne, on saisit la bouée, et, au moyen de l'orin, on retire la câblière A, puis successivement toute la corde que l'on roule à mesure dans son panier, laissant les ha- ., , , , „ , , , „, /. w Fin. U2. —Bouée. meçons empiles en dehors ann que tout ne s emmêle pas. On de- croche le poisson à mesure qu'il se présente. On arrive à la seconde grosse câblière B; on la remet à l'eau; on réamorce les hameçons dépouillés, et l'on re- commence la pèche delà même manière. 11 est bon de calculer le nombre de lignes semblables que l'on met à la mer, à une petite distance les unes des autres, afin que, pendant qu'on les relève, il y ait assez de temps pour laisser arriver le poisson, et que la pêche soit fructueuse. Il faut que la ligne séjourne au fond de l'eau 2 à 3 heures. Si le pêcheur se décide pour ce dernier chiffre, et qu'il faille une demi-heure pour relever et remettre cha- que ligne à l'eau , avec 6 de ces engins, ses hommes seront constamment occupés, et en relevant ses lignes à tour de rôle, et dans leur ordre d'immersion, elles auront toutes passé le même temps nécessaire à la mer. Dans le Nord, la maîtresse corde, ou bauffe, des lignes de fond, a environ 1 centi- mètre de diamètre (/?^. 1 1 1), elle est tordue avec soin et tannée fortement, ainsi que les empiles. On lui donne en moyenne 500 mètres de long, et elle porte 100 hameçons. Les empiles ont 2 mètres de long, et sont faites en cordelette de la grosseur d'une forte paille de froment, et sont munies d'hameçons en fer forgé de 8 centimètres de long et gros à proportion. C'est avec cela que l'on prend les Congres, les Lingues, les Turbots, les Morues, les Haies, etc. Les pêcheurs de profession préfèrent ces hame- çons de fer étamés, très-grossiers et très-peu aigus, parce qu'ils plient et ne rom- pent pas sur les rochers et les autres obstacles. S'ils sont tordus, on les remet en forme, on leur donne un coup de lime sur la pointe, et ils sont comme neufs. Il nous semble hors de doute cependant que s'ils se servaient d'hameçons plus petits, plus solides comme acier et mieux fûts, quoique cassants, ils pren- \2i CABLIERES. liraient assez de poissons de plus, pour être indemnisés de cette petite dépense ; mais la routine est là, et personne ne veut essayer. Que de progrès à faire, en tout ce qui est pêche de mer de profession 1 et quelle fortune fera celui qui osera une révolution, en harmonie avec les progrès de la fa- brication actuelle ! Les lignes de fond sont lovées ou roulées en cercle, deux par deux, dans un panier fait exprès, et quelques bateaux pêcheurs emportent jusqu'à 40 de ces pa- niers, Tempile est ployée en deux et Ihameçon attaché par une espèce de nœud coulant à environ 0", 10 de la bauffe, afin que les empiles ainsi ployées en deux ne se mêlent pas. Quand ils sont amorcés, on les place en rond sur le bord du panier, et on les jette successivement à la mer pendant que le bateau marche bon vent et assez vite pour bien tendre la corde. CABLIERES [Petites]. — (Voy. Pêche à la ligne en mer.) On nomme petites câblières les lignes garnies d'hameçons que l'on tend au bord de la mer ; elles sont établies sur les mêmes principes, absolument, que les lignes de fond que l'on tend dans les rivières et étangs, mais en diffèrent par une foule de détails. Les unes et les autres se tiennent à fond, au moyen de pierres nommées elles- mêmes câblières, en langage marin. Pour exprimer cette fonction, on se sert du verbe faire caler une ligne : c'est donc lui faire gagner le fond de /-^==°=°°= ^— ^ --n--— ?.^.TT .==.=r...;,.:...=.z.=.^^ l'eau , au moyen de Tadjonction ^'- " ',^ --^^- ^ __j^1l '^ "" ^^'"^"^ corps lourd suffisant pour cela. ' ' ""^^^""^ ^^^^ petites câblières forment r.. ,,, „ ,., .,,.. ,. .. , , . l'engin de pêche le plus simple de hig. 113. — Petite cabliere, ou ligne a tendre sur la grève. o i ri tous. On coupe une ligne de 2 mètres de long, S R; à un des bouts H, on attache un hameçon empilé et dont la boucle d'empilé est passée deux fois au-dessus du nœud N fait à la plus grosse ligne; à l'autre bout, on fixe une pierre ou càblière P, grosse comme le poing. Sur le bord de la basse mer ou lais, on fait dans le sable un trou avec une pelle, on y place la càblière P, on remet le sable, on le tasse avec les pieds, et on va recommencer un peu plus loin, laissant toujours la ligne étendue sur le sable. Les hameçons sont amorcés de vers marins, ou de vers de rochers, ou de morceaux de crabes mous, etc. (Voy. Amorces.) On vient rechercher ces lignes à la morte eau suivante, ainsi que les poissons pris. On pourrait mettre 2 ou 3 hameçons à chaque petite càblière, et elles devien- draient ainsi des espèces de jeux analogues à ceux d'eau douce. Au lieu de n'user que de cordes isolées, on se sert également de cordes plus longues et munies d'hameçons espacés de mètre en mètre. Chaque empile a, dans ce cas, O^joO de longueur. Les lignes se tendent à la basse \wqv perpendiculairement à la ligne des vagues, afin que les empiles ne se roulent pas, par la lame, autour de la ligne. On couche la maîtresse corde dans un sillon de 2 à 3 décimètres fait dans le sable, et on la recouvre soigneusement. Les hameçons sont amorcés avec de la seiche pour prendre de petits Congres, de petites Morues et autres poissons semblables. On se sert également bien de vers de terre, que les poissons de mer recherchent beaucoup. — (Voy. Confection des lignes de fond.) CALAPPE MIGRANE. 12o CABOSSOU. — Nom des At/iérines, en Provence et en Languedoc. (Voy. Atiié- RINES.) CABOT, — Nom vulgaire du Chabot commun. (Voy. ce mot.) CABOUTIÈRE. — Nom duTramail dans les étangs de Cette. (Voy. Tramail.) CABUSSIÈRE. — (Voy. GabOUTIÈRE.) CAGAREL. — (Voy. PiCAREL CAGAREL.) CAGARELLE. — Nom de la Mendole à la Ciotat. (Voy. Mendole.) CAGE. — Synonyme de Casier. (Voy. Nasse.) CAGNETTA. — Nom de la Blennie baveuse à Nice. (Voy. Blennie.) CAHUHAU. — (Voy. Alose feinte. — JI. nat.) CAILLE [Pèche à la]. — Cette méthode est usitée en Basse-Bretagne ; elle permet de prendre, non-seulement le Maquereau, l'Orphie, mais les Lieux, les Dorées, les Pagres^ etc., etc.; en un mot, tous les poissons de surface. On se munit d'un panier long, garni de bois au bord, on y pile avec un bâton de la chair et des entrailles de poisson, puis on trempe de temps en temps le panier dans l'eau, à l'arrière du bateau, atin de rassembler les poissons, que l'on poche alors avec un hameçon couvert d'une boitte blanche. (Voy. ce mot.) Il est probable que ce procédé tire son nom du mot (kailles, dénaturé. En effet, en trempant le panier dans la mer, la première chose qui s'en échappe sont les écailles argentées des poissons piles, lesquelles s'en vont miroitant dans l'eau parmi les débris de chair et d'intestins. CAILLEUX-TASSARD. — Nous n'en aurions pas parlé, si le même nom n'était appliqué, par les marins, aux petites Chipées qui abondent dans nos ports. (A^oy. Blaquet, Melettes, etc.) Le Cailleux-Tassard véritable existe en abondance dans la mer des Indes où on le prend à l'épervier. CALAPPE MIGRANE. — Le Crabe honteux, OU Calappe-Migrane(/?^. 114), est Fig. 114. — Calappe-Migrane ou Crabe honteux. large d'environ O^jlO ; c'est un habitant de toutes nos mers, mais surtout des côtes du Languedoc et de la Provence. Il est couleur de chair, parsemé de taches rouge 126 CALENDRIER. lia. — Caleii. foncé; sa chair est fort bonne, mais sa carapace, terminée par derrière en grandes dents de scie, ses pinces grotesquement contournées, lui donnent une figure peu agréaljle ; sachair l'est davantage, car il passe pour très-bon à manger. (Voy. Crabe). CALEN. — Grand carrelet qu'on établit à l'avant d'un bateau, sur un pieu, et que l'on relève en s'aidant d'un contre-poids. (Yoy. ÉcmorihR.) CALENDRIER DU PÊCHEUR A LA LIGNE pour la moyenne des Eaux de la France. danTier. — Si le temps est mou et chaud, s'il fait un beau soleil, on peut prendre au milieu du jour, de H heuresàl heure de l'après-midi : Brochets, au vif; Perche, à la bouvière et aux vers; Gardons, Chevesnes, Anguilles, de nuit, aux cordes dormantes, dans les ruisseaux et rivières près de la mer. On pêche également le Chevesne à la cervelle de veau ou de mouton. Cette saison est la plus défavorable pour la pêche à la ligne. C'est le moment où le pêcheur, soigneux de ses engins, les répare, en construit de nouveaux, passe en revue tout son matériel , inventant, essayant des modifications plus ou moins im- portantes : car il faut se bien pénétrer de cette vérité, que les méthodes générales de pêche doivent être modifiées intelligemment pour chaque localité, suivant la nature des eaux, des fonds, les produits du pays, les habitudes de pêche qui y existent depuis longues années, etc., et mille circonstances qui viennent, au bout de peu de temps, démontrer au pêcheur attentif qu'il doit modifier sa théorie. C'est cette ob- servation persévérante qui fait la supériorité incontestable de certains pêcheurs sur les autres. Ce serait une erreur de croire que, pour arriver à cette perfection rela- tive, il faille être fort instruit et fort ingénieux. On peut citer mille exemples de gens d'une éducation et d'une instruction des plus médiocres, mais doués de bon sens et d'esprit d'observation, qui arrivent un peu moins vite peut-être, mais à coup sûr, à devenir des pêcheurs très-remarquables. C'est à cette persévérante observation, et aux conclusions pratiques qu'ils ont su en tirer, qu'il faut attribuer les prétendus secrets, sortilèges, pommades infailli- bles, etc., qu'on leur attribue. Leur secret, c'est leur patience; leurs sortilèges, c'est leur obstination, et leur pommade infaillible, c'est la conclusion pratique qu'ils ont su tirer de leurs remarques. Tous les pays, toutes les provinces ont ainsi un ou plusieurs pêcheurs fournis et possesseurs de secrets qu'ils vendent ou gardent, d'autant plus chèrement que c'est un zéro qu'il ne faut pas laisser deviner. Voy. Temps de frai, pour connaître les espèces qu'il faut s'abstenir de pêcher ; il est bon de se souvenir que ce sont celles qui forment la famille des Salmones : Truites, Saumons, Ombre, etc. Les Lottes commencent alors à remonter. En mer : pêche des Merlans à la ligne. On prend h l'hameçon : Morue, Lin- gues, Aigrefin, Merlan, Plies, Carrelets, Soles, etc., de nuit et surtout par le vents. E., au Libouret. On emploie les Palangres à Saint-Tropez et à Fréjus, et les petites Palangres dans les étangs salés de Cette. CALENDHli:i{. 127 Février. — La pc'chc h la ligne, dans le mois tic février, dépend de la tenipé- ralure. 11 faiil, si le temps esl doux et beau, si le soleil luit, pécher de 1 1 heures à 2 heures, près des rives, au soleil et dans les eaux profondes. On y prendra, au vif, le Brochet toujours vorace, toujours en quête de proie; la Perche, avec la IJouvière. Aux vers, le Gardon, le Chevesne, et à la fin du mois, la Perche et la Carpe qui commencent à mordre. A la cervelle, le Chevesne gros. Dans les ruisseaux et ri- vières, au bord de la mer, on prend -des Anguilles ; on en prend également, ainsi que des Lottes, dans les rivières et étangs, aux cordes de nuit. En ce mois les Lottes remontent les rivières ; les jeunes Brochets commencent à se rapprocher des bords pour frayer. En mer : on prend ;\ la ligne : Morue, Aigrefin, Lingues, Merlan, Plies, Carre- lets, Soles, etc., surtout de nuit et par le vent S. E. Pèche au Libouret : Cabil- laud, Raies à 40 lieues en mer et à la ligne. On pèche à la grande Palangre à Saint-Tropez et à Fréjus, aux petites dans les étangs salés de Cette. Le pécheur a, pendant ce mois encore, beaucoup de loisirs pour compléter et terminer ses travaux de matériel pour la saison nouvelle qui va bientôt s'ouvrir. Il faut qu'il soit prêta toute éventualité. Il visitera ses mouches, en fera de nouvelles, ira chez le marchand renouveler sa provision d'hameçons et de florence. Mars. — Il faut pêcher au milieu de la journée, de 9 ou 10 heures à 2 ou 3 heu- res, suivant la douceur de la température et la force du soleil. On s'établira dans les grands fonds d'eau, et au bord, près des crânes, où les poissons se sont tenus blottis à l'abri une partie de l'hiver. Ils connaissent encore cette retraite et ne s'en éloignent guère, pensant qu'elle peut encore, pour un retour de froid, leur être utile; c'est donc là qu'il faut les aller chercher. De plus, les poissons cyprins se rapprochent des bords pour piquer le vert, c'est-à-dire sucer les jeunes pousses des plantes aquatiques qui commencent à vé- géter. Il est probable que l'empressement des poissons autour de ces plantes tient aussi beaucoup à l'abondance qu'ils y rencontrent de larves et de vers engourdis qui se réveillent. Les poissons en sont d'autant plus friands que pendant de longs mois d'hiver ils en ont été presque privés. On pêche, au vif, le Brochet; dans certains pays chauds on le prend déjà au collet. Aux vers rouges, la Carpe, le Gardon, le Chevesne, les Perches, le Goujon qui commence à mordre. Dans les courants de peu de profondeur, on commencera également à prendre la Yandoise, le Yéron. • Dans les jours froids, la pêche du Chevesne, à la cervelle, réussit encore. A mesure que le temps s'améliore, que les jours deviennent plus longs, que la chaleur augmente, la nature se réveille, et le temps du frai arrive pour un plus grand nombre d'espèces. Dans les étangs, dans les rivières fermées, l'amateur ne se préoccupe pas beaucoup de cela, et avec raison, car il ne dévaste pas. Que peut être la destruction de quelques femelles, même pleines d'œufs, en comparaison du nombre immense qui s'en produit? L'événement prouve au reste la vérité de cette assertion : la pêche à la ligne ne détruit pas le poisson, elles règlements qui ont été faits contre elle, auraient dû l'être pour elle. Mais il en est de la pêche comme de la chasse, la loi et les rè- glements sont faits contre le chasseur et pour le braconnier, non sciemment peut- être, mais de fait à coup sûr. L'un agit au grand jour, l'autre la nuit, et le garde- pêche, comme le gendarme, n'est pas de la famille des hiboux, d'autant moins ami des rencontres de nuit, qu'il n'y trouve que des coups à gagner, tandis qu'en 428 CALENDRIER. plein soleil, quand il vient verbaliser contre un brave chasseur qui a passé dans une luzerne, ou contre un innocent pêcheur qui a pris un brocheton de 1 centimètre trop court, oh ! alors, notre homme est fort de son importance ! la loi est observée, et d'une belle manière ! Le butin de tous les pêcheurs à la ligne de Paris et de ses environs, dans une journée, ne vaut pas celui que les filets prohibés procurent aux pêcheurs de nuit qui approvisionnent les cabarets de friture, non mesurée, croyez-le bien, entre l'œil et la queue. Personne n'y est allé voir ! Cet état de choses est fâcheux, et il n'est malheureusement pas probable qu'on y remédie de sitôt; mais, en attendant, nous devons répéter avec conviction que la p'''che à la ligne, sui'tout à la ligne flottante, est impuissante à dépeupler un cours d'eau. Nous avons vu, nous le répétons, nombre d'exemples de rivières fermées, dans lesquelles on péchait constamment à la ligne, sans se préoccuper du temps de frai ou de la grandeur des poissons pris ; rivières dans lesquelles on constatait chaque année une augmentation du peuplement, et cela d'une telle manière qu'il devenait nécessaire de recourir à de grands moyens, c'est-à-dire une pêche, à fond, au filet, au bout, de o, G ou 7 ans. Ce qui se passe en un endroit, avec la proportion du nombre mis à part, se passerait également partout de même, en ajoutant qu'une grande étendue d'eau a plus de ressources qu'une petite. Disons, en terminant ces réflexions, que le poisson se défend lui-même, pendant le temps du frai, d'une manière victorieuse: il ne mord pas. Quand il mord, c'est que l'opération de la ponte ou de la fécondation est terminée, le vœu de la nature est rempli ; l'œuvre de réfection commence. Le poisson est mauvais, c'est vrai, mais il n'est plus utile, il a accompli son œuvre, il peut mordre aux esches et s'avouer la proie du pêcheur humain au lieu de l'être de la loutre, du rat d'eau ondes oiseaux pêcheurs. En mars, commencent à frayer les jeunes Brochets sur les bords pleins d'herbes ; les Chabots, les Plies au fond des rivières sableuses; les Chevesnes; les Anguilles, à la mer. (Yoy. Temps de frai.) En mer la pêche est la même que dans le mois de février. ^^^11. — Le soleil monte plus haut sur l'horizon, ses rayons plus perpendi- culaires répandent plus de chaleur; sur la terre se développent les plantes; dans les eaux se réveillent les besoins de la reproduction, le temps de frai arrive à grands pas pour la plupart des espèces, et pour toutes, c'est une période de malaise, de fiitigue et de dépérissement. En général, le temps prohibe par la loi commence le 13 de ce mois, pour se terminer le 13 du mois de juin. Dans certaines localités, la prohibition commence au 13 mars, et alors tout ce mois est compris dans le temps défendu. Il reste au pêcheur la ressource des rivières et étangs fermés et compris dans des clôtures qui laissent au propriétaire le règne du bon plaisir sur la chose privée. Ce pêcheur-là prendra, en eau douce : Carpes, Brèmes, Gardons, Perches, Brochets au vif. Chevesnes, "S'andoises, Yéron, Goujon; il pourra prendre, mais moins facilement et près des bords : Ablette, Barbeaux, Anguilles et Carrelets. La Truite recommence faiblement à mordre. En mer, les Orphies commencent à se rapprocher des plages et à venir se faire prendre, pour appâts, dans les parcs et étangs salés. On prend à la ligne de fond : Morues, Aigrefin, Merlan, Plies, Carrelets, Soles, etc., surtout de nuit et par le vent S. E. On pêche aux Palangres à Cette. On emploie le Libouret pour les poissons de fond. Cabillaud, Raies, à 40 lieues en mer. CALENDRIER. 120 Ce mois est le temps de frai des Perches de 3 ans, des Kpinoehes, des Carpes de 2 ans, qui déposent leurs œufs parmi les herbes, dans les eaux tranquilles, de la Bouvière ou Péteuse, du Barbillon qui, à 4 ans, remonte jusque dans les ruis- seaux pour y faire sa ponte ou pour y féconder les œufs. En môme temps, frayent (ioujons. Brèmes, Chevesnes, dans les petits fonds d'eau; le Nase, sur les pierres; la Loche, les vieux Brochets, dans les herbes du fond ; les Aloses, les Plies et les Anguilles, à la mer. Mai. — (Juand le temps est beau, on prend à peu près toutes les espèces d'eau douce, mais il vaut encore mieux, pour réussir, pêcher dans les remous, les haïs, que dans les courants. On pêche la Loche, pour appât, avec un panier ou un petit fdet en forme de truble. (Yoy. ce mot.) Le Chevesne mord bien ; le Brochet peut déjà se prendre au collet, quand il dort au soleil. Dans les bas-fonds, on prend des Anguilles et tous les poissons, à l'exception de la Carpe, du Gardon et du Chevesne qui, pendant le frai, ne mordent pas en général, quoique ce fait souffre de nombreuses exceptions. Le temps de frai se termine pour la Carpe, le Barbillon, le Goujon, la Tanche, qui commence à mordre, surtout en rivière, la Brème, le Chevesne, la Yandoise, le Nase, le Gardon, l'Ablette. Le Saumon mord bien, les Plies ont frayé. Si le temps est chaud, on a pu commencer à se servir des asticots, mais la pêche a dû être faite avec des vers de vase, quoiqu'ils soient encore très-petits. 11 faut remarquer, à propos de cette esche, qu'elle réussit parfaitement dans cer- taines rivières oii le poisson la connaît, et que, dans d'autres, il fuit et se garde bien d'y toucher. En mer, on pêche les Maquereaux par un temps doux. Jusqu'au lo on prend le Cabillaud et la Baie en pleine mer. Pêche du Libouret de fond. On tend les Palangres, à Cette. On prend les Morues, Aigrefin, Merlan, Lingues, Plies, Carre- lets, Soles, etc., surtout de nuit et par le vent S.-E. Juiu. — Le vrai temps de la pèche à la ligne arrive; le 15 du mois les prohi- bitions sont levées, et le pêcheur va courir à de nouveaux exploits et commencera sa campagne muni de tous les engins qu'il a fabriqués pendant les loisirs de l'hiver. Ce mois est celui où l'on pèche toute la journée ; avant, on recherchait le milieu du jour; après, on recherchera le matin et le soir. La pêche à la mouche est excellente, celle à la surpiisc aussi, pendant la grande ardeur du soleil. Il ne faut pas se dissimuler cependant que beaucoup de poissons sont encore malades du frai et ne mordent pas facilement ; la Tanche fraye encore dans certaines eaux froides. On peut cependant conseiller, en général, de pêcher au vif les Anguilles ; Petits poissons, avec l'asticot ; Gardon, \ sang caillé ; Yandoise, > cerises ; Chevesnes, ; hanneton ; Barbillon, fromage de gruyère ; Anguilles , achées ; Tanches i Perches | vers rouges; Brochet, au vif. 130 CALENDRIER. La Truilc mord parfaitomcnt ; c'est iiu dos meilleurs moments pour la pocher, ainsi que les poissons de la môme famille {Stilmonrs). A la mer, on poche les Maquereaux, les Orphies, la Canlhère grise ; près des roches : Morues, Lingues, Aigrefin, Merlan, Plies, Carrelets, Soles, etc., surtout de nuit et par le vent S.-E. Pèche au Libouret, pêche des Raies. Emploi des Palan- gres, dans la mer de Cette. L'époque du frai est sensiblement terminée. •Vuiliut. — Pendant ce mois, où les chaleurs arrivent, les poissons mordent bien, mais seulement le matin et le soir; quand le temps est couvert, sil tombe une pluie fine et chaude, on peut pécher tout le jour; mais si le soleil luit, il arrive au milieu du jour, de midi à '.] heures, que le poisson se relire à l'ombre, se tient immobile, dort et ne mord plus. Vers 3 heures, il se réveille et cherche sa nourriture; c'est le moment de recommencer la pêche jusqu'à la nuit. En juillet, les poissons fréquentent les mêmes eaux qu'au mois de mai. Les Goujons ne mordent qu'au ver rouge ; ils se pèchent aussi à la balance. (Voy. ce mot.) C'est le mois où le blé cuit commence à servir pour prendre la Carpe, la Brome, le Gardon, la Vandoise, le Chevesne. Les petits poissons se pèchent à l'asticot : Les Gardons "\ / le sang caillé, La Vandoise [ se pèchent, de fond, avec } les cerises, Le Chevesne ) \ les hannetons. Les mômes et l'Ablette se pèchent, de surfiice, à la mouche naturelle et artifi- cielle, à la sauterelle, au papillon, aux fourmis ailées. Les Anguilles se prennent à la ligne et aux cordes dormantes, avec le ver de terre et les petits poissons, les ammocètes et les sangsues. A la mer, on tend des cordes dormantes, et l'on prend beaucoup de poissons plats et ronds. Canthère grise, près des roches. La nuit et par le vent S.-E. : Morues, Lingues, Merlan, Aigrefin, Plies, Carrelets, Soles, etc. Pèche des Raies : emploi du Libouret, des Palangres dans les eaux de Cette. Août. — Dans ce mois, le plus chaud de l'année, les poissons mordent do grand matin et le soir, avant le coucher du soleil. Pendant la grande chaleur du jour, sous les rayons d'un soleil ardent, les gros poissons gagnent les crônes ei les racines des gros arbres dont le pied baigne dans l'eau, et là, cachés dans l'ombre, ils restent immobiles et dorment. Les poissons carnassiers eux-mêmes, le Brochet, la Perche, la Truite, dédaignent le petit poisson qui passe dans leur voisinage. Seuls, les poissons de surface ramassent toujours les insectes qui tombent à l'eau. Ce phénomène est très-naturel, car il faut un soleil ardent pour surexciter la vitalité des insectes et faire qu'un grand nombre se décident à entr'ouvrir leurs élytres et à en tirer leurs ailes pour accomplir les voyages que la nature leur im- pose. Combien périssent dans ces traversées des plaines de l'air ! combien, sem- blables à Icare, voient leur vie se terminer par une chute fatale au sein des flots ! Là les attend la gueule, toujours ouverte et impatiente, des Chevesnes, du Nase, du Dobule, de la Yandoise, de la Truite. Cette manne abondante leur venant du ciel à ce moment, force leur est de secouer leur torpeur et de se griller un peu au soleil pour participer au grand banquet (pie leur sert le Créateur. La pèche à la mouche, sous toutes ses formes, réussit admirablement pondant ce mois, et celle à la surprise est surtout fructueuse sous les rayons du soleil de midi. CALENDHIER. 131 On pèrho en ce mois \o Goujon à la l)alant'e. Le blé cuit, los fcves, les pâles, réussissent parfaitenienl pour les Cyprins ties eaux calmes : Carpe, Brème, Tanche Gardons de fond et carpes. Les petits poissons vifs et le ver de terre bien vif peuvent prendre la Perche. Le Brochet ne mord pas beaucoup, il trouve trop de petits poissons à manger, mais on lui tend des bricoles de nuit, et le lendemain, on va les relever abondam- ment pourvues. L'Anguille reste en son trou toute la journée et elle ne sort que la nuit pour chercher sa proie ; on tend alors : fins cordeaux, jeux, lignes de fond, pater-noster, amorcés de petits poissons vifs, de sangsues, d'ammocètes, et l'on fait bonne récolte. Les Chevesnes sont friands de hannetons et de papillons, de sauterelles et de grillons, h la surface ou entre deux eaux. La Truite ne résiste pas aux mêmes friandises, mais en sa qualité de grande dame, elle est plus fantasque et plus capricieuse, elle a ses heures. Le J'ilain prend toujours. A la mer, on tend des cordes de fond, on pèche entre les rochers, dans les ports, et Ton prend les Merlus, les Lieux, les Maquereaux, les Merlans, etc. ; et de fond, tous les poissons plats. La Canthcre grise près des roches. Emploi du Libou- ret ; Palangres à Cette. {Septembre. — Comme juin, le mois de septembre est celui où l'on pêche toute la journée, le soleil ayant déjà perdu de sa force; quand il brûle encore, dans quelques jours exceptionnels, on fait comme en août, la sieste au milieu du jour ; exemple emprunté par force aux habitants de l'onde. Cependant, comme l'eau, surtout à la fin du mois, se refroidit, on commence à pécher davantage au vif pour le Brochet, la Perche et l'Anguille, la Truite et même le gros Chevesne, qui ne dédaigne ni un Goujon, ni un Véron de bonne mine et bien présenté. A ce moment, les grands fonds d'eau commencent à se repeupler aux dépens des berges, des bancs de sable et des bas-fonds sur lesquels le poisson est venu, pendant l'été, chercher la chaleur et la nourriture. L'automne arrive, secouant sa chevelure de feuilles et de graines mûres; dans les rivières calmes, les poissons Cyprins mordent encore, mais moins franchement; on sent qu'ils trouvent une facile provende et dédaignent celle du pêcheur. La Carpe, la Brème, le Gardon, ne sont plus avides de blé cuit ; ils reprennent goût aux vers, et il faut suivre cet enseignement. La Tanche ne mord déjà plus à la fin de ce mois. Les Barbillons se prennent avec de la viande crue ou cuite, les queues d'écrevisses ; Les Chevesnes, au raisin noir. Les lignes dormantes de nuit sont productives pour tous les poissons, Anguilles, etc. A la mer, c'est le moment de la grande pêche ; on prend les Mulets, Bars, etc., et toutes sortes de poissons plats, aux cordes, aux jeux et aux engins de toute espèce. La pêche est bonne entre les rochers, à l'ouverture des ports, et dans les étangs salés des bords de la mer. Pêche des Merlans, à la ligne. Emploi des Palangres à Cette. Pêche des Morues, Lingues, Aigrefin, Merlan, Plies. Carrelets, Soles, sur- tout de nuit et par le vent S.-E. Emploi du Libouret. 132 CALENDRIER. Octobre. — S'il fait doux, on pêche les Perches, le Brochet, au vif; il faut abandonner la pêche à la mouche, car les gros poissons regagnent les fonds d'eau, el les petits ne se montrent plus à la surface ; c'est le froid qui arrive et qui com- mence à engourdir la nature. Les poissons ne sont pas les derniers à sentir ce changement, el la plupart, surtout dans les rivières à cours lent et eaux profondes, se cachent entre les herbes, dans la vase, et y passent les mois d'hiver presque sans prendre de nourriture. A peine si quelques belles journées de soleil les ré- chauffent et les tout sortir de cette espèce d'engourdissement ; la plupart du temps ils dédaignent l'appât qu'on leur offre, si séduisant qu'il soit. La pèche de nuit aux cordes, jeux, pater-nostcr, rapporte au vif des Anguilles, des Lottes et des Brochets; aux vers, des Gardons qui ont gagné le fond, des Barbillons, Chevesnes, qui n'habitent plus la surface. Carpes peu nombreuses et quelques Brèmes. Dans les grands fleuves, la pêche se maintient meilleure ; les poissons, moins nourris et tenus en éveil par les crues et les mouvements d'une eau plus rapide et plus changeante, ne s'endorment pour ainsi dire pas, et la pêche continue. On y prend, au ver rouge, le Goujon, le Chabot, la Plie, etc. On commence à pêcher les gros Chevesnes à la cervelle, et dans les grands • courants d'eau, aux ])oyaux de poulet. Quelques Truites commencent à frayer, mais la majorité mord encore bien au vif, aux gros vers musqués et à la viande. A la mer, pêche du Merlan, à la ligne. Palangres à Saint-Tropez et Fréjus. On prend de nuit et par le vent S.-E. : Morues, Aigrefin, Merlan, Plies, Soles, Carre- lets. Emploi du Libouret. ^ofembre. — De 10 heures du matin à 3 heures de l'après-midi, s'il fait beau, on prend encore Chevesnes, Gardons, aux vers , surtout à la bouvière ; Brochet, Perche, au vif. Les Vandoises ne mordent plus ; la Tanche, la Carpe, la Brème, sont cachées dans les rivières tranquilles. L'Anguille mord toujours, de nuit, aux cordes dormantes. La Truite fraye, ainsi que ses analogues. La Perche ne mord plus à la fin de ce mois. Par les cruei, dans les fleuves, à l'eau trouble et le vent bon, on prend Bar- billons, Plies, encore un peu; Lottes, Civelles moyennes, et tout ceci, de fond et aux gros vers à tête noire. Pour prendre les Goujons , petits Dards, petits Chevesnes et Gardons, il faut pêcher à la ligne traînante sur le sable, sans beaucoup de plomb et avec des vers plus petits; quand l'eau descend, la pêche ne vaut plus rien. Le Barbillon, que l'on prenait sur les berges herbues nouvellement inondées, regagne les grands fonds et ne mord plus. De ce mois à Pâques, c'est le véritable temps, dans la Loire, pour pêcher le Goujon et le Chabot. A la mer, on prend les Harengs, les Congres et tous les gros poissons. Pêche des Merlans, à la ligne. Palangres à Saint-Tropez et Fréjus ; petites Palan- gres dans les étangs de Cette, h partir du 15. Emploi du Libouret. Pêche de nuit et par le vent S.-E. des Morues, Merlan, Lingues, Aigrefin, Plies, Carrelets, Soles, etc. Décembre. — Nous sommes en hiver: il fait froid et mauvais; restons au logis. CALMAR. 133 S'il luit beau, bon vont, temps doux et soleil, de II heures à 3 heures, pochons dans les remous, au ver de terre court à tête noire. Nous pouvons prendre; : Brémolles, IMies, Barbillons, petits Dards et petits Chevesnes. Pour prendre les gros, il n^ut aller pêcher dans les grands cours d'eau vive, derrière les ponts, et avec les boyaux de poulet; on les ramène toujours de taille respectable. A l'eau claire , on peut aussi pêcher au sang caillé ou à la cervelle ; la Perche, à la Bouvière vive. Les Carpes et Cyprins analogues ne mordent plus; la Perche, pas souvent. C'est en ce mois que les poissons se cantonnent pour leur engourdissement d'hiver ; ils vont, au fond des cours d'eau, se rassembler aux endroits où sortent les eaux de sources plus chaudes, et l'épervier seul peut les en tirer, mais alors par quantités énormes. Les Lottes commencent à remonter. Les Truites ordinaires et saumonées sont en frai et ne mordent plus. La pêche en est prohibée. A la mer, on pêche les Merlans. Cependant, lorsque la glace recouvre les eaux devenues immobiles à la surface, le pêcheur à la ligne peut encore montrer son adresse. Par une belle journée, muni d'une pioche, il va briser la glace, et, dans ce soupirail d'un nouveau genre, il tend sa ligne armée de plusieurs hameçons recouverts de vers rouges bien frétillants. Le poisson, attiré par l'air vif et pur de l'extérieur, se porte en foule à l'ouverture pour respirer, et trouvant à sa portée un mets friand, — surtout pour un affamé, — il mord, il mord,... et le sac du pêcheur se remplit. Pour faire cette pêche, il faut, avouons-le, être intrépide et réchauffé par le feu sacré, car la température est glaciale. Les rhumes, angines et rhumatismes sont là, guettant une victime qui brave les saisons. Arrière la crainte, cependant !... l'homme est ainsi fait. Quelques pêcheurs déblayent une plus grande ouverture, en levant les frag- ments de glace brisée qui flottent dans son périmètre, et choisissant un endroit où l'eau n'a pas trop de profondeur, viennent y jeter l'épervier etfont souvent de bons coups de main... Mais,... mais l'eau n'est pas chaude, et celle qui découle sur les épaules et sur les jambes du pêcheur ne rappelle point les bains charmants de l'été. CALER. — Faire caler une ligne en mer, c'est la charger d'assez de plomb ou de càblières pour qu'elle gagne le fond avec les appâts qu'elle porte. On emploie le même mot pour indiquer que l'on fait gagner le fond à la plombée d'un filet vertical. CALLIONYME LYRE. — (Voy. DOUCET.) CALLIONYME HÉLÈNE. — (Voy. LaCERT, Pêche.) CALLIONYME DE LESUEUR. — (Yoy. Lacert, Pêche.) CALLIONYME DE RISSO. — (Voy. LaCERT, Pêche.) CALMAR (Loligo sepia, Lin.). — Le Calmar (/î^'. IIG et 117) est un mollusque céphnlnpode du genre Seiche remarquable par une lame en forme de plume qui lui tient lieu de coquille, et forme, dans son dos, un squelette intérieur. Leur tcte a 8 pieds et 2 tentacules plus longs, à bout spalulé, garnis de suçoirs qui leur servent à s'amarrer aux objets immobiles. Ils ont un volumineux sac à encre, logé dans le foie. Les Calmars nagent à reculons; on les trouve en abondance près des côtes, et il est impo.«sible de donner un coup de senne à la mer, sans en tirer sur le rivage une cer- taine quantité. Ces animaux, pour être en nombre si considérable, doivent concourir au grand acte Fig. I Ii3. — Calmar commun. 134 CANESTEAU. Fir/. 117. — Câlinai' incessant du nettoyage de la mer. Cependant, la conformation de leur liouclie semljle plutôt faire d'eux des carnassiers incorrigibles. S'ils ne mangent que des victimes, ils sont si nombreux et si agiles, que c'est miracle que la mer, dès longtemps, ne soit pas, de leur fait, dépeuplée. Alors, dira-l-on, c'est qu'ils servent eux-mêmes, et abondamment, de nourriture à d'autres animaux. Ce fait est certain, puisque nous savons le goût de quelques poissons pour le Calmar, et nous nous servons de ses membres comme appât d'été. Mais tous les pois- sons sont loin de mordre au Calmar. D'ailleurs, le malin céphalopode ne quitte guère la côte ; or, les gros poissons ne viennent jamais le poursuivre là. Ses eimemis ne seraient-ils pas le Congre d'abord, — ce qui est certain, — puis les crustacés côtiers. Homards, Langouste, Crabe, ce dernier surtout, toujours en quête. Quœrens quem devoret! Il y a là un mystère d'équilibre naturel bien curieux, mais très-profond ! En attendant que nous le sondions, le Calmar n'en demeure pas moins une triste esche d'été , utile cependant, faute de mieux CALUS. — (Voy. Merlan.) CAMBRURE DE L HAMEÇON. — (Voy. Avantage.) CAMBOROUTIÉRE. — Sorte de C/ievrotwre employée dans la Médileiu^mée. — (Voy. ce mol.) CAMPHRE. — Espèce d'esseiice concrète à odeur très-forte et douée d'une saveur amère et aromatique, que l'on extrait du laurier-camphrier, arbre des îles de la Sonde et du Japon. L'odeur forte de cette substaiice a été souvent introduite dans la composition des appôis et amorces artificielles. — (Voyez ces mots.) Il f;iut se souvenir que l'eau n'en dissout qu'une très-petite quantité, mais que l'alcool, l'cther, les huiles grasses et les huiles essentielles le dissolvent en toute proportion; ce sera donc à l'un de ces derniers dissolvants qu'il faudra avoir recours. CANARD. — Espèce de filet fixe employé dans la Méditerranée. — (Voy. Filets fixes.) CANCER MENAS. - (Voy. Crabe enragé.) CANCERIENS (Edw.). — Tribu de Crustacés cyclométopes, dont la carapace est bombée en dessus, élevée, arrondie sur les bords, à face supérieure ne formant qu'un angle peu aigu, et se réunissant avec sa portion inférieure et latérale. Pattes-mâchoires extérieures à 3» article à peu près quadrilatère; peu ou point tronqué à son angle interne; pattes antérieures très-grosses, renflées assez longues; les suivantes courtes, ambulatoires; pattes postérieures semblables aux pré- cédentes, terminées par un article styliforme, et, par conséquent, non natatoires. Comprend 3 groupes naturels. (Juaud il s'agit de relever, en mer, des lignes de fond ou câblières d'une grande longueur, et, par consé- quent, chargées d'un grand nombre d'hameçons empilés, il est fort important de ne pas emmêler le tout, afin de ne pas perdre un temps précieux à débrouiller ce chaos. On y parvient d'une manière très-simple et très-pratique au moyen du Canes- teau(//<7. H8). C'est une corbeille ou panier ABCD, dont le bord AB est revêtu d'une bordure de liège. Dans le midi de la France, cette bordure se nomme Garlandc (guirlande) ou Listel (bord). A mesure que l'on remonte la maîtresse corde, Palangre ou Bauffe, on la love CANESTEAU. 118. — Cauesteaux divers. CANNES A PÈCHE. 135 en rond dans le panier, piquant ehaipic hameçon dans le liège, el rejelanl l'empile au dehors, où elle forme le feston D. Chaque ligne de fond ainsi plice ou lovée prend le nom d'appelel ou aplel. — (Voy. Caiblières [grandes].) CANIS ACANTHIAS. - (Voy. Aiglii.i.at.) CANNAT. — (Voy. Canard.) CANNAT. — (Voy. Mulet cépiiale, P(khi\) CANNES A PÊCHE (Choix des). — Les premiers hommes ont péché avec leurs hras étendus pour première canne ;\ pèche, puis, ils ont bien vite remarqué que rhamcçon dépine dont ils se servaient, tondjait trop près du bord. Peut-être, ils auront voulu le faire passer de l'autre côté d'un banc de roseaux qui poussait près du rivage, et, pour cela, ils ont attaché la ligne à l'extrémité d'une branche d'arbre tenue à la main, ce qui allongeait ainsi leur bras ; car l'invention de l'ha- meçon a dû naitre la première, celle de la ligne venir ensuite, et enfin, celle de la canne ài)èche compléter le tout, en apparaissant la troisième. De la branche d'arbre primitive à la canne à pèche actuelle, la forme n'a pas changé, la matière seule a subi des améliorations successives; et, en effet, comme forme, le but aurait été atteint du premier coup en choisissant une jeune pousse de Saule, de Coudrier ou des roseaux qui croissent auprès des eaux. Nulle canne n'est mieux filée, plus également décroissante, qu'une gaule naturelle, et cette vérité est palpable, que c'est à la nature que nous allons demander nos scions, la partie la plus délicate et la seule que nous ne puissions pas filer comme elle, d'un seul morceau concentrique, décroissant insensiblement, et conservant force, sou- plesse et élasticité. Nous venons de nommer les trois qualités que doit posséder une bonne canne ; elles dépendent, en majeure partie, de la nature même des matériaux qui la forment, mais aussi de la manière dont ils sont assemblés entre eux. Dans un article spécial, nous donnerons toutes les explications utiles pour la confection de cette arme du pêcheur. Dans celui-ci, nous allons nous occuper de la classification des cannes diverses et de leur appropriation à chaque genre de pêche, en eau douce et en eau de mer. I. — EAU DOUCE. LONGUEl'H MOYENNE A) Pêche à la mouche : '•'' '" '^"""'^ ^ P^'''''- A la volée, au lancer, à la surprise | 6 mètres au moins. B) Pêche sédentaire : 1° Au Brochet, à la Truite, à la Perche, au vif. j Cette gaule n'étant pas tenue à la main, mais po- l ç^ /, g mi^tres sée à terre, elle se lait pleine, avec une si'anili* gaule de sapin ou de tremble, eti: j 2° Pèche à soutenir dans les pelotes: pèche dé] .. .) mètres. fond, a la canne fixe ) 3» Gaule à pardonner, à pêcher les l^erches, les | , , Chevesnes, avec le saug, à fouetter et à rouler. ( 4° Pêche au Coujou, à l'Ablefle, au Véron et j „ .... ' 3 mètres, autres petits poissons ) 130 CANNES A PÈCHE. II. — EAU DE MER. lonol'elu moyenne A) Pêche à, la mouche : ^'^ ^^ camie à pèche. Saumon à reuil)()ii{liure des (leiivos, etc. : forte, ) „ , , ... î 6 mètres, en bambou et hicoi y ) Dorades, en balcuu | 3 mètres. B) Pêche sédentaire : Sur les rochers, à la canne fixe | 8 à mètres. C) Pêche en bateau : Canne pour les Maquereaux et autres poissons de surface. 2 mètres iiO. Le tableau de composition de ces longueurs au moyen des différents comparti- ments des cannes, permet de se rendre très-facilement compte de ce que l'on doit acheter ou construire soi-même, en vue de la pêche ;\ laquelle on veut se livrer. Quel que soit le genre de pêche choisi, — même fût-ce pour prendre des ablettes; — quelle que soit la canne employée, jamais un pêcheur sérieux ne s'en servira sans moulinet ; c'est au moment où il s'y attend le moins, que cet instrument le sauvera et lui fournira une capture aussi belle qu'inattendue. Le chasseur qui aurait le pouvoir de toujours posséder une balle dans un des canons de son fusil, serait un fou de ne pas en profiter ; car il n'est pas de vie de chasseur, où telle pièce magni- fique a été renvoyée, par lui, avec une charge de petit plomb dans le gras des parties charnues. Le moulinet du pêcheur, c'est la balle secourable du chasseur, à cette différence près, en sa faveur, qu'elle n'empêche pas son coup d'être chargé de petit plomb; c'est mieux qu'une balle, c'est la charge de cendrée qui fait balle sur un animal, gardant une force suffisante pour amener celui-ci à vos pieds. CANNES A PÊCHE [Confection des]. — Les premières cannes à pêche que les hommes ont inventées étaient tout simplement une gaule empruntée à la cépée la plus voisine, et cet instrument, si simple et à la portée de tous, est encore le plus usité dans les campagnes et dans les petits centres de population écartés. Cette construction primitive, qui consistait à dégrossir une simple baguette en la. privant de ses nœuds et de ses branches, fournissait une canne lourde si elle était un peu longue, et peu élastique si elle était courte. Or, ayant tout aussi bien, alors qu'aujourd'hui, besoin très-souvent d'éloigner son hameçon du bord où le poisson voit trop bien et se méfie, le pêcheur s'ingénia de toutes les façons à augmenter les deux qualités qui manquaient cà sa gaule, la légèreté et la souplesse. L'esprit humain procédant du simple au composé, le pêcheur pensa à modifier l'instrument qu'il avait en main avant de songer à en créer un autre. Il s'aperçut que, sèche, celte gaule était plus légère et plus élastique, il fît sécher les gaules au four après le pain retiré ; c'est encore ainsi que se font les cannes à pêche dans les campagnes. La différence du poids vert au poids desséché n'étant pas très-con- sidérable pour une gaule d'une certaine longueur, le pêcheur dut chercher si, en ajustant les unes au bout des autres plusieurs gaulettes plus fines, il n'arriverait pas à un résultat plus satisfaisant. Ce fut la création du scion, qui constata ce pas fait dans le progrès. On peut dire qu'à ce moment la canne à pêche civilisée était CANNES A PÈCHE. . i;37 inventée ; car, en modifiant seulement le choix des matières, on arrive à la canne la plus compliquée et la mieux finie que l'on fasse de nos jours. La question des ligatures a dû avoir sa période d'apprentissage, de progrès et de perfection, jusqu'à ce qu'enfin cette ligature, toujours fragile et difficile à faire, fut remplacée par les douilles simples et doubles qui permirent l'invention des cannes à compartiment. Restait la question de matière ; on a essayé tous les bois possibles et l'on s'est vite aperçu que, parmi eux, un très-petit nombre répondaient aux qualités que ré- clame la vraie et bonne canne à pêche. On peut diviser tous les bois employés en deux catégories : les lourds et les légers. Les lourds sont : le hicory ou noyer blanc d'Amérique , le noyer, l'orme, le coudrier, le frêne. Parmi les légers nous placerons : le sapin creusé, le bambou, et, tout à côté, son diminutif chez nous, la canne, qui croit dans le midi de la France et en Italie avec une grande facilité. Tout en renvoyant le lecteur aux articles spéciaux sur l'élude de chacun de ces bois, nous devons ici constater quelques-unes de leurs qualités et de leurs défauts avant de passer en revue la confection des cannes en chaque matière. Le hicory est Irès-élaslique, mais très-lourd, il peut servir à faire toute la canne moins le scion ; mais son véritable emploi consiste dans la première moitié de la longueur, la plus grosse, celle que le pêcheur tient à la main. 11 est en effet très-important qu'une canne soit bien équilibrée, car elle se trouve entre les mains du pêcheur à l'état d'équilibre instable. On peut la comparer au fiéau d'une balance dont la main du pêcheur est le support, fléau à deux bras de longueurs inégales et par conséquent dont les poids doivent être inégaux pour que l'équilibre s'établisse. La partie en avant doit être très-légère, son centre de gravité sera toujours assez loin de la main du pêcheur, mais si celui-ci rend lourde la partie la plus grosse qui est au delà de son poignet vers le coude, il rapprochera le centre de gravité du système entier et pourra arriver à le faire venir dans sa main ; position dans la- quelle la canne sera en équilibre, comme le fléau de la balance dont nous parlions tout à l'heure. Ainsi équilibrée, la canne demande le moins d' effort possible, puis- qu'il ne faut que celui nécessaire et indispensable pour vaincre sa pesanteur. Si, au lieu de cela, le pêcheur tient en main un instrument dont le poids est en avant, il lui faut un effort constant, non-seulement pour porter la oanne, c'est-à- dire vaincre l'effet de la pesanteur, mais un effort plus pénible pour en soutenir élevée la partie antérieure sans cesse sollicitée vers le sol. Cet effort, si petit qu'il paraisse pendant un instant, devient une vraie fatigue, alors qu'il se renouvelle sans relâche pendant un assez long temps. Si le pêcheur est sédentaire, ce n'est encore qu'un demi-mal parce qu'il peut faire porter sa canne par une fourchette et son piquet, ou simplement il peut la poser à terre, si la berge est un peu élevée; mais, qu'il s'agisse de pêcher à la mouche, et alors la question de l'équilibre de la canne prend une importance ca- pitale, en raison de la fatigue que cette pêche un peu prolongée procure, si l'on est armé d'un instrument défectueux. Ainsi donc tous les bois durs et compactes, tout en étant élastiques, — le hicory, le frêne, le noyer, — peuvent servir pour la plus grosse moitié de la canne. L'orme peut être employé de même aux usages ci-dessus, mais il offre l'avan- 138 CANNES A PÈCHE. lage que ses jeunes pousses founiissenl d'exeellenls scions, quand il est coupé en temps opportun. Le coudrier n'est pas dans le même cas ; les scions fournis par ses jeunes pousses sont mauvais, mais comme il donne, d'un seul jet, des gaules très-longues et très-droites, sans èlre par Irop lourdes quand elles sont sèches, il a le privilège presque exclusif de former des cannes toutes faites pour les gens de la campagne. Dans quelques pays la rapide végétation des saules de différentes espèces permet d'y choisir de très-belles gaules qui ne manquent pas de qualités. Le sapin s'emploie comme nous le verrons plus loin, mais artificiellement, pour faire d'excellentes cannes réunissant beaucoup d'avantages. Le bambou, s'il était moins lourd, quand il est gros, serait le roi des bois propres aux cannes à poche. Excellent cependant parce qu'il ne fend pas, il sert à faire la canne tout entière y compris le scion, que l'on produit au moyen de bû- chettes de bambou refendues, polies et ajustées l'une au bout de l'autre. Il nous reste à dire un mot de la canne du Midi qui, sans contredit, serait par- faite sans la trop grande facilité avec laquelle elle fend et sans sa fragilité capricieuse, souvent inexplicable : car le morceau de ce chaume énorme le mieux choisi, le mieux arrangé, cassera tantôt dans un nœud, tantôt dans une partie vide. Aussi est-ce la matière qui a fait naîtr(,' le plus de systèmes différents, tous destinés à remédier à son peu de solidité, sans diminuer sa flexibilité et sa légèreté si précieuses. Constatons enfin que, depuis un siècle, la confection des cannes s'est énormé- ment améliorée en France, et que leur forme tend à devenir chaque jonrplus svelte et plus fine. L'emploi des moulinets, qui se généralise chaque jour, mène au perfectionnement de la canne, qui doit demander pins à rélasticité qu'à la force, plus à l'adresse qu'à la brutalité, plus enfin à la patience et au sang-froid qu'an bouillant emportement. Autrefois, — si l'on en juge par les méthodes qui nous en sont restées, — on enlevait le poisson d'autorité ; qu'il fût gros, qu'il fût petit ; il est vrai qu'on ne prenait pas ce dernier, la manière dont les lignes étaient montées devait s'y opposer ab- solument. Aujourd'hui, l'usage des montures très-fines tend à prévaloir chaque jour, et le succès couronne ces expériences. Une vérité méconnue devient de plus en plus démontrée, c'est qu'on prend très-bien un gros poisson, — et beaucoup plus sûrement, — «ivec un très-petit hameçon qu'avec un gros, pourvu qu'on emploie les moyens d'action nécessaires et fournis par le perfectionnement des instruments de pêche. En résumé, une canne à pêche doit se composer de trois morceaux, qui sont, en commençant par l'extrémité la plus fine : le Scion, Va Seconde, nommée aussi Bran- leffe, dans certains endroits, et le Pied de ganle. \° Canne de campagne, pleine. Cette canne, toujours un peu lourde, doit avoir pour qualités d'être roide, droite et élastique; si elle décrit un grand C quand on la projette en avant en fouettant, c'est qu'elle plie du pied et ne vaut rien ; elle ne doit ployer que de la seconde et du scion, faire siffler l'air lorsqu'elle le frappe, et reprendre aussitôt la ligne droite. Le Piedde cette gcnde sera fait avec l'un des bois suivants, en commençant par les premiers et choisissant celui que l'on trouvera à sa disposition à défaut des autres Coudrier, saule, marceau, sapin sans nœuds, frêne, noyer, érable, chêne. CANNES A PÊCHE. 139 On choisira une pousse bien droite d'un de ces arbres, ayant 5 mètres ;\ 5"", 30 de longueur, que l'on rognera par le petit bout, de façon à lui laisser une longueur de -4 mètres ou au moins de 3"', 50. On la dressera avec soin et on la diminuera, au rabot s'il est besoin, de manière que le plus gros bout, en bas, ail un diamètre de 0"',035 h 0™,OiO, au plus. Ce bois doit être coupé avant la fm de janvier ou, au plus lard, dans les premiers jours de lévrier, avant que la sève commence à monter, opération qui se fait de bonne heure, surtout pour le coudrier. Cette recommandation s'applique également au choix de tous les bois propres aux secondes et aux scions. On laissera, à la plus petite extrémité de ce pied de gaule, un long bec oblique parfailement dressé, forme que l'on appelle Bec de flûte. La seconde sera faite en coudrier : elle aura la même longueur (4 mètres) que le pied, et sera choisie plus mince que lui et bien fdée ; on la trouvera parmi les pousses grises de la lisière du bois ou au bord des ruisseaux. Celles qui sont lisses et rougeâlres sont les meilleures. Elle sera taillée en biseau par ses deux bouts, et le biseau du bas sera aussi allongé que celui du pied, de façon à s'ajuster parfaite- ment sur lui. Le scion, long et menu, peut être fait d'un brin de coudrier, d'orme, de troène, de cornouiller, à' épine rioire, de lilos ; il aura l'°,50 de longueur au moins; le bas ou plus gros bout, taillé en biseau, sera adapté parfaitement au biseau supérieur de la seconde, et choisi de façon que cette partie soit un peu moins grosse que la plus petite extrémité de cette seconde. La même précaution aura dû être prise pour la seconde vis-à-vis du pied de gaule. La seconde s'attache au pied avec du petit fd de fouet ciré et fortement serré tout le long de la jointure, ce qui forme une ligature solide à bouts perdus. Le scion s'ente sur la seconde au moyen de fd fort, également ciré et attaché de la même manière. (Voy. Ligatures.) Dans les endroits oii l'on peut se procurer du vernis copal, il est extrêmement avantageux d'enduire de vernis les deux biseaux avant de les joindre et de les atta- cher, de même on vernit toute la ligature, une fois faite, à une ou deux couches, en laissant bien sécher chaque fois. (Voy. Ternis.) Le vernis noir du commerce est aussi extrêmement propre à ce travail, parce que Teau a moins d'aclion encore sur lui, mais il est beaucoup plus long à sécher. A défaut de vernis, on peut enduire chacune des surfaces de poix de cordonnier en couche mince; cette substance produit une grande adhérence et empêche tout glissement. Elle n'est pas attaquable à l'eau, mais, à la longue, elle se réduit en poussière et perd ses propriétés happantes, surtout quand elle est souvent mouillée. Après avoir lié sa gaule, le pêcheur doit l'agiter fortement en l'air : si elle est bien faite, elle ne doit produire aucun craquement et ne laisser éprouver aucun tremblement : il sera bon alors de la polir, de la vernir et de la bien laisser sécher. 2° Gaule de campagne, creusée. Il faut choisir une gaule de coudrier, de marceov , de peuplier, de tremble, de sapin, ou de cornouiller, à laquelle on donnera une longueur de 4 mètres au moins pour former un pied de ligne convenable. Cette gaule aura, au gros bout : O^^OSà O", 10 de circonférence, et au petit 0'",02 à0'",03 ; on la rendra parfaitement unie en enlevant les aspérités des branches et bourgeons, puis on la fera sécher, dans un four encore chaud après qu'on aura tiré le pain, ou en la laissant une 140 CANNES A PÈCHE. couple de mois dans un lieu sec et aéré : il est prudent, dans ce cas, de la lier sur une forte pièce de bois déjà sec, de manière qu'elle ne puisse se tourmenter et se gauchir. Cette gaule perdra ainsi environ la moitié du poids qu'elle avait étant verte. L'opération du perçage se fait au moyen d'un gros lil de fer qu'on appointit et qu'on fait rougir au feu. On attache la canne dans un établi de menuisier, ou, si l'on n'en a pas, sur une table, sur une forte planche ou pièce de bois, et l'on commence le forage. C'est une opération qui demande du temps, de l'adresse et de la patience. Quand un premier trou parcourt la canne dans toute sa longueur, on prend un fil de fer plus gros, et toujours par le même moyen, on agrandit le trou du côté de la poignée, de façon que le creux aille comme la canne, en diminuant d'un bout à l'autre. Lorsque le perçage est terminé, on la met pendant deux ou trois jours à trem- per dans l'eau, puis on l'expose à la fumée dans une cheminée jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement sèche. A la campagne cette opération est très-facile. Pendant ce temps on a fait subir les mêmes préparations, sauf le perçage, à des scions choisis de différents bois : couéner, orme, épine noire, troëne, lilas, etc.; on en choisit un bien droit, de la longueur que l'on désire, et on le diminue par le gros bout, de manière qu'il entre dans le trou creusé à l'extrémité fine du pied de gaule. En général, ce scion a 1°',50 à 2 mètres, et il est d'une grosseur telle que, quand on veut démonter sa canne, il peut, en commençant par la pointe, entrer dans le trou creusé au bas de la gaule et s'y renfermer parfaitement, ce qui rend l'instrument plus portatif et garantit en même temps le scion des accidents qu'il pourrait encourir au milieu des arbres, des branches et des herbes, etc. 3° Canne en sapin, pleine. On coupe dans une planche de sapin neuf, à fil serré, droit, et interrompu par aucun nœud, une laize égale à l'épaisseur de la planche. On obtient ainsi une tringle de 4 mètres de long, ayant O'",03o de côté, que l'on dresse à la varlope et que l'on met à huit pans en abattant les angles. On diminue alors sa grosseur au moyen du même instrument et avec précaution, à partir de l'",30, du bas, jusqu'à la plus petite extrémité qui conserve un diamètre de 0",010 à O^jOlo. A partir de 2", GO, on arrondit tout à Mi la tringle en abattant les angles, on la polit au verre, au grattoir et à la peau de chien marin. On pratique alors au bout, soit une entaille longue, à la scie, pour recevoir le scion, soit un biseau, comme plus haut, et on y fixe un scion de 2 mètres au moyen d'une solide ligature de fouet poissé et verni comme nous l'avons indiqué. Si l'on a un ouvrier à proximité, une virole en fer-blanc, ou mieux encore en cuivre, sera préférable pour garnir l'extrémité du pied de gaule et recevoir le scion auquel, dans ce cas, il faut pratiquer l'opération du double épaulement que nous décrirons ailleurs. (Voy. ce mot.) 4° Canne en sapin creusé. Toutes les fois que le pêcheur ne craint pas de se servir d'une canne qui ne se démonte pas, et qu'il peut, en rentrant chez lui, remiser sans inconvénient cette longue gaule sur le mur d'un corridor, rien ne vaudra jamais, pour lui, la canne que nous allons décrire ; elle est facile à faire, peu coûteuse, légère, solide et élastique. On choisit, conmme pour celle ci- dessus, 3% une planche de sapin du Nord à grain fin et sans aucun nœud, d'une longueur de 4 mètres au moins : on y scie une tringle de l'épaisseur de la planche qui doit avoir 0"',0oS. Ceci fait, on marque au CAiNNES A PÈCHE. 141 tnisqiiin ou à la règle, une ligne qui partage celte tringle par la moitié de son épaisseur, sur deux faces opposées, puis, au moyen d'un rabot rond ou d'un bouvet, on creuse un sillon au milieu de chaque face non divisée. Ce sillon doit être augmente de plus en plus en prenant des fers d'un numéro j)lus fort, de façon que à l'une des extrémités, il n'ait pas plus de O^jOl de diamètre, ;\ l'autre bout 0"',0'i. Ceci fait, on scie la tringle suivant les lignes marquées, on retourne les deux moitiés creusées l'une vers l'autre, et l'on colle fortement à la colle-forte. On rabote en rond, de manière à suivre la décroissance du creux en laissant au gros bout : 0™,006 à 0'",007 de bois, et au petit : 0'°,004 à 0,005. On polit au verre ou au grattoir, on unit au papier de verre, puis on fait, à 0'",50 l'une de l'autre, de fortes ligatures en fd de fouet bien ciré ; on peint alors toute la canne à l'huile, et on laisse bien sécher; on vernit ensuite. Il ne reste plus qu'à garnir le gros bout ou le pied, d'une lance, et l'extrémité fine, d'une virole ou d'une ligature. La première vaut mieux pour recevoir un bon scion d'orme ou de coudrier de 2°', 50 à 3 mètres. 5" Canne en 8 morceaux. — (Système Lambert.) Le pied de gaule se fait en deux morceaux de planches creusées, collées et ligaturées par un procédé semblable au n° 4 ci-dessus : on peut le faire en diêne, ennoye/\ en acajou, etc. Si l'on ne veut pas creuser et coller, on peut se servir d'un gros morceau de baml)ou. Ce pied de gaule aura O'",6o de long, et sera creusé de 0'°,025 de diamètre de vide au petit bout, pour recevoir le deuxième morceau. Cette extrémité sera, de même que la plus grosse, garnie d'une forte virole en cuivre, au gros bout l'on ajustera une lance ou picot. Pied de gaule, Bois divers. 2" morceau. roseau, ;{« — — A' — — 5« — — V)' — • — \V — épine noi (8^ — orme ou 1 longueur, 0"',65. — 1 mètre. — 0'",2o 1 15 — — 65 — 80 — 50 Scion m" — orme ou Jiamboi Longueur totale 5'", 00 Chacun de ces morceaux est garni de sa virole et doit être calculé comme grosseur, de manière à entrer dans la cavité naturelle du roseau qui le précède. Chaque entre-nœud reçoit une ligature. Le moindre inconvénient de cette canne est d'être lourde, parce que les huit viroles pèsent, les ligatures pèsent, le pied de la gaule plombé pèse ; enfin elle semble d'autant plus pesante, que les petits morceaux placés au milieu y ac- cumulent les viroles, et ne ployant pas, parce qu'ils sont trop courts, maintiennent une roideur qui rend la canne moins maniable. De plus, si l'on s'en sert pour le jet de la mouche, il est presque impossible d'empêcher les morceaux de sortir les uns des autres ; ce qui tient à ce que les uns'plient tandis que les autres ne plient pas. Quant à l'idée d'intercaler les petits morceaux pour maintenir la roideur, elle est excellente ; malheureusement, à la pratique, elle offre de sérieux désavan- tages comme solidité. Pour que ce genre de canne soit solide, il est indispensable d'établir chaque morceau à épaulement, et alors le poids de chaque goujon de bois Ii2 CANNES A PÈCHE. s'ajoute encore à celui de la canne, et celle-ci devient insoutenable, à moins que l'on ne s'en serve seulement pour la penche sédentaire. Mais, dans ce cas, une canne aussi compliquée est parfaitement" inutile, une simple gaule n° IV, est bien supé- rieure. 6° Canne rubanée (système de Massas). L'idée de préserver le roseau de la propension qu'il offre à se fendre au soleil ou à l'air, surtout après qu'il a été mouillé, a été parfaitement réalisée par l'appli- cation d'un ruban de fil, de soie ou de coton, roulé en spirale, aussi serré que possible autour de chaque morceau de roseau. Ce ruban est imbibé, lors de sa pose, de bonne colle-forte, puis, quand il est sec, recouvert d'un enduit imper- méable et enfin d'un vernis. Ces cannes sont excellentes, mais présentent également le défaut d'un poids plus lourd que celui qu'elles devraient avoir. Elles sont à peu près aussi lourdes que les cannes en bambou, et n'en ont ni la solidité ni l'élégance. Elles compen- sent cela par un prix moitié moindre, — ce qui est bien quelque chose, — et par l'a- vantage que l'on peut soi-même faire subir cet apprêt, soit à une canne de roseau que l'on fabrique pour soi-même, soit à une canne de roseau ordinaire que l'on achète toute fabriquée, et dont le prix, en définitive, est minime. Malgré la légère critique que l'usage de ces cannes nous a permis de faire, nous regardons l'appli- cation des rubans comme une idée neuve et un progrès réel. L'inventeur fait remarquer en outre que l'on peut ainsi rassembler des maté- tériaux de toute couleur, et de toute provenance, ne s'occupant que de leurs qua- lités de souplesse et d'élasticité ; que ceux-ci, bien combinés , peuvent fournir une canne parfaite, sans offrir à l'œil un ensemble de morceaux disparates et choquants : on peut aussi alléger par le forage les pièces les plus grosses, etc. 7° Cannes de roseaux (4, S bouts). De toutes les cannes, la meilleure, — ^ans aller chercher si loin, dès l'abord, — est celle faite en morceaux de roseau bien égaux, bien choisis, et que l'on trouve dans le commerce à peu de frais, toute fabriquée, munie de ses viroles, etc. Ces objets se faisant en grandes quantités, il est toujours facile, en s'adressant à des marchands consciencieux, — et l'on doit supposer qu'il s'en trouve parmi ceux d'ustensiles de la pêche, — il est toujours facile, dis-je, de se rendre possesseur d'unç très-bonne canne. Seulement elle est incomplète, si on l'a payée bon marché, parce qu'en fait de cannes à pêche, ce n'est pas la matière qui en augmente le prix, mais le temps que demandent les arrangements accessoires ; c'est là ce que l'amateur peut parfaitement faire lui-même, à temps perdu, et ce que nous allons décrire ici. Choisissons donc, suivant la largeur moyenne du cours d'eau où nous voulons pêcher, une canne en 4 ou 5 bouts. Chacun de ces bouts varie de 1 mètre à l'",70. Ce qui produit les combinaisons et longueurs suivantes : A 4 BOUTS. Chacun ayant 1",00, longueur to(aIc 1",00. — 1 10, — 4 40. — 1 20, — i 80. I 30, — 5 20. — I 40, — 6 CO. — I 60, — (i 00. — I 00, — (> 40. — I 70, — 6 80. X 5 BOITS. 1™,00, longueur totale 5" ,00 1 10, — 5 60 1 20, — 6 on. 1 30, — 6 60 1 40, — 7 00 1 50, — 7 50 l CO, — 8 00 1 70, — 8 50 CANNES A PÈCHE. 143 lîcmarquons d'abord que toute canne choisie doit être à goujons de bois et épauleinents. C'est le seul moyen qu'elle s'emmanche solidement. Or, il y a perte, h chaque morceau, de la longueur qui entre dans celui qui le précède, c'est environ 0'",0r) par virole, soit O'",20 pour la canne à 4 bouts, et 0'",25 pour celle h l) compartiments. Si donc, dans la première rangée, on veut une canne de mètres net ou effectif, il faudra choisir des morceaux qui, employés, aient en moyenne 1°',55 et ainsi de suite. En comparant les colonnes du tableau ci-dessus, on reconnaît de suite (ju'on peut arriver des deux manières à des cannes de même longueur. Il faudra donc calculer les avantages et les désavantages de chacune d'elles. 6 mètres en 4 bouts de 1°',50 sont plus embarrassants, que dans certains cas de transport par voitures, .") bouts de 1"',20 etc. D'un autre côté, quand la longueur de la canne ployée n'est pas un obstacle, il faut remarquer que la meilleure de toutes est celle en 4 bouts de l'",70. C'est celle que nous préférons, et voici pourquoi : elle est assez longue, et, quoique légère, assez lourde pour occuper les bras du pécheur à la mouche ; diminuée d'un bout, celui du bas, elle donne encore une longueur de 5", 10, formant une excellente canne pour la pêche au coup, etc., et qui devient alors très-portative. Pour la pèche à la mouche, on se sert de 4 morceaux dans un fleuve ou dans un étang, de 3 dans une rivière, et de 2 dans un ruisseau : souvent de 4 dans celui-ci, pour la pèche à la surprise, où l'on se tient alors si loin du cours d'eau, que l'on a l'air dépêcher dans le pré, mais où l'on fait ainsi des captures magni- fiques. Ces petits ruisseaux renferment souvent de belles pièces qui ne peuvent, à la distance de 5 à 6 mètres, entendre les pas ni voir le pêcheur, deux causes de succès gagnées par ce système. Nous avons dit, en commençant cette VIP division, que les cannes marchandes avaient besoin d'être complétées, nous allons maintenant expliquer en quoi con- siste ce travail. Le roseau plie et ne rompt pas, dit le bon Fabuliste ; c'est vrai, du roseau vert qui se balance dans le marais, mais ce n'est plus vrai du roseau sec qui arme la main du pêcheur. Chaque nœud est un endroit faible qui, quelquefois, se détache tout à coup ; chaque entre-nœud peut se fendre, ou se ployer comme un rouleau de papier, une moitié dans l'autre. Il faut éviter cela au moyen d'une bonne liga- ture faite entre chaque nœud ; c'est long, mais c'est sûr. Il ne ftuit cependant pas employer de la corde trop grosse ; la meilleure est un fin cordonnet de soie avec lequel on fait les lignes fines, et qui est à peu près de la grosseur du cordonnet qui sert à faire les ouvrages au crochet : il est beaucoup plus tordu que celui-ci, mais, à son défaut, l'autre peut le suppléer, la couleur n'y fait rien. Quand la ligature est bien faite, elle est plus facile à faire en cirant seulement le cordonnet, on l'imbibe de vernis au moyen d'un petit pinceau, et on laisse sé- cher. En recommençant deux ou trois fois cette opération, on finit par recouvrir chaque ligature d'un anneau de substance imperméable et solide, qui rend le tout inattaquable à l'eau. Si la canne se brise à un nœud, il n'y a qu'un remède, c'est de remplacer le morceau entier ; la forme du roseau en lui-même, s'opposant ab- solument à ce qu'on puisse mettre un virole solide entre deux parties contiguës. En regardant en effet chaque nœud, on s'aperçoit d'abord qu'il est saillant comme une bague, puis, qutl est suivi de chaque côté d'une dépression, laquelle est suivie d'un renflement : aucune virole ne peut prendre cette forme en entonnoir et être 144 CANNES A PÈCHE. solide, il faut donc limer le roseau pour le rendre cylindrique, el alors il s"en- nianche de travers. Il vaut mieux refaire ou acheter un autre morceau, c'est plus simple. Toutes les deux ou trois ligatures, on passera dessous un anneau, et, quand on arrivera au scion, on le fera comme nous l'indiquerons à son article. (Voy. Scion.) Il est bon également de munir sa canne d'une lance. On y monte un moulinet, et l'on est possesseur d'un excellent instrument de poche, dont on peut réparer au besoin toutes les parties, car il n'est presque pas de village où l'on ne trouve des cannes en roseau. Les ligatures peuvent se faire également en fouet de lin, en fd de chanvre bien retors, et même en petit lil de cuivre ou de fer, mais, dans, ce cas, le mode d'arrêt est différent. Les quatre ou cinq compartiments qui forment la canne doivent être toujours serrés dans un étui de toile ou de coutil ; on peut y faire entrer également un ou deux scions de rechange, le manche de l'épuisette et celui du filet à papillons {flg. 66). Moyennant cette précaution, on échappe au risque de perdre en route une ou plusieurs parties de cet instrument indispensable. 8' Canne en bambou (4 ou o bouts). Ces cannes, auxquelles on donne moins de longueur en général qu'à celles faites en roseau, sont plus lourdes, parce que le bambou est plus compacte. Comme élégance, comme force, ce sont les meilleures, et rien ne saurait lutter contre le vernis naturel des roseaux d'Asie et d'Amérique. Il ne faut pas croire cependant que l'action de l'eau, de l'air et du soleil, n'ait pas de prise sur eux : ils y résistent victorieusement, tant qu'ils ne sont pas allégés par l'intérieur, mais quand cette opération est faite, ils fendent aussi. Quoi qu'il en soit, pour les cannes destinées à la poche à la mouche, c'est la matière par excellence, et c'est en effet celle des cannes de luxe. Ceci tient à ce qu'en choisissant bien le bambou, on peut faire une canne longue et relativement très-mince à la main vers le bas, quoique d'une grande force. Il faut surtout ne pas se servir de la pointe des bambous qui est cassante souvent comme le verre. Cette cassure a toujours lieu auprès de la virole du haut, si le vernis du bambou a été entamé pour le percer, et souvent au môme endroit, quand même on aurait évité cet accident. 9° Cannes à pêche en forme de Cannes de promenade. Ce genre de cannes n'est pas seulement l'arme des pêcheurs honteux, elle est quelquefois utile quand on veut faire entrer, dans un bagage restreint, une canne à pêche qui puisse fonctionner à l'occasion ; et cependant, pour peu qu'elle ait une certaine longueur totale, — et alors, le nombre des bouts supplée à la longueur de chaque, — elle devient aussi volumineuse qu'une des cannes des n"' 7 ou 8 dans son étui. Comme les cannes sont composées d'une suite de morceaux creusés, rentrant les uns dans les autres, elles doivent être établies au moyen d'outils et d'ouvriers spéciaux. Elles le sont du reste à très-bon marché ; le commerce en fournit de : 2 bouts qui ont, déployées, la longueur de l",9o 3 — — 2 55 4 _ _ 3» 40 5 — — 4 25 CANNE FIXE. 145 A voii' ces dernières reriiices, on les eroirail d'une longueur énorme; tant s'en laut, et elles ne sont pas portatives comme canne de promenade, car elles ressem'- blenl à un parapluie ferme. Une pomme vissée à un bout et une virolle de métal à l'autre, complètent l'appareil qui permet au pécheur timide de satisfaire sa passion sans dénoncer aux passants ses projets hostiles aux poissons. Il a l'air de sortir pour une promenade : sa canne est bète au possible, c'est vrai, elle ne ressemble pas plus à une canne qu'à une baguette, c'est vrai, — car personne n'imagine qu'on puisse s'appuyer sur un roseau à pèche, — mais enfin il est heureux, il cache son jeu ! Aussi, que seprésente un endroit bien seul, entre les saules, notre homme fera comme le limaçon qui sort ses cornes, il allongera furtivement sa canne et en fera une mauvaise machine à pêche ! Tant mieux ! Qu'elle lui apporte tous les désagréments qu'elle ne ménage pas à ceux qui s'en servent, il n'aura que ce qu'il mérite. Ce pécheur me représente un chasseur qui ferait enfermer son fusil dans une canne et se munirait seulement de pistolets dans ses poches, il rentrerait bredouille et n'aurait que ce qu'il mérite- rait. Chacun doit avoir la responsabilité de ses goûts et de ses actes ! Eh bien, si le pêcheur a peur, qu'il soit puni, et il le sera par où il a péché (sans calembour, je vous prie). En effet, pour n'avoir pas su mépriser les fades moqueries des passants qui, sur la foi d'épigrammes surannées, raillent un goût dont ils ne soupçonnent ni le charme ni les jouissances, il emploie une canne sans force, sans ligatures qui ré- parent la perte de la substance intérieure, sans anneaux possibles, à laquelle il ne peut attacher de moulinet, et dont il ne peut se sei'vir en cachette que pour enlever quelques maigres Ablettes ou quelques Goujons imprudents à venir si près du bord ! Les succès de la pêche sont, comme ceux de la chasse, imprévus comme toute chance et aléatoires comme le hasard : c'est au moment où il tendra une amorce au Goujon qu'une grosse Carpe, en train de s'amuser, lui empor- tera la ligne et une partie de la canne, en ayant soin de lui montrer coquettement son dos pour qu'il n'ignore pas à qui il a eu affaire et quelle aubaine lui échappe. En résumé, c'est la plus mauvaise de toutes les cannes, elle n'est pas même bonne pour les enfants qu'elle rapproche trop du danger. Vous tous qui péchez ou voulez pêcher, confessez hardiment la loi du pê- cheur et, en fussiez-vous martyr un moment, étudiez, et vous réduirez bientôt par vos succès vos détracteurs au silence. Alors vous les dédaignerez en savourant deux jouissances exquises : la pêche et la vengeance. (Voy. Perçue ou Canne a PÊcaE.) CANNE FIXE (Pêche à la). — La pêche à la canne fixe ou à ligne dormante, car elle porte ces deux noms, s'emploie aussi bien en mer qu'en eau douce ; elle demande un attirail un peu encombrant, mais elle rap- porte généralement du poisson de forte taille, car elle s'a- dresse à la classe des poissons de fond. Les meilleurs endroits, en eau douce, sont les grands fonds d'eau tranquille ; en mer, ce sont les passages d'é- tangs salés, les entre-deux de rochers et autres endroits où l'eau est profonde, près du rivage. \\ est bon de se munir d'un panier {f>q. 119) ou d'un ^ 11 ^'«'S'- '19- — Panier de pèche. sac de pêcheur {p(j. 120), pour mettre non-seulement les engins, mais encore des provisions pour la journée, car, une fois qu'on a choisi une place, il faut la garder, l'amorcer, et la rendre le meilleur possible en y fai- 10 146 CANNE FIXE. sanl arriver un remontage de poissons. Le pôcheur fait bien de se munir d'un tré- pied {fig. 121) ou d'un pliant (//V/. 122), pour ne pas demeurer debout, le piétinement étant toujours mauvais, parce que c'est le bruit qui s'en- tend le plus loin, dans l'eau ébranlée par la terre. S'as- seoir sur l'herbe humide, n'est pas tentant ; il faut donc, quand on veut pêcher à la canne fixe, prendre toutes ses précautions, et apporter un peu sa maison avec soi, parce (ju'on ne quittera plus la place choisie. Trois ou quatre lignes et cannes suffisent parfaite- ment à cette pèche et forment déjà un bagage assez volu- mineux, jointes à l'épuiselte et aux provisions. Les cannes sont à moulinet, d'une longueur appro- priée au cours d'eau oij l'on pêche. Comme c'est surtout à des poissons solides qu'on s'adresse, on les choisira en conséquence. S'il fallait tenir une seule canne à la main toute la journée, dans une eau dormante, sans mouvement, ce 'ig. 120. — Le sac u pec eui. ggpr^j^ ^j^g hiew. fastidicuse bcsoguc, d'autant plus que les poissons qui habitent ces eaux n'ont pas une attaque soudaine, mais entraînent bravement et sans hésitation l'esche, qu'ils ont été longtemps à attaquer. Si l'on ne tient pas sa canne, il faut la poser à terre ; or, ceci constitue une pratique présentant de graves inconvénients, parce que, si une carpe ou un barbillon s'est enferré lui-même, il ne vous attendra pas, il entraniera ligne et canne au milieu de la rivière, ce qui n'offre pas l'agrément d'une promenade en bateau, quand sou- vent ce secourable véhicule n'existe pas à plusieurs kilomètres à ig- ■ — repie . pgj^^^^^.^ j^j^ sccoud licu, uuc partie de la canne trempe dans l'eau, et, à moins que cette canne ne soit d'un seul morceau, et non suscep- tible d'être démontée, cette opération, le soir, ne sera plus possible, parce que le bois se sera gonflé. Pour remédier à ces inconvénients, on se munit des deux petits instruments ci-joints {fïg. 1^3 et 124), que l'on peut faire en fil de fer et emporter (encore un poids de plus, mais c'est sûr) — ou couper dans un arbre voisin, — et s'il n'y en a pas ? — on enfonce en terre la fourchette {fig. 123) en avant du moulinet {fig. 123), sur le bord de l'eau, vers le premier tiers de la canne à partir du bas, et le crochet {fig. 124) sur la lance. La canne ainsi établie, se tient élevée au-dessus de l'eau, ce qui empêche le scion d'être mouillé. Le poisson ne peut plus l'entraîner, et le pêcheur a la plus grande facilité en dépassant, par un petit mouvement, la lame de dessous le crochet, de saisir la canne au moment opportun. Mais le plus grand avantage de cette pêche, — et celui qui en fait vraiment une spécialité, — c'est la possibilité de mettre à l'eau un certain nombre de lignes et de les surveiller toutes sans fatigue. Trois ou quatre cannes sont suffisantes pour ne pas faire de cette pêche une fatigue, si la rivière est un peu poissonneuse ; beaucoup de pêcheurs vont à six, à Fig. 12-2. — Pliant. Fiy. 123. Fourchette Fig. 1?4. Crochet. CAiNNE FIXE. 147 dix même, mais, dans co cas, ils remplacent les cannes par des lignes à grelots, ce qui rentre dans la pùclie décrite t\ cet article. (Voy. Grelots.) Dans ce genre de pèche, il i'aul choisir des lignes fortes, {fig. 120, crin en 12 brms, fi g. 127, soie), des hameçons renl'orcés , des flottes bien voyantes et de couleur écla- tante, et enfin, des cannes solides et à moulinet; une Fig. 123. — Position de la canne fixe, péchant. bonne épuiseltc AR {/ig. 128) est indispensable, et, si l'on ne voit pas mor- dre souvent , au moins quand cela arrive , c'est pour tout de bon , et la qualité dédommage de la quan- tilé. On peut encore, pour sim- plifier son bagage , n'emporter qu'une fourchette, et implanter obliquement la canne dans la terre, ou bien, mettre une pierre sur la lance, mais cet usage a Fig. 126. — Crin eu 12 brins. Fig. 127. — Soie forte. Fig. 128. — l'orte épuisette pour poisson de fond. l'inconvénient de ne pas offrir de facilités pour dégager la ligne, il faut faire un mouvement brusque qui, souvent, suffit pour dégager ou perdre la capture. La ligne que l'on monte à la canne fixe est en soie, semblable à celle de la figure 127 ; au bas, se fixe une avancée en florence double cordée, ou au moins en crin en 12 brins. A 0'",50 de l'hameçon, on met un petit grain de plomb (fig. 129), placé à demeure sur l'avancée, et au-dessus de lui, une olive de plomb, dont la grosseur varie avec le poids de la ligne, la force de l'eau, etc., et qui, glissant sur l'avancée, ne peut dépasser le petit plomb d'arrêt, fixé à demeure. Le plomb en olive n'est pas destiné à équilibrer la flotte ni la ligne, il descend au fond, y maintient la ligne, et lui permet cependant d'être libre comme si elle n'était pas retenue. En effet, le mouvement im- primé à l'hameçon se communique à tra- vers l'olive à la flotte, aussi aisément que quand on pêche à la ligne flottante. Toutes les Esches de fond sont bonnes pour ce moyen de pêche, on les assortit au poisson qui habite le lieu, ce qu'on peut souvent préjuger par l'élude de la ri- vière. CANNES POUR LA PÊCHE EN MER. — Les cannes qui servent pour la pêche à la ligne en mer, doivent être plus grosses et plus longues que celles que l'on emploie pour la pêche en eau douce. En effet, les poissons que l'on se propose de prendre sont généralement plus gros, Fig. 129. — Ligne de fond pour la canne fixe. 148 G A N T H È R E. toujours plus voraces et par conséquent se défendent avec plus de succès et plus longtemps. L'inconvénient du plus p;ran(l poids de ces perches est compensé parce que, si le pêcheur est en baleau, il appuie sa canne etl'arc-boute de manière à n'en pas porter le poids; l'attaque du poisson est si franche et si rapide qu'en tenant seulement la main sur la canne, le pécheur est immédiatement averti du succès de son entreprise. S'il pêche sur les rochers, il pose sa canne à terre (//,*/.! 23) la soutenant sur une fourchette {fg. 123) et maintenant la grosse extrémité par une pierre ou un crochet de bois ou de fer. (Voy. Canne fixe.) CANNIER. — Synonyme de Bvette. — (Yoy. Nasse.) CANTHÈRE [Genre] (Cantharus, Cuv.). — Acanthopt. Spaioïd. Ce genre est caractérisé par des dents crochues en cardes, d'égale hauteur, excepté le rang extérieur plus grand et plus courbe que les autres. G rayons branchiostèges. Joues écaillées. Écailles et aspect général de tous les spares. Son nom vient du grec : xàveapo;. Une espèce sur nos côtes. CANTHÈRE GRISE (Cantharus griseus, Cuv.). — Acanthopt. Sparoid. Long. max. = ()"',8(). Syn. : Black sea bream, angl. — Choupa, madér. Ce poisson, que l'on nomme aussi la Brème de mer noire, ou le Spare à Raies, porte également le nom de Sarde grise, et se trouve abondamment sur les côtes de Normandie. Il habite volontiers Fig. 130. — C.aiithere gribu [Cant/iarus grheus, Cuv.). les endroits vaseux des côtes, et se montre très-vorace; on le prend beaucoup à Dieppe, Calais, Boulogne, etc. 11 a la forme toute caractéristique, ovoïde des spares ; la tête petite et le corps large, rétréci gracieusement à la queue, laquelle est un peu fourchue et de forme élégante. Du haut de la tête et du dos deux lignes foncées descendent sur le bord supérieur de l'opercule, renfermant entre elles un espace garni d'écaillés. Les opercules sont écailleux, ainsi que l'interopercule. Iris rouge-orangé; lèvres et bouche rouge-brun pâle ; corps bleu-gris, marqué de bandes alter- nées claires et foncées, le centre des écailles étant plus foncé que leur périphérie. La ligne latérale est plus noire encore et s'écarte un peu du profil, en approchant de la léte. D= II-f-12. P = 16. V = l +5. A = 3-|-10. C=17. La dorsale est brun pâle, et peut se loger dans un canal creusé sur le dos du poisson ; les pec- torales et les autres nageoires sont grisâtres, un peu plus foncées que le corps. CAPELAN. 149 CANTHÈRE GRISE. — Celte Brème à raies a les mœurs de la Ihème de mer ordinaire. (Voy. ce mol.) Elle se pêche aussi bien à Thameçon qu'au (il(!l. On la trouve en abondance pendant juin, juillet et août, mais elle ne devient jamais aussi grosse que la T5rème de mer commune. On amorce la ligne avec les appâts ordi- naires pour prendre les autres poissons du même genre. Gomme, en outre, elle mange beaucoup de substances végétales, elle devient très-grosse. On la prend souvent, dans les ports, à la mouche du haut des rochers ou des digues. Elle est solitaire et ne se rassemble jamais en troupe : il est excessivement rare d'en prendre de jeunes de petites dimensions. CANTONNEMENTS. — (Voy. LÉGISLATION.) Rapport du 10 mai 18G2, et décret pour la réglementation de la pêche côtière dans les cinq arrondissements maritimes. CAPELAN (Gadus minutus, Lin.). — Malacoptérygiens subrachiens. Gadoïdes. Long. iiiax.=r ()■",!(;. Syn. . The Poor, angl. — Zwergdm-sch, allem. — Nunkana, ital. — Glysa, Glyskolju, suéd. Le Capelan est une espèce particulière de petites Morues, qui, en Bretagne, donne lieu à une pêche assez abondante pendant l'hiver. On les y appelle aussi Officiers, et leur chair est bonne, Fiij. 131. — Capelan [Gadus minulux, Lin.;. quoique leur taille ne soit pas considérable. On les prend le plus souvent en même temps, aux mêmes lieux et de la même manière que le Merlan. Ces poissons forment la meilleure esche pour les grosses espèces du genre Gade (Gadoïdes) ; on les prend en quantité énorme dans certaines anses, où ils se rassemblent près de la surface deleau. Dans ce petit poisson, la première dorsale de 12 rayons commence en dessus de l'origine des pectorales, qui en ont )4, le plus long rayon étant de la longueur de la base de la nageoire dor- sale; la deuxième a 19 rayons, et la troisième 17; elle commence et finit en face de la deuxième anale, qui a 17 rayons, tandis que la première n'en a que 16. Ces dorsules sont entourées d'une espèce de peau contenant les rayons à peu près libres ; il en est de même de l'anale. Elles sont brunes, plus foncées sur le dos. Les pectorales sont brun-rouge clair, et la caudale rougeâtre sale et un peu foncée. Chez un sujet observé à Brest, en 18G4, les ventrales manquaient tout à fait, et en étaient réduites à deux petits tubercules blancs sur cette région argentée mate. La naissance de la pectorale porte une petite tache brun-noir, à reflets verts. Le corps se prolonge fort loin sur la caudale, et y prend la forme de fer de lance. Les ventrales n'ont que C rayons, la caudale de 18 est grande et à peine échancrée; on la croi- rait plutôt carrée. La tête et le nez sont émoussés. Ciiaque branche des mâchoires porte quatre ouvertures ou pores en dessous. Les opercules sont nacrés, ainsi que le museau, et piquetés de petits points bruns-noirs. Mâchoires bordées de petites dents crochues en avant; langue blanche. Les yeux sont grands, à iris blanc en bas, noir-brun en dessus, la pupille noire. Les écailles sont petites et tiennent peu; la ligne latérale, très-légèrement courbée seulement au-dessus des pectorales, est saillante. loO CARNIEH. Le dos, au-dessus de la ligne latérale, est brun clair demi-transparent; les côtés et le ventre lilanc saie, à petites écailles. En arrière de la ligne latérale, c'est-à-dire vis-à-vis du commencement de la deuxième dorsale, se trouve, de chaque côté, une bande clievronnée d'écaillés vert-jaune peu foncé. On donne aussi le nom de Capelan à une petite Morue de la Méditerranée, qui semble être de la même espèce, et en parcourt les eaux en troupes extrêmement nombreuses. L'hiver, elle se retire dans les profondeurs, et l'été, elle s'approche des rivages. CAPELAN. — Le Capelan fi-équentc les côtes et se pi-end très-bien à l'ha- nicçon. Onoiqne fort bon pour la table, on le garde, à cause de son peu de grosseur, pour amorcer les lignes à gros poissons. Il se nourrit principalement de crustacés : on prétend qu'il demeure en troupes toute l'année dans certains endroits, habitude qu'il aurait conmume avec toutes les espèces de Morues; aussi les pôcheui^s de Norwége, qui en prennent d'énormes quantités, n'en commencent-ils la pèche que quand ils ont reconnu les parages fréquentés par ces bancs. Le Capelan aimant le voisinage des rochers, on le prend facilement à fond dans les endroits où le sol est très-bon et l'amorce à découvert. On esche avec un morceau de pilono. (Yoy. ce mot.) Le Capelan mord âprement et ne se défend point : il meint presque en sortant de l'eau. On le prend aussi dans les paniers à Crabes. Sur beaucoup de côtes, on le prend aux fdets à Merlans et on le vend avec ce poisson. CARAMASSOU. — Nom du Diable de mer ou Cotte-Scorpion à l'embou- chure de la Seine. (Voy. Cotte Scorpion.) CARANGUE. — (Yoy. Saurel.) CARANX TRACHURUS. - (Voy. Saurel.) CARDAIRE. — Nom de la Tiak Foulon ou Chardon. (Voy. Rates , § 9.) CARNET DE RECONNAISSANCE. — On appelle ainsi un tableau d'étude du cours d'eau où l'on veut pêcher, permettant, par l'aspect de l'eau (voy. ce mot) et la connaissance des qualités du fond, de préjuger quel genre de poissons, quelles espèces on peut y chercher. La confection de ce carnet est le travail préparatoire de la pèche à la ligne pour tout amateur sérieux, restant quelque temps dans un pays nouveau poiu' lui. CARNIER DE PÊCHE. — On a beaucoup cherché comment construire, pour le pêcheur, un réceptacle commode de tous les ustensiles dont il a besoin. Le plus usité est un simple panier de ménage : pour le pêcheur campagnard, qui ne con- naît que la pèche sédentaire, ce panier lui sert de siège au besoin, et il le trouve fort commode. Le pèchem- plus élé- gant a suggéré aux vanniers de lui en construire un qui pût se porter sur le dos au moyen d'une courroie, mais il n'est résulté de cela qu'un engin encombrant et peu com- mode {ft(j. 132). On en est arrivé alors au carnier de pèche, modifi- cation heureuse du carnier de chasse ou de la carnas- Fia. 132. — railler de pèche. .> i . i i i tvt i _ siere connue de tout le monde. Nous devons avouer que nous sommes pour beaucoup dans la modification que, sous notre direction, un des plus habiles constructeurs de Paris a fait subir à la carnassière tradition- nelle if g. 133}. Le chasseur se glorifie des marques sanglantes que le passage du gibier im- prime sur sa carnassière, son sac porte écrit en caractères indélébiles le certificat CAROUSCITE, 151 Fig. 133. — ('.aniassiéie de pêche. (le SCS exploits passés. T^e pécheur, lui, ne peut rechercher la même satis- faction. La proie qu'il recherche est enduite d'une matière j^luante et fort odorante ; son accumulation, sur les parois de son sac, en ferait un ohjet de haut (put et d'une appro- che fort peu agréahle. Il a donc fallu modifier : aussi le sac de pèche est fait en étoffe solide dite toile de cam- pement : c'est une toile de fil fort, extrêmement serrée (jui, mouillée, devient très-raide. Ce carnier peut donc se laver à chaque moment opportun. Mais ce n'est pas tout : sur le devant du grand sac se place un filet sem- blable à celui des carnassières, mais se démontant Ix volonté au moyen d'un lacet passant dans une série d'anneaux métalliques fixés dans le bord du filet et dans le bord du sac {f\g. 133). De cette manière, le sac se lave, le filet se lave; tout est propre, et rien ne sent mauvais. Sur le filet retombe un recouvrement en grosse toile semblable au sac. Ce recouvrement AC {fig. 133) est nécessaire pendant les marches au soleil; et ga- rantit le poisson des rayons directs. Les courroies mômes sont en fil, tout peut être lavé, mouillé et reprendre son aspect primitif en séchant. A l'intérieur du grand sac (voy. dans la coupe fuj. 134) peuvent être installés une certaine quantité de poches de difi'érenles grandeurs où le pêcheur met tous ses ustensiles, ses provisions, ses lignes de re- change, plombs, etc. Il est bon de mettre, dans le fond du filet RP {fig. 134), un lit d'herbes mouillées pour le poisson à mesure qu'on le prend, et au- dessus, encore des herbes mouillées : en rabattant le recouvrement S, on rapporte le tout en bon état, malgré une chaleur caniculaire. Le recouvrement S est encore indispensable pour la pêche à ^ ^' la mouche, parce qu'il empêche que par hasard l'hameçon ne s'engage dans les mailles du filet. Si le pêcheur préfère conserver ses poissons dans l'eau, il le peut sans plus de difficulté, en se servant de la Ronrriche {fig. 80). Quant à nous, nous sommes d'avis que tout poisson, sorti de l'eau, n'y doit plus rentrer avant d'aller à la cuisine. Lorsque, cependant, on désire en conserver, il faut se munir d'un petit filet à cercle (voy. Rourricue) dans lequel on place le poisson; pendant qu'on pêche on met le filet à l'eau. Quand on marche, on le pend à soi par un porte-mous- queton joint à l'une des boucles de la Randoulière, et l'on emporte le tout sans s'en apercevoir. Cette précaution peutêjtre admise dans la pêche sédentaire, mais, dans toutes les pêches à la mouche, elle est inexécutable. (Voy. Panier et Sac de pêche.) CAROUSCHE ou CAROUCHE NOIRE. — Nom vulgaire du Carrassin, espèce de Carpe. (Voy. Carrassin.) CAROUSCHE BLANCHE. — Nom du Cyprin strié dans le département de la Moselle. Ce Cyprin porte aussi le nom de Carpe de KoUar {Cyprinus Kollari). (Voy, ces mots.) CARPE [Ge/i/'f] (Cyprinus, Lin.)- — Malacopt. abd. Cyprin. Groupe facile à dislinguer dans la famille, faciès tout particulier, trapu, vigoureux; écailles Fig 13i. — Coupe de la carnassière de pêche, suivant AB ou CD. 152 CARPE BOUVIÈRE. grandes, ou absentes, ou niél;mgées, mais toujours 4 barbillons à la mâchoire supérieure. Deuxième rayon de la dorsale et de l'anale fort, pointu, mousse, et en scie. (Voy. Espèces e> France.) CARPE (Os du). — Les membres antérieurs des vertébrés sont représentés, chez les poissons, par les nageoires pectorales qui sont, en quelque sorte, des bras enfoncés sous la peau jusqu'à la main. Les parties osseuses de la tète, se continuant jusqu'aux côtés du cou pour défendre l'appareil respiratoire ou branciiies, il s'ensuit que les nageoires antérieures semblent attachées à la tète même du poisson. Il n'en est cependant rien ; seulement, les pièces formant l'omoplate, le bras et l'avant- bras, semblent comme repliées sur elles-mêmes, et déformées par le petit espace qu'elles occupent au-dessous des arcs branchiaux. Le bras complet du poisson se compose d'une clavicule, une omoplate, quelquefois divisée, un os coracoïdien, un humérus, un radius et un cubitus. La main qui, seule, sort au dehors, se compose du Carpe, 4 à 5 os, et des rayons qui représen- tent les doigts. CARPE A CUIR (Cyprinus coriaceus, Lin.), ou CARPE-TANCHE. — Malacopt. abdom. Cyprin. Long. max. = On.,.30. Ne diffère absolument de la Carpe commune que par sa peau coriace et entièrement privée d'é- cailles, ou du moins en portant de si petites, qu'elles ne sont pas facilement visibles. Les rayons des nageoires sont en même nombre que dans la Carpe à miroir. Elle se prend à la ligne comme la Carpe vulgaire. CARPE A LA LUNE. — Nom populaire de la Carpe carrassin, dans quelques « localités. (Voy. Carrassin.) CARPE A MIROIR (Cyprinus specularis. Lac). — Malacopt. abdom. Cyprin., Heine des Carpes. Long. max. = U"',aj. Syn. : Spiegelkarpfen, allem. Fuj. 13, Carpe a iiiiruir. [Cypi'inus specularis, LiK.) Celte Carpe est remarquable par deux rangées de grandes écailles, distribuées régulièrement sur les côtés et sur le dos ; ces écailles, très-grandes, sont striées et comme rayonnées, couleur jaune bordée de brun. vSc détachent facilement. Ce poisson n'a que 20 rayons à la dorsale, tandis que la Carpe vulgaire en a 24 ; l'anale, égale- ment, eu a 2 de moins, 7 au lieu de !). Ces Carpes, ainsi que la Carpe-Tanche, donnent des métis avec la Carpe vulgaire, dont elles ne sont très-probablement que des variétés. Pectorales, 18 rayons ; caudales, 25. Chair très-délicate. Quand ces Carpes perdent leurs écailles, on leur donne le nom de Carpe à cuir; assez rares en l'rance, où elles existent dans quelques rivières, quelques étangs, et surtout de nombreux viviers en Lorraine. oo .»a{è«- oo Û o h- a > O ■%-fe M. i^ LiJ o S a. < o eu o CARPE. io.'] Elles se pcenncnt à la lii?np absolument comme les Carpes vulgaires. CARPE BOUVIÈRE. — (Voy. BOUVIÈRE.) CARPE CARRASSIN. — (Voy. GaRRASSIN.) CARPE DE KOLLAR (Cyprinus KoUari, Val.). — C'est celle que nous désignons sous le nom de Cjiprin strié. (Voy. ce mot.) CARPE DE MER. — Nom (le la Vieille. (Voy. ce mot.) CARPE-TANCHE. — (Voy. GaRPE A CUIR et GaRPE A MIROIR.) CARPE VULGAIRE (Cyprinus Carpio, Lin.) — Malacopt. abd. Cypr. Long.max.= l^.ao. Syn. : Caip, angl. — Stru/i, Saumeri, allem. — Cdr/Jti, ital. — liaijna, vénit. — Ponliy, hon- grois. Poisson connu de tout le monde ; dos anjué, d'un vert olivâtre ou bleuâtre, jaunâtre en dessous ; ventre plus blanc. Les épines formant le premier rayon des nageoires dorsales et anales, sont fortes et dentelées. Dents pliaryngienncs (voy. ce mot) plates et striées à la couronne. Ligne latérale de 48 points noirs ; dorsale de 21, 22 ou 24 rayons; anale de 8 ou 9; 9 à chaque ventrale; 3 rayons de la dorsale et de l'anale dentelés. Caudale et ventrale violacées, anale rouge-brun ; son opercule lisse et sans dentelures. 4 barbillons, dont deux aux angles de la mâchoire. Écailles grandes et solides. Les parties osseuses du squelette de ce poisson sont en nombre fort considéraLle, caron en compte 4,38G. Tête forte, grosse et obtuse, yeux petits. Originaire du milieu de l'Europe, elle vit dans nos eaux tranquilles, où elle atteint jusqu'à 1™,20 de long. Elle s'élève aisément dans les viviers, dans les étangs, et est généralement de Lon goût. Les eaux claires et peu courantes lui conviennent, et cependant elle trouve dans les eaux des qualités qui échappent à nos observations, puisqu'elle se confine dans telle ou telle partie d'un fleuve ou d'une rivière, et qu'on ne la trouve que là,. La sensibilité de la Carpe est même si grande sur ce point, que celles qu'on élève et qu'on abandonne dans ces rivières à l'état sauvage, vont re- joindre les autres aux mêmes endroits, et ne repeuplent point le cours d'eau dans toute sa longueur. La Carpe se reproduit cependant avec une grande facilité dans les étangs, mais l'eau vaseuse communique facilement un goût de marécage à sa chair. Il est facile d'ailleurs de lui faire perdre ce goût de vase, en la faisant dégorger, huit jours seulement, dans une eau vive. Alors que la Carpe veut frayer, elle quitte les grands cours d'eau pour chercher des endroits plus tranquilles, et, dans cette route, elle n'est pas arrêtée par des chutes d'eau de 2 mètres, qu'elle remonte avec autant d'adresse et de persévérance que la Truite. Elle se frotte sur les herbes pour aider à l'expulsion de ses œufs, et souvent est presque en- tièrement hors de l'eau, surtout par un beau printemps et sous les rayoiis d'un soleil vivifiant; à ce moment, les Carpes ont une chair molle et flasque. Les jeunes Carpettes sont fort exposées aux dents de leurs ennemis, et un immense nombre sert de pâture aux poissons, oiseaux et mammifères voraces. Passé trois ans, elles ne craignent plus guère que le Crochet et les Loutres. Les Carpes ont une vie très-longue; celles que l'on nomme Saumonées ont la chair rouge et sont très-délicates. La croissance de ce poisson, dans un milieu où il trouve une boime nourriture, est prompte ; car, dans l'espace de sept ans, il passe du poids de 8 gr. à 8 kilog. C'est un poids mille fois plus grand. A cette grosseur, il s'accroît beaucoup plus lentement. Ou voit souvent des individus monstrueux, à front très-bombé et à museau très-court. L'on en élève une race à grandes écailles dont certains individusontlapeau nue par places ou même entière- ment, que l'on nomme Reine des Carpes, Carpe àmiroir, Carpe à cuir, etc. (C?//;nViM9 rex cyprinorum). La Carpe est peu vorace, mais se nourrit du frai d'autres poissons, d'insectes et de beaucoup de substances végétales et animales qu'elle trouve dans la vase. Quand la r,arpe est maigre, sa tête parait être très-grosse relativement à son corps. Les petites Carpes sont désagréables à manger, mais les grosses sont charnues, et leur chair est ferme et délicate quand elles sont prises en eau vive. Celles des étangs ont un goût de vase. Les Carpes du Rhin et celles de Moiitreuil-sur-Mer sont très-estimées; celles du Lot passent pour excellentes. Dans la Saône, ces poissons sont de très-bonne qualité, tandis que les eaux si vives et si limpides de la Moselle et de la Loire ne fournissent que des Carpes peu recherchées. La Carpe vient des parties méridionales de l'Europe, et est acclimatée partout. M. Bienner, explorateur de Y Établissement de pisciculture de Huningue, a trouvé, au 15 dé- cembre, dans le lac de Constance, des Carpes dont les œufs et la laitance étalent complètement mûrs; y aurait-il deux frais par an chez ce poisson ? CARPE VULGAIRE. — Quel que soit le mode de pêche que Ton veuille adop- ter pour la Carpe, il faut d'abord s'assurer qu'il y en a dans le lieu même où l'on 154 CARPE. doit pêcher et les y rassembler, car ce poisson se cantonne et demeure fidèle à l'en- droit choisi par lui. On se sert, à cet effet, d'appâts de fond, que l'on place sur le sable dans un lieu où il n'y a pas d'herbes. Si le fond est vaseux, on y descend une planche que l'on couvre de terre glaise sur laquelle on place les appâts. Cette table est attachée à une corde qui se fixe au rivage pour qu'on puisse la retirer et remettre des appâts si les Carpes les ont enlevés. Les appâts employés varient beaucoup, mais ordinairement ce sont des graines cuites. (Voy. Amorces.) Pour pi^'cber la carpe à la ligne, il faut choisir des hameçons à l'épreuve, les monter sur des lignes de soie solide, teintes en vert, si l'on veut, et attacher la ligne et le moulinet à une canne solide, pas trop fiexible, et longue. La flotte peut être grosse sans inconvénient, la carpe, au fond, ne la voit pas. Les appâts dont on fait usage pour cette pêche sont nombreux ; sans parler des fèves cuites, en voici quelques-uns : Prenez : oOO grammes de marc de chènevis, GO grammes de saindoux, autant d'huile de héron et de miel, 800 grammes de pain blanc rassis, et 4 grains de musc. Mêlez le tout ensemble et en faites une pâte que vous coupez par morceaux, avec lesquels vous garnissez les hameçons. (( D'après Wallon, il faut choisir des vers rouges très-gros, les garder trois se- maines à un mois, dans la mousse que l'on change de temps en temps. Mettez à vos lignes de soie ou de crin de longs tuyaux de plumes de cigogne ou d'oie, attachez le plomb à 0^,00 au-dessus de l'hameçon et choisissez-le assez pesant pour qu'il fasse enfoncer un peu le liège de la plume sous l'eau ; il faut que ce plomb soit à la mesure exacte du fond. «Rendez-vous sur le lieu où vous aurezvu ce poisson se promener vers 4 heures de l'après-midi, en été. Remarquez que, pendant que la troupe cherche sa nourri- ture, au fond, une ou deux carpes restent en sentinelle à la surface de l'eau. C'est vers le milieu de la rivière, au moins à 3 ou 4 mètres du rivage, dans un fond clair et un terrain convenable, qu'il faut commencer. Si l'eau change de niveau, prenez de nouveau la hauteur afin que, le plomb étant au fond, la flotte paraisse seulement de 2 centimètres au-dessus de l'eau. Il faut remarquer que toutes les recommanda- tions se rapportent à l'emploi de flottes anglaises, d (A'oy. Flottk.) ,U1. CARRELET. 137 Syn. : Crucion carp, angl. — Brascen Knrousche, ail. — Riida, siiéd. ; — Hamburger, hol!. La structure de ce poisson est la même que celle de la Carpe vulgaire {Cyprinus carinu), avec cette différence qu'il a un corps très-clevé, à ligne latérale droite, à tète petite, à caudale coupée carrément. 11 manque de barbillons. Son museau est arrondi, le dos est brun foncé, olive sur la tête, courbé en arc de cercle, côtes verdàtres en haut, jaunâtres en bas. Ventre blanc mclé de rouge, son canal intestinal présente cinq sinuosités. L'épine dorsale de 30 vertèbres est soutenue par 2h côtes de chaque côté. Pectorales violettes de 13 rayons, caudale de 21, jaunâtre, bordée de gris, ainsi que toutes les autres nageoires. Le Carrassin est rare dans les environs de Paris, mais très-commun dans le nord Il aime les fonds marneux et glaiseux des lacs et des étangs, sans y contracter le goût de la vase ; il a la vie dure et ne meurt pas vite hors de l'eau. 11 se nourrit comme la Carpe, de vers, de végétaux, de débris de substances organisées qu'il ramasse dans la vase. H croît lentement, et son poids n'excède guère 600 grammes. On peut le nourrir comme la Carpe, il aime les mêmes amorces de fond. Sa chair est blanche, tendre et très-délicate. Dans certains pays, on attribue des qualités vénéneuses à la Carpe carrassin, que l'on nomme Cio'iie à ta lune ; il parait que le principe toxique réside seulement dans les écailles qu'il faut en- lever avec soin. On en pêche beaucoup en Lorraine. CARRASSIN [Carpe]. — Ce poisson peut non-seulement habiter tous les fonds qu'habite la Carpe vulgaire, mais encore de plus mauvaises eaux. Il se nourrit de la même manière qu'elle ; par conséquent tous les modes de pêche bons pour Tune peuvent être employés pour l'autre. Seulement le Carrassin mord beaucoup moins volontiers aux esches que la Carpe, et si, sous ce rapport, il offre encore plus de difficulté qu'elle au pêcheur, en revanche il présente au propriétaire une grande sécurité contre le braconnage à la ligne. Aussi peut-on se servir de ce poisson pour empoissonner les mares et trous de tourbière ou d'exploitation quelconque, éloi- gnés de toute habitation, et que, cependant, on ne veut pas laisser stériles. Il suffit d'y planter des pieux garnis de clous, coupés au-dessous du niveau de l'eau et em- pêchant, dans la mare ou le trou, l'usage de toute espèce de fdet. Lorsque l'on déci- dera la pêche du réservoir, on en sera quitte pour se munir des appareils nécessaires et commencer par arracher les pieux, travail que les braconniers n'auront eu ni les moyens ni le loisir d'entreprendre. CARRASSIUS (Cyprinus). — (Voy. Carrassin, Carpe.) CARRÉ. — Nom donné au Carrelet (fdet), dans quelques endroits. CARREAU. — On donne le nom de Carreau au Lançon, au Brochet adulte et à la Carpe carrassin. (Voy. ces mots.) Les pêcheurs de l'étang de Saint-Gratien, vallée de Montmorency près Paris, désignent sous le nom de Carreau la Carpe de Kollar ou Cyprin strié qu'ils trouvent mélangée à la Carpe commune. (Voy. ces mots.) CARRELET. — On donne le, nom de Carrelet aux jeunes Plies qui remontent les fleuves et rivières. On en prend peu qui dépassent 0'n,?5 de longueur, et on en prend toute l'année dans les cours d'eau à fond sablonneux, entre autres la Loire et la Garonne. Il est difficile de croire que ces poissons soient attirés là par le besoin de frayer ; car, dans ce cas, on n'y prendrait que des individus parvenus à toute leur croissance. On remarque, au contraire, que ces Carrelets ont les taches du corps beaucoup moins visibles que les grosses Plies prises en mer; le côté supérieur du corps est presque entièrement brun, et les tubercules saillants de la ligne latérale et de la tête, entre les yeux, sont très-peu proémi- nents. Ces observations tendraient à faire croire, ou que le Carrelet est une variété d'eau douce de la Plie franche, ou que les jeunes de celte espèce, nés dans la mer, remontent dans l'eau douce pour y passer un certain temps, jusqu'à un accroissement suffisant après lequel ils regagnent la mer. On prend de très-petits individus de cette espèce à une grande distance de la mer, dans des étangs d'eau douce où ils ont remonté par les cours d'eau qui s'y déversent. De même que la Plie franche, ils ont sur les mâchoires une seule rangée de dents tranchantes, 158 C A SI EU. et le pharynx garni de molaires plates. Les nageoires dorsales, anales et caudales sont parfaitement séparées, et les yeux le plus souvent placés sur le coté droit du corps. (Voy. Plie franche.) CARRELET. — Ce poisson, dans la Loire et la Garonne, se prend parfaite- ment à la ligne de fond à donjon on à Barbillon. Il mord franchement au ver rouge, et, connue le Barbillon, quand il lient un bout du ver, il ne le lâche plus quil n'ait avalr lanimal entier et l'hameçon qui y est caché ; aussi ne doit-on pas se presser de ferrer, car il est très-rare qu'on prenne un Carrelet autrement que par les téguments intérieurs de l'eslomac. Lorsque la ligne est peu tendue sur l'eau, parce qu'on pèche avec du plomb et une très-longue avancée que le courant promène sur le sable, il arrive très-sou- vent que le Carrelet ne communique aucun mouvement apparent à la flotte. 11 s'est pris seul et reste immobile dans le sable, où il s'enfonce tant que le pêcheur ne cherche pas à retirer ou à remuer sa ligne. A ce moment, il bombe son corps et fait le vide en dessous de telle sorte qu'il est aisé de croire, au premier moment, que l'a- morce est accrochée à une pierre ou à une racine quelconque. Sous les efforts du pê- cheur, le Carrelet quitte le fond, et s'il est de belle taille, se défend un moment avec vigueur, la forme plate de son corps lui donnant la facilité de fendre et battre l'eau dans tous les sens et par bonds saccadés. Heureusement il est toujours solidement accroché, et comme il a la vie dure et qu'il ne se noierait point, il faut l'enlever d'au- torité, et l'amener sur le rivage de suite pour le décrocher au moyen du dégorgeoir. Ces détails indiquent qu'il est bon de monter sa ligne avec une avancée de bonne florence ou de 6 crins tordus : 4 même un peu forts pouvant suffire. On met le plus souvent deux hameçons n"' 10 et 12, et il n'est pas rare que la même plie mange, sans faire remuer la flotte, les deux vers rouges et se prenne aux deux hameçons en même temps. CARRELET. — Synonyme à' Échiquier. (Voy. ce mot.) CARRELET GOUJONNIER. — (Voy. ÉcniQUIER.) CARTILAGINEUSE (Nageoire). — (Voy. Adipeuse [nageoire.]) CARTILAGINEUX (Poissons). — 2™e grande division des poissons, à laquelle Artedi a donné le nom de Cliondroptérygiens. Elle comprend des animaux à-os cartilagineux pendant toute la vie. Les opercules manquent ; le bassin est d'une seule pièce transverse, non articulée à l'épine dor- sale, et portant de chaque côté une tige supportant les rayons delà nageoire ventrale. Les Raies font partie de ce groupe. Cette série se subdivise en deux ordres : 1" Sturioniens ou Cliondroptérygiens à branchies libres; 2'-' Chondropténjgiens à branchies fixes. CASIER. — Les casiers sont des nasses d'osier verticales, à ouverture supé- périeure, et qui rappellent parfai- Ë>^B//1^^^5^, tenient certaines souricières en lîl d'archal. Ils servent à prendre les Homards, Langoustes, Crabes et autres crustacés {fig. 136). On en fait aussi en charpente légère que l'on recouvre d'un fdet, le dessous étant en clayonnage. Les plus grands casiers n'ont guère plus de 0"',50 de hauteur sur l^jSO de diamètre. Ces casiers portent au fond des câblières ou des lests qui les maintiennent siu' le sol. Le dôme est garni de trois ou quatre anses par lesquelles on les suspend comme des caudrettes. (Voy. ce mot.) Fiy. 13G. — Casier eu hautcui'. CASTA GNOLE. 151) Chacun de ces paniers est amorce, en dedans, avec de la viande, du poisson ou quelquefois une simple pierre blanche taillée en forme de poisson, tant les crus- tacés sont gloutons. Au moyen dun bateau, on peut placer ces casiers, de mf'me que les caudrct- tes, j\ tous les endroits possibles. Si l'on fait la pêche à pied, il faut aller au relai de basse mer, les placer le plus avant possible dans [ l'ean, toujours entre les rochers; mais on ne peut venir les re- Fi^. 1 37. — r.asier en long, formé de lattes de chêne sur cercles chercher qu'à la marée suivante. avec goulets de fUet. Le meilleur moment pour réussir dans cette pêche est la nuit, quand le ciel est couvert, orageux, l'air chaud, le temps lourd et que la mer a été remuée. Dans certains pays, on emploie identiquement les mêmes paniers, mais plus petits, et dans les mêmes circonstances, pour pêcher les Écrevisses dans l'eau douce. Il va sans dire que les uns comme les autres présentent au milieu du fond une porte par laquelle on fait sortir les prisonniers. Il arrive souvent que dans les paniers de mer on trouve des Congres, et dans les paniers d'eau douce des Anguilles. CASSE. (Yoy. CUASSE.) CASTAGNEUX [Petit]. — (Yoy. CoRACIN VULGAIRE.) CASTAGNOL.E. — Le nom de Castagnole est donné par les pêcheurs au Germon, poisson que Ton prend souvent dans la Méditerranée. CASTAGNOLE ORDINAIRE ^Brama Raii, l!l.). - Acantliopt. squammi fpen). Long, niax. = 0"',75. Syn. : îlaifs sea Dream, angl. l'ig. Icls. — (lastagnolc orilinawc (Brama /ton, liioch'. Corps élevé, comprimé, de couleur argentée obscure, un peu brunâtre sur le dos ; museau très- court, front vertical, bouche presiiue verticale quand elle est fermée ; maxillaires écailleux. Na- geoires verticales brunes, pectorales et ventrales jaunâtres. Dorsale et anale basses, commençant en pointe saillante, longues ou étendues sur la plus grande partie du dos ou du ventre. Ce poisson se trouve dans la Méditerranée et quelquefois dans l'Océan, même près des côtes septentrionales. La mâchoire inférieure est la plus longue, les dents fines, nombreuses, pointues et recourbées, le rang extérieur d'en bas étant le plus long. La langue est couleur de chair ; l'œil grand et un peu ovale, à iris noir et pupille brillante. D==34. P=19. V = 45. A = 2-f-28. C = 17. 160 CAUDALE. Caudale fortement fourchue, anale et dorsale brillantes comme de l'argent. La dorsale a cepen- dant une teinte verdâtre. Les membranes des nageoires sont en partie couvertes d'écaillés. CASTAGNOLE ORDINAIRE . — Ce poisson se prend à la ligne, au mois d'oc- tobre dans rOeôan. Il doit aussi se trouver dans les fdets de grande eau. CASTRATION. — Les poissons, grâce au peu de clialeur de leur sang, à l'énergie peu développée de leurs sensations, A la température assez basse du milieu où ils vivent, présentent une vitalité particulière. Cliez eux existe une assez grande indépendance dans les organes. Beaucoup moins solidaires que ceux des animaux à sang chaud et d'ordre supérieur, les organes ne sont pas tous nécessairement affectés par l'attaque ou la destruction de l'un d'eux. Ce motif rend compte du peu de danger de la castration que l'on fait subir aux poissons pour les engraisser dans les réservoirs. 11 suffit, pour pratiquer cette opération, d'ouvrir lestement l'abdomen du poisson, d'en extraire doucement la laite ou les ovaires, puis de recoudre proprement la plaie. On rejette de suite à l'eau le poisson qui ne manifeste aucun trouble, aucune souffrance. CASTRIC. — On appelle ainsi, à Brest et probablement sur une partie des côtes de la Bretagne, les petites espèces de Vieilles qui se tiennent près des rochers : le Crenilabre pnsillus, le Ctenolabre rupestris, etc., etc. (Voy. ces mots.) CATONIÈRE ou CATENIÈRE. — (Voy. GRAPPIN.) CAUDALE (Nageoire). — La nageoire qui termine le corps de tous les poissons est verti- cale, à l'exception d'une variété monstrueuse des Cyprins dorés de la Chine. La queue des animaux marins nommés Cétacés est aussi quelquefois verticale, mais ce sont des mammifères et non des poisso?is. La caudale des poissons varie souvent de forme et de grandeur, aussi est-elle un bon caractère spécifique pour distinguer certaines espèces entre elles. Les poissons doivent à leur queue la faculté de se mouvoir, non dans tous les sens, mais dans la direction de la propulsion en avant. Munie de muscles puissants, elle est l'hélice sous-marine placée à l'arrière du bâtiment qu'elle pousse en avant. Au moment où le poisson veut prendre son élan, la nageoire caudale frappe vivement le liquide à droite et à gauche. Nous avons cru remar- quer, sans y voir aucune raison, que, généralement, les poissons ont une tendance à frapper l'eau d'abord d'un côté, et généralement à droite, quand ils veulent se mouvoir en ligne directe. Cette caudale ne frappe qu'obliquement ; restant toujours dans l'axe du corps par son milieu, elle oriente ses deux extrémités, souvent lobées, l'une dans un sens, l'autre dans l'autre, comme l'aile d'un moulin, et les composantes de cette force appliquées sur l'eau, sont, l'une, anéantie par l'inertie du liquide, l'autre, libre, employée à pousser le corps dans le sens de son axe. Ce mouve- ment, d'autre part, est à cliaque instant modifié par l'emploi des autres nageoires, surtout des pec- torales. Les impulsions précipitées et symétriques de l'organe caudal produisent, à chaque fois qu'il agit, une pression latérale sur le corps, lequel doit s'échapper suivant la diagonale de ces actions obliques, symétriques et égales. Plus la nageoire caudale est allongée verticalement, plus elle a d'action ; plus elle est éloignée du centre de gravité du corps, plus elle augmente son bras de levier, plus elle a de force. On peut dire qu'en elle et dans les pectorales résident les moyens de propulsion des poissons : tout porte à croire que les nageoires dorsale et anale ne sont que des organes d'équilibre, et les na- geoires ventrales des appareils de station ou de sommeil. La dorsale est le gouvernail supérieur, les ventrales le gouvernail inférieur, sorte de dériveur que l'animal déploie plus ou moins à propos. On peut parfaitement, — tant est grande l'habitude du poisson de tenir son corps en équilibre, — supprimer tout à coup à l'animal ces deux appendices, sans . qu'il en paraisse sensiblement affecté. (Voy. DoRs.\LE.) Il n'en est plus de même, si on lui retranche la caudale ou les pectorales qui nous semblent les nageoires essentielles. Privé de caudale, le poisson avance encore, car il possède dans les muscles de la queue un or- gane encore puissant, mais ses efforts sont paralysés par le peu de résistance que trouve contre l'eau cette partie fusiforme. L'animal ne tarde pas à s'arrêter. Sentant son impuissance, il se cache, fuit dans un lieu sombre, sous les racines, les herbes ou derrière les pierres et, la plupart du temps, y périt soit de ses blessures que les Bijssus envahissent et enveniment, soit de son inhabileté à fuir ses ennemis et de son impuissance à chasser pour sa nourriture. 11 en est de même lors de la section des pectorales. Plusieurs espèces tombent au fond après quelques efibrts et n'en veulent plus quitter. Cette section terrible est d'ailleurs promptement suivie de mort ; tandis que celle de la dorsale est presque insignifiante par ses suites. CAUDRETTE. IGl Action de la (Caudale chez les poissons. La caudale sert encore aux poissons de gouvernail pour tourner à droite on ;i gauche. Le poisson veut-il, par exemple, tourner à gauche de sa ligne de direction A, il frappe l'eau en ïi de sa queue; la tète A oliéit et marche vers D, comme si la ligne moyenne du corps AO eût étc placée en équi- libre sur un pivot au centre d'intersection de ST, sou- tenant le centre de gravité du système. Ce mouvement est aidé par les pectorales M, ÎV qui, seules, marchent alors. La nageoire M est appliquée sur le corps, et la nageoire N frappe l'eau qu'elle repousse, de haut en bas, sous le corps, formant ainsi un vide qui attire celui-ci en avant, du côté même où la nageoire agit. Les ventrales et dorsales restent immobiles et le plus souvent ployées, pendant le mouvement de con- version. La nageoire caudale sert encore aux poissons à franchir des obstacles en hauteur, hors de l'eau. Dans ^- ^^,^ _ ce cas, ils recourbent en arc la queue et la tète du même côté, et, se débandant comme un ressort, Vs frappent vivement l'eau qui résiste par sa force d'inertie et sautent par suite de la réaction que l'eifort imprime à leur masse. Par, rapport à sa forme, la caudale est : Entière. — Qm^lques Saumons et Cyprins, le Flet, etc. Ronde. — Les Cottes, etc. Lancéolée. — Les Donzelles, Lottes, etc. Echancrée. — Bogue, Perche, etc. Bifide ou fourchue. — 3Iaquereau, Thon, etc. On connaît des exemples de caudale changeant de forme avec l'âge. L'un des plus frappants, est celui qu'ofTre le Saumon à l'état de Smolt et de Grilse. D'abord fortement echancrée, la caudale du Grilse devient égale, à son retour de la mer. CAUDRETTE. — Espèce de balance ou de petite truble sans manche, sus- pendue avec trois coixlelettes qui se réunissent à une corde plus forte. C'est, en petit, le Lanet. Elles servent, en les appâtant, à prendre soit des crustacés, soit de petits poissons. On les tend ou d'un bateau, ou d'un échafaudage fait exprès, et on les retire soit directement à la main, soit en faisant passer la corde sur une petite fourche de bois. (Voy. Fourche a canne.) On distingue les petites et les grandes Can- dretfes. Lés petites servent, en Normandie et sui les côtes des Charentes, à prendre des Crevettes en grand nombre. Jusqu'à ces dernières années, cet engin se tendait du haut des rochers, le soir après le coucher du soleil, suivant l'heure de la marée, pour cesser à la mer descendante. On re- garde comme une grande amélioration de 1862, l'idée qu'a eue le patron de chaloupe, Jean Groi- nard de Croix-de-Vie, de faire cette pêche en batean. Celte innovation offre l'avantage qu'on peut suivre les Crevettes quand elles se retirent de la plage, et les pocher par conséquent en tout temps et ;\ toute heure. Lesyj(?/eVes 0«»f//-e^/e.s sont formées d'une poche fiq. iUK - r.tite caudinto. de filet tendue sur un cercle de fil de fer d'un demi-mètre de diamètre. Ce cercle est croisé par deux ficelles transversales, à Tintersection descpielles est tendu lap- pât, composé de Crabes écrasés, de débris de Sardines et daulres choses ana- U 162 CENTROLOPIIE. logues. Une ligne, altachée à celte balance, permet de la' descendre à une pro- fondeur convenable. Lorsqu'on laisse les Caudrettes seules, on les munit d'une flotte qui maintient les cordes à la surface de l'eau. Les mailles du filet ont en général 9 à 10 millimètres de C(Mp. Quelques pêcheurs modifient ce système élémentaire, afin d'empêcher les cor- delettes de suspension de retomber sur la Caudrette tendue {f.g. 1 40) et de faire fuir les animaux par leur dé])loiement, quand on relève l'engin. A cet effet, les cordelettes de suspension sont attachées à une ficelle de 0™, 50 à 0'",60 terminée par une flotte, la- -^ quelle, en s'enlevant, tient les cordelettes ten- dues. Au même point est attaché une baguette d'un demi-mètre à peu près, à l'autre extrémité de laquelle est fixée la grande ligne qui vient à la surface de l'eau. Pour cette pêche, comme pour celle que nous allons décrire, h. la grande Caudrette, il faut que les eaux soient chaudes et généralement que le soleil soit descendu sous l'horizon. Grande Caudrette. — Ces engins diffèrent de ceux que nous venons de décrire, d'abord, par leur taille qui est double et qui les rapproche des Lanets ; en second lieu, parce que le filet, en forme de poche, est couvert par des ficelles ten- dues d'un bord du cercle à l'autre, formant comme une trame ta larges mailles à laquelle on attache les appâts de poissons frais. Les crustacés qui viennent les attaquer tombent à travers ces grandes mailles dans le filet, quand on le relève, ou s'em- barrassent dans ces fils transversaux et ne peu- vent s'échapper [fig. 141). Employés dans un bateau, on peut placer ces engins à toute profondeur, auprès des rochers. Mais cette pêche est fatigante, et il faut deux ou trois hommes pour manœuvrer une dizaine de grandes Caudrettes. CEINTURE HUMÉRALE. — (Voy. Ouïe, Huméral, Squelette.) CÉLAN ou CÉLAN GARDON. — Ce poisson apparaît sur les côtes de Nor- mandie quand disparaît le Blaquet. Il n'en diff'ère, du reste, que par la plus grande sécheresse de sa chair. Il a beaucoup de rapports avec la Sardine, dont il est très- proche parent, mais les pêcheurs ne l'emploient que comme amorce, aux hame- çons, pour la pêche des poissons carnassiers. Le mot Célan n'indique pas, d'ailleurs, chez les pêcheurs une espèce bien déter- minée ni unique ; c'est en quelque sorte une dénomination générale comme celle de Blaquets. Aussi le Célan est-il le plus souvent le Clupea spratus^ Sprat, mais il peut être aussi une variété du petit poisson, nommée Harengxda latulus, Lin. Bien plus, la Sardine elle-même porte souvent le nom de Célan, ou celui ûcCélerin, ou celui de Boyan, vers Bordeaux. CËLERIN. — Même poisson que le Célan. (Yoy. ce mot.) CENDRÉE [Raie]. — (Yoy. Baies, § o.) CENTROLOPHE POMPILE (Coryphaena pompilus, Lin.. — .4canthopt. scombér. Fig. 141. — Grande Caudrette. Long. nia\. 0">, ':,'.. CERISE. 163 Syn. ; B/ackfisJi, angl. Corps peu nllongé, comprimé, palais lisse ; dorsale commençant un peu en arrière de l'occiput ; Duhamel, dans ses Péc/ies, pi. VI, f. 2, le nomme Serran de Provence. Le corps de ce poisson, assez rare dans la Méditerranée et dans l'Océan, est couvert de petites écailles curieusement striées : il est entièrement noir, les nageoires intenses, le ventre un peu plus clair; l'orij^ine de la ligne latérale est un peu bronzée. C''tte ligne est légèrement courbe à son com- mencement. Bouche petite, langue grande, dents petites sur les mâchoires ; œil proéminent et bril- lant. Les pectorales sont pointues, la caudale fourchue. D=38. P = '2(). V= 1 +5. A=2-2. C= 17. Ce poisson, pendant le temps qu'on le pèche et qu'on le tient dans le filet, change de couleur et ses fliincs deviennent bleus. Les individus du Midi sont plus beaux, comme couleurs, que ceux du Nord. CENTROLOPHE POMPIL.E. — Ce poissoii est uu prodige de vélocité et de force. On le prend dans les filets tendus pour le Saumon à l'embouchure des ri- vières, vers le mois de novembre. Sa force est telle qu'un individu, pris ainsi, frap- pant dans le pied du filet, l'emporta avec lui par-dessus la corde de tête. M. Jago trouva des débris de plantes dans l'estomac de ce poisson; Ruysch rapporte le même fait, mais dit qu'il se nourrit également de chair. Chez un autre, Yarellr a trouvé une moule dépouillée de sa coquille, un morceau de Brème de mer, tous les deux provenant sans aucun doute de l'amorce d'un hameçon. On prend aussi ce poissonà la ligne, en amorçantavec des morceaux de Maquereau. CENTROLOPHUS POMPILUS. — (Voy. ci-dessus.) CÉPHALOPTÈRE GIORNA (Raia Giorna, Sohneid.). — Chondropt. à br. fixes, pla- giostome. Long. max. = 1™,.S0. Syn : The horned Ra'j, angl. Espèce de Raie à grandes ailes aiguës et se prolongeant en avant de façon à former comme deux oreilles à la tête de l'animal, laquelle est tronquée en avant. La queue, grêle, porte en dessous un aiguillon barbelé. Corps noir sur le dos, bordé de violet. Se prend dans l'Océan et dans la Méditerranée. Taille considérable. Le mâle suitla femell; et parait lui porter un grand attachement (Risso,\ Ils arrivent près des eûtes vers le mois de juillet ; c'est alors qu'on en prend souvent dans les Madragues ou dans les Bour- digues. La femelle prise, le mâle demeure aux environs pendant plusieurs jours, approchant et cherchant à deviner où est sa compagne. Deux jours après, on le vit, dans un cas semblable, venir re- trouver sa femelle et mourir dans le même compartiment qu'elle. Les jeunes éclosent en septembre et viennent d'œufs jaune< et longs qu'a pondus la femelle. La nourriture de ces animaux consiste surtout en céphalopodes et en poissons. Meurent en sortant de l'eau. CERFEUIL ou CHERFEUIL. — Appellation popidaire, en beaucoup d'en- droits, de la larve aquatique de Va Frijane Jaune ou Portefaix. (Voy. ces mots.) CERISE {Pêche à. la). — Vers le mois de juin, et pendant tout le mois de juillet, on peut, dans le climat moyen de la France, se servir de la cerise pour prendre le Chevesne. On ignore si ce fruit est du goût particulier de ce poisson, ou si ce dernier prend la couleur vermeille du premier pour celle du sang dont il est très-friand. Toujours est-il que la cerise réussit très-bien, et rapporte souvent au pécheur de fort beaux poissons, de l'espèce que nous venons d'indiquer. Il faut faire choix d'un hameçon n" I ou 2, empilé sur solide florence, et, pour cette pèche, on se servira avec avantage des hameçons Limerick sans palette. On fait entrer le dard par l'endroit où la queue du fruit était attachée, puis, tour- nant adroitement l'hameçon autour du noyau, on réussit à cacher le fer tout entier sous la peau du fruit, sans déchirer celle-ci et en faisant très-légèrement saillir la fine pointe de l'hameçon. Le fruit ainsi enfilé semble garni de sa queue naturelle, que remplace la 104 G EU VELU-:. hampe de rhamcçon. La lucilleure cerise poui- celle pêche est hi cerise anglaise dont le noyau est fort petit, la peau assez résistante, et cependant la chair molle et fléchissant sous la pression des mâchoires du Chevesne. Le vérilahle endroit pour réussir cette pèche est le dessous d'un pont, en mettant la cerise dans le courant d'une arche et laissant filer la ligne assez loin. Si alors le pêcheur se porte au-dessus de la pile de l'arche, la ligne frappée oblique- ment par l'eau, suivra le mouvement de la personne qui la tient, et elle viendra tom- ber dans le roiious souvent assez éloigné ({ue forme l'eau des deux arches voisines en se rejoignant derrière la pile. C'est là que sont les gros Chevesnes. La ligne doit avoir assez de plomb pour se tenir entre deux eaux et flotter, avec la cerise, au gré du remous, sans cependanl quillér la profondeur. Une flotte aussi petite que possi- ble, eu égard à la ligne qui doit être solide, sera placée de manière à indiquer les m()u\('nienls du poisson, lequel d'ailleurs mord très-franchement sur ce fruil, mais s'effraye lacilement de la vue d'une flotte et quelquefois à l'aspect seul de la ligne pendante dans l'eau. Il est donc bon de pêcher assez près du courant pour être sûr que celui-ci soutiendra une longueur de ligne plutôt grande que petite. On pêche souvent à la cerise avec 3 et 4 mètres de ligne entre la flotte et le fruit. Si l'on manque de pont comme station, il faut en choisir une autre sur le bord d'une berge profonde, à courant rapide, formant aussi remous, soit à la pointe d'une île, d'un barrage, soit aux vannes d'un moulin, etc. De bonnes places sont celles qui se trouvent ombragées par de grands arbres ; le Chevesne aime à s'y réfugier pendant les chaleurs et à y attendre la chute des hannetons, papillons et insectes qui haLitent les branches. Il ne dédaigne pas non plus les fruits qui peuvent en tomber, mais dans un tel endroit, la pêche est très- difficile ; si l'on y va en bateau, il faut beaucoup de prudence, car le poisson est extrêmement défiant. A l'automne, on remplace la cerise par le raisin noir, mais on ne change rien à la manière de procéder. On peut encore faire cette pêche dans les rivières à courant très-mou, pres- que insensible, et sans haïs, bien entendu. L'essentiel est alors de disposer d'un bateau et de se munir d'une canne assez longue pour envoyer la cerise dans les grands fonds d'eau, entre les touffes d'herbes qui forment des îles submergées. C'est laque le Chevesne se cantonne. Une fois sa place habituelle reconnue par le pê- cheur, celui-ci peut y aller en toute confiance; il y trouvera sa proie, et quelques compagnons, jusqu'à ce qu'il ait tout pris. Beaucoup de prudence en approchant et en jetant le grappin ou la pierre qui doit rendre le bateau immobile ; mais, par contre, il ne faut pas craindre que la cerise, en tombant à l'eau, fasse un peu de bruit ; au contraire. Le Chevesne est cu- rieux; il vient voir ce qui cause ce bruit inusité, aperçoit l'amorce et mord de suite très- franchement. Ferrez ferme, mais pas trop vite. L'animal ne combat pas long- temps. Mais comme il est généralement gros, vous ferez bien de vous servir de l'é- puisette. CERNUA (Perça). — (Voy. Peuciie couJONMÈnE.) CERVEAU. — (Voy. Système .m;hveu.\.) CERVELLE CRUE ET CUITE. — La cervelle se coupe en dés de la grosseur du pouce, et se met à l'hameçon de la même manière que le san(j. Comme celte esche lient encore moins que le sang et qu'elle n'est pas homogène, on est obligé, quand elle est sur l'hameçon, de l'entourer d'un fil de lin ou de chanvre na- CHABOT. 1G5 liirel (|ii(' Vou j)rcii(l dans ce que l'dii noninic de \;i jjnup/'r. On le n'ois(> en plusieurs sens, de manière à bien niainlenir la cervelle el àen faire une petite pelote. Ouand on pC'che avec celle esche, il ne faul pas de bouchon sur la ligne; on y mel nncphinie lon,L;ueel forle, mais exlrômement sensible, parce que l'ailaque des Chevesnes est faible el vive. La llolle baisse du devant et part sous l'eau; il faut ferrer vivement, et rendre aussitôt la ligne en enlevant le pouce de dessus le mou- linet. (Voy. Flottes.) Moins on a de bannière, plus vite (m arrive à ferrer el mieux on pèche : il faul, avant tout, avoir l'œil attentif et la main leste. CHABOISSEAU. — Nom vulgaire du Cotte-Scorpion, en mer, et du Chevesne, en eau douce. CHABAOU [Lou]. — Nom provençal du Chabot, dans le Yaucluse. (Voy. ClIAlîOT . CHABOT {Genrc\ (Cottus, Lin.). — .Vcaiitlioplerygicns, Joues ciiirassée.s, compris avec les Trigles. Diversement armé d'ëpiiies ou de tubercules. Dents au devant du vomer, mais non aux pala- tins; 6 rayons aux Lranchies, et 3 ou 4 seulement aux ventrales. Les rayons inférieurs de leurs pectorales, comme dans les Vives, ne sont point Lranclius; leurs appendices anals sont peu nombreux, et ces poissons manquent de vessie natatoire. Les espèces d'eau douce ont la tète presque lisse et seulement une épine au préopercule. Leur première dorsale est très-basse. CHABOT COMMUN ou DS RIVIÈRE (Cottus Gobio, Lin.). — Acantliopt., 2*- fa- mille, .lunes cuii'assécs. Long. max. = O'",!'. Syn. : Bull-head, angl. — Nessoi-e, ital. Tcte très-grosse et aplatie en des.sus, cuiras.-ée, portant une épine en crochet au-devant do l'opercule. Corps varié de brun et de noir; écailles presque invisibles; peau très-visqueuse. Bouche énorme. Dents en velours, au vomer et aux mâchoires. Iris des yeux rouge. Première dorsale basse, à 7 rayons épineux joints par une membrane. Deuxième dorsale de i: rayons. Caudale arrondie de 11 rayons. Pectorales grandes et dentelées, forrfiant éventail, 13-15 rayons; ventrales un peu plus en arrière, épine grosse; elles ont 3 rayons mous; anale, 13 rayons, flexibles et articulés. N'a pas de ve.ssie natatoire; 32 vertèbres. La femelle est plus grosse que le mâle et, au temps de la ponte, paraît comme gonflée par les œnf.s qu'elle contient. (Voy. Temps de fr.ai.) D'après Marsigli, le Chabot se servirait do sa queue pour creuser un trou dans le sable, dans lequel il amènerait pondre une ou plusieurs femelles. Alors, il garde ce dépôt avec une grande vigi- lance pendant trente jours, jusqu'à ce que les jeunes soient éclos. Cette quasi-incubation du Chabot était déjà soupçonnée par Linné, et un grand nombre de naturalistes en ont parlé, depuis Ini, sans que la qnestion soit encore écJairci*. Fleming. Heckel, rapportent des faits analogues, mais pas un ne donne une histoire complète de ces mœurs si curieuses. Ce poisson se nourrit de fretin, de vers et d'insectes, de larves aquatiques, telles que celles des libellules, dytiques, liydropliiles, frai de grenouilles, têtards, etc., etc. CHABOT COMMUN OU DE RIVIÈRE. — Le Chabot se pêche habituelle- ment en hiver. Il est commun dans les lieiLx oii l'eau est claire et peu profonde. Pour prendre ce poisson, que les Anglais nomment Pouce de Meunier, Miller's TImmh. le vieux Isaac Wallon dit qu'il faul faire une pâle composée de fromage bien fort que l'on pile dans mi mortier avec un peu de beurre el de safran, ".nsqu'à ce que le tout forme une masse de couleur citronnée. D'autres pêcheurs préparent, pour l'hiver, une pâle composée de fromage el de térébenthine. A propos du Pouce fie Meunier, Yarrell nous donne l'explication suivante qui lui vient d'un ami, J. Constable, fils d'im des plus gros meuniers de l'Essex et du Sulfolk, et par conséquent sachant le fort et le fai])le de la chose, a Le nom de Pouce de Meunier est donné à ce petit poisson par suite de la forme de sa tète qui 160 CHABOT. est plato, large et arion(li(% quand elle est vue par-dessus, comme le pouce du meu- nier modelé par une action constante et spéciale des muscles, grâce à un exercice qui fait partie importante et toute particulière de son état. (( Tout le monde sait que la science et le tact du meunier sont portés sans relâche à régulariser la machine du moulin, afin que la farine soit toujours fabri- quée avec toute la perfection dont l'outillage est susceptible. Profit ou perte, for- tune ou ruine, dépendent de l'ajustement parfait des différentes parties de la mécani(pie. L'oreille du meunier est toujours en éveil sur le bruit que forme la meule roulante en tournant sur la meule dormante, le parallélisme de leurs sur- faces s'indiquant par un son particulier et se trouvant chose de la première consé- quence. C'est pourquoi la main du maître est constamment placée sous l'auget à farine pour s'assurer, par un contact renouvelé, du caractère et de la valeur de la farine produite. « Le pouce, par un mouvement spécial, froisse cet échantillon sur les doigts. Le pouce, alors, employé avec adresse, devient la jauge de ce que vaut le produit, et de là est venue la vérité du proverbe : (( Cela vaut un pouce de meunier, n et encore, « IJhonnête meunier a le pouce d'or, » par suite du profit que lui rapporte le soin dont il fait preuve. Mais, à la suite de cet usage sans cesse renouvelé, le pouce du meunier acquiert une forme aplatie qui rappelle beaucoup la figure du petit poisson qui grouille dans le canal du moulin, ce qui a fait donner le môme nom au commensal du meunier qu'cà l'organe du toucher du maître. » Telle est l'histoire du vieux Constable : ne vaut-elle pas bien une aventure de pêche ! On prend le Chabot comme le Goujon, avec lequel il vit le plus souvent sur les fonds de sable et de gravier. Il se cache sous les pierres pour y guetter sa proie, sur laquelle il s'élance avec beaucoup de rapidité. On dit que le Chabot sait se creuser, pour se retirer, une espèce de petit terrier près des pierres. On le prend souvent dans les balances à écrevisses, où il vient pour manger l'appât animal, ce qui tend à prouver que ce poisson est Carnivore. Il est, du reste, très-vorace, nage avec une grande rapidité quand il a quitté sa retraite, soit pour attaquer sa proie, soit pour fuir ses nombreux ennemis. 11 fournit une chair rouge, saumonée, excellente en friture comme le Goujon; on lui ùte la tête, sans grande utilité dans ce cas. Le Brochet, la Perche, la Truite en sont très-friands, et l'Anguille le préfère à toute autre amorce vive. Rien n'est plus facile que de prendre le Chabot à la ligne : le moindre petit morceau de ver rouge suffit pour cela, comme nous venons de le dire ; mais, dans les ruisseaux des montagnes oîi il existe en plus grandes quantités, la meilleure manière est de barrer avec un filet, et, à plusieurs enfants ou personnes, remonter le courant en remuant les pierres du fond, y traînant des branches, etc., de façon à déloger le petit poisson de son embuscade habituelle, et à le faire donner dans le filet. On pèche encore le Chabot à la fourchette. Tous les enfants ont fait cette pèche dans les ruisseaux à eau vive et peu profonde. Elle consiste à emmancher une vieille fourchette de fer au bout d'un petit bâton, à affiler les dents de la fourchette sur une pierre, puis, ce trident improvisé à la main, à entrer dans l'eau jusqu'aux ge- noux. Là, les jeunes pécheurs se mettent en ligne en remontant doucement le fil de l'eau, et chacun, devant soi, retourne les petites pierres. Un Chabot a jailli comme CHALUT. 167 une flèche, mais il s'est remis sous une pierre voisine ; l'enfant voit une large tête deux gros yeux dépassant la pierre un coup de fourchette traverse le monstre, qui vient, en gigottant, tenir compagnie à quelques douzaines d'autres, destinés à une friture monstre, ou h garnir les lignes de fond que le père des petits pêcheurs veut tendre le soir ! Une seule espèce en France. CHAGRIN. — Surnom de la Gremille dans certaines localités de l'Aube et de l'Yonne, à cause de la rudesse de ses écailles. (Yoy. Gremille.) CHAINETTE pour la ligne à Brochet. — (^ oy. BrOCHET et, en même temps, CitUDE FILÉE.) CHAILL.OT. — Nom picard du Triglc gouniau. (Yoy. ce mot.) CHAL.UC. — Nom vulgaire à Montpellier du Mulet à grosses lèvres. (Yoy. ce mot.) CHALUE. — Nom du Mulet céphale dans plusieurs provinces de France. (Yoy. Mulet céphale.) CHALUT. — Le Chalut est un filet conique {fg. 142) ne présentant aucun étranglement, à mailles de 35 millim. au moins, en carré. La partie supérieure de l'ouverture est enfdée sur une vergue en bois G de H", 50 au maximum. Cette ver- gue porte à chacune de ses extrémités un quart de cercle en fer E dont le poids ne peut dépasser 65 kilogr. Quant à la partie inférieure D de l'ouverture 0, elle peut être garnie d'un bourrelet de filet et de bitord de 180 millim. de diamètre au plus, ou d'une chaîne ou de plomb dont le poids n'excédera pas 50 kilogr. Fig. 142. — A. Bateau remorquant le chalut. — B. Manœuvre pour diriger le filet. — C. Amarres qui arrivent aux porte manteaux. — D. Chaîne traînante formant l'ouverture. — E. Liens de fer ou étriers. — F. Filet. — G. Perche ou vergue. — 0. Ouverture du filet. L'extrémité inférieure D du Chalut pourra être munie d'un renfort en vieux filets sur une longueur de 3 mètres, mais ce renfort ne devra jamais entre-croiser les mailles du Chalut ni les rétrécir. Quand la vergue de l'ouverture du Chalut n'atteint pas la longueur de 11 "",50, l'armature de l'engin devra subir une réduction proportionnelle. 168 CHAUDRETTE. Ce filet, employé surtout pour prendre les poissons plats, Raies, Turbots, Soles, Plies, etc., est promené sur le fond pendant 1, 2, 3 heures à chaque jet. 11 est fixé au moyen de lialins à un jjateau a voiles d'assez fort tonnage et traîné à la remorque. Ce bateau remor(ju('ur doit avoir une vitesse d'au moins 2 milles. Il est impossible de chaluter dans les temps calmes ou quand la mer est trop houleuse ; dans ce dernier cas, d'ailh'urs, les halins qui relient le Chalut au bateau seraient bientôt rompus. L'usage de cet engin est permis loule l'année, à 3 milles au moins au large de la ligne de basse mer. Il est pi'ohibé dans la baie de Douarnenez, à cause de la pêche de la Sardine. CHALUT A CHEVRETTE. — (Yoy. CuALUT [Petit]). CHALUT (Petit). — Les mailles de ce filet doivent avoir au moins 14 millim. en carré. Son ouverture est soutenue par une ti'averse en bois, aux extrémités de laquelle sont adaptés deux chandeliers en fer à bouts relevés, d'une hauteur de 0",50, et dont le poids total ne peut dépasser 9 kilogr. Le poids de la plombée fixée à la partie inférieure de cet engin, ne peut excéder 4 kilogr. L'extrémité du Chalut, tranchée carrément, est égale au cinquième de l'ouver- ture et est maintenue par une verge en fer ou une petite vergue en bois. L'usage de cet engin est interdit du 15 mai au 15 octobre dans le seul arron- dissement du Havre et dans la baie de la Hogue, à cause du cantonnement de petits poissons qui se trouve dans ces parages. La pèche au petit Chalul peut s'exercer en dedans des 3 milles de la ligne de basse mer. CHAMSOT. ~ Nom vulgaire du Chabot en Normandie. (Yoy. Chabot.) CHANGEMENT DE COULEUR DES POISSONS.- (Voy. MuTATION DANS LA COULEUR DES POISSONS ) CHAPSOT. — Appellation du Chabot commun par les pécheurs des environs de Paris. (Toy. Chabot.) CHARCHIGNOTS. — Lignes de pèche pour le Germon. (Voy. ce mot.) CHARDIAT. — Nom de V Anguille blanche dans le Maransin. (Yoy. Anguille blanche.) CHARDON [Rnie]. — (Voy. Raies, § 9.) CHARIN. — (Yoy. ClIÉRIN.) CHARR [Truite]. — La Truile Charr est \e Salnio salceliiuis ou Ombre cheva- lier. (Yoy. ces mots.) CHASSE. — Filet tendu en travers de la marche du poisson pour amener celui-ci dans un parc fermé. (Yoy. Parc.) CHAT. —• On donne souvent le nom de Chat, dans les équipa- ges de mer, à un grappin ayant 3 à S branches, et remplaçant la catonnière, pour retirer à bord les tessures rompues, ou la grande câblière que l'on relève (A, fig. 143). CHAT-ROCHIER. — (Voy. ROUSSETTE [Petite].) CHATOUILLE. — Nom vulgaire de VAmmocète dans quelques rig. 143. — Chat départements du midi de la France. '''^'^'""" OwiWiAWèû Chatillon. (Yoy. Ammocète.) CHATTE. — Nom de l'Alose feinte à Royan. (Yoy. Alose feinte.) CHAUDRETTE OU CHAUDIÈRE. — Synonyme de C«M(/re^^. peduncu- lata) sera le meilleur. Mais si nous nous servons d'une jeune pousse de taillis, toutes les variétés sont également bonnes. Le tauzin ou brosse ((>. touza) est aussi bon, et peut-être plus élastique que les deux autres. CHÊNEFER. — Nom qu'on donne, dans certains départements, à la larve de \2l Fri(janc jduue ou Portefaix. (Voy. ces mots.) CHÈNEVIS. — Grains petits et ovoïdes du chanvre cultivé {Cannabis sctiva), remplis d'une huile assez abondante et douée d'une odeur particulière à toute la plante. Cette graine se fait cuire en même temps que d'autres et sert pour amorcer les coups où l'on veut rassembler du poisson, dans les étangs et rivières. On le mêle ordinairement au blé, aux pois, aux fèves, à la graine de lin, etc., et, en général, à toutes espèces de graines cuites, à du son, à du sang, etc. (Yoy. Amorces, Grains, Cuire lls graines, etc.) CHENILLES. — On appelle Chenilles les larves des Lépi- doptères. C'est le premier état de ces insectes depuis leur sortie de ~S l'œuf jusqu'à leur Iraiisformation en chrysalides. Ce temps est con- sacré à trois ou quatre mues ou changements de la peau qui se fend sur le dos, et de laquelle sort l'insecte en abandonnant avec cette enveloppe les poils, cornes, fausses pattes, qu'elle porte. Il ne reste plus alors, an Lépidoptère, que les pattes articu- lées, portées, au nombre de G, sur les 3 premiers anneaux du corps, et qui sont celles de l'insecte parfait. Le corps entier de la Chenille se compose de 12 anneaux ; il est généralement allongé et cylindrique, et porte, de chaque côté, entre les fausses pattes, des ouvertures très-petites appelées stig- mates, par lesquelles se fait la respiration. Toutes les Chenilles ont des mâchoires cornées et dures, propres à couper les végétaux qui doivent servir abondamment à la nourriture de ces animaux. Malgré leur aspect et leur toucher répugnant, les Chenilles forment un des meilleurs appâts pour la pèche de surface. Ten- dres et faciles à mettre sur l'hameçon, elles sont recherchées des poissons et offrent une piqûre facile, parce que le dard arrive aisément à la paroi de la bouche. Les Chenilles garnies de poils sont dangereuses pour le pé- cheur, auquel elles peuvent donner, outre de cuisantes démangeai- sons aux mains, de véritables indispositions. Il ne faut donc les manier qu'avec des gants, et encore mieux ne se servir que des Chenilles nues et inoil'ensives. On imite la Chenille par des insectes artiflciels, qui, souvent, ne leur ressemblent guère; mais, par tradition et expérience, on a donné le nom de Chenille à tel insecte artificiel, qui réussit dans tel cas donné; c'est assez pour s'entendre quand on le désigne, et plus court que de décrire sa couleur et sa forme. Nous en avons représenté ici deux échantillons {flg. liS et 146). (Yoy. Choix des mouches ARTIFICIELLES.) Fig. 144 rand paon Chonillps arlilicieiles. UJ < a ■ -st c ï < J y .- .V •' l-^^ "x'i^: '• ïi tïjj^. .' o '— < ^ '. C3 '^^4m' i^ — ' 3^" :P CHEVESNE. 171 CHERFAIX. — Nom donné, en certains endroits, à la larve de la Fn'gaue Jainie ou Portefaix. (Yoy. ces mots.) CHÉRIN. — On nomme ainsi, dans la Gôte-d'Or, le Rotengle. (Voy. ce mot.) CHEVALIER. — (Voy. OmBRE CHEVALIER.) CHEVESNE [Genre] (Squalius, Bonap.). — Malacopt. abd. cyprin. Avec le genre Chevesne disparaît la forme élargie des Gardons et des Brèmes ; nous voyons un corps élancé, plus rond, plus mince. L'anale redevient plus petite ; la dorsale est juste au-dessus des ventrales. Les dents pharyngiennes sont minces, sur deux rangs : 2 dents intérieures, 5 à l'extérieur. On dirait que plus ces poissons sont gros, plus leurs dents pharyngiennes diminuent, car les Van- doises ont les dents beaucoup plus grosses, et leur corps toujours plus petit. Le Chevesne se sépare de l'ide parce qu'il a une dent de moins à la rangée interne, et de la Vandoise parce qu'il a, à la dorsale, un rayon rameux de plus qu'elle, 8 au lieu de 7; derrière, 3 simples dont un tiès-petit. CHEVESNE ou CHEVENNE. — Le poisson, représenté par ce nom, — le plus usité en France de tous ceux qu'il porte, — n'est pas le même dans tous les endroits. Parmi les pécheurs, on donne indistinctement le nom de Chevesne, Juerne ou Meunier, au.x gros poissons blancs qui chassent à la surface de l'eau, près des ponts, des moulins, des écluses, etc. L'indécision est d'autant plus grande que, dans certaines rivières du Nord, ces poissons sont Tlde ou le Jesse, — si tant est que ce dernier forme une espèce dis- tincte, — tandis que dans le centre de la France, on doit les rapporter à l'espèce Dobule. Il est donc indispensable au pêcheur qui veut reconnaître l'espèce vraie qu'il vient de prendre, de comparer soigneusement les individus qu'il possède aux figures diverses et aux descriptions qui remplissent ce volume, aux endroits indiqués par les dénominations diverses. Heureusement pour les pêcheurs, les 2 ou 3 animaux désignés sous le même nom sont extrêmement voisins, comme organisation et comme mœurs. De sorte que ce qui s'applique à l'un, s'adresse également bien à l'autre. H n'y a donc pas trop à se préoccuper, au point de vue de la capture, de la confusion que l'on peut faire de l'un pour l'autre, tandis que sous le rapport de leur détermination exacte, c'est tout autre chose. Souhaitons la sagacité à nos lecteurs, c'est tout ce que nous pouvons faire. CHEVESNE COMMUN (Squalius cephalus,Sieb.).— Malacopt. abd. Cyprinoides.Long. max. = 0'",(;(i ; haut. = Om,l?. Synonyn:ie nécessaire, car ce puisson porte, en France, un nom dilFérent par département. Les plus usités sont : liarbotlcau, Botteau, Chabois^eau, Chcvanne, Chevesne, Juerne, Chevenîie, Gar- dât tin, Garbotteau, Meunier, VUain, Têtard, etc. — Étranger : C/n*/», angl. — Dobel, Sandetu-I, allem. — Hasset, autrich. — Hasslin/j, Saxe. — Tatjelle, pruss. — Hes-sele, dan. Tête grosse et large, à museau arrondi ; front large et noirâtre; bouche excessivement large. Yeux jaune pâ!e, avec une tache noiràîre en dessus. Dos verdâtre, côtes un peu bleuâtres, flancs et ventre blanc brillant. Écailles giandes, entourées de tn's-petils points noirs; ligne latérale de 4G points jaui.âtres ; 7 rangées en dessus, 4 en dessous. Quelquefois, le bord des écailles et les opercules sont bleuâtres; les côtés jaunes au-dessus de la ligne latérale, et d'un bleu argentin en dessous. Épine dorsale de iO vertèbres; 18 cô'es de chaque côté. Dorsale, de 11 rayons, 8 rameux derrière 3 simples, dont un très-petit, verdàire clair, lavée de rougeâtre ; plus éloignée de la tête que les ventrales, un appendice écailleux auprès de chaque ventrale. Celles-ci ont 2 simples et 8 rameux, les pectorales 17 à 18 rayons, dont I simple. Caudale de même couleur, mais bordée de noir ou de bleuâtre. Anale et ventrales jaune orangé, à r.iyons rougeâtres, quelquefois violacés, et anale ayant 3 simples et 8 branchus ; on en a vu 7 ou 0. (Voy. Temps de frai.) La chair est assez bonne et jaune, mais grasse et pleine d'arêtes, à moins que l'animal ne soit très-gros. 172 CHEVESNE. Cette espèce d'Able est la plus grande du genre, elle se nourrit de (ont ce qui tombe à l'eau, et, sous ce rapport, sa gloutonnerie est prodigieuse; on a l'exemple de Chevesne avalant la ploni- betfe (voy. ce mol) d'un pécheur venant prendre le fond pour établir sa ligne. Bien entendu, cet instrument, non muni de crochets, n'a pu qu'amener à la surface de l'eau l'animal qui s'enfuit et court encore. Le Clievi'sue se plaît autour des moulins, des piles de ponts, des barrages, dans les remous, les hais, paitont où l'eau, sans être trop rapide, peut lui apporter sa nourriture. Omni ore par essence, il est le grand nettoyeur des cours d'eau et se montre Ircs-lViand de petits poissons qu'il chasse comme si sa bouche était armée de dents. Il y supplée par son ampleur et, comme son œsophage possède une série de dents crochues, il broie dessus la tête de sa victime, frappée et aspirée au fond de cette cavité fort respectable. Dans les rivières tranquilles et profondes, et dans les trous que creuse l'eau d'hiver au- dessous du déversoir des moulins, il est bien rare de ne pas voir un ou plusieurs gros Chevesnes qui se promènent gravement au milieu du fretin ; happant l'un aujo rd'hui, demain l'autre, et vivant sans souci, car leur taille respectable les met à l'abri des tyrans des eaux — sauf la Loutre, — et le lieu de leur habitation , au milieu des pieux et des pierres éboulées, empêche le filet de l'homme de parvenir jusqu'à eux. Quant à la ligne, inutile de dire qu'ils ne s'y laissent que bien rarement prendre. Leur défiance et leur expérience sont grandes. Secondement, ils ont peu d'appétit; s'étant placés, comme le sage animal d'Esope, au milieu du fromage. Enfin, plongés dans une eau claire, limpide et tranquille, ils voient le lil, Vj. ficelle, et détournent dédaigneusement la tête Mais, vienne le vent, vienne une crue, vienne un peu d'eau trouble... adieu prudence. On gobe la provende à droite et à gauche, mais le perfide hameçon est dans un de ces bons morceaux .... et l'on fait enfin un saut sur le pré! Un petit Chevesne de (i"',\'l de long, — ce n'est guère gros! — mange déjà des .\bletles et de petits Gardons de 4 à 6 centim., qu'il ne peut pas avaler d'un seul coup. Le jeune Chevesne et la Vandoise se ressemblent à s'y méprendre au premier coup d'œil, cepen- dant le pécheur saura les distinguer sans recourir à compter les rayons des nageoires et a les dé- pecer pour Voir leur.s dents pharyngiennes, en remarquant : 1° Que la dorsale de la Vandoise est pointue en haut, tandis que celle du Chevesne est carrée postérieurement; les deux poissons au reste l'ont en face des ventrales, et celle delà Vandoise con- tient 1 rayon rameux de moins à la dorsale, 7 au lieu de 8. 20 Que l'anale du Chevesne est carrée et aussi grande iiue la dorsale, plus longue même un peu ; que celle de la Vandoise est plus petite. 3t> Enfin la Vandoise a géiiévalempiit le dos plus droit, moins bombé que le jeune Chevesne, et le museau plus pointu, mais ces deux derniers caractères sont fugaces et vraiment très-variables. En somme, la plus grande difficulté existe pour établir la synonymie et définir exactement les espèces de ces Cyprins qui se ressenddent tant qu'on est tenté de les regarder comme de simples variétés, avant de s'être assuré que les organes aussi essentiels que les dents, les côtes et les vertè- bres varient. Il n'y a pas à douter alors que ce ne soient des espèces distinctes. Le Chevesne dont parle Donnaterre, est un poisson inconnu dans les eaux de France, celui de Sonnini et de Lacépède est le Dobule, qui ressemble beaucoup à l'Ide et au Jesse. Joignons-y l'influence des eaux, des pays, et le lecteur comprendra quelle difilculté se présente ; ce n'est qu'après avoir iious-même photogra- phié ce poisson sur nature et vérifié le nombre de ses rayons, que nous nous sommes assuré que le poisson blanc auquel on donne, dans chaque lieu de la France, un nom différent rapporté au com- mencement de cet article, est probablement le Squalius cephalus de Bonaparte. Cette distinction importe peu au pêcheur,;mais il est toujours intéressant de porter la lumière sur un point obscur de la science, d'autant plus que la synonymie étrangère est ici une source d'er- reurs. Les auteurs français donnent le mot anglais Chuh comme synonyme de Chevesne; c'est vrai; mais en .Vngleterre, le Chuh est le Dobule, et en France, le Chevesne a été le Jesse ! CHEVESNE COMMUN. — Le Chevesne est partout et mange tout. C'est l'animal le plus complètement omnivore des eau.x, et quoique ce qu'il dévore ne soit pas toujours, suivant nos idées, de la première propreté, nous ne pouvons, quand nous envisageons les choses de plus haut, refuser à ce poisson le titre de grand wftoijeur des rivières. Tout ce qui tomhe à la surface des eaux est de son do- maine, et la nature prévoyante lui a donné non-seulement la fécondité qui le pro- page et le répand en tout endroit, mais un grand gosier et un grand estomac au CHEVESNE. 173 moyen duquel il croît vite et rend ainsi service de bonne heure sans le faire payer par une trop grande dépense de temps. De ce que le Chevesne mange de tout, il ne laut pas en conclure cependant qu'il n'ait pas des préférences : au contraire, suivant la saison, il habite telle ou telle place de la rivière. Car c'est un seigneur ({ui aime ses aises, en hiver le soleil, en été l'ombre des grands arbres, en temps chaud la surface de l'eau, en temps froid le fond où l'eau est plus douce. En allant le chercher où nous iri(nis nous-mêmes nous placer, si nous étions poissons, avec notre intelligence, le pécheur est h peu près sur de réussir. Nous allons en juger en prenant les quatre saisons de l'année. Pèche du Chevesne en hiver. — Novembre à mars. — A cette époque de l'année, les eaux sont grandes, froides et rapides ; les gros Chevesnes, les seuls que l'on puisse capturer, gagnent le fond des grands courants. Ils s'établissent sous les ponts, dans les ha'ïs des piles, et y font la chasse aux particules végétales ou animales qui, en- traînées par le courant, y viennent tomber par leur propre poids là où l'eau perd sa force. C'est le moment de pêcher le Chevesne avec des tripes de volaille. A ce mot, nous donnerons la manière de les employer, car cet appât sert pour plusieurs sortes de poissons. C'est encore le moment d'employer la cervelle de veau ou de mouton crue. Pêche du Chevesne au printentps. — Mars à mai. — Pendant cette saison, le Che- vesne recherche différentes esches : vers les premiers beaux jours, on voit apparaî- tre les petits et moyens Chevesnes^ qui mordent partailcment au ver rouge, et qui se prennent de la même manière que le Gardon, la Brème, et souvent pêle-mêle avec eux. Le Chevesne ne dédaigne pas non plus le Gherfaix. Quant aux plus gros et aux plus vieux individus, ils commencent à monter à la surface, attirés par le plai- sir de jouer au soleil bienfaisant qui se montre plus souvent. Si la rivière est large, sans arbres sur les rives, comme la plupart de nos fleuves, les gros Chevesnes gagnent les grands courants, où il faut les aller chercher avec la grande volée, la ligne étant chargée d'un hanneton, d'un grillon ou de tout autre insecte de printemps. Si les rivières portent des arbres touffus s'étendant sur les eaux, c'est au-des- sous d'eux qu'il faudra aller chercher les gros Chevesnes, qui attendent là, en se promenant, que le vent, — leur ami pourvoyeur, — secoue pour eux une moisson de hannetons et de papillons dont ils font curée," sans autre peine que d'ouvrir la bouche. heureux poissons, trop heureux vivants, si dans ces hannetons ne se cachait quelquefois le perfide hameçon de l'homme ! En effet, il faut alors aller chercher le Chevesne dans sa retraite de sybarite : on insinue sa canne sous les branches, et l'on fait bonne et belle capture. Tous les insectes alors parus sont bons, surtout les papillons blancs nocturnes qui élisent domicile sur les ormes et les épines noires : les poils caducs dont ils sont revêtus sont cause d'ampoules sur la main du pêcheur ; il est donc bon, quand on s'en sert, de mettre des gants. On fait usage de la pêche à rouler dès les premiers soleils. Pêche du Chevesne en été. — Juin, août. — Dans ce moment les eaux sont lim- pides, le poisson voit de loin, il se tient à la surface €t au fond, un peu partout, sui- vant le genre de nourriture que lui apporte le courant : dans une rivière où se trou- vent des tanneries et des lavages de laine, le Chevesne se tiendra au fond, parce que les parties lourdes des chairs seront portées en cet endroit par les eaux. Si la ri- 174 CHEVESNE. vière est ombragée d'arbres, il restera à la surface pour gober les fruits et les insectes qui tombent. Déjà vers la fin du printemps et dès les premières cerises, on a commencé à le pocher au moyen de ces fruits qu'il aflectionne : quand les cerises manquent, on prend les groseilles rouges à maquereau, et l'on ramène encore de fort beaux Chevesnes. A la suite de ces pèches vient celle au sang ; quand cet appât est bien pré- paré, celle-ci n'a rien de répugnant et procure une très-belle quantité de Cheves- nes. Elle doit f'tre faite dans le fil de l'eau au moyen d'un bateau, ou du haut d'une jetée, ou encore près d'un abreuvoir, dans un fleuve où l'eau rapide vient former un remous. Cette pêche réussit d'autant mieux que le cours d'eau est plus limpide et pi is considéral)le ; dans la Loire, la Garonne, elle est très-recherchée. 11 faut que le poisson ne soit pas gorgé de nourriture comme dans les petites rivières sans courant, où les Chevesnes énormes se promènent gravement sans se préoccuper d'aucune espèce des appâts que vous pouvez leur présenter, ou bien s'ils se décident h se déranger pour une cerise vermeille ou pour un papillon bien dodu, ils l'engament avec une nonchalance de sybarite bien différente de la vi- gueur d'attaque qui caractérise le Chevesne des grands fleuves, où la manne peu abondante laisse passer de grands jours où l'on ne mange pas grand'chose. Pendant l'été, la pêche à la grande volée se continue toujours ; elle est alors fjitigante, et l'on peut lui substituer la pêche à la surprise, qui réussit admirablement, et procure souvent de très-belles proies. Pendant cette belle saison, il faut employer aussi, contre les Chevesnes, la mouche artificielle, soit en fouettant à la surface, soit en la promenant doucement dans les bouillons d'eau d'un moulin ou d'un barrage, car ce sont là des places que ce poisson afTectionne. On le prend encore en plusieurs endroits à la pêche à rouler, qui s'emploie dès le premier printemps. A cette époque, il n'est pas rare de voir le gros Chevesne faire sa proie du petit Yéron vivant, avec lequel le pêcheur attirait la Perche ou la Truite. Nous avons souvenir d'une lutte qui dura près d'un mois entre un de ces gros Chevesnes et votre très-Jiumble serviteur. Ce Chevesne, en compagnie de deux ou trois autres plus petits, occupait, comme d'ordinaire, un trou situé au-dessous du déversoir d'un moulin. 11 possédait là un domaine de six à huit mètres de profon- deur, rempli d'une eau limpide comme de l'air solidifié, tapissé d'énormes pierres éboulées et alimenté par le petit courant d'écoulement du trop-plein d'été. En somme, une habitation d'élite : eau renouvelée, abri contre la chaleur, nourriture choisie, car autour de lui pullulaient les Ablettes, les Vérons et les petits Gardons dont notre ermite ne se faisait point faute. Il est bon, en effet, de remarquer que ce poisson, d'abord omnivore dans sa jeunesse, devient presque carnassier quand ses forces sont suffisantes . Doué d'une gueule extrêmement dilatable et de dents pharyngiennes solides, il engloutit un petit Poisson, qui entre là dedans comme une lettre à la poste, le broie au passage, et tout est dit, — à un autre ! Messire Chevesne se tenait ordinairement à un ou deux mètres de la surface. Pensant avoir affaire à un paysan ignorant et gourmand, je commençai par lui ofi'rir de toutes les manières imaginables des mouches artificielles, puis des mouches naturelles ; mais quelque précaution que je prisse pour me cacher, je m'attaquais à un fin matois, et quand il était à la surface et qu'il voyait l'ombre seulement du CHEVESNE. 175 scion de ma canne, il plongeait tranquillement et regagnait son lieu de promenade habituel, le milieu des pierres éboulées. Voyant l'inutilité de la ligne volante, j'essayai de la ligne sédentaire. Je lui offris poliment tout ce qu'il est possible d'inventer en fait de ragoûts raffinés à lusage des poissons bien élevés ; mais mon rustre n'avait garde d'y mordre, et quoique j'eusse réduit ma flotte à une plume, puis à une paille imperceptible, — une paille pour ne pas l'efïaroucber ! — il me tournait le dos et s'en allait me re- garder de l'autre bord du trou. J'y mettais de l'amour-propre — et lui aussi, n'en doutez pas. — Aussi, grâce à l'eau limpide et ù deux bons yeux dont la nature l'avait pourvu, grâce surtout à son expérience chèrement achetée sans doute aux dépens de quelques morceaux de ses lèvres, mon ennemi voyait toujours le fil ! — le fil ! — et s'en allait se pro- mener du côté opposé du bassin. 11 m'eût fallu posséder une ligne invisible. — Hélas ! on n'a pas encore trouvé celle-là ! Ma surexcitation était si grande que j'avais monté ma ligne sur un seul crin. Vous comprenez que le monstre n'en eût pas été retardé un instant dans sa prome- nade ; mais puisque je ne pouvais pas le prendre, je voulais au moins le piquer, lui laisser ma carte de visite sous la forme d'un hameçon planté dans les lèvres ou dans la langue. — Point! — J'enrageais. Enfin, un beau matin, n'y tenant plus, je pris le tonnerre dans ma main, sous la forme de mon fusil de chasse d'abord, d'une carabine ensuite, et je recommençai le siège, à balle franche, de mon adversaire. Mais le rusé personnage connaissait la poudre ; le maître meunier lui avait déjà déclaré vingt fois une guerre semblable et sans succès. Mons Chevesne, qui avait vu le feu, savait que 2 mètres d'eau sur lui le préserveraient de toute avarie, et plus on tirait, plus il gagnait le fond. Ceci n'est point un paradoxe : la lutte devenait une guerre à mort ! mon amour-propre était en jeu. — H fallait vaincre ou mourir ! — Aussi j'eus recours à la ruse ; je me cachai, je l'épiai, je le guettai, le matin, le soir ; — vain espoir, toujours il y voyait plus clair que moi ! Cependant cet acharnement ne fut pas sans résultats pour nous deux; — il y gagna, lui, quelques écailles de moins emportées par une balle qui lui frisa le dos, et moi un rhume magnifique. Mais le sort en était jeté ! En réfléchissant à tous ces insuccès, je souhaitais au rusé personnage un voile sur les yeux, je pestais contre l'eau qui m'eût laissé lire un journal au fond du trou ; et, comme ceci se passait en été, j'enrageais de voir que, depuis un mois, pas une goutte de pluie n'avait désaltéré la terre en trou- blant la limpidité désolante de la rivière. Or j'avais besoin d'une crue, j'avais besoin de fermer les yeux de mon ennemi trop vigilant, j'avais besoin d'eau trouble, en un mot ! Aussi, voyant qu'elle ne m'était pas donnée, je la fis. Le déversoir, en cette saison, ne fournissait qu'un filet d'eau assez mince, mais qui tombait sans relâche, et il était certain que les infiltrations devaient être plus considérables en dessous de la digue, car je voyais sortir du trou plus d'eau qu'il n'en entrait par le déversoir. Aussi, ayant étudié tout cela, mon plan fut-il bientôt combiné. Je plaçai, sous le filet d'eau et suspendu au bout d'une perche à bascule, un grand panier à claire-voie rempli de terre forte, et je regardai avec bonheur l'eau du bassin se troubler. Malheureusement, cette eau était si calme par suite de son mouvement d'é- coulement, qu'il f;illait un temps considérable pour la rendre louche, car la terre 176 CHEVESNE. délayée tombait très-vite au l'oiul. De plus, je ne pouvais pêcher que le matin ou le soir, moment où mon adversaire chassait; d'un autre côté, le panier l'effarou- chait. 11 fallait que tout le monde s'y habituât. Je me procurai de petits Vérons bien vivants au moyen d'une véronnière en verre ; je les mis dans ma boite à vif, puis, pendant deux ou trois matinées, je fis jouer ma bascule à eau trouble. Enfin, un beau matin, à quatre heures, je commen- çai à descendre le panier et à pécher au vif, bien caché et loin de l'eau. — Mon premier essai ne produisit rien; mais le lendemain, vers la même heure, je fus ré- compensé de mes peines. Je piquai mons Ermile, comme nous l'appelions, et au moyen de l'aide qu'on me prêta et d'une épuisette secourable, je parvins à le sortir de l'eau. Il pesait 3 kil. TriO grammes. Pèche du Chevemc en automne. — Sef.tenibre et octobre. — Le raisin mûrit, le Chevesne l'affectionne comme un gourmet qu'il est. Le raisin rouge réussit à l'au- tomne aussi bien que la cerise vermeille au printemps, même mieux; en hiver on peut lui offrir des raisins secs et être récompensé de cette attention délicate par la capture d'un gourmand émérite. Pendant cette saison, on continue la pêche au sang quand il fait chaud, ou celle à la mouche naturelle ou artificielle. Si le temps est froid, on peut se servir de rate cuite ou crue, de cervelle, de queues d'écrevisses crues, etc. Il ne faut pas omettre un des meilleurs appâts pour le Chevesne dans les pays où l'on cultive le ver à soie ; ce sont les cocons, c'est-à-dire les vers échaudés que l'on a débarrassés de leur charmante enveloppe. Ce gros ver succulent est un des plus friands régals du Chevesne et lui offre un appât auquel sa gourmandise ne sait pas résister. Pour terminer, nous ne devons pas omettre de rappeler que le Chevesne, sur- tout quand il est un peu gros, est un poisson vigoureux qui ne se défend pas long- temps, mais dont la première défense est terrible. Enfin, comme ce poisson pré- sente souvent un poids de W à 4 kilogr., il faut une ligne solide. D'un autre côté, le Chevesne est aussi défiant que gourmand, ce n'est pas peu dire; de sorte que l)rendre une ligne forte, c'est lui donner une trop belle partie et lui montrer la moitié de son jeu. Si l'eau est claire, il faut choisir une ligne qui se termine par six brins de crin au moins : prendre garde que la florence plus solide, mais trop brillante, le fait souvent fuir par le reflet du soleil. Cependant, si l'eau est un peu trouble, ou si l'on pêche en hiver il faut se monter hardiment sur une bonne flo- rence, en un ou deux brins bien choisis et cordonnés avec soin. On ne devrait jamais pêcherie Chevesne sans une canne à moulinet. S'il est un poisson dont la défense exige ce genre d'instrument, c'est certainement celui-là. ' On recommande de pêcher le Chevesne avec de très- gros hameçons, ce que l'on conçoit jusqu'à un certain point, si l'on considère la grandeur de sa gueule. D'un autre côté, la gueule est charnue et facile à piquer, ce qui semblerait permettre l'emploi d'hameçons plus petits. Une nombreuse série d'observations nous a mis à même de nous assurer que le Chevesne, en saisissant sa proie, la serre, Xa palpe pour ainsi dire au moyen de ses lèvres énergiques; s'il y sent un corps suspect, il rejette de suite, en ouvrant les lèvres, cette proie peu rassurante, et, dans ce mou- vement, les hameçons de certaines espèces sont presque toujours rejetés sans avoir accroché les organes buccaux ; de ce nombre sont les Limericks droits, qui ne piquentle Chevesne qu'à condition quele pêcheur puisse ferrer au moment précis où le poisson essaye l'appât. Or, (juand on pêche de dessus un pont, avec une ligne CHEVRETTES. 177 I-iq. 147 /'l'ir. 148. —Grappin à Chevesne. de 20, 30 ou 10 mètres, ce moinoul n'est pas facile iï saisir comme l'éclair ; il serait donc (Icsirable d'^'-lre armé d"un hameçon que le Chevesne ne pût toucher sans le piquer. Tous les hameçons qui ont beaucoup d'avantage, tels que les limericks courbes AMN {fi(j. 147) sont meilleurs, mais, à moins de les prendre très-gros, ils manquent encore quelquefois leur effet. Toutes ces réflexions nous ont conduit à l'adoption du grappin {p(j. 148) pour la poche du Chevesne, et la réussite la plus complète a couronné nos efforts. Avec un grappin (et le plus petit est le meil- leur), la défiance du Chevesne tourne à son détriment, plus il palpe l'esche, plus il la fouille des lèvres, mieux il est pris, car à la pre- mière pression, un vif mouvement de sa queue a indiqué au pêcheur que l'acier du dard a pénétre : ferrez un coup sec et pas trop fort, Limenck couii.e. il est à vous sans peine : car trois hameçons le tiennent à la fois, et quoique petits, très-petits même, ils supportent l'effort ensemble, et vous savez que rimnm fait la force. Je terminerai donc cet article en disant au pêcheur : Malgré le surcroit de précautions que demande l'emploi du grappin, l'usage de l'aiguille à amorce, etc., malgré tout cela, si vous êtes un pê- cheur soigneux et si vous vous attaquez à des Chevesnes de taille respectable, môme si vous péchez au papillon, servez-vous d'un petit grappin, et vous prendrez tous les Chevesnes qui vous attaque- ront, ce qui n"est rien moins que sûr avec un gros hameçon simple, suivant la méthode ordinaire. CHEVESNE MÉRIDIONAL (SqualiusMeridionalis, Diane). —Malacopt. abd. cyprin. Variété de l'espèce commune, à dos plus arqué, à tète plus longue, corps plus court, museau plus pointu, Icte formant le quart de la longueur totale. Ligne latérale presque droite de 44 écailles fortement poiutillées, tandis que le C. commun en a jusqu'à 46 quelquefois. L'opercule est plus long et plus carré. Se pèche dans le Lot-et-Garonne, dans la Sàve, dans la Sorgue, près d'Avignon. CHEVESNE TREILLAGE (Squalius clathratiis, iJlanc). — Malacopt. abd. cyprin. Long. max. =0'n,20. Espèce voisine du C. commun, plus mince et plus élancée que lui et surtout que le C. méridional, remarquable par ses écailles pointillées de noir au bord et formant des losanges très-réguliers et très-nets. Dos et dessus de la tète bleuâtres, à reflets nacrés jusqu'à la ligne latérale; au-dessous blanc d'argent. Gros points noirs sur les joues et les opercules. Nageoires inférieures jaunâtres ; dorsale gris pâle. Se pèche dans le Lot, le Celé, près Figeac, etc. CHÈVRES. — Pieux qui servent à monter les hauts étaliers. (Yoy. Guideau.) CHEVRETTES. — Les Chevrettes sont des Crusta- *rés décapodes Macroures ; elles font partie d'un groupe na- turel qui porte le nom de Salicoques: dans ce groupe, le Palémon porte le nom de ^'^' **^' ~f^**^^'"^"^<>"Crangon, appelé aussi Sauterelle. Crevette. On en distingue deux espèces, \e Palémon à dents de scie et le Palémon ^quille. (Yoy. Palémo.x.) 12 riH CHOIX DES INSECTES. Tout à côlé d'elles se Irome une autre Salicoquc nommée Cmngon, qui, sous le nom de Sauterelle, se poche toute l'année. Celle-ci ne devient pas rouge comme la Chevrette par la cuisson. (Voy. Crangon.) Tous servent d'appât très-estinié pour la plupart des poissons de mer, surtout pour ceux qui approchent du rivage. On dépouille la queue de l'animal, et c'est la chair intérieure que l'on met sur l'hameçon. Ce qui prouve combien l'odorat est développé chez les poissons, c'est qu'ils reconnaissent ce lambeau de chair qu'ils n'ont jamais vu sous cette forme, et qu'ils s'y jettent avec avidité. CHEVROTIÈRE OU CREVOTIÈRE. — Les mailles de ce fdet, employé dans le5*arrond. mai'it. (Toulon), auront au moins 0'", 001) en carré; sa longueur n'ex- cédera pas -4 mètres. Monté sur une fourche ou un demi-cercle, en bois, auquel sera adapté le manche. Traverse de 1™,50 de longueur sur 0"',10 d'épaisseur, avec plaque de plomb de 1 kilogr. Usage de jour seulement, du i'^' octobre à fin février. CHICHARON. — Nom populaire du S/uirel ou Carangue, sur les côtes voi- sines de l'embouchure de la Garonne et de celle de la Charente. (Voy. Saurel.) CHIEN DE MER. — (Voy. ROUSSETTE [petite].) CHIEN DE MER ANGE. — (Voy. AnGE DE MER.) CHIFFE. — Nom du Dtirr/ dans les Vosges. (Voy." Dard.) CHINCHARD et CHINCHARE. — Désignation du Saurel ou Carangue sur les côtes de Bretagne. (Voy. Saurel.) CHIQUEUR. — Nom du Boucet à Dieppe. (Voy. ce mot.) CHOIX DES INSECTES ARTIFICIELS , SUIVANT LES MOIS. — Nous allons essayer d'établir le calendrier de l'emploi des mouches artificielles, d'après Isaac Walton, le fameux père des pêcheurs à la mouche en Angleterre. En com- mençant, nous sommes obligé tout d'abord de remarquer combien il est difficile de faire comprendre exactement quels sont les insectes que nous allons désigner. Les fabricants ont, en effet, l'habitude de donnera chaque désignation d'insectes un faciès traditionnel ei particulier , lequel, la plupart du temps, ne rappelle en rienla nature et la forme de l'insecte véritable qui en a été le premier type. En second lieu, il existe une espèce de mouche artificielle, dite Palmer {fig. 130, 151) (Pèlerin), sans doute parce qu'au commencement où on l'a faite, elle était en plume brune, revê- tant ainsi la livrée du pèlerin. Ceci n'est qu'une hypothèse toute gratuite, car la mouche Palmer revêt aujourd'hui à peu près toutes les couleurs imaginables. Il se fait encore une variété fort suivie, dite Fancy (fan- taisie) {fîg. 152, 133), qui mé- \ rite bien son nom, car elle varie de forme et de couleur * dans toutes les gammes con- nues du blanc au noir, passant par les couleurs de l'arc-en- ciel. Ces bizarres créations réussissent très-bien. C'est le point intéressant. Nous sommes obligé de mettre les noms en anglais ; mais, quand la traduction sera possible, elle se trouvera à côté. Fig. 151. l'almers divei's. Fig. «52. Fig. 153. Fancy diverses. Mouches à Truites. CHOIX DES INSECTES. 179 {Gna(s) Cousins Fig. loi. — Cousin d'hivoi tig. 155. — Stone-flij, Frigano artificielle. En général, il laiil recommander de se servir, en : Janvier : (Juand il fail beau, de Tipules artificielles, dits {(,),. 154). Fkvhier : D'une chenille velue (////. loi), diia P aimer on (ireat Hackle. La chenille, type piiniitif, est très-velue, longue et de couleur fauve; elle dévore les feuilles de la ronce. On emploie, pour la Truite surtout : The Red fly (la Mou- che rouge), J/ofJaiid's fancij. Mardi broirn [fig. 15:2), Hare's ear (Oreille de libwc) (fig. 153); Ifcd spinner (la Pileuse rouge); Soldier Palmer, le Palmer ou la Mouche-soldat, par rapport à sa couleur qui rappelle celle des soldats anglais. A ce propos, nous mentionnerons les deux insectes coléoptères que l'on trouve, en mai, sur les haies et dans les blés ; tous deux ont la même forme al- longée ; l'un est rougeâtre, les Anglais le nonnnent le Soldat ; l'autre est bleu foncé à léte rouge, ils l'appellent le Marin. Tous deux sont excellents pour la pêche à la mouche. Mars : Gomme en février. Avril : The Cow-dung. (Bouse de vache. ? — Sans doute à cause de sa couleur. ?) Sand fly (Mouche de sable) ; Aider fly (Mouche de l'aulne); Oak fly (Mouche du chêne) ; Stone fly (Frigane) [fig. 155); Black, brown et red Palmers (Mouches Palmer noires, brunes et rouges) (//^. 150 et 151). Blue dun (Taon bleu?) Fa^icy Coktail (Queue de Coq) Mai : Vers la fin de ce mois, la mouche dite Fourmi ailée ou la Mouche d'au bépine {fig. 156) {Haivthoi'n fly), qui se trouve sur cet arbuste après la pousse des feuilles. On la fait avec la plume noire de la collerette du coq. 'Hie Black gnat (fig. 157) (le Cousin noir) ; Wren tail (Queue du Roitelet) ; Yellow Sally ; Fern fly (Mouche de fougère); Coachman (le Cocher!); May fly (Hanneton); Hoflaïufs fancy and francis. Juin : Les Fourmis ailées (fig. 158) ont le ventre gros et rebondi comme une bouteille ; on les fait de camelot gris et rouge, avec des ailes gris clair. Cigales factices. The May fly (le Hanneton) ; Orl fly ; Blue dun (le Taon bleu); Yellow dun (Taon jaune) ; House fly (Mouche des maisons); Small Palmers (petites Mouches Palmers, artifi- cielles [fig. 150). Juillet: Mêmes insectes, auxquels il faut ajouter The grouse Hackles (Plume de Coq de bruyère); Pale dun Hackles (fig. 159) (Mouches sans ailes, brun pâle); Bed et black ««^s (Fourrais noires et rouges). Août : Les Fourmis ailées de ce mois (fig. 160) ont des ailes de couleur obscure, et le corps de poil de vache noir, nuancées d'un peu de rouge à l'extrémité du ventre. Small Palmer (petites Mouches Palmer artif.) ; Aider fiy (Mouche daulne) Fig. 156. Haivtliorn fly Mouche «l'aubépine. Fig. 157. The Black gnat. Le cousin uoir. Fig. 158. — Fourmi ailée. Fig. I 59. — Pale dun Hackles. Fig. 160. — Fourmi ailée d'août. 180 CHOIX DES INSECTES. Cow dimg (Mouche de la bouse de vache); Coh flij: Cinnomon pj (Mouche couleur cannelle); Augiist dun (Taon d'août). Septembre : The Avgiist rlim {Taon d'août); Coîv dung {Monche de bouse de vache); Aider //?/ (Mouche d'aulne); Jied, ùlack, brmvn et grey Palmers (Mouches Palmer artif. rouges, noires, brunes ou grises) ; aussi the March hrown (la Mouche brune de mars) {fi g. 130, 151, 152 et 153). \ Pas de mouches particulières : si le temps est beau, on essaie UCTOBRE . i j^g cousins d'hiver {fig. 154). Si l'eau est transparente, on ^^^^^^"^^ . / reprend les mouches qui ont le mieux réussi en automne, Décembre: ) ^^^ même au printemps. D'après un livre de 1719, intitulé : les Amusements de la campagne, les mouches artificielles doivent être faites ainsi, suivant les mois : Avril : Corps garni de soie rouge; tète verte, plumes d'une poule rousse. Mai : Corps garni de soie rouge avec des filets d'or; tête noire, plume rouge d'un chapon. Juin : Corps garni de soie bleue et d'un jaune doré, tête pâle, plumes de dessous les ailes d'une perdrix. Juillet : Corps garni de soie vert et or, tête bleue et ailes de plumes de cou- leur pâle. Août : Corps composé de barbes de plumes de paon ; tête jaune, ailes des plumes de faisans. (Yoy. Moucues artificielles.) CHOIX DES INSECTES ARTIFICIELS SUIVANT LE TEMPS. — (Voy. Mouches artificielles, et art. précédent.) — La couleur des mouches artificielles, en soi, n'importe point à la pêche ; le rapport de cette couleur au temps qu'il fait est seul de la plus grande importance, quoique de nombreuses exceptions prouvent là chaque instant au pêcheur, qu'il y a des moments oii le poisson n'est pas difficile, et où il prend tout ce qui lui tombe sous la dent. En effet, lorsque pleuvent des arbres et de l'air, des insectes pendant l'été, le printemps ou l'automne, il en tombe de toutes sortes et de toutes couleurs. Quand même la rivière serait couverte d'éphémères blanches qui semblent une manne envoyée aux poissons, on peut pêcher avec une mouche artificielle bi'une, rouge ou noire ; le poisson la prendra, soit nouveauté, soit habitude. Il n'est pas si peu important de faire attention à la grosseur des mouches. Sur les eaux parfaitement limpides, sous un ciel clair et lumineux, on emploiera des mouches de couleurs claires, grises, jaunes ou blanches, et même à une grande profondeur, le poisson les verra au travers du cristal dans lequel il se promène. Si, au contraire, le temps s'assombrit et tourne à l'orage, si les eaux ont un peu de louche, on prendra des insectes de couleur brune, rouge, noire ou marron foncé. En effet, il est important, avant toute chose, que la couleur de la mouche tranche sur celle de l'eau, afin que le poisson puisse voir de loin le leurre et y venir. D'après Isaac Wallon, — le père des pêcheurs à la mouche artificielle, — les principaux insectes employés avantageusement à l'état d'imitation, sont : les arai- gnées, les chenilles, les papillons, les demoiselles, les sauterelles, les teignes aquatiques, et les insectes ailés des bords de l'eau. Parmi eux, voici ce qu'il recommande comme choix, suivant le temps : Varaignée rouge et ]e papillon jaspé conviennent pendant qu'il fait soleil. Le bibet, lorsque le temps est h l'orage. Le charançon, lorsque le ciel est obscurci par les nuages. CHOIX DES INSECTES. 181 Les chenilles jaunes et vcitcs s'emploient le matin, ainsi que \c papillon des genêts et la sauterelle. La mouche factice {fancy), vers la (in du jour. ha. nymphe, au point du jour. La. papette ei le petit paon se mettent en usage toute la journée. (Jn emploie de préférence : Ces désignations doivent être enten- dues dans un sens très élastique : par exemple, voici ce que l'on poiura prendre pour : Araignées : Araignées. Chenilles. Fourmis ailées. Demoiselles. Pour les Truites Fig. 164 Fi g. 166. Fourmis ailées : Fig. 167. G Fin. 163. Demoiselles Fig. m. Le petit Paon pour le Saumon. Fig. 172 et 173. — Mouches à Saumon. Nous renvoyons à l'article xMoucnES artificielles, des extraits curieu.x de The 182 CHONDROSTOMi:. Art of angling, parTh. Barkor, IGol . Nous ferons remarquer au lecteur que la pêche, enFrance, etsurtoutla pêche à la mouche, est hienplusmoderue que cela, pournous. CHONDROPTÉRYGIENS ABDOMINAUX ou A BRANCHIES FIXES. — Le mol Cliondroptérygiens a été formé, par Artedi, des deux mots grecs yjr/(Jç.o- cartilage, et Ttréfu? nageoire; on remplace quelquefois cette dénomination par celle de Carlilugmeux. Le deuxième ordre de cette division comprend les cartilagineux à branchies fixes, et, dans la première famille, le groupe des Raies et des Squales; dans la deuxième famille, le groupe des Lam- proies dont les petites espèces nous servent d'amorces pour les poissons voraces. Les familles de cet ordre se divisent ainsi : 1» Sélaciens ; 2° Suceurs. Les Plagiostomes qui sont, sans contredit, les plus remarquables des poissons et les plus élevés dans l'ordre naturel par leur organisation, paraissent remplir au milieu des eaux le rôle que jouent les oiseaux de proie dans les airs. Ils ont, en général, été doués par la nature de moyens puissants de locomotion et de force qui les rendent les ennemis redoutables de tous les êtres qu'ils rencontrent habituellement ou accidentellement dans les mers, et, comme eux, la plupart n'exercent pas leurs déprédations seulement dans un espace restreint, mais à des distances considérables, émigrant même le plus souvent à la suite des bâtiments et des bandes de Scombres dont ils aiment à faire leur proie. Ces animaux ne peuvent donc jamais être regardés comme sédentaires, et nul ne peut affirmer qu'une espèce encore inconnue aujourd'hui sur une côte ne s'y présentera pas demain, pour en repartir presque immédiatement, et n'y reparaître qu'à des intervalles irréguliers et souvent fort éloignés. Cependant, si la plupart des grandes espèces sont presque complètement cosmopolites, la nature semble avoir voulu établir une analogie de plus entre les rapaces des mers et les rapaces des airs, en créant, chez les premiers, un certain nombre de genres, tels que les Roussettes, les Aiguillais, les Ëmisoles, qui, à l'instar des Faucons, des Busards et des Éperviers, ont un habitat plus restreint; et, — chose plus surprenante encore, — de même qu'il existe des rapaces nocturnes parmi les oiseaux, les Raies sont également des poissons de proie nocturnes qui, comme lesChoueltes et les Hiboux, semblent n'abandonner que rarement leurs antres privilégiés. CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES LIBRES. — Slurioniens. Premier ordre de la deuxième série, ou poissons cartilagineux. Cet ordre contient le genre Esturgeon, qui, par la tête et les épaules osseuses, forme le passage des poissons osseux aux cartilagineux. Ce poisson ne se prend pas à la ligne, mais seulement au filet. Les deux autres familles de cet ordre sont dans le même cas. Ce sont les genres Pohjodon et Chimère, qui nous ofi'rent peu d'intérêt. CHONDROSTOMA CJERULESCENS. — (Voy. Chondrostome bleuâtre.) CHONDROSTOMA DREMŒI. — (Voy. Cho.ndrostome de Dréme.) CHONDROSTOMA RHODANENSIS. (Voy. Chondro.stome du Rhône.) CHONDROSTOME [Genre], (Chondrostoma, Agass.). — Malacopt. abdom. Cyprin. Les Chondrostomes, par la forme du corps, sont de vrais Chevesnes; mais leur bouche est si différente que ce seul caractère suffit à les en séparer. Les lèvres de ces poissons présentent des plaques cartilagineuses d'où leur vient leur nom scientifique. La bouche est transversale et en des- sous, ce qui leur fait une espèce de nez proéminent, d'où leur vient leur nom populaire, sans con- tredit le meilleur des deux. Les dents pharyngiennes sont sur un seul rang, ce qui les sépare des Chevesnes : elles sont 5, G ou 1, coupées en biseau, formant une pointe aiguë et sans dentelure. Quatre espèces en France, dans les eaux de l'Est. CHONDROSTOME BLEUATRE (Chondrostoma caerulescens, Rlanc). — Malacopt. abd. Cyprin. Long. max. = 0n',2H. Très-voisin du Nase et ne valant probablement pas mieux que lui comme chair : corps plus épais, à reflets bleus d'acier sur le dos; écailles tachetées de forts points noirs, aussi autour de l'oeil et l'opercule. Bouche en croissant, plus grande que chez l'espèce type, et placée également au-dessous du museau . Lame cortiée très-courte à la lèvre inférieure. Cinq petits pores àchaque coin de la bouche. Ligne latérale, 58 à 60 écailles. D, grise = 3 simples -+-8 à i) rameux. A, un peu jaunàtre = 3 simples 4- 12 branchus. Se pêche dans le Doubs, l'Ognon, etc. CHONDROSTOME DE DRÊME (Chondrostoma Dremœi, Blanc,). — Malacopt. abd. Cyprin. Long. max.=0,15. Ressemble beaucoup au Chondrostome bleuâtre dont il paraît une réduction : le dos est plus CIRCULATION. 183 pûle, une bande en Ion? an-dcssiis delà liijne latérale, se montre dans tons un peu ardoisée. Points noirs sur les écailles, la joue elles opercules. Ligne latérale de 56 à 58 écailles. Se pèelie dans le Lot, la Sàve, l'Aude, la Garonne, etc. CHONDROSTOME DU RHONE (Chondrostoma Rhodanensis, Ulanc.).— Malacopt. alid. Cyprin. Variété du Nase de Drcine,à houche très-petite et eu croissant : écailles à rellets jaunes pique- tées de très-fins points noirs. Se pêche dans le Rliône, l'Ariége, la Durance, etc. CHONDROSTOME NEZ (Chondrostoma nasus, Val.). — (Voy. Nase.) CHOUAN. — Appellation vulgaire des Chevesnes dans le département de Maine-et-Loire. (Voy. Cheves.nes.) CHOUCHE. — Nom de la Raie Pastenague aux Martigues. (Voy. Raies, § 15.) CHRYSOPHRYS. — (Voy. Dorade.) CHUTE. — Hauteur d'un filet, des flottes à la plombée. CIBAUDIÈRE. — Espèce de Ravoir. (Voy. ce mot.) Ce sont des filets du genre des folles et des demi-folles que l'on tend en ra- voir, principalement pour prendre des Raies. On les tend aussi munis de flottes et de plombées sur la côte de Dunkerque. CIRCULATION. — Le cœur, composé d'une seule oreillette (V, fig. 174), d'un seul ven- trt'rule, se trouve placé sous la gorge, dans une cavité ihoracique très-petite, séparée de l'abdomen par un diophmgme. Le sang veineux y arrive, et de là, passe par une artère pulmonaire dans les branchies où il respire et re- devient artériel; les veines pulmonaires le ramènent dans un vaisseau dorsal, d'où il se répand dans tontes les parties du corps. Dans ce système, le sang, pour aller des branchies aux organes qu'il nour- rit, ne traverse qu'une seule fois le cœur qui est réduit à la partie droite du cœur complet des mammifères ; mais le sang y passe en entier pour aller respirer; aussi, c'est avec raison que l'on dit que, chez les poissons, la circu- lation est simple et complète. L'organe moteur du sang étant réduit à un cœur simple Ifig. 174), au cœur veineux, il s'ensuit que la circulation est peu rapide et que cette cause, jointe au peu d'activité de la respiration, explique la faible température du corps des poissons. Le tronc dorsal VD {fig. 17G) des poissons constitue pour eux l'aorte descendante. Nous avons dessiné, ici, le cœur (%. 174) et la circulation branchiale complète de la Raie (fig. 175). Le cœur se compose {fig. 174) de A, l'oreillette qui reçoit les veines caves V(-, \E. V, ventri- cule, à colonnes charnues très-prononcées. VE, VC, veines caves. VL, deux lames d'une valvule placée à l'orifice auriculo-ventriculaire. T, tronc commun s'élevant de la partie supérieure du ventricule. 11 est garni d'un grand nombre de valvules sigmoïdes incomplètes. Si nous nous reportons à la figure 175, ce tronc T donne deux grosses branches A, B, se continue en ligne droite, et finit par se bifurquer. Toutes les branches qui dérivent de ce tronc produisent des rameaux, qui fournissent à leur tour 20 à 30 ramus- cules, se subdivisant en une multitude de filets, dont les dernières radicules constituent le réseau vasculaire destiné à préparer l'oxygénation du sang. Des vaisseaux C,D, semblables à ceux que nous venons de décrire, le recueil- lent pour aller former les branches E, F, D, qui constituent le vaisseau dorsal. Les branches 1,1, envoient le sang à la tête; les ramuscules suivants con- stituent les artères cardiaques ; et, enfin, les petites branches sont destinées aux muscles qui font agir les branchies. Comme on le voit, tout le sang passe par les branchies avant d'être dis- tribué aux organes, la circulation est donc complète. La figure 17 représente, vu de côté, l'appareil circulatoire d'un poisson cule unique du cœur, est l'oreillette que nous venons de voir marquée A dans la figure 174 : l'c, l'c, sont les veines caves. Dans cette figure, nous voyons beaucoup mieux le bulbe artériel à, Fig. 174. — Cœur de la Raie. Fig. 173. — circula- tion branchiale do la Raie. ve est le ventri- 184 CIRCULATION. origine de l'artère Lranchiale, qui conduit le sang noir aux branchies que nous voyons au-dessus; V V V V açob est l'artère branchiale, et au-dessus, les vaisseaux ^'^ ~^- >-- branchiaux qui, après l'hématose au contact de l'oxy- gène, ramènent le sang rougi dans l'artère dorsale vd. Cette artère ou aorte se bifurque sur une seule li- gne, et distribue d'un côté un rameau an vers la tête du poisson, conduisant l'arche vd jusqu'à l'extrémité du corps, d'où le sang revient par vc, et ainsi de suite. Il est très intéressant de bien connailre la position relative des organes importants de la circulation, de la nutrition, etc., chez les poissons : les différences que cesanimauxcomportent, si on les compare aux quadru- pèdes et aux oiseaux que nous voyons tous les jours, sont assez grandes pour dérouter les esprits superficiels. C'est pourquoi nous avons jugé utile de placer ici (^g'. 177) une coupe très-simpliflée des Fig. vc f) t)« h nh 176. — Appareil oirculatuirc vu de côti;. Fig . 177. — Coupe d'iuie Carpe, suivaut le plan d'axe du Corps, pour montrer la position relative des organes. organes de la Carpe, suivant un plan qui la séparerait selon son axe, en coïncidant avec le plan des nageoires impaires. Nous espérons qu'en présence de cette figure si claire, nos lecteurs ne seront pas embarrassés. En marchant de droite à gauche, nous trouvons : B, branchies ; D, dents pharyngiennes; L, pharynx; 0; cœur; VA", vessie natatoire ; X, vessie urinaire ; I, intestins grêles ; C, foie ; P, P', reins; C', gros intestin et rectum. Au-dessus, l'épine dorsale avec les côtes cou- pées en av.int et les apophyses intactes au-dessous. ap (œ Fig, 178. — Cœur d'un Cralie, vu en dessus. so su rye2Aux . . de ^s oepte quel-i res \ en- peignes., j (|uefois 1 traies... J Suspendui^s à j Mai.acoptk- I le l«^ Des< ' l'appareil rygiems f nageoires ) de l'c^paule. . subhacuiens. . . f dorsales ou^ mob.le... pectorales r ( Malacopté- , Squelette j I \ (Halaco- '^ Pas de nageoires ventrales, j kygiems / osseux / I \)tt^rvgiens). \ (apodes niobdc. . i 1 . p / Branchies dispost'-es en houppes rondes | LopiioimANcuES ^.'Mâchoire supih-ieure engrenée au crâne I Plectkognathes (r.UONniiOPTÉ- ^ ^ DnANCHmS LI- i fice à chaque opercule j ^p^g ^'^ 1 Sturioniens . . . Squelette cartilagi - 1 neux. Os de la ma- \ granchies adhérentes \ \ choire supérieure I g^ les deux bords : I Mâchoire inférieure mo - ) ^ ., ^^,^^.. \ remplacés par les I [jiugieurs ouvertures ( bile j ^ELACIE^s ^ palatins ^ branchiales ) Choohoptérygiens a ) Mâchoires soudées en un ) p^,.,,,„_,^„„„ BRANCHIES FixRS ) ccrclc immobile ) XV Genres et S -Genres. ... 86 .. 17 Depuis l'époque (1828) à laquelle cette classification ingénieuse a été créée par l'immortel natu- raliste, de nombreuses études ont été faites au point de vue d'une délimitation plus méthodique, plus rigoureuse surtout, de chacun des groupes naturels dont les caractères ne sont ni assez nette- ment tranchés ni assez formellement précisés. Cuvier, au reste, dit M. Aug. Duméril, a lui-même constaté l'embarras où peut jeter parfois l'emploi exclusif de la méthode naturelle. Les principaux chercheurs dans cette voie ardue ont été, par ordre de dates : Agassiz, 1833 — nous donnons une idée succincte de sa méthode à l'art. Écailles; — J. Miiller, 1844; — Ch. Bona- parte, 1850; — C. Duméril, 1856. Ce dernier possédant, dit M. 3Ioquin-Tandon dans son Éloge historique à la Faculté de Méde- cine, une érudition choisie et une très-heureuse combinaison de la méthode naturelle et du classe- ment artificiel, produisit un ouvrage capital distinct de ceux qui ont été composés sur l'ichthyologie. ('e travail, consigné dans V Ichthyoloyie analytique (1856), est, sans contredit, l'un des plus ration- nels et l'un des plus simples. Cela ne veut pas dire beaucoup dans la matière, par la raison bien évidente que, lorsqu'on est obligé de baser de grandes divisions sur la comparaison d'organes in- ternes délicats ou de petites dimensions, on arrive toujours à une classification inabordable au plus grand nombre, comme vérification journalière de ses études. On fait forcément une classifi- cation de gens de cabinet, de savants, et non de gens du monde, du public : ce qui est cependant le seul et vrai point de vue auquel une classification devrait répondre. Constatons malgré cela que tous les maîtres dont nous venons de parleront fait faire un pas en avant, que tous ont signalé des différences et des ressemblances intéressantes. Malheureusement, tous, au point de vue vulgarisateur,— le seul sans doute qui, à leurs yeux, fût peu important,— ont compliqué au lieu de simplifier et rendu la terminologie tellement inabordable qu'elle en devient quelquefois burlesque. Le mot semble fort et n'est que vrai, sinon pour les maîtres que nous venons de citer, au moins pour leurs continuateurs ou leurs augmentateurs, tels que P. Decker, qui osa créer des noms dont nous ne résistons pas à donner deux spécimens : Chorisopharyngodontes et Trachy- craniichttiyini... Quand on en est arrivé là, il est certain qu'une révolution est proche, qu'une réaction doit tendre à se produire et qu'on peut la désirer, l'appeler de tous ses vœux... . C'est ce que nous faisons. Nous omettons, de même, de parler ici au lecteur des études qui n'ont porté que sur des groupes spéciaux, plus ou moins étendus, et qui n'ont pas embrassé la science ichthyologique dans son 188 CLUPÉOIDES. ensemble. II est résulté, de ces études partielles, des c-Iassifications partielles, ou plutôt des modi- fications partielles à la classification générale. Nous n'avons pas cru devoir les exposer ici, afin de ne pas compliquer un taMeau saisissant par sa simplicité et son homogénéité. Le livre que nous écrivons n'est pas un traité de science pure : nous l'adressons aux gens du monde surtout, et nous sentons, à chaque pas, la nécessité de leur adoucir les pentes un peu roides de la science ichthyo- logique, d'autant plus que, par un parti pris déplorable, ainsi que nous le remarquions tout à l'heure, les mots néo-grecs forgés pour baptiser les divisions et subdivisions des poissons, ont une physionomie barbare que l'on croirait faite à plaisir pour dégoûter les profanes d'une étude qui, présentée autrement, serait des plus attrayantes. Lorsqu'il sera temps, nous indiquerons, en termes généraux; les changements principaux qui ont été faits. Ils sont, en général, de deux espèces : les uns ont pour but d'élever d'un degré les sub- divisions existantes en espèces et en genres, faisant de quelques espèces des genres, quand les an- ciennes variétés étaient reconnues pour des espèces véritables. En même temps, des changements se faisaient dans un ordre inverse, alors que de nombreuse espèces jugées desimpies variétés, dispa- raissaient, reconnues provenir du climat, de l'habitat, de la saison ou de l'âge. Admirable travail de composition et de décomposition où chacun apporte sa pierre et son con- tingent de découvertes. Combien, hélas! reste-t-il plus à découvrir que l'on ne connaît! Puis, un jour, alors que la science aura marché, alors que ce qui est encore pour nous dans l'ombre, fleurira au soleil, de nouvelles attractions, de nouvelles répulsions se révéleront à quelque nouveau Cuvier qui rebâtira, plus solide et plus régulier, l'édifice actuel que la postérité aura peu à peu ébranlé. Telle est la marche de la science. CLAVATA (Raja). — (Yoy. R.vie, § U;,) CLAVEL. — (Voy. Raie, § 16.) Ou nomme aussi Clavelade, la Raie bouclée. CLAVICULES. — Les clavicules des poissons sont deux os situés transversalement après l'ouverture des ouïes ou branchies ; ils sont attachés à la première vertèbre cervi- cale et ressemblent à une faux triangulaire dont la pointe serait dirigée vers les maxillaires et placée derrière l'omoplate {fires, mais est soutenue à une hauteur suffisante par elles pour que les amorces seules touchent le fond et que les empiles n'y traînent point. A cette 6po([ue de l'année, Fig. 196. — Ligne de fond pour la pèche d'étd (fd dormant) . .on n'emploie plus que des hameçons simples et toujours l'Ablette comme amorce. Les empiles sont espacées de G en 6 mètres, ce qui est, pour le pays, une sorte de distance réglementaire. On prend ainsi : Truites, Brochets, Lottes, etc. Quatrième manière. — Été : Juillet, Août. On n'emploie plus alors, pendant les grandes chaleurs, les lignes de grand fond ; on se contente de lignes dormantes placées ou jetées sur les bords comme les nôtres. On remplace les cordes dont nous avons donné la description par des filets flottants {Netzé) semblables à ceux que nous employons. (Voy. Cablières, grandes et petites.) CONGRE (Muraena conger, Lin.). — Malacopt. apodes. Long. max. = 2 mètres. Syn. : Conger Eel, angl. — Bronco, Brancha, itaL — Meeral, ail. — Kongeraal, hol. — Im- sel/a, Malte. — Congrio, esp. Yeux grands, à pupille blanche; iris grand, noir-bleu, cerclé de blanc. Pectorales blanchâtres, dorsale et caudale bordées en noir, ligne latérale formée de petits points blancs, espacés, puis se réunissant pour composer une ligne blanche continue vers le milieu du corps. Dorsale plus rapprochée de la tête que dans l'Anguille d'eau douce, avec laquelle le Congre a de grands rapports. Dents très-nombreuses, lèvres mobiles, blanches; langue blanche, pointue et mobile. Dos gris-noir cendré, ou noir suivant les plages ; ventre blanc, nageoires blanches bordées de noir. Le Congre varie de couleur, du blanc sale au presque noir; le plus foncé est préféré. Ces diffé- rentes colorations paraissent tenir aux fonds que ces poissons habitent. Chez les jeunes Congres, les deux principales nageoires, la dorsale et l'anale, sont souvent d'un Ijleu très-doux, relevé par un liséré noir au moment où ils sortent de l'eau. Habite les eaux salées de toutes les mers; très-répandu sur la côte de France; est très-vorace et vit presque toujours à l'embouchure des grands fleuves pour trouver plus facilement un aliment à sa faim continuelle. Pendant l'été, en cherchant à basse mer, entre les rochers, les vers pour la pêche, on trouve dans le sable même du frai de Congre de 0",05à 0",0() de long, sous forme d'une petite Anguille parfaite- ment conformée. Corps blanc presque translucide, mais portant déjà, le long de la dorsale, la ligne noire caractéristique de l'espèce. Ce fait indique bien, ce nous semble, que l'Anguille d'eau douce n'est pas le frai du Congre, comme on le dit quebiuefois, et peut montrer encore autre chose. Puisque le frai du Congre est distinct du frai d'Anguille, ces deux poissons forment bien deux espèces différentes quoique rapprochées : or, si l'une est, comme on a bien voulu le dire (Blanchard), la larve d'un poisson inconnu, il s'ensuit très-probablement que l'autre, l'Anguille de mer, est aussi la larve d'un autre poisson également inconnu. Cependant, avouons que les Congres de dimensions énormes que nous voyons tous les jours, peuvent bien passer pour des animaux parfaits ; et qu'à moins que nous ne pensions au grand Kraken, le fameux serpent de mer, il est difficile de se figurer un autre animal dont les grands Congres pourraient être le premier âge. Adultes, les Congres sont extrêmement voraces et n'épargnent pas même leur espèce ; la force de leurs mâchoires étant très- grande, ils s'attaquent même à des crustacés dont ils réduisent le test en fragments. Ils dévorent les Barbues et autres poissons plats qu'ils peuvent attraper. Ils sont souvent lentes par des crustacés déjà pris dans des paniers que l'on tend à cet effet ; ils y entrent et se font prendre à leur tour 196 CONGRE. La Méditerranée en possède une espèce particulière, un peu plus petite que le Congre commun, portant quelques taclies sur le museau, une Lande en travers de roi;ciput, et deux rangées de points blanchâtres sur la nuque. CONGRE. — Ces animaux se prennent aux lignes de fond d'une longueur de 130 à 140 mètres, chargées à une extrémité d'une pierre ou d'un plomb assez lourd pour n'ôlre pas soulevé par l'eau qui roule sur la ligne. (Voy. Cablières.) Cette longueur de corde suffît à mettre 23 ou 30 hameçons empilés, sur très- solide ficelle, ou mieux sur laiton ou corde filée et munie de bons appâts. Le Congre, très-vorace, n'est pas difficile sur le choix de ces appâts. Comme il habite les rochers, on peut tendre laligne dans les environs ou au bas des pierres, on a plus de chances de le rencontrer là que partout ailleurs. On a remarqué cependant qu'il ne choisit jamais sa demeure dans les trous qui demeurent à sec ; mais si, aux basses marées, un rocher reste couvert d'un mètre d'eau, c'est dans cette partie que le Congre choisira sa retraite. Les habitants de Pornic et des côtes de la Bretagne nantaise vont dans ces endroits le chercher au moyen d'un Ringard, ou tringle de fer, avec lequel ils le harcèlent dans son trou jusqu'à ce qu'il en sorte. Le compagnon du pêcheur porte dans sa main un vieux sabre non coupant, dont il assène au Congre un coup à travers l'eau. Il est rare qu'il le manque, mais le pêcheur novice le manque toujours, parce que les mouvements de l'animal sont très-rapides. Il faut une lame mince pour fendre l'eau et conserver au coup une vigueur que le choc de l'eau n'amortisse pas; le coup brise l'épine dorsale du congre qui se débat sur place et n'avance pas. , On a remarqué que ce poisson ne mordait pas volontiers aux amorces pendant le jour, et qu'il était plus réservé même pendant le clair de lune que pendant les nuits noires, excepté en grande eau. L'amorce la plus employée est le Célan. Sur les côtes rocheuses, les Congres se cachent dans les crevasses des rochers oîi quelquefois les grandes marées le laissent à sec; mais sur les côtes sans rochers, ces animaux se retirent dans des terriers qu'ils se creusent dans le sable. Sur les grèves de la Normandie et du Boulonais, la meilleure amorce est la Seiche, et ensuite le gros ver de terre ordinaire, dont il est très-friand. 11 mord aussi très-bien sur les petites Limandes, Flets et autres poissons plats, quand on peut en prendre au carrelet ou lanet, dans les ports. (Voy. Lanet, Carrelet.) Sans être aussi difficile que le Barbeau sur le choix de ses amorces, le Congre ne touche généralement pas à une proie qui est, le moins du monde, décomposée. Les jeunes poissons, comme les petites Plies, les petites Morues, sont de son goût, mais il ne résiste jamais à la tentation que produit une Equille, dont le corps bril- lant l'attire invinciblement. On se sert aussi des bras de la Seiche qu'on coupe, quand on n'a pas d'autre amorce de poisson. Si l'on ne peut se procurer de poissons, on amorce avec des vers noirs ou aré- nicoles, que l'on trouve dans les rochers et dont ils sont très-friands. On peut aussi prendre des vers blancs ordinaires ou Gravettes. Les pêcheurs de la côte de Bre- tagne qui en font leur métier et qui, par conséquent, recherchent les plus gros Congres comme les plus avantageux, appâtent {boittent) leur ligne avec la moitié d'un maquereau et, pour ce faire, prétendent que les plus gros sont les meilleurs. Il est vrai que l'hameçon dont ils se servent a O^jOO sur 0",0o, et qu'ils prennent de ces poissons pesant 17, 20 et 24 kilogr. Nous avons dit,tout à l'heure que le Congre mord difficilement pendant le jour; cela est vrai, mais doit s'entendre seulement de celui qui est adulte et d'une taille CONSERVATION. 197 comparable à la jambe d'un bomme. Cela n'est plus vrai quand il s'agit du jeune, Congre, auquel les pôcheurs donnent le nom de Fouet. Celui-1;\ mord partout et toujours : il faut croire qu'il est constamment entre les berbiers du fond on quête d'une proie nouvelle, car nous l'avons pris aussi facilement à 7 et 800 mètres du rivage qu'au pied des rochers. Ajoutons cependant que la mer, où nous les prenions, est presque entièrement sur fond de roches. Quoi qu'il en soit, le Fouet mord î\prement et tient bien au fond : il n'est pas difficile sur le choix de l'amorce; un morceau de crabe franc, une lèche de pilono, une tête de sardine, etc., tout lui convient. Il est vrai qu'on a plus de facilité à le piquer qu'à le dégager de l'hameçon et de la ligne autour de laquelle il s'entortille de la façon la plusdésordonnée. Il fautle saisir vivement et le décrocher de môme, au risque de lui déchirer la mâchoire, si mieux on n'aime passer une demi-heure à défaire son ouvrage. On doit croire qu'en automne, vers le mois de septembre, ces jeunes Congres existent en quantités énormes au fond de la mer, car il nous est arrivé souvent d'en voir prendre, dans la barque seule oîi nous péchions, dix ou douze de suite. Vont-ils donc par bandes? C'est ce que l'on ne sait pas. Les obser- vations de ce genre ne sont pas faciles à faire à 25 ou 30 brasses de profondeur par lesquelles nous péchions. La chair du jeune poisson est bien supérieure à celle des vieux. Elle se rapproche beaucoup decelle de l'Anguille et s'accommode de la môme manière. En général tous ces petis Congres appartiennent à la variété noire. Les pêcheurs de Concarneau disent que c'est une espèce particulière qui ne grossit pas plus que cela. Encore un point à éclaircir ! Le Congre voyage en troupes ; on est arrivé ;\ en prendre jusqu'à quarante sur une ligne de 300 mètres. Sa poche a lieu depuis avril jusqu'aux gelées. A cette époque ils semblent se retirer vers la haute mer. Cependant une certaine quantité se loge dans les fentes des rochers et sort de ces retraites pendant les belles journées d'hiver ; on peut même supposer que les Congres noirs préfèrent les rochers et qu'ils y demeu- rent toujours. On a pris des Congres de i mètres et plus de long et de 0°,60 à 0",70 de tour. Quand on les pèche à la ligne, il faut amorcer avec la Seiche et le Calmar ou en cornet. Dans les hivers très-froids, on trouve souvent sur la côte de grandes quantités de Congres morts. Les pêcheurs de Dieppe prétendent que, pendant la nuit, les Congres s'élèvent à la surface de l'eau et que, saisis par le froid, ils meurent en un instant et sont jetés à la côte. CONSERVATION DES ASTICOTS. — On peut facilement conserver ses asticots pendant tout l'hiver, sans qu'ils tournent en chrysalide ou Epine-vinette. A l'automne, au moment où ils sont encore communs, vers la fin de septembre ou le milieu d'octobre, on en amasse plusieurs mesures que l'on met à la cave dans de la terre à four, ou terre glaise. Cette terre ne doit être ni sèche ni mouillée, mais seulement fraîche comme celle que l'on bêcherait en été à 1 mètre de profondeur. Il faut que l'asticot puisse s'y enfoncer, ce qu'il fait de suite. Le vase qui contient le tout doit rester constamment dans une cave fraîche et être bien couvert, car les rats sont très-friands des asticots et éliraient leur do- micile dans la terre glaise où ils rencontreraient le vivre et le couvert. On prend une portion de terre, au fur et à mesure des besoins, et en l'émiettiuit on y trouve 198 CONSERVATION. les aslicots un peu engourdis, mais bien en vie, fermes et excellents pour mettre à l'hameçon. En les rapprochant un peu de la chaleur, ils reprennent toute leur vivacité. CONSERVATION DES CHÊNEFERS OU CHERFAIX POUR LA PÊCHE. — Le Cherfaix est amphibie et vit fort bien hors de l'eau; peut-être même emporte- t-il, dans sa maison et retenue h sa loile de soie, la provision d'air qui lui est né- cessaire quand il se plonge dans l'eau, mais il a besoin d'humidité; car si on le laisse dans un endroit sec et aride, il sort de sa maison et meurt. Pour conserver ces larves si utiles au pêcheur pendant les chaleurs de l'été, il faut les tenir dans un linge mouillé qu'on a soin de laver ou de renouveler tous les trois ou quatre jours. On peut se contenter de laisser tomber sur le linge quelques gouttes d'eau pour entretenir l'humidité ; si, au contraire, les Cherfaix trempaient dans l'eau d'un vase, on les verrait s'agiter, marcher et s'efforcer de sortir de cette eau sans doute trop chaude. Souvent alors ils quittent leur enveloppe et meurent; quelques-uns pourrissent. Il est bon de mettre le linge humide dans un endroit sombre et frais, on peut ainsi les garder pendant plus d'un mois. La captivité hâte généralement, pour ces insectes, le moment de la métamor- phose. Celui-ci se devine aux longues soies blanches que les insectes filent, et dont ils s'enveloppent. Leur volume diminuant beaucoup, l'insecte n'offre plus qu'un tissu fdandreux enveloppé d'une membrane jaunâtre qui formera plus tard ses ailes. Suivant les lieux, la température" et les eaux, on rencontre les Portefaix ou Cherfaix ou plus tôt ou un peu plus tard. On les recueille dans le mois d'avril, mais ils sont encore petits. Ils durent jusqu'en juillet, août et môme septembre. A ce moment, comme les eaux deviennent froides, ils s'enfoncent, se cachent, et il faut les aller chercher sous les feuilles et les herbes. CONSERVATION DES VERS DE TERRE. — On enferme les vers dans un vase de terre garni de mousse ou de lichen fluviatile, que l'on trouve sur les pierres des ruisseaux. On lave et on exprime l'eau de cette mousse une fois par semaine en hiver et deux fois en été. Si les vers deviennent malades, on voit se gonfler le nœud qu'ils ont vers le milieu du corps. Il suffit de répandre, tous les jours et goutte à goutte, une cuille- rée de crème ou de lait sur la mousse qui recouvre ces animaux pour les tenir en bonne santé. On fait de môme si on les voit maigrir, et de celte manière on les garde un mois et plus. Nous extrayons de tlie Art of Angling, charmante petite brochure de TJiomson Barher, écrite en l'an du Seigneur 1631, les lignes suivantes : « Le ver rouge à nœud est très-bon quand on manque de ver cannelé ou hran- dlin (voy. Graveling ou Saumonet); mais les brandlins sont meilleurs. Malheu- reusement ces vers ne vivent pas longtemps sur l'hameçon, ce qui est une condi- tion indispensable pour faire une bonne pêche. Lorsque vous aurez recueilli vos vers dans le fumier, il faut vous procurer la mousse la plus verte que vous pourrez trouver et la laver soigneusement pour en enlever toute la terre ; ceci fait, placez un lit de cette mousse dans un pot de terre et vos vers par-dessus. Dans l'espace de deux jours, vos vers cannelés seront extrêmement amaigris ; mais si vous amor- cez avec eux votre hameçon, vous remarquerez qu'en les plongeant deux ou trois fois dans l'eau, ils grossiront et prendront une couleur blanche. » COQUETTE. . 199 (( Pour rendre les vers gras et vigoureux, de manière qu'ils puissent vivre long- temps sur l'hameçon, il faut prendre un jaune d'œuf et huit ou dix cuillerées de lait frais; mêlez le tout ensemble et ftiites chauffer jusqu'à ce que la matière s'é- paississe. Ceci fait, laissez refroidir. Prenez une cuillerée du mélange et laissez-la tomber goulle h goutte sur la mousse où sont les vers. En changeant la mousse deux fois par semaine en été, et une fois en hiver, et répétant la môme opération, vos vers deviendront gras et vigoureux et vous pourrez les amorcer pendant une année. CONSOMMATION GÉNÉRALE DU POISSON. — (Voy. MarCDÉS.) COQ DE MER. — Nom vulgaire du Cotte-Scorpion. (Voy. ce mot et Crabe et Calappe Migrane, voy. aussi Dorée.) COQUE DU LEVANT. — Il est bien difficile qu'un livre de pêche ne parle pas de cette fameuse substance, no fût-ce que pour en proscrire et en maudire l'usage à tous les points de vue. Comme destruction de poissons grands et petits et comme danger pour les consommateurs, elle est également nuisible; car, suivant les expressions du docteur Goupil, si l'on n'a pas soin de prendre et vider le poisson empoisonné aussitôt qu'il sort de l'eau, son emploi peut présenter le même danger que l'ingestion de la coque du Levant elle-même, et la chair vénéneuse agit sur l'homme et les ani- maux comme la plante. Cetle action vénéneuse réside dans l'amande grasse que contient le fruit, et provient d'un alca- loïde appelé Picrotoxme, d'une extrême énergie : l'enveloppe ligneuse est purement vomitive. La coque du Levant est le fruit d'un arbre provenant des Indes et du Malabar, et portant le nom de Anamirta coccu/us ; c'est une semence plus grosse qu'un pois, arrondie et légèrement coniforme, formée d'un brou noirâtre et rugueux, et d'une coque blanche renfermant l'amande. 11 est curieux que le poisson la mange, car elle est d'une amertume insupportable, et peu soluble dans l'eau. Il faut à ce poison luie incroyable énergie pour aller, à d'aussi grandes distances, porter la mort au milieu des paisibles habitants des eaux. Ce sont en général les petits poissons qui succombent les premiers, les gros plus défiants et placés dans des retraites sombres et reculées, où le courant no leur porte pas les particules empoisonnées, sont moins souvent atteints. Ces coupables manœuvres manquent donc leur but dans les grands cours d'eau; elles n'ont d'action terrible que dans les petites rivières à cours lent, et dans les étangs qu'elles dépeuplent sans retour. La loi sur la pêche fluviale, art. 25, punit d'une amende de 30 à 300 francs et d'un emprisonne- ment de un à trois mois, l'emploi de ce moyen ou de tout autre analogue . Cette disposition n'est même pas assez sévèrement exécutée, et la vente de la coque devrait être absolument inierdite. L'emploi de la chaux, substance à la portée de tout le monde, est mis à profit dans les montagnes par les paysans pour capturer les Truites, et comme la surveillance y est presque nulle, et d'ailleurs fort difficile, la répression n'atteint jamais le coupable. (Voy. Chaux.) C'est à l'emploi réitéré de ces moyens barbares que l'on doit, en France, le dépeuplement en Truites des cours d'eau supérieurs. Autrefois, la population était moindre, les ressources plus faciles, les pêcheurs de rivières moins nombreux, par la raison que les étangs très-abondants et parfaite- ment aménagés par les couvents, fournissaient une abondante récolte de poissons; on comprend alors que les anciens auteurs parlant de pêche, considéraient comme tout naturel qu'une fois, par hasard, on dépeuplât un coin de fleuve où Ton ne pouvait aller pêcher. Mais aujourd'hui que le pois- son est rare, que les étangs sont presque partout convertis en prairies, il est imprévoyant de laisser dépeupler les ruisseaux des montagnes qui seuls encore peuvent conserver les meilleures espèces de poissons. La vulgarisation des méthodes de la pêche à la ligne, si loyale et si honnête, est un des plus fé- conds moyejis de faire tomber cette funeste habitude. Quand le paysan et le bûcheron sauront pêcher la Truite à la ligue, ils en prendront ce que leur consommation réclame et n'en tueront pas cent pour en manger une douzaine. Il paraît qu'autrefois même on employait la coque du Levant en m?r ; les décrets sur la pêche maritime répriment également l'emploi de cette substance dangereuse. Nous ne savons pas si, dans quelques pays, l'usage d'empoisonner les poissons de mer a prévalu ; cela est bien possible, mais, quant à nous, nous n'en avons pas été témoins. (Voy. Arbre a e.mvrer les I'Oissons.) COQUETTE BLEUE. — Dénomination, populaire en Bretagne, du Labi-e mêlé, mu/e. {Voy. ce mol.) 200 CORDES. COQUILLON. — Appellation populaire du Barbeau dans quelques endroits du déparlcmeiit (le l'Aube. (Voy. Barbeau.) CORACIN NOIR. — (Yoy.GORACIN YULGAlllE.) CORACIN VULGAIRE (Sparus chromis, Lin.).— Acanthopt. labroïd. Long max. = Ce poisson, sur le compte duquel la synonymie est extrêmement embrouillée, à cause de IVpi- thète Chromis, paraît devoir élre range, d'après Cuvier et Valencienncs, sous le nom de Castagneau [Bran.a^ Bloch), squammipenne à dents en brosse aux mâchoires et au palais. Les Coracins, extrêmement communs dans la Méditerranée, ont tout à fait le port des Labres, les mêmes mâchoires protractiles et les nageoires dorsales terminées de même en fllamenls. Ils s'en distinguent par des dents en cardes aux mâchoires et au pharynx, et une rangée conique sur les maxillaires. La iigp.e latérale n'est pas interrompue, mais finit sous la dorsale. D'après Cuvier, elle se conti- nuerait en 72 écailles à peine marquées. Corps brun châtain, flancs couleur étain obscur, nageoires verticales brunes, pectorales et ventrales jaunes sans écailles, les autres sont éeailleuses sur presque toute leur surface. Ce poisson fraye en été, et, dans cette saison, contient des vers intestinaux qui le font maigrir. Rudolphi en indique six espèces. D = .3+.30. P = 2 + IT. V=H-5. A = 2 + 27. C = 2G. CORACIN VULGAIRE. — Ce poisson, dont la chair est estimée, séjourne en petites troupes dans les grandes profondeurs, on l'y prend facilement, au moyen des hameçons attachés aux palangres. Quoiqu'on en prenne toute l'année, on les préfère en hiver. CORACOIDIENS (os). —(Voy. Épaule.) CORBEAU. — Nom vulgaire du Corbs noir. (Voy. ce mot.) CORBS NOIR (Sciaena nigra, Gmel.). — Acanthopt. sciénoïdes. Long. max. =0'",50. Syn. : Corvo di fostiei-a, ital. Ce poisson, commun dans la Méditerranée, se rapproche beaucoup du Maigre, avec lequel il est souvent confondu, quoiqu'il soit beaucoup plus petit. 11 s'en distingue par ses dents en velours aux deux mâchoires, et par un rang de grandes dents aiguës à la mâchoire supérieure. 2™* épine anale grande et très-foi te. Corps brun argenté, à ventrales et anales noires. A la loupe, les écailles paraissent ponctuées de noir d'une multitude de points, La caudale a un liséré noir à son extrémité. . D=10+ 1/2.3. A=2+8. C=I7. P=1G. V=l+5. Ce poisson vient, au printemps, déposer ses œufs sur les galets calcaires du rivage, en juin, juillet, août; le reste de l'année, il se tient dans des profondeurs inaccessibles. Sa chair est fort re- cherchée. CORBS NOIR. — On prend ce poisson dans les étangs salés comme dans la mer, mais il ne paraît pas remonter les fleuves. Il se nourrit de petits crabes, cre- vettes, scolopendres et fucus.- CORCERONS. — (Voy. BouÉts, etc.) Les Gorcerons, dont le nom est probablement une corruption du mot écorce, sont ces morceaux de liège que l'on adapte à une bautfe ou à la tête d'un fdet pour le soutenir à fleur d'eau ou en alléger le poids. Ce mot s'étend quelquefois à tout objet faisant. flot te : bouée creuse, bois, etc. L'emploi des Gorcerons submergés a donné lieu à de fort intéressantes inven- tions de pêche dans certaines bricoles à brochet, dans l'installation des hameçons flottants attachés à des cordes de fond, dans l'établissement de certaines lignes de fond entre deux eaux. (Voy. ces mots et Bouées, Gablières [fjrandes].) CORDÉES. —(Voy. Traînée.) CORDES. — La corde, en langage marin, c'est la ligne de fond, la cordée, en langage de pêcheur de rivière. L'une ne diffère de l'autre que par la plus grande force des hameçons em;,,loyés, les poissons de mer ayant plus de vigueur et la COIIEGONE. 201 gueule plus grande. Cependant je pense fermement qu'il y a là une mauvaise habi- tude, une routine inspirée aux pêcheurs marins par une économie mal entendue. Sans doute ils achètent moins d'hameçons, parce que ceux qu'ils choisissent cassent peu, mais ils vendent moins de poisson, parce que beaucoup ne se sont pas pris qui l'eussent été, avec des hameçons plus fins et meilleurs que ceux qu'ils emploient. Lorsque les cordes sont munies de plombs ou de pierres, qu'on nomme cà- blières, elles constituent les cordes de fond, c'est la cordée de la rivière. Quand elles sont soutenues par des lièges, ce sont les cordes flottantes, pêche qui n'a pas d'analo- gue en eau douce. La maîtresse corde ou la plus grosse qui porte les empiles, se nomme une bauffe dans l'Océan, et maître de palangre en Méditerranée. Les cordes sont tannées comme les fdets pour en augmenter la durée. CORDES DORMANTES. — On donne souvent ce nom à la pêche aux grandes cablières, qui sont un travail véritable et une source de l'alimentation publique. (Voy. CuHDEs, Cablières [grandes], etc.) CORDE FILÉE. — La cordc filée, comme empile pour la pêche des pois- sons carnassiers, n'a qu'un défaut, c'est l'élévation de son prix. Elle se compose en effet d'un petit écheveau de soie grége de très-bonne qua- lité, revêtu, au moyen d'un rouet spécial, d'un fil de cuivre étamé ou argenté, dont les spires sont plus ou moins serrées et rapprochées, suivant le degré de flexi- bilité que l'on veut donner à la corde. Celles qui s'emploient pour les instruments à archet, sont composées d'une âme en boyau, tandis que celles qui servent à la guitare ont l'âme en soie et peuvent être employées pour les empiles, quoique les tours très-serrés de leur spirale en laiton les rendent roides et moins commodes que celles filées spécialement pour la pêche. On trouve, dans le commerce, la corde filée en bouts d'environ l'",20; mais les empiles n'ont pas besoin d'être tout entières en cette matière; on peut n'en employer que O^jSo à 0'",30, ce qui est largement suffisant pour résister à la dent des poissons près de l'hameçon. La monture des hameçons sur cette corde n'est pas sans difficulté, vu la grande facilité que la spirale présenté pour se défiler aux bouts de la soie : on y obvie par un empilage très-soigné et fait avec de la soie bien poissée et vernie ensuite avec beaucoup de soin. La môme précaution doit être prise pour toute espèce de nœuds, qui se font très-mal sur cette matière et sont très-gros : il faut leur préférer des empilages ou ligatures. Toutes ces précautions restreignent forcément l'usage de la corde filée, et la pêche en mer aux grandes cordes n'en connaît pas l'emploi; or, c'est là qu'elle rendrait les plus grands services. On l'emploie en rivière, pour la pêche du Brochet, de l'Anguille, de la Truite, et sa roideur est souvent une difficulté, parce que le dernier surtout de ces pois- sons est très-fin ; tandis que tous les poissons de mer mordent avec une voracité qui ne leur permet pas de s'occuper des tenants et des aboutissants. Ils emportent la pièce, et viennent au panier. CORDES FLOTTANTES. — (Voy. BelÉE.) CORDONS. — (Voy. OEufs, Perche commune, etc.) CORÉGONE[Ge«/T] (Coregonus, Art.). — Malacopt. abd. Salmon. Les Coregones sont les Ablettes des Sulmones, ou, pour mieux dire, ils en sont les Clupées. Leur 202 C R É G N E. figure rappelle tellement bien la forme et la couleur du Hareng que les populations des pays où ils sont nombreux ne les appellent que les Ilarexgs (Peau tlaii' e. Ce sont d'ailleurs de délicieux poissons sous le rapport de la délicatesse de la cliair, la première sans contredit parmi tontes celles si savoureuses de la famille des Salmonidés. Les Corégones vivent en troupes, ce queue font pas les antres Salmones, excepté le Huting, qui est presque marin. Leur corps comprimé, trancbaiit plus ou moins, suivant l'âge, est couvert d'é- cailles caduques, blanches, nacrées, arrondies, à stries concentriques. La bouche de ces poissons est sans dents on n'en porte que d'une excessive petitesse. A l'époque du frai, un phénomène analogue à celui que présente la Brème, se produit : les écailles deviennent canaliculécs et saillantes comme sous une sorte d'éruption. Le genre Corégone est un de ceux qui ont donné le plus de difficultés aux naturalistes pour dé- terminer la synonymie des espèces qui le composent. D'après nos études spéciales, faites sur les lieux de productiou.et à l'établissement impérial de Huningue, oii nous avions également ce poisson sous les yeux à tous les âges, nous en sommes arrivé à cette conclusion. De deux choses l'une : ou le genre Corégone doit être composé d'une douzaine d'espèces distinctes mais basées sur des caractères fugitifs et peu marquants, ou l'espèce est unique, mais douée d'une variabilité qui n'est pas sans exemple parmi le peuple des eaux. Nous penchons évidenuuent pour cette dernière conclusion, après avoir mis à part le Hiilingqui, lui, diffère tellement qu'il pourrait devenir le type d'un genre séparé. Pour nous, et rien n'est plus facile à voir sur les individus élevés et conservés au cabinet de Huningue, le Lavaret et la Fera sont un seul et même poisson, modifié par des circonstances de lieu et d'habitat. Ce qui est in- discutable, c'est que le Lavaret se trouve e» même temps que la Fera dans le lac de Genève, l'un à une grande profondeur, l'autre à la surface. Ne sont-ce pas deux âges différents du même pois- son? Ne voyons-nous pas les petits Gardons venir jouer à la surface avec les Ablettes? Les jeunes Chevesnes ne s'y tiennunl-ils pas toujours, tandis que les vieux de ces deux genres ne quittent guère les fonds ? Admettons maintenant, — ce qui n'est pas sans exemple, nous le répétons, puisque l'Orfe de Valenciennes a été longtemps une espèce, tandis qu'il n'est aujourd'hui que le jeune âge de l'Ide mélanotede Heckel, — admettons une certaine variabilité dans les âges, et nous serons bien près de croire que le Lavaret, la Fera, la Gravenche, la Pake, la Dhiufetchen, la Marène, le Sand/elchen, le Gangfîsch, etc., tout cela n'est qu'un seul et même poisson à différents états de saison, de lieu et d'âge. Nous n'en excepterons pas les Corégones anglais, car le Powan n'est que le Blaufelchen dont nous parlions tout à l'heure, c'est-à-dire la Fera du lac de Genève ; le Pollan, c'est le Saidfelchen, un autre état de la même Fera du même lac, enfin la Vendace n'est que le Gangfisch. Yarrell range ainsi les Corégones : The Gwy Iliade. Lavaret. Powan. Fera : pour nous : Blaufelchen du lac de Genève, Constance. Pollan. Fera : — Sandfelchen, Vendace. Fera : — Gangfisch. Cependant quelques ichtliyologistes actuels sont en contradiction avec Valenciennes etaffirment que le Lavaret n'existe pas dans le lac de Genève et que ce que l'on y prend est la Bezola. Effec- tivement, la Dezola est un Corégone qui diffère un peu du Lavaret, lequel ne se prend que dans le lac du Dourget et dans un lac du Dauphiné, celui d'Aiguebelle. D'après nos observations, la Bezola serait tout simplement une jeune Fera, identique avec le Lavaret du lac de Genève. Cependant le Lavaret dépose ses œufs sur le l)ord du lac, tandis que la Fera ne sème les siens que dans les profondeurs. Le goût de la chair est différent, mais pas autant qu'on pourrait le croire. L'âge suffit à expliquer une pareille différence. Tous deux meurent si facilement qu'on a vaine- ment tenté de transporter ces poissons du lac du Bourget dans celui d'Annecy. Voilà donc les dissemblances et les ressemblances; les premières sont beaucoup moins capitales que les secondes, il faut l'avouer. En outre, voici des faits : dans la Suisse allemande la Fera adulte, \n grande Fera, comme ils disent, est le Blaufelchen ;\r Jeune, c'est le Gangfisch. Nous avons comparé les échantillons de Palée blanche du lac de Neufchàtel envoyés par M. Coulon, et nous les avons trouvés identiques au Lavaret de Genève, qui n'est lui-même qu'une Fera. Enfin, — dernier rapprochement, — dans le lac de Constance, le Groundfelchen dépose ses œufs dans les profondeurs, le Sandfelchen sur les bords : tous deux ne sont d'ailleurs que des âges diffé- rents du même poisson : la Fera. Sur le lac de Genève, comme sur le lac de Constance, les mêmes faits se produisent sous des noms un peu différents, mais signifiant au fond la même chose ; voilà tout. Corésone CORNOUILLER. 203 Sonnini donne ainsi la synonymie allemande du Corëgone Wartmanni, qui n'est que noire Lavaret. Pendant la : Ire année Uelevcrling^ Maydel. 2" — Sluhel, Sfeuber. 3« — Gaiigfisch. 4" — Wtenken. 5^ — Labfeldi. iS" — Drei/er. 7« cl suivantes. D/aufelchen. Pennant et Willugliby sont de noire avis sur l'identité de la Fera et du Lavaret. Nous serions donc tenté, après avoir ainsi expliqué nos motifs, et, par-dessus tout, poussé par cette conviction qui ne se raconte pas, mais qui s'impose quand on a vu, de faire luierévolution dans le genre pacifique des Corégones : mais, comme nous ne nous reconnaissons pas qualité suffi- sante pour faire autorité au milieu des hommes spéciaux de l'iclilhyologie, nous laissons au con- traire, jusqu'à nouvel ordre, subsister les nombreuses espèces que l'on a cru observer. Le temps viendra où de plus nombreux documents recueillis ne permettront plus le doute, et alors nous mar- cherons du composé au simple avec certitude absolue. Nous réduirions donc volontiers le genre Corégone à deux espèces ; à museau ordinaire Fera. à museau pointu, en saillie. . . Hunting. Au lieu de cela, nous laisserons le genre Corégone composé ainsi qu'il suit : Genre Corégoiic {Corcgonus) comprenant 12 espèces : Lavaret, Fera, Gravenche, Hunting, etc. CORÉGONE MARÈNE (Coregonus maraena, Val.). — Salmonoïde appelé en allemand Sandgangfisi:li, Ga/tg/i-^ch, Ade/fiic/t, Weiss felhen (Fera blanche), Sandfelchen (Fera des sables), Miesad 1er fe/chen i Glc . C'est la Fera des grands fonds, ou Fera blanche du lac de Genève que M. Ju- rine (V. Valenciennes), a reconnu être nommée aussi Weissfelchen à Constance. Cependant pour les recherches futures, nous transcrivons ici le compte des rayons d'après Valenciennes, XXI, 351. L. 84 écailles. B = 9. D= 15. A = 15. G =31. P= 14. V= 12. CORÉGONE MARÉNULE (Coregonus marœnula, Hat.). —Ce poisson, appelé en allemand Gangfisc/i ou IVem gmig/isch, est le 3' âge du Lavaret, c'est-à-dire de la Férn. C'est en- core celui que l'on nomme Dézola ou Gravenche dans la Suisse française, Albule sur le lac de Zurich, des Quatre-Cantons, etc. (Voy. ces mots.) CORÉGONE PALÉE. — (Voy. PalÉE.) CORÉGONE THYMALE. — (Voy. O.mbre co.mmln.) L'Ombre commun a été distrait des Corégones parce qu'il porte des dents très-nombreuses aux mâchoires, au palais et aux os pharyngiens; sa dorsale est d'ailleurs toute différente. Le genre Ombre a été créé par Agassiz, et ne renferme en France qu'une seule espèce, le Thymalus vexil- lifer. CORÉGONE ^WARTMANN (Coregonus Wartmanni, Dloch). — Pour déterminer ces Corégones dont la synonymie est si embrouillée, il faut tout simplement remonter aux locutions allemandes ou suisses qui les représentent. D'après Noël {m. s.), le Corégone Wartmanni est appelé à Constance : llenerling, Maidel, Seelen, Renken, Hulhfelchen, Dreyer felchen, Blaufelchcn. C'est tout simplement le Lavaret à différents âges et adulte^ c'est-à-dire la Fera, G' année. (Voy. Lavahet et plus liaut : Cokegone.) COREGONUS THYMALUS. — (Voy. 0.mbre, [Genre].) CORNEAU. — Nom àeV Alose feinte, à Angers. (Voy. Alose feinte.) CORNETS. — On donne quelquefois le nom de Cornets aux Calmars, mais le plus souvent ce nom est appliqué aux Spirales, espèce de mollusques céphalopodes très-voisines des Seiches , et portant, comme elles, 10 hras autour de la tête. On les nomme Cornets de postillon, h cause de leur forme, et elles servent d'appâts pour les grands poissons carnassiers, en été. (Voy. Calmar, SEicnE,etc.) CORNOUILLER. — Les cornouillers que nous possédons en France sont au nombre de deux, qui forment des arbustes d'un beau port et donnent des tiges fort utiles pour la confection des cannes à pêche. Le cornouiller sanguin est plus flexible que le cornouiller mâle {Cornus mas,L.). Le premier fournit aussi des scions excellents. (Yoy. Scions.) Toutes les liges doivent être choisies, autant que possible, franches de pied cl sur des sujets pous- 204 COTTE SCORPION. saut dans des terrains secs et pierreux : elles seront coupées en bonne saison, c'est-à-dire en hiver pendant le repos de laséve,etsécliées avec précaution, en paquets serrés et sans l'intervention du feu. CORPOU. — Cinquième chambre de la madrague, où se prennent les Thons. (Yoy. Maiirague.) CORPS DE RECHANGE. — Tout pôcheur soigneux et ami de ses intérêts, préparera, pendant Thiver, différents corps de canne susceptibles de remplacer ceux qu'un accident peut mettre hors de service. S'il n'a pas le temps de les ter- miner entièrement sous le rapport des ligatures et des anneaux, il les ajustera au moins aux différentes douilles de la canne, afin de n'être pas pris au dépourvu. C'est surtout pour les scions que ce soin est indispensable. Le scion, partie la plus importante de la canne, en est aussi la plus fragile. Un pêcheur, quelque soi- gneux qu'il soit, en consomme toujours beaucoup plus qu'il ne le désirerait. (Voy. Scion.) CORRÉES. — On nomme ainsi, dans la Loire, des espèces de bancs de petits et moyens cailloux, roulés par les eaux du fleuve et dépouillés de toute terre, vase ou herbe. Ces Corvées sont généralement balayées par des courants d'autant plus rapi- des que les pierres qui les composent sont plus grosses. (Voy. Aspect de l'eau.) CORYPHÈNE [Grande]. — (Voy. GRANDE CORYPnÈNE.) COTEREAUX. — Cordages de 30 mètres de longueur avec lesquels on joint à cette dislance, des pièces de tramail flottant entre deux eaux. Mode de la baie Saint- Michel. COTES, — On donne, en anatomie, le nom de côtes aux arcs osseux ifig. 197) qui partent des vertèbres, et dont l'assemblage forme la voûte des grandes cavités des animaux. Les poissons osseux ont tous un nombre de côtes très-variable, les poissons cartilagineux n'en ont pas tous, et, chez les Raies, elles manquent complètement. Dans les poissons osseux, elles entourent le plus ordinairement tout l'abdo- men, mais ne se réunissent que très-rarement en dessous à un os qui représente- rait le sternum. De petits stylets, pénétrant dans les chairs, partent quelquefois des cotes et même des .vertèbres, de sorte que certains poissons ont plus d'arêtes que d'autres. Les côtes s'attachent à l'apophyse transverse des vertèbres par des ligaments fibreux, et presque entièrement noyés dans les muscles intercostaux, elles n'ont, pour ainsi dire, aucun mouvement; c'est parleur élasticité seule qu'elles cèdent au gonflement des laitances à l'époque du frai. Fia 197 — Côte ^^^ '^^^^^ ^^^^^ souvent prolongées par un os distinct que l'on pourrait appeler côte sternale (Valenciennes) et qui soutient les écailles chevronnées qui forment la carène du ventre. Si l'on joint à ces os les interépineux, les apophyses costales libres, on concevra sans peine la grande complication du squelette des poissons, et par suite le nombre d'arêtes qui se trouve dans leur chair. COTTE SCORPION iColtus scorpio. Lac). — Acanthopt. Joues cuirassées. Long. max. Syn. : Rôtsinipa, Skialrita, suéd. — Fisksymp, dan. — Donde)ipod,\\o]l. — Escorpion, esp. — Scci'pione, ital. — Sea scorpion, Falher talIier, angl. — Bamscha, russe. Corps allant en diminuant de la tête à la queue, tête énorme, aplatie, à bouche très-grande et garnie de petites dents pointues; langue épaisse, courte et dure; yeux grands, rapprochés entre eux et du sommet de la tête. Arrière du crâne muni d'aiguillons de longueur inégale. Narines à l'extrémité du museau. Ligne latérale, droite en points écailleux. La couleur du corps varie dans les deux sexes ; elle est brunâtre mêlée de roux et de vert, en marbrures inégales sur le dos, blanche sous le ventre pour les femelles; jaunâtre mêlé de blanc pour les mâles. Ce dernier a les pectorales plus grandes que la femelle, les ventrales nuancées de rouge, tachetées de blanc; celles des femelles sont rayées de noir et de blanc. D =10+ IG. P= 17. V =3. A = 12. C = 18. Le Cotte-Scorpion est très-vorace ; il fait une chasse active et continuelle à tout être qu'il croit pouvoir attaquer avec succès. Il s'en prend à des animaux beaucoup plus gros que lui, mais qui ne COUFFE. 205 se défendent que peu ou point devant la rage et la sotiJaineté de ses attaques ; les jeunes Salmones lesClupéoides, les Blennies, les Raies naissantes, Turbots, Plies, Soles, etc., sont mangés • les crus- tacés mêmes, quand la proie facile ne donne pas. On le croirait attaqué d'une boulimie perpétuelle. Fiy. lus. — Cotte-scorpion [Cottus scorpio, Lac). Fraye en décembre et janvier au milieu des algues et des plantes marines. Les œufs sont rouge- orange. Se pèche à l'hameçon ou au petit truble dans les mares du rivage. COTTE-SCORPION. — (Voy. BoiS-DE-ROC.) COTTUS GOBIO—(Voy. Chabot.) COUDRE. — Lorsqu'il s'agit d'obtenir un filet d'une grande étendue, on le fabrique en morceaux de mêmes mailles que l'on rajuste ensemble alors qu'ils sont terminés. Pour réunir l'une à l'autre deux pièces de filet, il faut qu'elles soient de même grandeur, et qu'elles présentent des mailles absolument semblables. On pose les deuxfdets l'un sur l'autre, puis, prenant un moule de grosseur calculée et beau- coup plus petit qui a servi à faire les filets, on fait un rang de mailles en passant dans les deux mailles semblables, superposées de manière que la maille faite sur le petit moule, se tende entre l'extrémité des autres, de façon à former une ligne droite joignant -l'extrémité des pointes. Il est évident que, ouvrant alors les deux filets, ils seront très-exactement réunis. COUDRIER (Corylus avellana, Lin.). — Le Coudrier ou Noisetier est un arbre que tout le monde connaît : c'est le bois par excellence du taillis médiocre, c'est la mine inépuisable où, enfants, nous avons été cueillir des baguettes. Or, la baguette de l'enfance de- vient, entre les mains du pécheur, soit la seconde flexible, soit une gaule rustique d'un seul morceau, soit, quelquefois, mais seulement à défaut de quelque chose de meilleur, — un bas de scion. Quoique flexibh?, le Coudrier devient cassant par une dessiccation absolue; voilà pourquoi nous le repoussons comme scion, et nous sommes payés pour ne pas l'oublier. En baguettes assez grosses, il est, au contraire, excellent, quoique sujet à se tourmenter et incapable de prendre un beau poli. En somme, le Noisetier ou Coudrier doit être connu des pécheurs comme en cas, comme grande utilité ; de ce qu'il est partout, on en use plus souvent qu'il ne le mérite. (Voy. Scion.) COUFFE DE PALANGRE. — Cette pêche se fait sur les eûtes de la Méditerranée, surtout aux environs de Nice (Alpes-Maritimes). On appelle dans ce pays, couffe, un panier rond sans anses comme celui de la figure 199. On le remplit de lest, plomb, fer ou pierres tout simplement ; on le suspend par trois cordelettes attachées à une bauffe suffisamment longue et plate, et terminée par une petite bouée. . 199. — Couffe de Palan^re. 206 COULEURS. Cette pèche ne peut se faire qu^ dans une mer comme la Méditerranée, à flux et reflux insensibles. Enfin, on attache autour du panier une dizaine ou une ving- taine d'empilés garnies de leurs hameçons amorcés et l'on descend le panier au fond de la mer par 2o fi 30 brasses de profondeur. En somme, c'est une pèche de fond pareille à la plombée, à la fourquette. Elle produit beaucoup de poissons plats. GOULAG. — Nom de l'Alose à Bordeaux. (Voy, Alose.) GOULE. — Filet dérivant ou flottant non tramaillé. Long. 130 mètres, mailles 0'°,032, permis toute l'année arrondissement de Rochefort. GOULETTE. — C'est un grand Lanet. (Voy. ce mot.) GOULEURS DES POISSONS. — (Voy. MuTATiOiN (/««s la couleur des poissons.) COULEURS DES CORPS DE LIGNES. — Un grand nombre d'auteurs sou- tiennent que la couleur des corps de ligne ne fait rieh à la pêche, et, par consé- quent, que le crin noir^tant plus fort que le crin blanc, on doit faire ses lignes avec le premier, au lieu du second. S'il est facile de prendre, par expérience, des poissons avec du crin noir, cela ne prouve pas que, dans une eau limpide, le pois- son n'ait pas beaucoup plus peur d'un fil foncé que d'une matière dont la transpa- rence se confond avec celle de l'eau, comme le crin blanc. Ce qui est toutefois in- contestable, c'est que le brillant de la substance qui sert à faire la ligne, la florence par exemple, est un obstacle réel, que savent fort bien éviter aussi les poissons dans les eaux limpides, alors que le soleil fait briller ce fil dans certaines positions. Par une eau louche ou trouble, on peut prendre n'importe quelle couleur de ligne, une ficelle parfaitement opaque fera au besoin l'affaire. Mais si l'on s'attaque à des poissons de surface rusés et défiants, on ne pourra jamais trop dissimuler le fil perfide. Le vieux pêcheur, habitué à toutes les ruses de la population des eaux, peut seul rendre compte de la difficulté d'approcher certains poissons dans des moments donnés. Ce n'est pas la couleur de la ligne qui fait peur au poisson, c'est, la plupart du temps, son mouvement et quelquefois sa transparence. Beaucoup de pêcheurs ont cru bien faire en remplaçant le plus possible le bas de leur ligne de soie par une énorme avancée de florence. Cela peut être bon dans certains cas, mais, à coup sur, cela est très-mauvais dans d'autres. Supposons que nous péchions à la mouche pour les gros Chevesnes du haut d'un pont : le soleil brille et se reflète dans la transparence de votre florence qui semble un fil de verre volant au gré de la brise. Croyez-vous que maître Chevesne soit aveugle, et que les petits éclairs de cette belle avancée ne lui frappent pas les yeux? Détrompez-vous, pêcheur. Le Chevesne a vu cent fois des bouts de corde pendre inolfensifs du parapet du pont, où les cerfs-volants des enfants les avaient laissés accrochés ; il a vu maintes et maintes fois des herbes fines et opaques, des lianes, des fils pendre des arbres de la rive vers l'eau et voltiger au vent. Ce n'est pas là ce qui l'effraye ; mais il a peur d'un fil brillant qui vole au-dessus de l'eau, il a peur des éclairs qui frappent son œil, et il fuit... Il a raison; nous n'aurions pas, peut-être, autant de bon sens que lui à sa place, mais nous ne pouvons pas lui en savoir mauvais gré. Au lieu de cela, prenons une mince ligne de soie verte, aussi fine que possible, pourvu qu'elle reste solide; armons son extrémité inférieure, si nous voulons, d'une avancée en quelques brins de crins tordus en o ou 6, et nous serons prêts. Le crin, lui, ne brille pas ; il demeure transparent partout et toujours. Malheureusement il COUPLE. 207 ne semblo pas fort; mais c'est seulement le pôcheur maladroit qui s'en plaint... ne réef»utons pas. Pour résumer ces quelques mots, disons que la couleur du corps de ligne ne fait rien à la pèche : non-, blanc, jaune et vert, il prendra du poisson tout de môme, si le temps y est et la main du pôcheur aussi. Cependant, hàtons-nous d'ajouter qu'il sera toujours bon de suivre la nature d'aussi près que possible. En définitive, la poche est un affût, les engins qu'elle emploie ne sont autres que des pièges d'une nature spéciale ; pourquoi donc ne pas faire ce qui est possible pour dissi- muler le tout? Copions, avec nos engins, les objets que le poisson voit tous les jours ; il n'en aura plus peur, ce sera déjà moitié de gagné. J'aime donc les avancées en crin teint de vert, de gris ou de jaune, parce que le poisson voit tous les jours des racines et des herbes de ces couleurs. J'aime le corps de ligne teint en vert, parce que je vois moi-môme qu'il se confond mieux avec les feuilles : il pourrait être blanc sale ou noir, que je n'y trouverais pas grand inconvénient. Enfin j'aime les cannes, les avancées non luisantes, parce qu'elles n'effrayent pas le poisson, et que, avant tout, j'aime à le prendre. (Voy. Huiler les LIGNES, Teinture de la Florence et de la ligne.) COULEUR DES ŒUFS DES POISSONS. —(Voy. Temps de frai, b^ colonne.) COUP. —Un coup, en terme de pêche, est l'endroit oii l'on veut aller pécher, et que Ion a choisi après avoir étudié la rivière. Généralement on amorce son coup avant de pêcher, et cette opération doit être faite la veille au soir, ou au moins de grand matin, pour obtenir une réussite convenable et rendre la pêche fructueuse. Les coups réussissent surtout dans les étangs et les rivières à cours tran- quille et à eaux profondes. Dans les grands cours d'eau, les coups sont indiqués par les remous, les haïs, les arches de ponts, ou les pointes des barrages. Sont de très-bons coups également, les abreuvoirs sur un fleuve, là où vont boire les bestiaux ; mais dans aucun de ces endroits on n'amorce. On y va au hasard, aussi peut-on quitter sa place souvent ; c'est une chance. Quand on fait un coup dans les autres conditions ci-dessus, il est à remarquer que presque toujours celui qui quitte la place laisse la proie pour les autres. COUP [Pêche au]. — (Voy. Pêche au coup.) COUPLE [Pêche au grand]. — Le grand couple est un engin ou appelet, qui rentre dans la catégorie des lignes de fond semblables au pater-noster, au li- bouret. à la palangre, etc. Il se compose {fig. 200) d'un morceau de fil de cuivre dont on aplatit au mar- teau les deux extrémités, comme la palette d'un ha- meçon. On lui donne une légère courbure. On prend, pour faire cet engin, un fd de 0'",002 de diamètre au moins, sur une longueur de 0°',50 à O^jSO. Au milieu de l'arc ainsi formé et renfermé par deux petites éclisses de bois, que l'on assujettit au moyen d'une ligature de cire poissée ou de fil fort ciré, et verni dans tous les cas, au centre, on atta- che une plombée pesant 250 gr., et à laquelle le couple, ou l'arc, tient par une anse de corde. Sur le même point d'attache, mais en dehors de l'arc, on forme une seconde anse de corde pour attacher la ligne, qui sera formée et faite en soie ou cordonnet très-bien dévrillé. Fig. 200. — Pèche au irraiid couple. 208 COUVERTURE. Tout élinl préparé, on attache à chaque extrémité du couple une empile de 1 mètre à 2 mètres de long, portant un ou plusieurs hameçons empilés de dif- férentes longueurs, car il faut que ces empiles se développent en éventail quand le grand couple est à la mer. On fait quelquefois usage du grand couple avec peu de voile, en s'en servant comme de la ligne à balle. Dans ce cas, il faut que la chaloupe où l'on est porte peu de toile, assez seulement pour que les empiles s'étendent bien. On tient la bauffe Assez courte pour que le plomb ne touche pas le fond. COURANTILL.E. — Filet mobile destiné à prendre des Thons. Ce filet res- semble à la thoiiaire (Voy. ce mot), mais il est ordinairement plus long, parce qu'on joint quatre pièces de filet ensemble. La chute est de 6 à 7 brasses. On jette la courantille en droite ligne, mais de manière que les courants puissent la prendre sur sa longueur et exercer sur tous ses points une puissance égale. On la met à la mer de nuit et on la relève au jour. Un bateau, monté par quatre hommes s'attache à un bout du filet et se laisse dériver avec lui. Il n'est pas rare qu'on relève à 2 ou 3 lieues du point de départ. On parle déjà de ce procédé de pèche dans un acte de 1479. Il fut défendu de s'en servir depuis Pâques jusqu'à la Saint-Jean, sous peine de confiscation des barques et instruments. COURLAZEAU. — Nom du Labre vieille à Nantes. (Voy. ce mot.) COURTEQUEUE [Hameçon]. — Ce genre d'hameçon, le meilleur, selon nous, pour toutes les pèches d'eau douce où la grosseur de l'esche n'est pas un obstacle, diffère de l'hameçon ordinaire en ce que la hampe n'est presque pas plus longue que le dard. Pour la pêche volante, avec les mouches naturelles, rien n'est meilleur; de môme pour la pêche du Gardon avec les asticots. Comme toute chose, ces hameçons ont cependant des inconvénients, ils sont plus difficiles à empiler, car ils ne sont bons qu'autant que la palette, s'ils en ont une, est extrêmement peu apparente. On doit les employer minces pour la pêche de surface, et renforcés pour la p(''che de fond. Les fabricants anglais en construisent de parfaits pour l'un et l'autre cas. Quel que soit l'hameçon courte-queue choisi, il faut qu'il ait de l'avantage, car s'il était plat comme le limerick sans palette, il n'aurait aucune entrure, et serait recraché par le poisson. On fait d'excellents hameçons à courte-queue qui, au lieu de palette, portent en dehors, sur la hampe, une série de six ou huit petits crans servant à tenir le fil de l'empilage. Ces hameçons {/ig. 201), que l'on vend en Angleterre, spécialement pour la pêche du Gardon {S/iort sltank roach Jiooks) , peuvent être avec grand avantage appliqués à toute espèce de pêche d'eau douce. Ce sont les seuls que nous employons; nous les avons indiques à beaucoup de personnes, et les éloges que celles-ci nous en ont ftiit sont unanimes. Ceux qui n'ont pas réussi avec ces en- gins, ne savaient pas pêcher assez finement pour une monture aussi délicate. COURTINE. — (Voy. Parcs.) COUVER et COUVEREAU. — Nom de l'Alose feinte à Nantes. (Voy. Alose FEINTE.) COUVERT. — Nom nantais du Saurel. (Voy. ce mot.) COUVERTURE. — Un des noms bizarres et populaires de la Raie-Bâtis. (Voy. Raies, § 4.) CRABES. 209 COUVREAU OU CONVREAU ot COUVRIAU. — Nom de l'Alose feinte k Nantes. (Voy. Alose feinte.) CRABE [Genre] (Cancer, Fabr.). — Cyclométopes, Caiicériens. Long. niax. = Om,25 ; Poids = 3 kil. Syn. : Krab, ang\. — Krabbe, Tasc/ienkrehs, allcin. — Granchio di mare, ilal. — Cambaron, Cangrejo, esp. Le mot Crabe des naturalistes ne s'applique plus aux crustacés que nous connaissons vulgai- rement sous ce nom; il est devenu l'appellation d'un genre dont presque toutes les espèces sont exotiques. Nous n'en conserverons pas moins la dénomination vulgaire, nous contentant d'indiquer les principales espèces de nos côtes, connues sous le nom de Crabe. Les espèces des Crabes les plus répandues sur les côtes de France, sont : VÉtri/le commune; la petite Etrille ; le Ci'abe enrage' ou Crabe commun (Portune); le Ct'abe Poupart ou Tourteau ; le Grapse madré; la Leucosie Noyau; le Maya, Araignée de mer; le Calappe migrane ou Coq de mer, ou Crabe honteux ; la Dromie, etc. Le Crabe Poupart ou Tourteau {Cancer Pagurus , Lin.) est le vrai type du Crabe pour le Fig. 202. - Crabe Tourteau [Cancer pagurus, Lia.). vulgaire ; sa démarche lente et tortueuse, sa progression de côté est connue de tout le monde. II est roussàtro, avec les doigts des pinces noires et le dessous du corps jaunâtre. Sa carapace ovale est finement granulée, et porte 9 plis en feston sur chaque bord intérieur. 11 a le front tridenté. N'oublions pas le Crabe cendre', que l'on trouve encore très-communément sur nos côtes {Cancer cinereus), à carapace lisse, couleur feuille morte, semée de points noirâtres, marquée de trois plis sur chaque bord, et ayant le front droit. Nous donnerons, dans la seconde partie de cet ouvrage, les Grandes Industries des eaiix, \ous les détails nécessaires sur l'organisation, la reproduction, les mues etl'élevage de ces animaux, qui, ainsi quel' Araigtîée de mer{Ma\a Squinado), se sont parfaitement reproduits dans les viviers de Concarneau. CRABE. —La pêche des Crabes est une des distractions les plus goiitées des enfants sur les bords de la mer, et sauf quelques pinçures souvent un peu dou- loureuses, il n'est pas un d'eux qui, avec un peu de patience, ne revienne avec sa sa- coche pleine. C'est qu'il faut le dire, la nature a répandu ces habiles nettoyeurs avec une profusion dont nous ne pouvons trop la louer. En mettant le pied sur la grève, on les rencontre par milliers, soit courant de côté en vous menaçant de leurs pinces et escaladant les pierres avec des culbutes grotesques, soit barbotant dans les petites flaques d'eau et se retirant à votre approche d'un air maussade derrière les plantes marines, soit blottis dans le sable et complètement cachés, si bien que, — pour quelques espèces et les meilleures, — on est obligé de les bêcher comme des pommes de terre. Tout cela n'est cependant que le menu fretin. Les plus grosses et les plus belles espèces viennent avec le flot qui monte, et se retirent avec lui. Celles-là sa- vent se cacher sous les grosses pierres des digues et dans les fentes des roches qui 14 210 CRABES. ne découvrent qu'aux grandes marées d'équinoxe. Tant qu'on peut — à pied plus ou moins sec, ou môme les jambes dans l'eau, — arriver près de leur demeure, le moyen le plus simple pour les saisir, et en même temps le plus fécond en péripé- ties, consiste à les accrocher avec une tringle de fer recourbée ou tout autre outil semblable. Mais ce, n'est pas toujours chose facile que de faire le siège d'un de ces reclus volontaires. On est mille fois sur le point de se demander si cette carapace dure, sonore etrésistante, est douée, au gré de l'animal, de la possibilité de s'aplatir et de se déformer, quand on voit les fentes si incroyablement étroites oU il est parvenu à faire entrer son gros corps et où il se meut avec le sans-gêne de quelqu'un qui se sent chez soi. Pour cette poche, — j'allais dire pour cette chasse, — il est bon d'em- porter un pic et un levier solide , car on est quelquefois obligé de démolir un pan de rocher pour arrive rà la proie que l'on convoite. En Bretagne, les jeunes pêcheurs de Crabes emploient un moyen assez original pour les tirer de leur cachette. Ils se munissent d'une baguette un peu forte dont ils apointissent l'extrémité en pointe fine et allongée ; puis, reconnaissant avec soin la position de messire Tourteau qui les regarde, ils lui enfoncent brusquement la pointe de la baguette dans la bouche. Le Crabe blessé saisit la baguette à deux pinces, — ou si vous voulez, à deux mains, — et, en retirant rapidement la baguette, vous ramenez le captif.... ou vous le manquez. C'est affaire d'adresse entre vous et lui! Sur les côtes de la Normandie et sur celles de la Picardie, on emploie une méthode différente et qui réussit souvent très-bien. On fait choix d'une certaine quantité d'amorces de chair; la qualité et la provenance n'y font rien. Plus la chair est coriace et solide, mieux elle vaut : celle des Crabes eux-mêmes est excel- lente. On attache ces amorces à des bouts de ficelles dont l'autre extrémité est fixée à une pierre. Dès que la marée monte, les Crabes en quête de leur déjeuner rencon- • trent les amorces, se cramponnent après elles et les emportent dans leurs trous... mais la pierre qui suit demeure en dehors et ferme la porte. Il ne reste plus, à marée basse, qu'à aller chercher ces pierres, — et la corde qui les entoure vous les in- dique de loin, — puis à faire une chasse à coup sûr, puisque le voleur est derrière chacune d'elles. La seule difficulté de cette pêche consiste à bien choisir ses pierres : trop lourdes, — quoique la présence de l'eau les allège, — le Crabe ne les entraînerait pas; trop légères, il les repousserait pour sortir une fois la mer retirée, et vous fe- riez buisson creux. Lorsque la pierre est bien choisie, elle devient trop lourde lorsque l'eau est retirée pour que le Crabe puisse la repousser. La grande pêche des Crabes, — la pêche sérieuse, en un mot, — se fait avec les Casiers, en môme temps que celle du Homard, et avec les Caudrettes. (Voy. ces mots.) C'est, en grand, la même pêche que celle de VÉcrevisse en eau douce. Les Crabes sont connus de toutes les personnes qui ont suivi le bord de la mer ; à chaque instant on en voit quehju'un quitter ou regagner sa retraite, marchant prudemment de côté, les pinces ouvertes et menaçantes ; car, il faut bien le dire, la vie du Crabe est un combat perpétuel. Semblable au soudard du moyen âge, il ne connaît que la lutte, que plaies et bosses, que bombances et pillage ; mais plus heureux que le soudard, quand il perd un membre à la bataille, ledit membre re- pousse en quelques jours. Le Crabe est vorace, insatiable, aussi ennemi de sa propre espèce que de tout CRANE. 211 ce qui a vie : pour lui, la nature animée qui l'entoure se résume en une seule for- mule : Tout fait ventre, pourvu que cela passe. Hors de là, point d'idée ! L'absorption est la seule raison d'être de cecrustacé : il a été créé le grand nettoyeur des plages marines : c'est l'employé supérieur de la salubrité publique, et sa tilche se répartit entre les grosses et les petites espèces. Les petits, que l'on appelle souvent Ara/^n^'es de mer, et qui ne valent rien pour la pèche, le Crabe enragé, vert et noir, tout cela est la plèbe chargée du menu fretin, des dépouilles minimes : mais l'état-major, les gros bonnets, ceux qui dépècent les cadavres, en en charriant les morceaux à leurs cavernes, ceux-là sont les grands feu- dataires de la hotte et du crochet, ceux-là ne dorment point sur la plage ; ils se retirent avec le flot, et, cachés dans leurs retraites sombres, attendent qu'on les aille chercher. C'est parmi eux que nous trouverons le Crabe franc ou Tourteau, le meilleur pour servir d'esche au poisson de mer. Ce sont donc les Tourteaux qu'il faudra prendre pour en faire des amorces qui seront bien vues des Congres, des Vieilles, des Merlans, des Limandes, des Pagres et des Pagels, etc. Le meilleur moment, c'est quand les Tourteaux viennent de quitter leur carapace et que leur peau est encore molle. A ce moment, on ne les trouve jamais que bien abrités sous les pierres, et ils ont raison, car ils seraient immédia- tement mangés par leurs semblables plus précoces ou plus tardifs. Aussi se cachent- ils à plaisir. On s'en sert encore volontiers quand ils sont à l'état de Craquelins, état qui succède à celui àe, Poltron : alors la Carapace est demi-dure. Lorsqu'elle est dure tout à fait, on en est quitte pour l'écraser d'un coup de marteau ou de pierre, et l'intérieur sert tout aussi bien ; seulement on en perd davantage, la chair restant en partie adhérente aux téguments. En général, le Crabe réussit mieux au moment où il est mou : pourquoi ? Pro- bablement parce qu'à cette époque le poisson en mange davantage et en connaît mieux le goût : dès que la carapace est dure, il n'en mange plus, en oublie le goût et n'y revient que plus difficilement. Le Tourteau est facile à reconnaître à sa forme et à sa couleur. Lorsque le flot, en se retirant, l'a laissé sur le rivage, il se prend à courir d'un air inquiet, se mettant en garde comme un boxeur et présentant ses grosses pinces en avant. Dès qu'on veut le saisir, il agite ses armes, les fait claquer et roule des yeux foudroyants. Le prend-on par une patte, il se donne un tour de poignet, la casse net et fuit dans son trou.... On peut encore employer le Xanthe rivuleux, petit crabe à carapace jaune verdâtre, tachetée de brun pourpre ou de violet, que l'on trouve sous les touffes de varechs rejetées sur la plage. Il est facile de le reconnaître à ce que, presque toujours, sa pince droite est plus grosse que l'autre. Ponrquoi ? Il est venu au monde comme cela ! (Voy. Crustacés.) CRABE COMMUN. — (Voy. CrABE, TOURTEAU.) CRABE ENRAGÉ. — Sur dix Crabes que l'on rencontre sur les côtes, il y en a bien huit qui appartiennent à l'espèce du Crabe enragé {Carcinus menas). Tout le monde connaît sa carapace verdâtre tachetée de brun, ses pinces élevées en l'air d'un air menaçant et sa fuite de côté, marquant une double ligne de petits points dans le sable. Sa chair coriace et sa petite taille le font dédaigner comme espèce comestible. (Voy. Crabes.) CRANE. — Les os du Crâne, proprement dits Crâniens, couvrent tout le sommet de la tête dans les poissons. Les côtés forment souvent les orbites, les tempes et les joues. 212 CRÉNILABRE. A la partie antérieure de ces os, on voit deux trous de part et d'autre, l'un est la cavité des orbites, endroit où est renfermé l'œil, l'autre l'ouverture de l'appareil olfactif ou trou des narines. La tète en général comprend, dans les poissons, un très-grand nombre d'os ; celle de la Perche en fournit 80, si l'on y comprend ceux de la nu- que, du museau, des orbites, des tempes et des joues. On voit en OC l'os du Crâne d'une Carpe, fig. 2, pi. A. rsonnaterre (Voy. Squilette.) CRANGON COMMUN (Crangon vul- garis, Fabr.). — Crustacés décapodes macroures salicoques. Long. max. = 0'°,0G. Syn. : Shnmp, angl. — Gameele, allem. — Grancevola, ital. Corps transparent, d'un vert d'eau glauque et pâle ; vivant en troupes nombreuses sur le bord du rivage. Carapace déprimée sans rostre, pattes de la première paire en main à un doigt. Nage sur Fig. 203 — Siiuelette di; Carpe. Fig. 204. — Crangon commun [Crangon vulgaris, Fabr.). le dos. Ne rougit pas en cuisant, reste grisâtre. Chair agréable, mais inférieure à celle du Palémon. On lui donne plus souvent qu'à l'autre le nom de Chevrette, surtout en Normandie et sur les côtes de l'Océan, où ces petits animaux sont très-nombreux. CRANGON COMMUN. — La Chevrette se pêche sur toutes nos côtes du Nord et de l'Ouest. Elle y est si nombreuse et si abondante que toute une popu- lation de femmes et d'enfants vit de cette industrie. La pêche de la Chevrette se fait en général au moyen de deux sortes de fdets : le haveneau et ses variétés, — c'est-à-dire un fdet que l'on pousse devant soi sur les sables ; — et les Caudrettes et leurs diverses modifications, espèces de balances que l'on descend au fond de la mer et qui rappellent tout à fait celles dont on se sert, en eau douce, pour prendre les Écrevisses. Nous renvoyons aux différents mots qui comprennent ces filets, nous réservant de traiter dans la deuxième partie de cet ouvrage, les Grandes Industries des eanx, toutes les questions si intéressantes et si peu connues de reproduction, d'élevage, de rendement, de statistique, etc. CRANGON VULGARIS. — (Voy. Crangox commln.) CRAPAUD DE MER. — Nom vulgaire du Cotte Scorpion. (Voy. ce mot.) CRAQUELINS. — On dit aussi Craquelotin : nom des Crabes dont la carapace, encore tendre, cède, en craquant, sous la pression de la main. (Voy. Crabes.) CRÉAC. — (Voy. Esturgeon.) CRÉAC DE BUCH. — Nom donné à Bordeaux à VAnge de mer. (Voy. ce mot.) CRÉNILABRE [Genre] (Crenilabrus). — Acanthopt. Labroïd. Ce genre, démembré des Labres, conserve la forme générale des poissons de cette famille. On CRÊPE. 213 leur donne aussi le nom de Lufjan. Ils se distinguent par leur préopercule dentelé, des lèvres épaisses et charnues, une ligne latérale non interrompue, dents coniques sur un seul rang à chaque mâclioire. CRÉNILABRE A VENTRE BLANC (Crenilabrus albiventris, Nob.). — Acanthopt. Labroid. Crénilabrid. Long. niax. ^o™,35. Cette espèce de Crenilabre, dont nous avons pris plusieurs individus parfaitement semblables dans la rade de Brest, et que nous n'avons trouvée que là, est remarquable avant tout par sa coloration parti- culière. Elle ne semble pas avoir été connue de Yarrell. Le ventre est blanc argenté, très-légèrement teinté de jaunâtre sur les flancs. Le blanc se prolonge sous la tète, jusque sous la mâchoire infé- rieure, qui est blanche ainsi que la lèvre du dessous. Les flancs, à partir du dessus des pectorales, en descendant vers la queue et l'englobant, sont d'un vert feuille morte on jaunâtre plus ou moins maculé de grandes taches plus pâles de même couleur. Le ventre est rayé d'écaillés formant des traits brillants comme celui du Mulet. D = 20+n. P = 14. A = 3 + 9. V=l-f 5. C=^16. Dorsale postérieure molle, beaucoup plus longue que l'antérieure, toutes brunes; caudale de même. Pectorales plus jaunes ; ventrales à base blanche; pointe jaune-brun de la même teinte que les pectorales. Anale incolore à la base, terminée à la pointe en brun foncé comme la caudale. OEil jaune, iris noir, ovale ainsi que l'œil, et bordé de vermillon vif avec un petit trait noir interrompu en dessus et en dessous. Bouche petite. Dents longues, fortes et mousses en avant. Opercule présentant une pointe mousse un peu au-dessus de la pectorale. Un autre échantillon avait : D = 2t-}-10. V=:l-|- 5; cette nageoire était jaune à peine teintée de brun. A = 3-f-9. C = 15. Ces deu\ Crénilabres ont une rangée de 5 à 6 écailles mon- tant entre chaque rayon de la caudale jusqu'à moitié. La caudale est, chez toutes deux, arrondie en éventail. Tous ont, quelle que soit leur teinte, une raie blanche sur le flanCj mais au-dessous de la ligne latérale et ne couicidant pas avec elle. Mœurs de tous les Labroïdes. Se prennent de la même manière. CRÉNILABRE MÉLOPS (Crenilabrus melops, Cuv.). — Acanthopt. Labroid. Cré- nilabrid. Long. max. = 0'°,20. Syn. : The Corkwing, angl. Ce Crenilabre, que l'on peut regarder comme le type du genre, varie extrêmement de colora- tion tant par suite des saisons, des eaux, que des sexes. Le caractère vraiment distinctif de l'espèce, d'après Ekstrôm, est une tache noire derrière l'œil, laquelle persiste après la mort et devient quel- quefois même plus apparente ; ajoutons-y une autre tache à la base de la caudale, au-dessous de la ligne latérale, mais celle-ci est moins constante et moins persistante. Son corps est plus épais encore que celui de la plupart des Labroïdes. (Voy. Temps de frai.) D= I6-t-9. P=15. V = l -4-5. A= 3-1-10. C = 1I. La teinte générale est verte, passant au bleu sur le dos avec les écailles bordées de jaune. La tête est jaune avec des lignes vertes obliques et un espace noir derrière l'œil. Les nageoires sont tachées de jaune, de vert et de bleu sans taches noires. Toutes ces couleurs sont très-fugaces. Mœurs de tous les Labres, se prend par les mêmes moyens et aux mêmes heux. CRÉNILABRE PETIT (Crenilabrus pusillus, White).— Acanthopt. Labroid. Crénilabr. Long. max. = 0™,10. Ce petit poisson se fait remarquer par la convexité de sa ligne latérale plus] grande que celle du dos. Les flancs sont comprimés, les mâchoires égales, les dents peu apparentes, coniques, régulières, 16 à 18 par mâchoire. D= 19 à 20 -H 10 à 11. P = li. V= 1 -1-6. A = 3-l-9. C= 13. La couleur générale est brun-jaunâtre avec des bandes irrégulières transversales; la dorsale irrégulièrement tachée de fauve, l'anale brun clair, les autres nageoires pâles. Présente trois taches blanchâtres sur le préopercule; une près de la caudale, et une près de la dorsale à la fois. Se prend comme tous les Castrics, dont il a les mœurs. CRENILABRUS. — (Voy. Crenilabre.) CRÊPE. — Vif comme un Gardon, doit se dire de la manière dont ce poisson attaque l'amorce ou l'esche que lui offre le pêcheur au bout de sa ligne. Le Gardon aime tout ce qui remue, tout ce qui porte une couleur tranchante. Présentez-lui un petit ver à tête noire, bien frétillant, un asticot blanc, un ver de vase à la cou- leur de sang vermeil, une boulette de mie de pain, un morceau de crêpe , — 214 CRÊPE. mais oui, de crêpe,.... on en fait exprès pour lui nous allons voir cela tout à l'heure, — le Gardon accourra. Il tâtc, il lâche, il revient, il est déjà parti! Pendant tout ce manège, c'est à peine si, dans l'eau la plus calme, la plume a tressailli. Rien n'égale l'habileté de ce petit larron. Il a enlevé l'amorce et se rit du pêcheur, à quelques pas de lui, attendant une nouvelle tentative, dont il est presque toujours vainqueur et triomphant au profit de son estomac. Mais le pécheur désappointé et averti se tient sur ses gardes ; au premier mou- vement de la plume, il ferre légèrement, vivement, et le pauvre Gardon vient sur l'herbe attendre son tour d'aller dans la poêle. Aussi, la pêche du Gardon est-elle un assaut de finesse et de ruse entre le pê- cheur et le péché, et fort souvent, quand le vent se met de la partie, c'est le péché qui a le dessus et le pécheur qui revient bredouille. Ceci nous amène à l'histoire des Crêpes, spécimen de cuisine approprié aux goûts somptueux de messieurs les Gardons. C'est à Essonnes que j'appris cette pré- paration merveilleuse, et mon précepteur, hélas ! fut un gamin de la fabrique. Je voyais ce petit scélérat enlever à côté de moi Gardon sur Gardon, et les mettre dans son petit sac, d'un air narquois qui me donnait fort à penser que le coquin regardait en pitié mes amorces diverses et mes vers de vase qui n'avaient, ce jour-là, aucun succès près des Gardons. Au contraire, ceux-ci semblaient se disputer son amorce, et, à chaque minute, je voyais les pauvres poissons voltiger en l'air et décrire une courbe gracieuse qui les amenait sur le gazon. J'aurais bien voulu savoir de quel appât merveilleux se servait le môme, et j'observai.... II avait dans sa poche une espèce de plaque mince et blanche, dont il prenait un petit morceau, remettant sans façon le reste dans l'endroit d'où il l'avait tiré. J'étais, je l'avoue, fort intrigué ; mais je tenais bon contre ma curiosité, et je n'aurais pas demandé un renseignement pour tout au monde, tant j'étais humilié et vexé de voir cet enfant me damer le pion d'une si furieuse manière !... Heureusement le hasard vint à mon secours : la vérité sort de la bouche des enfants. Celui-ci appelle un ami qui passait à portée : « Hé, Zidore, hé, dis donc à m'manqué m' fasse un' crêpe ! La mienne est f'nie !... » Je compris — que je ne com- prenais pas encore, — mais que du moment qu'il s'agissait d'une crêpe et que la mère était mêlée là-dedans, je pourrais savoir le mot de l'énigme. Je me levai : car, dans mon découragement, je m'étais laissé tomber sur l'herbe : je gagnai la maison voisine et je trouvai la bonne femme en train de confectionner la pâtisserie gur- donnière. On prend une cuillerée de farine qu'on délaye avec un peu d'eau, on ajoute ime pincée de sel et on met cette colle dans une poêle un peu graissée : on chauffe, on tourne, et l'on sert chaud : la crêpe est faite !.... Elle doit être blanche et non rissolée. Je m'en fis faire une, et je revins modestement faire concurrence à mon gamin, auquel je fis voir que j'en savais, — la crêpe aidant, — autant et même plus que lui. Aussi, pour lui montrer la supériorité du limerick sur les hameçons ordi- naires, je lui en donnai deux des premiers, dont il fut aussi content que moi de la recette qu'il m'avait par hasard fournie, et que je vous offre, cher lecteur, non par hasard, mais avec préméditation. Essonnes est le pays de prédilection du Gardon, et, grâce à l'hospitalité char- mante que le directeur de la Papeterie me donnait dans son jardin si magnifique, j'y ai fait des pêches miraculeuses avec la crêpe et surtout avec la mouche natu- relle et le ver de vase. CRIN. 215 Tous les jours ne se resseml)lenl pas! CRETON. — (Voy. Pain de creton.) CREVETTE FRANCHE. — Nom populaire du Palémon porte-^cic. (Voy. ce mot.) CREVETTE GRISE. — Appellation vulgaire du Crangon vulgaris. (Voy. Che- vrette.) CREVETTES. — (Voy. CHEVRETTES, Appats.)Tous les crustacés que nous con- naissons sous le nom de Crevettes et qui, suivant les endroits, portent les déno- minations différentes de Chevrettes, Sauterelles, Salicoques, S quilles , Bouquets, 5'an^«? (à Royan) , appartiennent à la famille des Salicoques (Edwards). Deux es- pèces sont particulièrement communes, la seconde plus recherchée que la première. La première est le Crangon commun {Crangon vulgaris, Fahr.), appelé aussi Che- vrette ou Crevette grise, et l'autre estle Palémon porte-scie (yls^«c?is serratus, Penn.), qui devient rouge par la cuisson et prend le nom de Crevette franche. (Voy. ces différents mots.) CREVONS. — Nom des parcs naturels aux Sahles-d'Olonne. CRIN. — La nature semble avoir été au-devant des vœux du pécheur en lui fournissant un fil naturel, élastique, fort, presque invisible dans l'eau et impu- trescible, c'est-à-dire le crin. Rien ne le remplace ; la florence, produit de l'indus- trie humaine, a des qualités de force qui manquent proportionnellement au crin, mais elle a tant de défauts, pour sa part, que les pêcheurs sérieux et adroits re- viennent toujoui^ au crin, abandonnant tout autre essai, toute autre matière. C'est qu'aussi le crin est merveilleusement élastique ; il n'a pas ce brillant qui, au so- leil, décèle sa présence par un petit éclair que le poisson saisit et devant lequel il se détourne. Combien de fois, par une belle journée d'été, le pêcheur ne se désole-t-il pas de ne voir aucun poisson attaquer un appcît sans cesse renouvelé, bien remuant, bien attaché ! Que le pêcheur n'accuse que lui !... Par les eaux très-claires et par les temps chauds, les poissons ont moins faim, ils voient mieux et mangent non- chalamment, en étudiant leur proie. S'ils aperçoivent le brillant de la florence, tous fuient.... Que le pêcheur la remplace par un simple crin, il prendra immédia- tement le poisson, désormais sans défiance. Nous l'avons mainte fois éprouvé, et, cependant, il semblait difficile de le croire. La première fois que nous avons es- sayé cette substitution, nous le faisions plutôt par condescendance pour un con- seil ami que par conviction : l'événement n'a jamais manqué de donner raison à ce changement. Ici, nous parlons iVun seul crin. Il f;mt, quand on pêche ainsi, ne pas s'atta- quer à des poissons pesant beaucoup plus de 500 gr. ; ou alors , il faut faire sa ligne en crin tordu. (Voy. ce mot.) Le choix du crin est une chose importante : le meilleur est celui qui pousse à la queue du limonier normand ou beauceron. Il doit être long, blanc, vif et transpa- rent dans toutes ses parties, rond et élastique. Les crins de juments, presque tou- jours brûlés par l'urine, doivent être rejetés, ainsi que les brins plats, grêles, blanc mat, jaunes ou anguleux. Parmi les brins, on en trouve toujours quelques-uns d'une grosseur et d'un fini remarquables ; on les trie, on les met à part; ils servent h empiler sez//s les ha- meçons. Enfin, le crin doit toujours être mouillé à l'eau tiède, avant de le travail- ler, même comme empile. 216 CRIN. Le pêcheur se souviendra, pour la conservation de ses engins pendant la sai- son du repos, que les araignées mangent et coupent le crin des lignes, CRIN DE FLORENCE. — On omet souvent le mot crin, en parlant de cette substance, pour ne lui laisser que celui de Florence que nous avons adopté. CRIN MARIN. — Nom de hi Florence dans certains endroits. (Voy. ce mot.) CRIN TORDU. — Nous avons vu à l'article Crin qu'il était très-souvent né- cessaire d'assembler un plus ou moins grand nombre de brins pour leur con- server leurs précieuses qualités, en augmentant leur trop faible consistance. Ces cordes de crin se font de diverses manières, mais toujours avec du crin qui a sé- journé au moins une demi-heure dans l'eau tiède. Pour tordre les crins deux à deux, on les rassemble par un bout, au moyen d'un nœud, puis on les tord entre le pouce et l'index de chaque main en ayant soin que le mouvement de torsion, imprimé par chaque main, soit en dedans ; ce qui câble le crin sur lui-même, en le faisant ressem- bler à un chapelet de petites per- les, sans qu'il puisse se détordre. On arrête les bouts par un nœud, Fig. 205. — Exemples de Crins tordus et noués : no 1, 20 ciins, — eUSCmblc, Ct l'on a fait alusi Un no 2, 12 crins — n» 3, 6 crins. (Grosseur natur.) « • ' 7 t 1 margotin a deux. Lorsque le corps de ligne est à quatre brins, on tord chaque margotin d'abord par deux crins en- semble, puis, en se servant de la même méthode, on les câble deux à deux, on les arrête en les nouant, et on les garde pour le besoin. Pour tordre une ligne en trois, il faut employer une balle de plomb entaillée ou un palet ayant un crochet au milieu. On mouille le crin, et tenant de la main gauche le tout suspendu, on fait tourner la balle ou le palet qui tord les crins. Quand on veut tordre du crin en 6, 9, 12, 18 ou 24 brins, il faut construire ou acheter une petite machine à filer, au moyen de laquelle on exécute facilement et vite des torons ou margotins très-parfaits. (Voy. ces mots.) On a remarqué qu'une ligne de crin très-lorse n'a pas, à beaucoup près, la même force que celle qui ne l'est que médiocrement. Il faudra donc prendre ses mesures en conséquence pour donner la même torsion moyenne à tous les margo- tins dont on veut composer une même ligne. Enfin, il ne ûuit jamais négliger d'at- tacher les margotins, en mettant les plus forts auprès de la canne, et les plus minces auprès de Vavancée. Pour y parvenir, on augmente les margotins d'un ou deux crins à chaque, et là ligne prend, en totalité, la forme dite en queue de rat, qui s'explique d'elle-même. Quelques personnes, au lieu de tordre les crins, soit à la main, soit à la ma- chine, préfèrent les tresser. C'est une très-bonne méthode quand le nombre des crins employés permet de faire une tresse ronde ; mais on perd un temps précieux pour faire une besogne que la torsion remplaee sans trop de désavantage. Quel que soit le mode de réunion, il faut enfin observer que tous les crins, ou tous les torons partiels, soient très-également tendus entre les nœuds de réunion ; sans cela, les plils courts supporteraient seuls l'effort ; ils formeraient dans la ligne un endroit faible, se rompraient, et les plus longs, arrivant seuls à la traction, se- raient trop peu nombreux pour la supporter et rompraient à leur tour, surtout CRUES. 217 Fig. 206. — Criquet commun (Gr. nat.) s'il y avait choc. Plus ils seront solidaires dans leur résistance, plus la ligne sera solide. 11 faut éviter aussi les crins raboutés simples par des nœuds. On doit assortir les margo tins par longueur de brins, ayant soin de contrarier la position des ra- cines et des pointes des crins, à peu près par moitié dans chaque margotin, car le crin présente souvent, — pour ne pas dire toujours, — une assez forte différence de grosseur entre ses extrémités. (Voy. Crin, Empile, Margotin.) CRIQUET (Âcridium, Lin.). — Les Criquets appartiennent à l'ordre des Orthoptères ou Sauteurs, parmi les insectes; Isurnom vulgaire de Sauterelles est plus connu. Ce sont des insectes d'assez grande taille que tout le monde a vus dans les prairies et les champs, car ils se nourrissent exclusivement de végétaux et s'attaquent à tous, sans choix, quand la faim les presse. Ils arrivent à l'état d'insectes parfaits à la fin de l'été (août) ou au commencement de l'automne , et pondent avant l'hiver leurs œufs dans la terre en une seule masse. Les petits éclosent pendant l'hiver et sautillent dans les prés, mais sans ailes ; il leur faut plusieurs mues pour arriver à l'état parfait. Leurs pattes postérieures très-grandes, avec des cuisses très-renflées, renferment des muscles très-puissants et sont admira- blement organisées pour le saut, qui est énorme, eu égard à la grosseur de l'insecte. Quand on s'en sert pour la pèche, il faut leur arracher les grandes pattes. La France en nourrit un assez grand nombre d'espèces vertes, grises, rougeàtres, à ailes bleues, etc., qui, toutes, sont bonnes pour la pèche. Quand on les renferme dans une boite, il faut y mettre de l'herbe afin qu'ils ne se dévorent pas entre eux, ce qui a lieu souvent malgré cela. Le Criquet voyageur (A. migratorium) a le corps verdàtre, les ailes grisâtres, tachetées de brun, les jambes roses; les ailes étendues ont plus de 0™,01 d'ouverture. Les Criquets mordent assez forte- ment quand on les saisit sans précautions ; leurs mandibules aiguës et garnies de dents pointues sont propices pour cela. On emploie au même usage les Sauterelles . — (Voy. ce mot.) CRIQUETTE. — Nom picard de la Plie. (Voy. ce mot.) CROCHET. — Ce mot s'emploie pour signifier la partie retournée sur elle- même qui termine les ailes des hauts et bas Parcs. (Voy. ces mots.) CRONES. — On appelle ainsi des trous que les grandes eaux creusent, par affouillement, sous les rives des cours d'eau. La terre du rivage est retenue, ainsi suspendue, par l'enchevêtrement des racines des plantes ou des arbres. Ce phéno- mène se présente partout dans les terrains tourbeux. De semblables retraites sont très-favorables aux poissons, qui s'y tiennent en hiver par les grands froids, en été par les grandes chaleurs, et y acquièrent des dimensions d'autant plus grandes qu'il est plus difficile de les y aller pêcher. Quelquefois les crônes existent sous des rochers. CROUPATIÈRE. — Nom d'un filet fixe employé dans la Méditerranée ; nappe trémaillée. CROUSILLE. — On nomme ainsi, en Provence, des enceintes de filets, es- pèces de parcs, qu'on établit au bord-des étangs salés. CRUES. — Le pêcheur, véritablement digne de ce nom, n'habite jamais loin de l'eau douce ou salée qui lui procure les plus douces jouissances de son sport. S'il a planté sa tente sur la rive d'un fleuve ou d'une grande rivière, il ira souvent, n'en doutons pas, visiter l'état de l'eau. Au printemps, quand il la voit trouble et boueuse, par suite des pluies fécondes, il attend avec patience que la vase soit 218 CRUSTACÉS. un peu déposée. Lorsque l'eau est ainsi chargée, le poisson trop nourri ne mord plus et demeure tranquille. Dès qu'une crue se manifeste, elle établit rependant, dès lors, deux moments dont il faut savoir profiter. Le coiinnencement : car le poisson affamé s'agite, cherche, court sur les berges, les prairies nouvellement couvertes, y trouve une abondante moisson de graines, de vers, de mouches, de larves, en un mot, un dessert complet de substances nu- tritives. Ou'à ce moment vous veniez lui offrir un frétillant ver rouge, il y a bien des chances pour qu'il l'engobe sans hésiter. Il faut tendre sa ligne en tramant sur les berges plates, couverte d'herbe flne et courte, que l'eau vient de recouvrir. On met une distance de 2 mètres entre la flotte et l'hameçon ; comme l'eau est très-peu profonde et n'a point de courant, on lance l'appât tout droit, devant soi, quelquefois entre de petites touffes d'arbustes ou d'herbes plus hautes que l'eau ; on retire la flotte au bord, de manière qu'elle flotte à peine, et l'on attend, laissant au ver sau- tillant sur la pelouse inondée, le soin d'attirer l'ennemi. On prend de cette manière le Goujon, le Barbeau, la Brème, la Carpe, et quelquefois de magnifiques échan- tillons qui flânent, comme les petits, sur cette table servie à bouche que veux-tu? La fin : alors l'eau rentre dans son lit, les flots sont plus transparents, le pois- son voit l'amorce, y vient, et a tant trouvé de bonnes aubaines qu'il ne croit plus au péril et mord de confiance. A ce moment, il faut pêcher dans l'ancien lit. Toutes ces indications sont subordonnées à l'influence du vent, lequel, comme nous le disons en plusieurs endroits, a une influence capitale sur la vie des poissons. Si lèvent du Sud, du Sud-Ouest ou de l'Ouest règne, la pêche [sera bonne; si, au contraire, l'air est froid, si le vent vient du Nord, du Nord-Est ou de l'Est, méfiez- vous; vous pouvez rentrer bredouille comme une mazette. Ce sera le cas de vous re- jeter sur la pêche des petits gourmands du rivage. Quel que soit le vent, vous pouvez espérer prendre, avec un peu de crue, le Goujon, la Plie et les petits Barbillons. CRUSTACÉS. — Nous n'envisagerons, dans ce Dictionnaire, les crustacés que d'une manière très-accessoire, tant au point de vue général de l'histoire natu- relle que sous le rapport de la pêche. En effet, notre seconde partie de la Pêc/ie et des Poissons, renfermera une étude générale de ces animaux, étude à laquelle nous renvoyons d'ores et déjà le lecteur, parce qu'il y trouvera non-seidement tous les développements que ce sujet comporte, mais les méthodes diverses d'éle- vage et de capture, et l'ensemble des méthodes employées pour les soumettre à une fructueuse exploitation industrielle. La cpiestion de l'élevage des Crustacés est, en effet, Tune de celles qui se place la première à l'ordre du jour dans l'ensemble des Grandes Industries des eaux. Le haut prix de ces animaux dans le commerce, prix dépendant plus encore de leur rareté que de leur difficulté d'élevage, la valeur considérable de leur chair au point de vue de l'alimentation et de la salubrité publiques, la facilité évidente de la domestication de la plupart d'entre eux, sont autant de sujets de méditation pour l'économiste et d'essais pour le cultivateur des eaux. D'autant plus, qu'il faut bien le remarquer, les Crustacés ne se montrent pas les moins intéressants parmi les êtres sur lesquels l'œil de la science s'est fixé depuis ces dernières années, avec tant de raison, puisqu'il y a découvert de si curieuses révélations. Environnées de mystères et de ténèbres, jusqu'à ces dernières années, les mœurs et la nature de ces animaux étaient, — et sont encore, — demeurées peu connues. Nombre de points obscurs se rencontrent à chaque pas dans leur histoire. Espérons que, peu CTENOLABRE. 2t9 à peu, ces lacunes se combleront sous les efforts des observateurs consciencieux et dévoués; mais, avouons-le, le milieu dans lequel les Crustacés, — et surtout les espèces marines, — se meuvent, n'est pas le plus facile de tous à explorer. Non -seulement de regrettables lacunes existent dans les observations sur les lieux d'habitat de ces animaux, avant l'âge adulte, — ainsi que nous en dirons quelques mots en parlant du Homard, — mais encore nous nous heurtf)ns ;\ des dil- ticultés imprévues et dépendantes de la nature même des espèces; en étudiant les Langoustes, par exemple, l'imprévu de leurs mues, de leurs changements de mœurs suivant l'âge, jettera, d'ici bien des années encore, l'expérimentateur dans la perplexité pour leur appliipier un traitement quelconque d'élevage. Espérons qu'un jour viendra où ces anciennes barrières seront levées ; c'est dans ce but que, tous, nous travaillons ! Cousins germains des insectes auxquels ils ressemblent sous plus d'un rapport, les Crustacés, après avoir été d'abord placés par les classificateurs à coté des mol- lusques, ont été ramenés au milieu des insectes aptères, et enfin aujourd'hui, de- puis Cuvier, ils font partie de l'embranchement zoologique des articulés, lequel comprend avec eux, les arachnides et les insectes. Tout le monde connaît les prin- cipaux Crustacés de nos eaux douces et salées : quand nous aurons nommé le Ho- mard, la Langouste, les Crabes pour la mer, et VÉcrevisse pour l'eau douce, il ne demeurera aucune obscurité dans l'esprit du lecteur. Bien que quelques Crustacés vivent sur terre, la grande majorité, et tous ceux que nous venons de nommer, sont citoyens de l'onde, et représentent, dans le monde des eaux, les insectes nettoyeurs du monde terrestre. De même que ces derniers, — surtout les coléoptères avec lesquels il faut remarquer plus d'une affinité, — ils ont pour mission de débarrasser le milieu où ils vivent et ses abords des débris animaux et végétaux qui, s'y putréfiant, en vicieraient l'habitat. Les uns comme les autres sont de puissantes et infatigables machines de transformation; alambics sans cesse en fonction, ils sont occupés, sans trêve ni repos, à modifier d'une ftiçon latente et dès lors sans danger, les matières animales qui retournent au néant. Agents merveil- leux de chimie naturelle, appelés à décomposer les complexes produits de la vie et à la faire rentrer non-seulement dans la forme solide sous laquelle ils sont con- sommés, mais encore dans le grand torrent de la circulation nutritive de l'univers animal. Fabricants de chair vive aux dépens de la chair morte, les Crustacés fournissent à leur tour leur viande succulente à la réfection des espèces supérieures et font ainsi rentrer, en les rassemblant, les molécules de la vie animale disséminées au sein du monde animal. CTÉNOLABRES (Ctenolabrus). — Genre établi, dnns la famille des Labroïdes, pour des espèces qui ont des dents en velours derrière la rangée de dents coniques; ressemblant tout à fait, d'ailleurs, au coure Crénilabre. CTENOLABRE DES ROCHES (Ctenolabrus rupestris, Cuv.). — Acanthopt. Labroïd. Cténolabr. Long. max.=:0>",iO à O-^ilS. Syn. : Jagds Goldsinni/, angl. — Sten-Snultro, suéd. Ce petit poisson, pris par moi en rade de Brest et rangé par les habitants du pays dans la caté- gorie des Caslrics, est toujours reconnaissable à la tache noire qu'il a vers la naissance de la queue, en dessus, et qui tranche sur la teinte verdâtre assez claire du corps. Il en porte encore une autre, noirâtre aussi, sur le commencement de la dorsale où elle englobe la base de trois rayons. D= 17 + 9. P=li. V= I +6. A=3 + 7. C = 13. Malgré sa teinte verte, ce petit animal présente des reflets jaunes et orangés un peu effaces. Quand on le conserve hors de l'eau, sa couleur passe et il devient presque blanc. Sa coloration 220 GUILLEH. spéciale se dénote encore par une bande blanche argentée qui part de la naissance des ventrales pour joindre la base de l'opercule. La ligne latérale a 32 écailles. D'après Prier et Ekstroni, ce petit poisson présenterait un fait curieux et qu'il sera bien facile de vérifier dans les endroits où cet animal est loin d'être rare. Lorsqu'il est en liberté dans l'eau, il laisse apercevoir deux rangées de taches sur les flancs, sept au-dessus et autant au-dessous de la Fig. 207 — Ctenolabre des roches (Ctenolabrus rupeslris, Cuv. ligne latérale. Si le poisson est troublé, les taches s'évanouissent pour reparaître au bout de quelques instants, quand leur porteur redevient tranquille: Hors de l'eau, ces taches ne paraissent plus. La nourriture de ce poisson consiste en petits crustacés, néréides et mollusques. CTENOLABRE DES ROCHES. — Rien de nouveau à dire sur la pêche de ce petit Castric ; on le prend très-facilement au moyen d'un petit hameçon amorcé de gravette. Un fait qui nou.s est arrive, en prenant un de ces poissons, montrera quelle est la voracité des habitants de la mer. Je relevais ma ligne à laquelle venait de mor- dre un de ces Cténolabres, tandis qu'en la retirant en brasse, je sentis une telle secousse que le fd faillit m'échapper des mains. Lorsque le petit poisson arriva dans le bateau, il avait perdu la moitié de son individu, enlevée d'im seul coup de dent, par un poisson beaucoup plus gros dont l'espèce est demeurée indétermi- née, mais qui avait eu la bonne inspiration de donner un coup de dent en biais, de manière à raser l'hameçon sans s'y accrocher. Les poissons ont de ces adresses-là !... CTENOLABRUS RUPESTRIS. — (Voy. Ctéxol.vbre des roches.) CTENOLABRID^. — (Voy. CriiNOLABnEs.) CUCULUS (Raja). —(Voy. Raies, § 4, Raie coucou.) CUILLER (Pèche à la). — En Angleterre, en Irlande et surtout en Ecosse, les rivières se livrent à une série de cascades et de rapides au milieu desquels se ré- jouit une population de Truites magnifiques. C'est 1;\ qu'on trouve la Truite saumonnée {Fario argenteus), que les Irlandais nomment la Truite de mer, et les Écossais la Queue noire. Les spécimens de ces poissons pèsent, l'un 24 livres et CUILLER. 221 demie, l'autre 21 livres, et ainsi de suite. C'est encore au milieu de ces eaux bouil- lonnantes qu'on va attaquer la Truite du Loch-Leven {Salmo cœcifer, Paru.), au pied de la prison de la belle reine Marie. La Truite commune ne s'y fait pas remarquer non plus par son absence, mais bien par ses dimensions colossales. Quatre étant prises, on les met dans la balance... La plus grosse pèse 17 livres, les trois autres chacune 15 !... Vivent les Écossais ! Nous allions oublier la grande Truite des lacs {Sabno feroj-) ; encore une amie des cascades, pour laquelle on amorce sa ligne au moyen d'une petite Truite montée en tue-diable (Voy. ce mot), au milieu de 6 à 8 hameçons fm^s, dit Yar- rell. On leur offre aussi en holocauste déjeunes Brochets qu'elles acceptent avec reconnaissance. Il est vrai que l'une d'elles pesait 34 livres ! c'était la plus grosse. Celle qui venait après ne pesait que 32 livres, et la dernière, une plume... un du- vet!... seulement 27 livres. — Comment aller attaquer de semblables monstres? — A la cuiller. — Oh! — Pas tout à fait avec la cuiller cjui sert à une belle dame pour prendre une glace, mais avec quelque chose d'analogue, et... disons-le hautement, cette cuiller- là, convenablement assaisonnée, ferait parfaitement noire affiiire. On n'en est pas arrivé là du premier coup. Les pêcheurs habiles, — et ils sont nombreux dans ce pays-là, — ont com- mencé par mettre à leur hameçon un poisson vif. Celui-ci n'a pas plutôt touché les ondes bouillonnantes^ que, déchiré en mille pièces, emporté, il a disparu. D'expé- rience en expérience, les pêcheurs se sont assurés qu'un poisson vif ne présentait pas assez de résistance pour une traction semblable à celle c[ue lui infligent ces bouillons d'eau tombant sur lui. Déplus, ils se sont aperçus que la Truite, toujours en chasse dans ce milieu infernal, et toujours aux aguets, déployait une force et une rapidité formidables pour atteindre sa proie qu'elle voit tourbillonner au milieu de l'écume. Elle s'élance la gueule ouverte, les dents prêtes, et coupe d'un coup la moitié du poisson, par où elle l'attrape, laissant le reste à l'hameçon du pêcheur désappointé. De toutes ces déductions, et de nombreux essais, est né le Tue-Diable. (Y oj. ce mot.) Mais quelque pêcheur malheureux a} ant sans doute vu son Tue-Diable em- porté ou mis en pièces par les rochers ou les racines de la rive, aura inventé la cuiller [pg. 208). Figurez-vous la partie creuse d'une cuiller à dessert, coupée /" //^ ^ près du manche. Percez un trou en haut pour y passer une corde ^ ■' ^ Fig. 2ÛS. — Cuiller. iilée et une grappe d'hameçons, pendante sur la cuiller même. Percez un second trou à la pointe de la cuiller, et mettez-y une seconde grappe d'hameçons, pendante, cette fois, dans le vide. Atta- chez à 0'",20 au-dessus de la cuiller, deux bons et solides émérillons. Faites que la cuiller soit brillante comme de l'argent ou de l'or, et lancez dans la cascade. A l'instant même l'eau, frappant irrégulièrement dans la cavité de la cuiller, lui imprime un mouvement de rotation extrêmement rapide, quoique irrégulier. 2i22 CUNETTE. Les hameçons disparaissent, emportés par ce tourbillon, et le tout, roulant sur lui-même, figure un joli poisson d'argent emporté vertigineusement par les bouillons de l'eau furieuse. La Truite n'y regarde pas de si près... d'ailleurs, elle n'en a pas le temps. L'eau la presse, la presse... il faut se hâter! Elle s'élance d'un bond énorme, englobe la machine brillante, et la lutte commence entre le pêcheur et le péché, deux animaux auxquels, en courant, le cœur bat aussi vite à l'un qu'à l'autre. C'est une bataille de 30, 40, 50 minutes, lutte à toutes jambes, emportée, à travers les ravins, les pierres, les taillis, par Vautre qui fuit à tire d'aile et que le flegmatique cuillerier ne lâche point !... Enfin la paix se conclut, et tous deux, harassés de fiitigue, s'arrêtent... Le plus petit entre dans le panier du plus gros en attendant mieux, et la toile baisse sur cette tragédie, toute prête à se relever pour une autre scène, sur le même théâtre. Du petit au grand, nous ne manquons pas, en France, d'eaux bouillonnantes, tant dans nos montagnes que vers les déversoirs de nos usines. Cette méthode de- vrait donc être essayée ; la Truite, chez nous, mord aussi vivement que là-bas, et quand, au lieu d'une cuiller à potage qu'on emploie pour la Férox, nous ne nous servirions que d'une cuiller à café, — même que de la cuiller d'un ménage de poupée, — nous prendrions de belles et bonnes Truites que personne n'ose abor- der dans ces endroits-là. C'est la grâce que je vous souhaite, ô lecteur mon ami ! CUISSON DES GRAINES. — - Quelle que soit l'espèce de graine dont on veuille se servir pour la pêche, elle doit être ramollie et cuite. Rien de plus simple que cette opération, mais encore est-il bon d'indiquer au pêcheur la méthode qui réussit le plus facilement. Le temps de cui.sson varie avec la grosseur et la nature de la graine employée. Le blé est très-long, il lui faut au moins six heures de cuis- son ; les fèves aussi, mais un peu moins. On prend un pot de terre, ou marmite à bouillon de la même matière, on y met ce qu'elle doit contenir de graines, c'est-à-dire, au plus, la moitié de sa capa- cité. On couvre celles-ci de 0"',05 à O^jOe d'eau, on place le couvercle, qui doit fermer le mieux possible, puis on met le tout sur le feu. Il faut un feu moyenne- ment ardent, afin que la cuisson ait lieu par un bouillonnement lent, mais continu. Quand l'eau, qui était au-dessus des graines, est absorbée, on retire du feu et l'on couvre très-hermétiquement pour laisser refroidir. Il est toujours bon de mettre un peu de sel dans l'eau où cuisent les graines, parce que ce corps retarde la fermentation putride ou acide qui tend à s'établir très-vite dans ces graines, en été, et qui les rend impropres à servir d'appât, si elles sont ainsi gâtées. Le point principal est que les graines se trouvent bien ramollies et crevées, sans être en bouillie. Pour atteindre ce résultat, on est souvent obligé de remettre de l'eau pendant la cuisson; tout cela dépend de la nature des graines, de la ferme- ture plus ou moins hermétique du vase, et de l'ardeur du feu employé. CULASSE. — Partie supérieure de VÉpervier. (Voy; ce mot.) CUMIN. — Plante de la famille des Ombellifères, d'une saveur et d'une odeur aromatiques, fortes et piquantes, très-analogues à celles de l'anis. On en fait entrer, en Allemagne et en Hollande, les graines dans le pain et dans le fromage. Son odeur et sa saveur fortes la rendent propre à entrer dans les appâts et amorces artificidles, (Voy. ces mots.) CUNETTE. — Ouverture grillée pratiquée dans les parcs de pierres. l I 00 m o eu GO LlJ o o o % ■* /' m - CYPRINS. 223 CYCLOMETOPES. — Famille de crustacés décapodes brachyures, à carapace beaucoup plus large que, longue, parfois presque circulaire. Pattes de la première paire trcs-développées en pinces. Abdomen de 7 articles chez la femelle, et de b chez le mâle. Renferme les Cancériens et les Portuniens. CYCLOPTÈRE [Genre], (Cyclopterus, Lin.). — Malacopt. subrach. Discoboles. Corps couvert d'une peau visqueuse et sans écailles, mais semé de grains durs et de tuber- cules coniques semblables à des épines de ronce. Bouche large, garnie aux mâchoires et au pharynx •le petites dents pointues. Opercules petits, ouïes fermées par le bas. Ventrales caractéristiques, suspendues tout autour du bassin et dont les rayons sont réunis par une seule membrane formant un disque concave, une sorte de soucoupe à cannelures intérieures dont le poisson se sei t, en faisant le vide, pour se fixer aux objets solides qui l'entourent. Les pectorales sont très-amples et se réunissent également sous la gorge pour embrasser le disque formé par la réunion des ventrales. Squelette presque gélatineux. Deux espèces sur nos côtes de TOcéan. (Voy. Lompe.) CYCLOSTOMES [Ordre]. — Ces poissons sont dépourvus de nageoires ventrales et pecto- rales, de vessie natatoire; leurs opercules fixes sont percés d'autant de tours qu'il y a de branchies ; leur corps est nu, visqueux; leur bouche circulaire ou demi-circulaire terminée par une lèvre charnue leur permet de se fixer en faisant le vide aux pierres du fond de l'eau et au corps des poissons dont ils sucent le sang. Cette famille renferme un genre qui comprend les Lamproies. Les Lamproies ont 7 ouvertures branchiales, et la bouche circulaire, armée de dents nombreuses. CYPRINOPSIS [(ie/jre], (Cyprinopsis, Fitzing.) — Malacopt. abd. Cyprin. Ce petit genre formé aux dépens de celui des Carpes avec lesquelles il a été longtemps réuni, s'en distingue d'abord par l'absence complète de barbillons et par la forme des dents pharyngiennes. Le mot Cyprinopsis rappelle que ces poissons ont la figure des Carpes, et cela est vrai, car le carac- tère qui les sépare ne distingue presque ni leurs mœurs ni leur habitat. Trois espèces en France : le Cyprinopsis Carrassin (voy. Carrassin), le Cyprinopsis Gibèle (voy. Gibèle), et enfin le Cyprinopsis doré ou Poisson rouge (voy. Cvpuin doké). CYPRINOPSIS AURATUS. - (Voy. Cyprin doré.) CYPRINOPSIS CARRASSIN. — (Voy. Carrassin.) CYPRINOPSIS GIBELIO. — (Voy. Gibèle.) CYPRINS.— Les poissons qui portent ce nom forment un groupe très-nombreux et fort naturel, aisé à distinguer à sa petite bouche, à ses mâchoires sans aucune dent et aux trois rayons plats de ses ouïes. La langue de ce poisson est toujours lisse, le palais est garni d'une substance épaisse, molle et singulièrement irritable, que l'on connaît vulgairement sous le nom de langue de Carpe; le pharynx offre un puissant instrument de mastication, savoir : de grosses dents adhé- rentes aux os pharyngiens inférieurs et pouvant pousser les aliments entre elles contre un disque pier- reux enchâssé dans une large cavité sous une apophyse du (/asilaire. Ces poissons n'ont qu'une dorsale et leur corps est couvert d'écaillés le plus souvent fort grandes : ils habitent les eaux douces, et sont peut-être les moins carnassiers de toute la classe, vivant en grande partie de graines, d'herbes, de limon. Leur estomac se continue par un intestin court et sans cœcum et leur vessie natatoire est divisée en deux par un étranglement. CYPRIN CARRASSIN. — (Yoy. Garrassin [Carpe].) CYPRIN DORÉ DE LA CHINE (Cyprinopsis auratus, Siéb.). — Malacopt. abd. Cyprin. Long. max. =0",'20; haut. =0'n,03. Syn. : Gold fish, angl. — Silberfisch, ail. — Goldfich, suéd. et holl. — Kin-gso, Chine. — Kinjun, Japon. Ce poisson, originaire des lacs près des montagnes deTchanghou, province de The-Kiang, en Chine, est introduit en Europe depuis ICll. Dans un vivier à fond gras, ces Cyprins vivent et multiplient beaucoup sans qu'on s'en occupe ; si le fond est maigre, il faut leur donner, de temps à autre, du pain de chènevis, des pois et des débris de la table. Ils ont besoin d'herbes ou de branches dans leurs eaux pour déposer leurs oeufs, et d'ombre contre le soleil; en hiver ils entrent dans la vase et y demeurent à demi engourdis. L'organe de l'ouïe est développé chez ces animaux. La couleur générale du corps varie à chaque individu. D'abord noirs ou bruns dans les premières années de la vie, ils deviennent ensuite 224 CYPRIN 01 DE S. rouge éclatant, mais souvent aussi jaunes ou mouchetés de rouge et de blanc, ou de jaune et de blanc, ou tout blancs, ou roses. Quelques-uns restent toujours bruns, à reflets chauds. Tous ont le museau comme tronqué de bas en haut, la bouche petite, ouverte vers le dessus, l'oeil grand, la caudale bilobée, grande et d'une forme gracieuse. La dorsale longue, à IG ou 19 rayons, les pectorales fortes et arrondies, l'anale de 8 rayons dont 3 osseux. L'œil est grand, saillant et élevé sur le front; l'iris noir entouré de un ou deux cercles noirs alternativement et rouges ou jaunes. Les opercules sont composés vers le préopercule d'un assez grand] nombre de larges écailles ou pièces articulées. On compte tant de variétés dans cette espèce qu'un grand nombre de ces poissons présentent des anomalies aux nageoires. Voici le compte de l'un d'eux, de chaque teinte : Chaque pectorale de la variété dorée, porte 16 rayons, et la caudale 27. Les pectorales de la variété argentée ont 15 rayons, et la caudale 26. Les teintes de ces poissons disparaissent en grande partie avec la vie. Communément après avoir été noirs, alors que le changement de couleur doit se faire, des points argentés paraissent, s'étendent, se rejoignent, puis, quand l'animal est devenu blanc, cette teinte se remplace de même par le rouge. Cette coloration offre beaucoup de variétés. Ce n'est que vers leur troisième année qu'ils commencent à revêtir leur parure rouge ou argentée, car quelques-uns restent blancs et ne sont pas les moins recherchés. D'autres deviennent jaunes, d'autres panachés de blanc et de rouge; les uns ont une nageoire sur le dos, quelques autres n'en ont pas. Dans un étang qui leur plaît, ils arrivent à une grandeur de 0",40, et à un poids de 2 à 3 kilog. Le canal intestinal de ces charmants poissons est contourné en trois sinuosités; la vessie nata- toire est divisée en deux parties, l'une plus étroite que l'autre. Ce poisson a été introduit de la Chine à Sainte-Hélène; apporté en Angleterre en 1728 par Ph. ^Yorth, il nous est venu, de là, parla Hollande. Les Cyprins ainsi dépaysés, ont tellement multiplié depuis lors qu'on peut les regarder comme entièrement naturalisés. Sous notre climat, ils résistent aux froids les plus rigoureux, pourvu qu'ils aient assez d'eau pour s'y tenir au-dessous de la croûte des glaces. Nous connaissons des étangs où ils se sont multipliés au point qu'on les y pêche sans scrupule et qu'on s'en sert aux mêmes usages que la Carpe. Leur chair est beaucoup plus délicate. Rapprochés sans cesse de la demeure de l'homme, les poissons rouges n'ont pas toujours été un simple sujet d'ornement ou de distraction. Ils ont offert plus d'une fois aux savants l'occasion d'observer des faits inédits et très-curieux de physiologie. L'un des plus remarquables est consigné par M. Bory de Saint-Vincent et montre combien les circonstances extérieures d'habitat peuvent influer sur le développement des êtres. Des poissons rouges âgés d'un an et longs de 0™,0i, furent placés dans un bocal étroit et y restèrent 1 1 ans. Au bout de ce long espace de temps, ils n'étaient pas sensiblement grandis. Transportés alors dans un large bassin, ils commencèrent à croître avec une telle rapidité, qu'au bout de dix mois leur longueur était triplée. CYPRIN DORÉ DE LA CHINE. — Ces poissons, qui sont excellents à man- ger, se prennent à la ligne comme les Gardons et les Carpes. Petits, on les prend très-facilement au ver rouge, à l'asticot, à la boulette, au blé, etc. ; plus gros, ils deviennent plus défiants, et doivent être péchés comme les Carpes, en grand silence, et par les grands fonds d'eau de l'étang qu'ils habitent. CYPRIN STRIÉ.— Malacopt. abd. Cyprin. Long. niax. = 0",35. Ce poisson, de la famille des Carpes^ en diffère d'abord par sa forme plus élevée et plus compri- mée, puis par son opercule strié fortement. C'est la Carpe de KoUar {Cyprinns kollarii). II porte, comme la Carpe commune, quatre barbillons, mais beaucoup plus petits. Les écailles sont plus grandes que celles de l'espèce type;la coloration est claire, gris argenté, les nageoires un peu bleuâtres. Cette espèce, dont on ne connaît guère les mœurs, se trouve surtout dans la Moselle et les fossés de la citadelle de Metz, sans doute aussi dans les rivières du Nord. Il se peut que ce soit une va- riété de la Gibèle [Cyprinus Gibelio), qui est un poisson du nord de l'Europe. Valenciennes dit qu'elle est commune dans le lac de Saint-Gratien, où le Carrassin n'existe pas et où la Gibèle est rare et accidentelle. D'autres auteurs prétendent, au contraire, que les Carpes de Saint-Gratien sont des Gibèles. Qui croire? (Voy. Carces Kollar.) CYPRINIDES(Cyprinid3e). —(Voy. Cyprinoïdes.) CYPRINUS. — (Voy. Abi.es des eaux de France et Cyprins.) CYPRINOIDES (Cyprinidae) . — l'e famille des Malacopt. abd. 2» ordre. Cette famille, dont nous avons donné les caractères généraux au mot Cyprins, est une des plus CYPRINOIDES. 225 embarrassantes pour le naturaliste. Pour le pcclieur qui n'y regarde pas de si près, rien n'est plus facile, elle constitue la grande fami/le des poissons bhincs, et tout est dit. Ce qu'il y a de certain pour les deux catégories d'observateurs, c'est que les C\prinoid('srcnreiinciit la niajorité des poissons d'eau douce de notre pays. Or, dans cette grande famille, il, existe, non-seulement des séries d'espèces voisines au dernier point, mais encore des types indécis et variables qui semblent flotter entre deux autres déjà très- semblables et n'en être que des métis. On dirait que, suivant les fonds, les eaux, les âges, des causes encore absolument inconnues, ces espèces se modulent les unes dans les autres, comme une cire molle que l'on pétrirait sans sortir cependant d'un type à peu près commun . Pour distinguer ces poissons, on a essayé de se baser sur la proportion du corps, puisque les critériums ordinaires faisaient défaut, les organes se trouvant presqu'en même nombre cliez tous; on a dû y renoncer parce que ces proportions sont trop variables. La diflerence de constitution des dents pharyngiennes parait, jusqu'à présent, le meilleur signe de distinction, mais il n'est pas à la portée de tout le monde. Il faut une dissection préalable, simple, — il est vrai, — mais enfin une opéra- tion que le pécheur ne fera pas, et c'est pourquoi nous omettons à dessein ces figures dans ce diction- naire beaucoup plus pratique que scientifique. Ajoutons encore que l'âge fait varier cette denture, et annule souvent ainsi la certitude que les naturalistes avaient cru trouver dans ce caractère. Il est certain qu'au premier coup d'œil, on peut déjà séparer des Cyprinoïdes, les Loches ou Cobites à tête petite, à ouies peu profondes et à dents pharyngiennes aiguës et nombreuses. Mais restent tous les Cyprins proprement dits à classer, ceux dont le corps est couvert de grandes écailles. On a cru rendre plus simple et moins confuse la classification des Cyprins, en élevant d'un degré la division que nos grands naturalistes y avaient introduite, du rang d'espèces on a fait des genres, par conséquent, ce que l'on considérait primitivement comme de simples variéte's sont deve- nues bel et bien des espèces. Ce système a eu, à notre avis, le grand inconvénient que nous signa- lions tout à l'heure, c'est de baser des espèces sur des caractères de minime valeur, qui suffisaient à constituer des variétés et sont presque toujours bien faibles pour caractériser des espèces. Nous aurons donc : Le Genre Goujon (Gobio).... comprenant! espèce. | Goujon de rivière. T, iD i \ „ ; lîarbeau commun. — B..UBEAI; (/?«r6,.,) _ 2 - ' Barbeau méridional. — Tanche (n«c«) — i — | Tanche commune. , f .V, ( ^^- miroir. Carpe corn- n ■ - — Carpe (C//;jn«M.O - V - ) mune, Var. j c. î,ossue. I Carpe de Kollar. I Carrassin. — CvpiiiNOPsis — 3 — Gibèle. Cyprin doré, poisson rouge. . — Bouvière (fi/(0(/e«.'j — 1 — ' Bouvière commune. , Brème propre- ) _ 2 — } Brème commune. — Brème (J/jrfl/«M>'),l ment dite i ' Brème de Gèhin. divisé en 4SCU.S- Abramidopsis... — I — | Brème de Buggenhagen. genres | Blicke (B//cca). . — l — | Brème Bordelière. ^Bliccopsis- — 1 — I Bréme-rosse. / Ablette commune. l .Vblette mirandelle. — k\iL}£.Tiz (Alhurnus) — 6 — J Ablette de Fabre. i Abletle biponctuée. \ Ablette hachette. — RoTE.NGLE (Scardinius) — 1 — ; RoLengle commun . 1G. rutiloïde. G. Jesse. G. vengeron. G. de helys. Gardon pâle. — ]de {Idus) — I — I Ide mélanote. /Chevesne commun. I Chevesne méridional. V Chevesne treillage. — CnK\'Fpèces dans nos mers. La Daurade des côtes de France n'est pas aussi bonne que celle des côtes d'Amérique, cependant, sa chair est délicate et de bon goût, quand elle n'a pas séjourné dans la vase où elle prend quelquefois un mauvais goût. Celle de la Méditerranée est préférable à celle de l'Océan. DAURADE A MUSEAU RENFLÉ (Chrysophris crassirostris, Cuv., Val.). — Acan- thopt. spar. Long. max. = o^j^ô. Cette Daurade, beaucoup plus rare que la D. commune, habite les côtes de la Corse, ce qui nous en fait dire ici quelques mots. Elle se distingue de la commune par la imque beaucoup plus élevée, l'œil plus grand, et les mâchoires très- renflées : G grosses incisives, 4 rangs de molaires en haut, 3 en bas. D=ll-1-1.3. A = 3+tI. C=17. P=15. V=I-+-5. Couleur bleu foncé sur le dos avec reflets dorés très-vifs formés par un Irait doré tracé sur chaque écaille Longue tache noire au haut de l'opercule. Bas de l'opercule, mâchoire inférieure rouge cuivre. Na- geoires gris bleuâtre. DAURADE VULGAIRE (Sparus aurata, Lin.). - Acanlhopt. spar. Long. max. = 0™,35 ; poids = 5 à (i kilog. Syn. : Gilt head, qilt poil, angl. — Gold brasse, fjold meer hrassem, ail. — Goud brassent .,\\(à\. — Dorada,esp. — Awala, ital. — Chiquinet, aoureden, bret. C'est un beau et bon poisson {fig. 219) que les anciens nommaient Chrysophris (sourcil d'or), à cause d'une bande en croissant de couleur dorée, qui va d'un œil à l'autre. Son corps est argenté, son dos bleuâtre et d'un éclat vif au sortir de l'eau, mais qui fonce et s'obscurcit à mesure que le poisson meurt. Le ventre est Idanc mat. Tout le long du corps règne une ligne latérale formant un trait minc^ noir-bleu, peu courbe, de f-0 écailles portant chacune un petit trait. Quelques autres traits parallèles au dos du poisson se remarquent aussi dans la longueur. Il porte enfin une tache brun-roux irrégulière au-dessus de l'articulation des pectorales vis-à-vis la partie noire des opercules. Les yeux sont grands, â piunelles noires, l'iris jaune doré. Le sourcil doré a donné son nom au poisson. Bouche médiocre, mâchoires égales, garniesde lèvres et armées de dents très-fortes, que leurs formes font distinguer en incisives et en molaires. Les premières sont au nombre de 6 à ciiaque mâchoire ; les secondes distribuées en 4 rangées implantées dans la supérieure, et en 3 rangées Fiff 217. — Hameçon de mer en foi' étanic. Forme dite marseillaise, employée en Bretagne. Très- mauvaise fabrication, dard bossu au-dessous de la barbe, fort avanta];e à droite, du bon coté pour la facilité d'escher. Fig. 218.— Ha- meçon com- mun de Fiance, le moins bossu possible. DAURADE 231 seulement dans l'inférieure, toutes ayant la forme de tubes interosseux. La langue est algue. Œil grand, vif ; narines simples ; l'espace qui les sépare est marqué par un léger sillon. Opercule composé de deux plaques osseuses principales dont la dernière est arrondie. l'ig. 219. — Daurade vulgaire [Spams aurata, Liu.). Dorsale = 11 + 13 rayons, les cpiiieux plus longs que les autres, et pouvantse cacher dans une rainure. Pectorale = 20, très-longue, atteint presque l'anus. Ventrales = 1+5, en arrière et assez larges, et portant à l'aisselle une écaille large, forte et très-pointue qui a moitié de la longueur de la nageoire. Anale =:3 + M, correspondante au dernier rayon de la dorsale. Caudale = 17, médiocrement fourchue. La Daurade est un des plus beaux poissons utiles à l'homme, et l'un de ceux dont les formes et les couleurs sont les plus agréables. Lorsiiu'elle nage près de la surface de l'eau, elle semble être parsemée de gouttes d'or sur un fond vert. Sa télé, ses yeux, son museau présentent les mêmes couleurs. Son ventre, qui est un peu plus gris, n'en offre pas moins des reflets chatoyants comme la nacre, et lorsqu'elle va mourir, toutes ces couleurs varient successivement par l'or, l'argent, l'azur, le minium môme, qui se mélangent tour à tour. Plus communs et meilleurs dans la Méditerranée que sur les côtes de l'Océan, ces poissons gagnent en hiver les grands fonds d^eau, et s'approchent pen- dant l'été des côtes pour paître les algues et les fucus : ils entrent alors dans les lagunes et les étangs salés qui communiquent avec la mer. Il est probable que la Daurade des Anglais {Gilt-heud), n'est point la vraie Daurade {Clirij- sophris ou Spa mis aura! o), mais bien un Pagel différent, la S/'Cirm centwdontus, qui est con.imun, chez nous, sur les côtes de la Manche en août et septembre. C'est, du reste, l'avis de Valenciennes sur la Daurade de Donovan. DAURADE VULGAIRE. — La Daurade se trouve en abondance dans la Méditerranée. En hiver elle gagne le fond de l'eau, et l'été s'approche des côtes et entre dans les étangs salés et les cours d'eau qui conduisent à la mer. On les pèche en abondance aux Martigues, aux étangs de Cette et d'Hyères. Elles sont très-vo- races et toujours enquête de coquillages dont elles font leur nourriture et qu'elles brisent entre leurs dents. Aussi la chair de ces coquillages est-elle une excellente esche pour elles. La ligne dont on se sert pour la pèche de ce poisson doit être amorcée avec des Crevettes, des Crabes, des morceaux de Thons, de Maquereau, de poisson quelcon- 232 DÉGLUTITION. que on même des coquillages nommés Pé/onc/es, Clovisses [Venus decnssato, h.), et autres espèces analogues que l'on recueille autour de soi dans le sable ou sur les pierres. La chair de ce poisson est estimée comme délicate et de bon goût, quoique un peu sèche. Il faut que les Daurades soient grasses, que leur foie soit gras et leurs entrailles appélissanles : surtout qu'elles n'aient pas habité sur les fonds de vase, où elles contractent un goût désagréable. La Daurade craint le froid : Duhamel remarque que l'hiver rigoureux de 1766 en fit périr un grand nombre. La chair de la Daurade vulgaire est estimée : quoique sèche, elle est de bon goût. On en fait des salaisons, on en confit au vinaigre. Les meilleures sont celles des lacs de Cette et des Marligues. Quoique les Daurades habitent les grandes eaux et souvent la pleine mer, elles approchent souvent des côtes et entrent même dans les étangs salés de la Médi- terranée au printemps. Elles y demeurent l'été et grossissent de deux ou trois fois leur taille première; la chair y devient même meilleure. La pêche de ces poissons se fait à la fouine ou fichouira, au feu, par les pê- cheurs de Toulon, Saint-Tropez, etc. La Daurade est d'ailleurs excessivement vorace ; en mer on la prend très-facilement, il suffit de mettre deux brins de plume à un hameçon et le tout à la traîne derrière un bateau ou un navire. Prenant cet objet pour un poisson volant, leur friandise préférée, elles s'y jettent et demeurent prises. On en prend aussi beaucoup aux bourdigues et autres engins fixes, mais en été, quand il fait très-chaud. DÉBROQUER UN POISSON. — C'est lui retirer la tête de la maille de filet qui le tient prisonnier. DÉCEMBRE. — (Voy. CaLE>DR1ER DU PÉCHEUR.) DÉGLUTITION. — La déglutilioii doit, d'après la forme même des organes, s'opérer, chez les poissdiis, d'une manière toute particulière. Il est évident que cet acte se modifie suivant l'ar- mement des mâchoires. Tous les poissons chasseurs ont la cavité buccale garnie de dents plus ou moins crochues et en plus ou moins grand nombre, variant depuis la forme des laniaires, espacées, — rappelant les épines de la ronce et du rosier, — jusqu'aux dents en brosse, en carde et en velours dont le nombre est incalculable. (Voy. Dents.) En général, l'aliment, la proie, pour mieux dire, saisie par des dents crochues, demeure à portée du pharynx où la langue a pour mission de la pousser d'avant en arrière en la soulevant. Il est certain que les dents crochues dont elle est armée chez certaines espèces, ont pour but de faciliter ce mouvement et de le rendre assez prompt pour que la victime ne puisse s'échapper. Quelques espèces, à dents nombreuses en brosse ttpeu préhensiles, ont des mâchoires dont les divers os antérieurs jouent les uns sur les autres de façon à former un véritable organe de préhen- sion, dont les Clupéoides sont un remarquable spécimen. IN'ul doute pour nous que la double lèvre des Labres, et l'appareil analogue et si mobile des liastérostés ne soient non- seulement de véritables organes de préhension, mais, — disons-le en passant, — la cause de leur faculté nidificatrice. Les poissons sans dents aucunes n'ont, pour aider la déglutition dans son premier acte, que la succion. Chez eux, alors, cette force est considérable. 11 est facile de s'en rendre compte en étudiant, dans le premier aquarium venu, le manège des Cyprins dorés et ordinaires qui y sont renfermés et qui hument sans relâche les particules de vase et de sable du fond, et les rendent, au bout d'un instant, après leur avoir fait subir dans leur bouche une sélection qui en enlève les parties nutri- tives. Au moyen de quel appareil ce triage est-il exécuté? C'est ce que tout le monde ignore ; mais il se fait. La langue, peu mobile, peu extensible, de ces animaux, ne semble guère devoir être l'or- gane d'une opération si délicate. Serait-ce à la couche de substance molle et rougeâtre, animée de nerfs nombreux, laquelle tapisse le palais, que l'on devrait attribuer la sélection dont nous parlons, et se fait-elle au moyen de la salive que sécrète cet organe? Cuvier et Videnciennes ont cru voir, en dessus des mâchoires, une sorte de .système de secondes lèvres internes, formccs par un repli de la peau en bas et en haut. i)1-:mi-glef. 2:};j Le but de cet appareil serait de retenir les aliments et de les empêcher de ressortir : il en serait de même de l'eau avalée dans la respiration. Nous avouons liumitieniont avoir souvent cherché ces ]èvres internes et ne les avoir trouvées apparentes que dans un très-petit noudjre d'espèces. Elles ne nous semblent point un organe général et indispensalile. Probalilemenl elles répondent, pour les espèces qui les portent, ù des nécessités de nouriiture que nous ne connaissons point. Quoi qu'il en soit, ou se rend bien compte que la proie ou l'aliment saisi par 1rs dents, les lèvres ou ces lèvres internes est poussé par le moyen du palais et de la langue vers l'ouverture du piiarynx où d'autres dents, suivant les besoins et l'espèce, le saisissent, le triturent et le poussent eu arrière jusqu'à ce point où les mouvements contractiles chassent à leur tour le bol alimentaire dans l'estomac; ce trajet est d'ailleurs très-court, le cou n'existant point chez les poissons : la bou- che est eu quelque sorte l'orifice immédiat de l'estomac. DÉGORGEOIR. — L'emploi des hameçons extrêmement petits pour prendre le poisson non par les mâchoires, mais par les parties charnues de l'œsophage ou de l'estomac, nécessite l'emploi d'un petit instrument - i^ --^ i appelé dégorgeoir ; c'est une petite fourche, dont la p ,^ ,„ , ,,. Fiq. "220. — Dégorgeoir. ligure 2i20 montre 1 image. Avant d'expliquer la manière de s'en servir, disons de suite qu'on peut en faire soi-même d'une manière facile et économique autant qu'on en aura besoin. Dans les vieilles montures de parapluie, qu'on achète partout pour quelques centimes, se trouvent huit branches de fer qui soutiennent les baleines et se re- plient le long du manche. Chacune de ces tiges se termine par une petite fourchette {fg. 221) qui embrasse la baleine. Or il n'est rien de plus facile, au moyen d'une lime et d'une pince dite recourboir, que de faire passer la fourchette de sa forme primitive, à celle né- cessaire indiquée à sa gauche (//(/. 221). Voici comment on opère, au moyen du dégorgeoir : quand '^' '" ' le poisson est pris, et qu'on le tient dans sa main, on lui ouvre les mâchoires d'une main, et de l'autre on suit, au moyen du fil, la marche de l'hameçon que le dégor- geoir rejoint dans les profondeurs de l'estomac. Quand l'hameçon est pris entre les deux tiges de la fourche, — ce dont on s'aperçoit très-facilement, — on saisit le fil entre les mômes doigts qui tiennent le dégorgeoir, et on enfonce le tout dans l'animal de manière à dégager l'hameçon, qui n'a à déchirer, dans ce sens, que la portion de chair comprise sous la languette du dard. On retire alors le tout avec précaution. Quelquefois on opère par un mouve- ment de torsion ; mais si l'hameçon est passé derrière un muscle, un petit os ou un ligament, on risque à le casser, et sans que ce soit une grosse perte, il est inutile de se priver d'un bon instrument et de perdre du temps et de la peine à s'en monter un nouveau. Le vrai pécheur qui possède un hameçon bon et bien monté, y tient, et il a raison, car on n'étudie généralement pas assez ce côté de l'art du pêcheur; l'hameçon est la partie capitale de la pèche : si l'écrivain ne se préoccupait pas de choisir une plume, on rirait de lui ; que faire donc de ces pécheurs qui vous disent, avec la fatuité de la bêtise, qu'ils pochent aussi bien que qui que ce soit avec le premier hameçon venu ! On coupe le manche du dégorgeoir à environ 0'",15 ou O^jlO, de façon à le faire entrer dans le portefeuille du pêcheur ou dans sa poche. DEMI-CERCLE. — (Voy. Fer A CUEVAL.) DEMI-CLEF. — A chaque instant le pêcheur a besoin d'attacher un objet au bout d'une corde, mais dans des conditions particulières. Il faut que le nœud fait ne puisse s'échapper seul et qu'il se dénoue facilement, vite et sans risquer d'em- 234 DEMONTE. Fig. 222. — Demi- clef vue par devant. mêler la ligne. Ce nœud s'appelle une chmi-def {firj.'l'll). Rien de plus facile que de le faire. Supposons que l'on ail fait passer, dans tous les anneaux de la canne, le fil de soie venant du moulinet; le voilà qui sort après le dernier anneau du scion, il s'agit d'attacher une avancée au bout de cette ligne F. Or, l'avancée portera une boucle A {firj. 22i). On passe la ligne FB dans celte boucle A, puis on fait avec le petit bout B et l'autre un simple nœud, en ayant soin de prendre dans le nœud l'extré- mité de la ligne B, de façon à former une boucle {fig. 222). Cette boucle n'est pas fixée, et cependant elle est très-utile, car si un obstacle, une branche, passe dans la boucle et exerce une traction sur elle, celle-ci se dépasse, et le nœud reste serré mais non dénoué, tandis qu'il n'y a que la volonté et les doigts du pêcheur qui peuvent tirer sur le petit bout B de la boucle, pour dénouer la demi-clef, quand il en sera besoin, et cela immédiatement, et sans aucun dérangement de la ligne. La figure 223 montre la forme d'une demi-clef A faite au moyen d'une soie roide, Fig. 223. — Demi clef avec OU d'unC COrdc filéC, CtC. soie roide. ,\ y , a, . • h i i (Juand on veut être certain il un nœud encore plus so- lide, on fait une clef entière, c'est-à-dire qu'on passe deux fois {fig. 224) dans la boucle de l'avancée A, le bout de la ligne B, avant de faire le nœud C. Mais celui-ci ne se dénoue pas comme l'autre, simplement en tirant, il faut dépasser le fil après le nœud dénoué. L'usage de la demi-clef est continuel pour le pêcheur. DEMI-ENCEINTE. — La demi-enceinte ou crochet d'un haut parc n'excède jamais le tiers de sa longueur totale : l(jO 3 = 53"', 33. (Yoy. Haut parc.) DEMI-FOLLE. — Filet qui ne diffère des folles que parce qu'il a moins d'étendue, et que les mailles sont moins serrées. Les jets de Picardie, les brettes et les picots de Normandie, etc., sont des Demi-Folles. Ils servent à prendre les Carrelets, les Soles et souvent les Chiens de mer. La maille de ce filet a au moins (1^'' et 2'' arrondissements) 0™,067. Les picots (3* arrondissement) ont 0'",020. DEMI-RIEUX. — /'e^Z/e Cibaudière. (Voy. ce mot.) DEMOISELLE. — Nom de la Haie blanche à Granville. (Yoy. Raies, § 11.) DÉMONTÉ. — On dit qu'un pécheur est démonté, alors qu'ayant pris un fort poisson, la défense de celui-ci brise l'hameçon ou casse l'avancée, la ligne ou le scion. Auquel cas le pêcheur perd sa proie et une partie de sa monture. On est souvent démonté, parce que les hameçons s'échappent de leur empilage : cette cause d'insuccès n'arrive jamais ou presque jamais au pêcheur soigneux et surtout à celui qui empile lui-même ses hameçons. Le malheur d'être démonté doit être conjuré par le sang-froid et l'adresse. Il est certain que personne au monde ne peut être certain d'avance que l'hameçon ne cassera pas, ou s'il est mal trempé, ne laissera pas ouvrir son crochet sous la pres- sion d'un poids considérable ; mais presque toujours la précipitation et la brusque- rie du pêcheur sont la cause de cet accident, doublement désagréable, puisqu'il n'arrive qu'après la capture d'un beau poisson. Fig. 22 i. — Clef entière vue par devant. DENTS. 23o rieurc du Spare dore. DENTE Sparus dentex, Lia.). — Acaiithopt. sparoid. Long. max. = 1 mctre. = 10 kilog. Syn. : Z(i/tn ùrassen, ail. — Deittrice, ital. Corps rouge, nuancé de bleuâtre sur le dos, avec quelques taches noires ; côtés plus pâles et virant au jaune ; ventre blanc, tcte obtuse, yeux petits à iris jaunes. La ligne latérale suit la courbe du dos. Toutes les nageoires sont brun-rouge pâle. D= 11 + 11. P=14. V=l + 5. A=3 + 7. C = 17. Dents coniques en un seul rang sur les côtés et le devant des mâchoires ; antérieures en grands crochets, 4 canines à chaque mâchoire. l'réopercule non dentelé; opercule terminé par une pointe plate et un feston. l-'raye au mois de mars près des côtes, déposant ses œufs dans les creux et fentes des rochers, mais ne paraît pas se multiplier beaucoup, car on en prend très-rarement de petits parmi les pierres et aux embouchures des grandes rivières. DENTÉ. — Ce poisson se prend dans la Méditerranée aux filets d'entre- maille; il n'est pas commun. On ne le prend qu'en pleine fz5'.22d.— Mâchoiiesupé- mer; il ne s'approche pas du rivage, excepté au prin- temps, quand il vient frayer. Il donne la chasse à tous les autres poissons indifféremment plus petits que lui, et il est difficile de trouver un animal plus vorace et mieux doué, sous le rapport des formidables dents utiles pour atteindre sa proie. Cette voracité est telle que quand il est pris dans un filet, il déchire et met à mort tous les autres poissons qu'il peut saisir autour de lui. Nageur très-rapide, il a toutes les qualités requises pour trouver une énorme quantité de nourriture : aussi par- vient-il à une taille considérable. DENTS. — Les dents du poisson peuvent être rangées en trois grandes di- visions, selon leur forme : 1° molaires (fig. 231), qui sont plates et destinées à broyer ou à concasser des corps durs ; 2° incisives {fig. 225, 226, 227), qui ont une parlie saillante, coupante, pour trancher et diviser; 3° laniaires (fig. 228, 229), qui sont allon- gées, pointues, souvent recourbées en arrière et destinées à accrocher, retenir, déchirer la proie atteinte par le poisson. Celte der nière forme de dents est de beau ifea&a(S^^S^"^ ^ *-'-' coup la plus commune. 11 peut y avoir des dents implanlées sur tous les os qui soutiennent la cavité buccale : à l'intermaxillaire, au maxillaire, à la mâchoire inférieure, au vo- mer, aux palatins, aux arceaux des branchies fig. 230) et jusque sur les os situés en arrière de ces arceaux tenant, comme eux, à l'os hyoïde et nommés os pharijngiem. (Voy. Dents pharvx- GIKNNES.) La langue elle-même porte quelquefois des dents. En -^ _=hii^ -- ^~m^ i général, toutes les dents des poissons sont revêtues d'un émail 'Z^-^,.^^^-J très-épais. Leurs racines ont toutes une forme analogue [fig. 22!)). Dans les laniaires, on remarque une suite de cônes ^,,- .,.,y _ Lanjaiies de Truite, emboîtés les uns dans les autres, et de plus, ces dents sont destinées à être remplacées si elles sont enlevées, parce que la nature n'a pas voulu qu'un être Fig ±±~. — Mâchoires iufi5rieure et supérieure du Spare doré [Sparus nuratus). Vues de coté pour mon- trer la disposition des incisives, des molaires et leui's grandeurs. Fig. 22G. — Mâchoire inférieure du Spare ïioré[Spaius auratus). Molaires et incisives. Fig. 22S. — Laniaires. .Mâcliuiie iiifuricure de Truite bécarde. ^30 DENTS. Fig. 230. — Dents aux arceaux des blanchies. restât désarmé ; aussi le cône intérieur contient-il dans sa cavité la dent en germe qui doit, au besoin, remplacer l'autre. Le mode d'attache des dents diffère en beaucoup de cas ; les unes sont retenues immoljiles dans les alvéoles osseux ou au moins tendineux ; telles sont les laniaires des salmones sur les os maxillaires inférieurs. Les autres sont mainte- nues par leurs racines dans des capsules mem- braneuses qui permettent le mouvement de bascule autour de la base pour les relever ou les abaisser au besoin. Le remplacement des dents parait se l'aire chez les poissons dent à dent, sans époque fixe, comme les feuilles des essences résineu- ses. La dent nouvelle naît soit sous l'ancienne, soit à côté, quelquefois en arrière, d'autres fois en avant. Tout cela dépend de la forme de la dent à remplacer. Nous parlerons ci-après des curieuses dents pharyngiennes des Cyprinoïdes, reculées absolument à la porte de l'estomac, lesquelles forment un véritable appareil de mouture chez la Carpe, et des crocs pour le rapt et la rétention de la victime chez les autres. Dans !a plupart des pois- sons cartilagineux, les dents cou- vrent les mâchoires cartilagineu- ses en entier ou à demi, elles sont par rangs, et un rang pos- térieur vient toujours se mettre en place, à mesure que celui de devant se trouve usé. Il faut bien le dire, les dents des poissons varient plus comme forme et connne situa- tion, que celles de toutes les autres classes d'animaux. Elles sont prismatiques chez quelques Silures; chez les Squales, elles sont en forme de lancette à bords coupants, unis ou en scie, quel- ques-unes ont des lobes décou- pés en fleurs de lys. Chez d'au- tres, les dents sont en crochets aigus, recourbées en arrière et sur plusieurs rangs. La forme de dents la plus commune chez les poissons os- seux, est celle d'un cône allongé; quelquefois ce cône devient aciculuùe, tant il est fin ; un peu plus gros, on nomme la dent subulée. Lorsque les dents sont fines comme des cheveux, min- ces et serrées les unes contre les autres, on les appelle dents en velours ou en duvet {fig. 232); plus longues et encore douces, dents ciliées ; plus longues et plus roides, séliformes ou en bî'osse. Dès qu'elles arrivent à être plus dures et un peu courbées, elles deviennent des detits en carde (fig. 2.33), et quand elles sont encore plus grosses, on les nomme dmts en râpe ou railuliformes. DENTS EN CARDE. — (Voy. Dents.) DENTS EN VELOIJRS. — (Voy. Df.nts ] DENTS PHARYKGIENNES. — S'il est une curieuse organisation, sous le rapport des dents, c'est bien celle des Cyprins pour l'eau douce, Fig. 231. — Demi-mâchoires infi-iieure et Fi(j. 232. — Mâchoires supé- supérieure droites du Pagne vulgaire (Pa- rieure et infrieure de la Per- gnus vulyaris, Vol.) montrant des molai- che commune, garnies de ran- res et des dents en cône allongé. Vue en gées de dents en velours, dedans. Fig. 233. — Demi-mâchoire inférieure droite duSargue (G/ose/ie), comprenant des dents en carde, des incisives et des molaires. DENTS. 237 des labres et des Pleuronectes, pour l'eau salée. Dépourvus de dents aux mâchoires, les Cyprins portent, à l'entrée du pharynx, — ou conduit qui dirige les aliments dans l'estomac, — un appareil de;itaire tout particulier. Composé de deux séries de dents pointues adhérentes aux os pharyngiens inférieurs, cet appa- reil entoure le conduit comme un demi-collier dont les dents engrènent les unes dans les autres et augmentent leur action par opposition à des plaques de substance dentaire ou d'émail très-dur Fig. 234. — Ujiits pharyn- Fig. 235. — Dents pharyii- Fig. 236.— Dents phai-\n- Fig. 237. — Dents pharyn- giennes de la Carpe. Vues giennes de la Carpe. Vu 'S 'giennes de la Tanche. giennes de la Tanche, eu dessous. (Ruminant.) en dessus. (Molaires ru- (Molaire.i.) Molaires simpl.'s. (Vues minantes ) de côté.) enchcàssées en haut du gosier, dans une dilatation de l'os basilaire, Quadrangulaire chez la Carpe, cet os, cette dent supérieure, s'appelle vulgairement pierre de Carpe. L'inspection des dents pharyngiennes de nos Cyprins, démontre clairement que ces animaux ne sont ni phytophages, ni granivores comme on l'a prétendu. Exceptons-en, tout d'abord, les Carpes {fiy. 23i et 235) et les Tanches {fig. 23(i et 237) sur l'organisatien desquelles nous allons revenir tout Fig. 238. — Denis pharyngiennes de la Brème commune. (Vues en dessus.) -^^^ Fig. 239. — Deuts pharyngiennes de la Brème commune. (Vues par derrière.) Fig. 240. — Dents pharyngiennes de la Brème - rosse. Côtés inférieur et supérieur. Fig. 241. — Dents pharyngiennes du Chevesne coramim. (Vues en dessus.) Fig. 242 — Dents pha- ryngiennes du Che- vesne commun. (Vues en dessous.) à l'heure. Les dents pharyngiennes des Brèmes {fiij. 238,239, 1W), Chevesnes [fig. 241 et 242), Gardons {fig. 243, 244, 245), Chondrostomes(/?y. 246 et 247), Ablettes, etc., sont incapables de broyer une graine. Leur forme profondément digitée, le contournement de leurs pointes, renchevêtrement Fig. 243. — Dents pharyngiennes du Rotengle ou Gardou rouge. Côtés inférieur et supérieur. Fî^. 244. — Dents pha- ryngiennes du Gar- dou pâle [Leuciscus pa//e«s.)Vuesendes- Fig. 21o. — Dentspha- Ft.(/. 246.— Dents pha- FîV/. 2i7.— Dents pha ryngicunes du Gar- ryngiennes du Chon- ryngiennes du Chon don pâle ( Leucis- cus palhns. )\\ies en dessous. drostome de Drcme. (Vues en dessus.) drostome de Drènie. (Vues en dessous.) de chaque digitation au milieu de deux autres, tout indique un appareil propre à déchirer et non une meule à broyer. Quelle doit donc être la nourriture des Cyprins? Nous la connaissons, et la nature elle-même 238 DENTS. nous la révélerait en nous montrant les appareils qui doivent la fractionner. Les dents pharyngiennes, ainsi faites {fi(j. 240), doivent découper des insectes et des vers, briser, hacher les téguments ré- sistants et cornés des premiers, lacérer la chair filante des seconds. Au besoin, ces herses entremêlées peuvent hacher un petit poisson au passage, écraser un œuf, mais nous les croyons absolument incapables de broyer un grain de blé ou d'avoine. Aussi, pour faire avaler ces graines au Gardon, — le Cyprin muni des plus fortes dents pha- ryngiennes, solides, énormes, dentelées en arrière, toute proportion gardée avec le corps de l'indi- vidu, deux fois plus grosses que celles du Chevesne, quatre fois plus que celles delà Brème, — pour les lui faire avaler, disais-je, tous les pécheurs à la ligne savent qu'il faut les faire bouillir longtemps ou les laisser macérer dans l'eau jusqu'à ce que la pulpe, crevant l'enveloppe, devienne une pâte tendre et malléable. Nous avons dit plus haut qu'il convient de mettre à part les Carpes et les Tanches {fig, 234 à 237) : en effet, les dents pharyngiennes de ces Cyprins indiquent un mode d'alimentation tout différent des autres. Fortes, trapues, bien émaillées, tronquées obliquement en meules, ces deiits rappellent plutôt les molaires du ruminant que les laniaircs des carnassiers. Je ne serais point étonné que leur action oblique, leur frottement successif sur l'enclume du palais dont nous avons dit un mot, permit à l'animal de broyer des tiges et des graines. Quoi qu'il en soit, l'organe en lui-même est tellement fort {fig.lZh) que, si la Carpe mange des végé- taux, ce peuvent être non-seulement les sommités tendres et vertes des jeunes pousses du printemps, les bourgeons gonflés de sucs des premières pousses, mais les tiges peu ou point décomposées que, toute l'année, le lit de ces eaux peut lui fournir en abondance. Cependant, pasplus quele Gardon après le blé la Carpe, à bouche plus grande, ne se jette sur les fèves dures qu'on lui offre. Elle les aime beaucoup, mais elle attendra que l'eau les ait assez amollies pour qu'elles puissent passer l'isthme de ses pharyngiens et recevoir la mouture grossière qui permettra à l'action digestive de l'estomac de s'exécuter. Il est certain, cependant, que l'appareil masticatoire pharyngien a, chez ce poisson, une puissance énorme. La Carpe attend malgré ceîa; mais il me semble hors de doute, qu'elle broie- rait immédiatement les graines farineuses même dures qu'elle rencontre, — disons même qu'elle recherche, — si elle le voulait. lly a mieux encore à observer en cette curieuse matière : c'est que, plus l'animal est insecti- vore c'est-à-dire poisson de surface, plus ses dents pharyngiennes s'affilent et deviennent grêles et enchevêtrées en un ou deux rangs inégaux. Du Gardon, le moins insectivore des Cyprins, jusqu'à l'Ablette qui passe sa vie à poursuivre les bestioles ailées, en passant par le Rotengle, le Chevesne, la Vandoise et le Chondrostome, nous voyons cette remarque se vérifier. Et de môme, à mesure que du Gardon, der- nier insectivore, nous remontons vers la mère Carpe, nous constatons l'épais- Fig. 248. — Dents gissement des laniaires en molaires ruminantes. La Brème seule (fig. 238 et 239) fait hiatus : avec ses dents pharyngiennes menues et grêles, on la croirait in- sectivore au plus haut degré, tandis qu'elle fréquente peu la surface. Cepen- dant la nature n'a rien fait d'inutile. Cet organisme n'a point été créé en vain. La Drême, rôdant entre deux eaux, a sa raison d'être, sou rôle à jouer dans le grand équilibre des eaux. N'est-elle pas peut-être le pourchasseur des in- sectes aquatiques? N'est-ce point autour des herbes, où elle rôde avec persévérance toute la jour- née, qu'elle trouve sa nourriture? Son grand amour pour le Po?-/e/a!',r (larve de la P/injgane), ne nous donne-t-il pas la clef du mystère, en nous révélant un insecti- vore des êtres de l'eau, tandis que l'Ablette, le Chevesne et le Dard vivent des insectes de l'air? Il doit y avoir quelque chose comme cela ! Les dents pharyn- giennes commandent. Que nos lecteurs n'aillent point prendre la question de l'ali- mentation normale au pied de la lettre et comme un fait exclusif. Fig. 249. — Ueiits pahryngieiincs Non. Les poissons ramassent ce qu'ils trouvent et leur appétit pré- inférieures «le la Vieille rouge sente une grande élasticité. Malgré cela, leur mode de natation, (Labrus olinventris) Les deux leur lieu d'habitat Ordinaire, les mettent incontestablement à même mâchoires sont soudées en une , . ,.,.,.., , , . , « seule. de rencontrer une nourriture difierente les uns des autres, et c est en cela qu'ils obéissent à leur nature et remplissent les conditions de leur organisme. Le Chevesne qui rôde à la surface, qui y gobe les hannetons étourdis, les saute- relles à bout de forces, les grillons épuisés, ou les papillons défaillants, ne trouve évidemment pas la même provende que la Brème paisible qui, réunie au troupeau discipliné de ses compagnes, tourne pharyngiennes supé- rieures de la Vieille rouge (Lnbrus athi- ventrù). Les deux mâ- choires, triangulaires, ne sont pas soudées. DEVRILLER, 2ay Fig. 2o0. — Dents pharyniaennes inférieures de la Plie [Pieu- ronéotes platessa) . Les deux mâ- choires trianeulaires sont soudées. et retourne, à mi-hauteur, autour d'un fort de roseaux, semblable à un factionnaire arpentant bi circonférence de sa guérite. Ce n'est pas dans ce milieu qu'elle liappera les hannetons et le reste. Maître Goulu qui habite au-dessus, ne les laisse pas descendre jusqu'à elle. Il faut donc qu'elle se nourrisse où elle demeure, et qu'elle y trouve les larves et les in- sectes aquatiques en abondance. Son appareil pharyngien lui en fait une loi. Les dents pharyngiennes des Labres Ifig. 248 et 249) n'avaient plus le même objet que celles des Cyprins ; aussi leur forme est-elle dilférente. Les Labres ont les mâchoires garnies de dents nombreu- ses, pointues et bien préhensile'? ; qne leur fallait-il? Des molaires pour broyer les aliments et les rendre plus facilement assimilables, plus rapidement perméables aux sucs gastriques. La nature a donc muni les os pharyngiens de ces poissons de dents rondes sortant verticalement en quinconce de la face de l'os. A mesure que les an- térieures s'usent à broyer les coquillages et les crustacés, elles sont remplacées par de nouvelles qui sortent en arrière. Ils ont 3 dents, une en bas, en béquille (fig. 249), et deux en haut, en plaques triangulaires {fig. 248). 11 en est de même de celles des P/euronectes platessiens [fig. 250,251); ceux-ci ont les mâchoires munies de dents tranchantes, bien saillantes, par conséquent préhensiles: quelles devaient donc être les pharyngiennes? Molaires, pour broyer la tête des mollusques ou crustacés saisis sur les fonds où habitent les Plies, (-'est ce que la nature n'a pas manqué de faire. Les os pharyngiens des Plies sont garnis de molaires. Us en présentent, non-seulement en bas (fig. 2,50), mais en haut (fig. 25)), deux mâchoires à chaque endroit, quatre en tout. Chaque appareil d'en haut est fourni de quatre rangées de dents obliques (fig. 251), 5 à 8 à chaque rang. Ces dents sont en pavés carrés, à centre un peu dé- primé en cupule irrégulière, transparentes comme des perles et semblent vitrifiées en émail pur. Les mâchoires inférieures pharyngiennes, elles (fig. 250), présentent chez ces poissons chacune un triangle très-ouvert dans son angle interne, tout bordé de dents semblables à celles du haut, le centre du triangle demeurant vide. Il y a de chaque côté 18 dents, dont les 4 intérieures, formant un coté du trian- gle, sont plus grosses et comme à tranchants émoussés. DENTILLAC et DENTILLADE. — Nom du Denté dans Denté.) DENTON, — Appellation languedocienne du Denté. (Voy. ce mot.) DÉVRILLER LA SOIE D'UNE LIGNE. — Que la ligne dont on veut se servir soit en soie ou en lin, il est toujours nécessaire de la dévriller ; si l'on s'en sert au naturel, cette opération est indispensable ; si l'on doit les huiler, elle est encore utile. Pour dcvriller une ligne, il faut la mettre dans l'eau et la faire glisser forte- ment et à plusieurs reprises entre les doigts mouillés. En suivant ainsi la corde d'un bout à l'autre, on la voit tourner sur elle-même ; tant qu'elle obéit, il faut la tremper dans l'eau et la repasser dans les mains. Quand elle ne tourne plus, elle ne se vrille plus, elle est détordue infailliblement, et lorsqu'elle sera sèche, on verra que les torons des brins composants sont beaucoup plus écartés. L'hélice formée par les brins aura son pas beaucoup plus allongé. On fera un nœud ou une ligature à chaque extrémité, et la ligne sera prête pour l'usage. Ce traitement doit être étendu h. toutes les lignes, quelles qu'elles soient, de fond, de jeux, de cannes, pourvu qu'elles séjournent dans l'eau. Le commerce fait des cordes non tordues, soi-disant pour la pêche et pour éviter le soin du dévril- lement ; mais ces cordes ont toujours à subir l'effet de retrait de l'eau sur les fibres du lin ou du chanvre qui les compose, elles se vrillent encore : si on les Fig. 251. — Dents pharyngiennes supé- rieures de la Plie (Pleuronecles pla- tessa). L'ne des mâ- choires supérieures : elles ne sont pas soudées. e Midi. (Voyez 240 DIGESTION. dôvrille, elles ne restent plus assez tordues quand elles sont sèches et perdent ainsi une partie de leur force. Il vaut beaucoup mieux se servir de cordonnet ou de fil de fouet bien retors et le dévriller à l'eau avec soin; on le retrouve, après cela, dans d'excellentes condi- tions de force et de torsion. DIABLE. — On donne souvent ce nom au petit instrument décrit au mot Tue- Diable et qui sert à prendre les Truites, les Saumons et même les Chevesnes et les Perches dans les grands bouillons d'eau des cascades et des moulins. DIABLE DE MER. (Voy. Bois DE Roc.) — Nom de la Baudroie sur quelques côtes, et aussi de la petite Scorpène. (Voy. ce mot.) DIANA. — (Voy. ASTKODESMt:.) DIDAUX. — Synonyme de Guideau à hauts étaliers. (Voy. Guiueaij.) DIGESTION. — Le régime des poissons est généralement Carnivore ; leur proie consiste en (les individus de leur classe, insectes, reptiles, œufs et frai; quelques-uns recherchent les résidus animaux. Les espèces phytophages sont celles dont la houche est quelquefois dépourvue de dents extérieures, ou n'en a que d'une forme toute particulière. La digestion s'opère comme chez la plupart des mammifères, dans un estomac unique; ce- pendant il n'y a pas de glandes salivaires. Deux orifices donnent passage, l'un aux excréments, l'autre aux organes reproducteurs et à la sécrétion uriiiaire, dont l'appareil est pourvu d'une vessie X (fig. 252). Ainsi donc la proie engloutie et retenue par les laniaires franchit le gosier extensible, souvent lui-même armé de petites dents crochues D et se trouve introduite dans le canal intestinal qui com- mence là pour finir à l'anus. Ce canal s'élargit et reçoit le nom (ïestomac. Ce viscère est placé dans le sens de l'axe du poisson, et est variable en grandeur, en épaisseur, en nombre de plis, souvent même divisé en deux parties par un étranglement assez marqué. Chez quelques poissons même l'eslomac est musculeux, mais chez la plupart il est simplement membraneux. Entre l'estomac et l'intestin proprement dit, on trouve, chezla plupart des poissons, des appendices Fig. 2o-2. — Coupe, en long, d'une carpe commune. — D, dents ptiaryngiennes. — I, intestin ^'lèle. — C, foie. — C, gros intestin. — F, ?', reins. — X, vessie urinaire. ou tuyaux membraneux, cylindriques, creux, ouverts seulement sur le canal intestinal, et rappelant les cœcumdes mammifères. On compte de 1 à 100 de ces appendices suivant les espèces. L'intestin proprement dit I, I', C prend alors diverses formes; tantôtil s'étend en ligne droite jusqu'à l'anus, surtout dans les poissons à corps très-allongé, tantôt il revient vers l'estomac et se replie vers l'anus, c'est le plus grand nombre : tantôt enfin, il fait plusieurs circonvolutions, et, déployé, est plus loHg que le corps entier de l'animal. La digestion s'exécute chez les poissons sans production de chaleur. Il faut donc à ces animaux une DIMENSIONS LÉGALES. 241 Fig. 253. — Disposi- tion des organes internes d'un Squale mâle (Poissons car- tilagineux). aljotidaiice très-grande d'un suc digestif en même temps puissant; aussi possèdent-ils une rate di' couleur foncée, triangulaire ou allongée, une poclie de fiel très-grande, et un foie c Irès-volumineux aussi long que l'abdomen et divisé en deux ou trois lobes. Plus le tube intestinal est court, plus les sucs digestifs doivent présenter de puissance ; d'autant encore, que beaucoup de poissons dépourvus de dents, avalent leur proie entière sans la déchirer, ni la concasser. Nombre de poissons de proie, comme le Brochet, ont, de plus, la faculté de rejeter facilement par la gueule les parties non digérées des animaux en- gloutis. Le suc nourricier, le chyle, est absorbé au travers des pores dont sont cri- blées les membranes de l'intestin. Ces vaisseaux lymphatiques sont répandus dans tout le corps de l'animal et reliés par des glandes oi'i les liquides s'élabo- rent. Tous ces phénomènes sont semblables à ceux qui s'accomplissent dans les autres animaux vertébrés à sang rouge d'un ordre plus élevé. Nous avons représenté ici {fig. 253) l'anatomie d'un Squale mâle dont la cavité abdominale est ouverte de manière à laisser voir les divers organes ser- vant à la digestion, à la respiration et à la circulation du sang. a, cœur; — 6, l'un des lobes du foie; celui de l'autre côté a été enlevé pour ne pascompliquerla figure; — c, œsophage; —c?, portion supérieurede l'es- tomac ; — e, portion pylorique de l'estomac ; — /, dilatation entre l'estomac et le duodénum; — g, duodénum et pancréas; — li, intestin à valvules; — i, ap- pendice creux de l'intestin; — k, rate, remarquable par sa dimension, de même que le foie h ; i, cloaque; — q, rein; — r, fentes conduisant dans la cavité abdominale, DIGON OU ANGON. — Petit instrument de fer servant dans la pêche à pied. (Yoy. Pied.) DIGUYEAUX. — Grands filets en forme de manche que l'on établit entre les arches des ponts, et qui sont terminés par ime nasse oii se rend le poisson. DIMANCHE (PÊCHE Du). — L'ordonnance du 13 septembre 1830 confiait aux préfets (art. o), dans chaque département, le soin de déterminer, — sur l'avis du con- seil général et après avoir consulté les agents forestiers en ce temps-là chargés de la police de la pêche et des eaux ; maintenant c'est aux ponts et chaussées qu'im- combe cette tâche — de déterminer, dis-je, les temps, saisons et heures pendant lesquels la pèche pouvait être interdite dans les rivières et les cours d'eau. Il est résulté de cette disposition que chaque département a cru pouvoir se faire une loi spéciale, et que, de ce concert de dispositions contradictoires, absurdes, est née une indécision que la nouvelle loi s'efforce de faire cesser. (Voy. Législation.) Dans certains départements, par exemple, plus rigides, plus austères ou plus puritains que d'autres, la pêche était interdite le Dimanche ; quoique cette dispo- sition ne fût qu'une réminiscence de la célèbre ordonnance de 1669, elle n'en était pas moins une entrave et un anachronisme analogue à celui dont nos voisins les Anglais se plaisent à émailler leur vie. Pour ceux — et ils sont nombreux — qui font de la pêche et de la chasse une récréation hygiénique et non un métier, pau- vres gens de labeur intellectuel qui souvent n'ont que ce jour de répit et de liberté, créer une semblable tyrannie, c'est se rendre coupable gratuitement d'inhumanité. Espérons que les nouveaux règlements, encours d'exécution el complétant le texte et les dispositions de la loi du 31 mai 186o, ne retomberont pas dans une régle- mentation — aussi fantaisiste el aussi arbitraire — de la liberté naturelle, et la plus innocente. DIMENSIONS LÉGALES DES POISSONS PRIS A LA PÈCHE. — Kau douce- — (Art. 26 de la loi de 1820.) Des ordonnances royales détermineront : 1° Les temps, saisons et hetires pendant lesquels la pèche sera interdite dans les rivières et cours d'eau quelconques; 16 242 DIMENSIONS LÉGALES. 2° Les procédés et modes de pêche qui, étant de nature à nuire au repeuple- ment des rivières, devront être prohibés ; 3° Les filets, engins et instruments de pêche qui seront défendus comme étant aussi de nature à nuire au repeuplement des rivières ; 4° Les dimensions de ceux dont l'usage sera permis dans les divers départe- ments pour la pêche des différentes espèces de poissons; 5° Les dimensions au-dessous des(]uelles les poissons de certaines espèces qui seront désignées, ne pourront être péchés et devront être rejetés en rivière ; 6° Les espèces de poisson avec lesquels il sera défendu d'appâter les hame- çons, nasses, filets ou autres engins. Par suite, donc, de cette délégation, les règlements départementaux ont statué sur les prescriptions des paragraphes 3 et 6 ci-dessus. Ils ont décidé que, ne pou- vant servir à appâter les hameçons, nasses, filets et autres engins, devront être rejetés en rivière, les poissons au-dessous des dimensions suivantes : Truites Ombres Lamprillons. Barbeaux ^ ayant moins de C», 162. Brème. . . ) i Carpe. . .. Brochets / ^Longueur mesurée entre l'œil et la naissance delà Chevesnes! '.'.'.. ^ ( nageoire caudale. Tanches 1 PcrcliGS f / ^ , > avant moins de On\l35. / Gardons laissés en dehors, et pouvant servir en tout temps et de toute grandeur. Lottes Vandoises .. Anguilles I ayant moins de 0"\027 de tour au milieu du corps. Goujons j Ablettes .... Vairons Ëpinoches ' Le pêcheur à la ligne fera donc bien de ne pas garder dans son panier des poissons au-dessous des dimensions légales, car si le garde-pêche réclame l'ouverture du panier ou du filet — démarche à laquelle l'art. 32 de la loi sur la pêche ne per- met pas de se soustraire, — il pourra verbaliser en présence de deux ou trois petits poissons qui ne valent pas la peine que le pêcheur se mette dans cet embarras. Cette restriction n'a lieu que pour les cours d'eau soumis au régime des eaux et forêts, car dans les petites rivières où les rives appartiennent aux propriétaires, le pêcheur peut faire ce qu'il veut sans jamais craindre les visites désagréables des agents de l'autorité, venant en trouble-fête briser sa contemplation de la nature et détruire ses doux rêves de réussite et de capture merveilleuse. Quanta moi, la vue — même à 1 kilomètre — d'unképy vert et jaune m'empêche de jouir de toutes mes facultés et rend les plus attrayantes occupations un ennui réel, car cette épée de Damoclès suspendue à chaque instant sur votre panier, suffit et au delà à vous dégoûter de jamais aller chercher noise aux poissons, trop heureux en vérité d'être si vaillamment el, souvent, si intelligemment déicndns. Eau de mer {Pèche côtibre). — (Art. H. Décret du 10 mai 1862.) Il est défendu de pêcher, de faire pêcher, de saler, d'acheter, de vendre, de transporter et d'em- ployer à un usage quelconque : 1° Les poissons qui ne sont pas encore parvenus à la longueur de 0'",10, DOBULE. 243 mesurée de l'œil à la naissance de la queue, à moins qu'ils ne soient réputés pois- sons de passage ou qu'ils n'appartiennent à une espère qui, à l'âge adulte, reste au-dessous de celte dimension ; 2° Les Homards et les Langoustes au-dessous de 0"",20, de l'œil h la naissance de la queue. Il n'est pas sans intérêt de retourner un peu en arrière et de mettre sous les yeux du lecleiu' les dispositions réglementaires qui ont précédé, sur ce sujet, la loi actuelle. Le décret du 4 juillet 1853 divisait les poissons de la manière suivante, dans les quatre premiers arrondissements maritimes. Poissons ronds. Colin Alose Feinte Saumon Esturgeon Morue Har Mulet Lieu Dorade Merlan. Grondin Rouget .. Maquereau Truite saumonée. Vive Vieille Brème Gades '\ Éperlans O'^X' Om,lC 0«',12 0m,09 Poissons plats. 0",'?(l on»,!!) Poissons longs. Anguilles . Congres | O",?: Lingues ) Homards. . . Crustacés \ Langoustes. Clievrettes. 0»,20 0"',30 0",lo Dans le o*" (Toulon), le décret du 19 novembre 1859, défend seulement la prise des poissons qui ne sont pas encore parvenus à la longueur de O^jlS Anguilles O'",2o Murènes . . . Congres . . . Homards. . . Langoustes . Chevrettes 0°',03 DISCOBOLES. — 3™e Famille de Malacoptérygiens subrachiens. 3^ ordre des poissons os- seux. File n'olïre aucun intérêt. Comprend 3 genres : 1° Porte-écuelle. — 2° Cycloptère. — Z° Èchmeh. DOBULA CYPRINUS.— (Voy. Able dobule.) DOBULE (Cyprinus dobula, Lin.). — Malacopt. abd. Cyprin. Syn. ; Schott fisck, Strasbourg.— Dôie/ hilseling, allem.— Herling, Danem. — Golow/, Goloicen, russ. — Barlas, Tart. D'après les recherches de Blanchard, dans ses Poissons des eaux douces de lu France, le Dobule n'existerait pas, car il n'en parle nulle part. En un seul endroit, il cite en note le Squalius Dobula de Heckel et Kner comme synonyme du Chevesne commun. Ce silence ne nous semble pas suffisant pour effacer cette espèce à laquelle Cuvier, Valenciennes et les naturalistes que nous venons de nommer, avaient reconnu une certaine certitude, puisqu'ils en ont consacré le nom typique Dobula à un Squalnif. La comparaison de nombreux échantillons des différents points de la France nous a forcé de constater que les caractères appliqués au Cyprinus jesses, au Cyprinus Dobula, et même au Cyprinus iilusse rapportent en partie au poisson que nous nommons Chevesne, mais non tout à fait. Ciiaque naturaliste diffère. Est-ce une question d'âge du poisson qui a fait varier ainsi les ap- 244 DONZELLE. préciatioiis ? Est-ce une question de saison, de lieu, d'eau ?... Ce point est bien difficile à élu- cider. D'autant que, sans vouloir donner aux caractères tirés des dents pharyngiennes plus de valeur qu'ils n'en ont, la constatation de ces organes manque souvent chez les anciens classificateurs. Enfin, chez les Chevesnes, ces organes sont moins tranchés des genres difl'érents qu'il ne serait désirable. Toutes ces considérations nous engagent à laisser subsister l'espèce Dobule jusqu'à nouvel ordre. Chez celle-ci, comme chez le C. Jesse, les dents pharyngiennes sont sur deux rangs ; mais chez le Jesse il y en a 4 qui forment le rang externe ou inférieur et 3 en dessus, tandis que chez le Dobule, il y en a 5 en dessous et i en dessus. Celles du Jesse ont la pointe crochue, celles du Dobule sont coniques et courbées : quelle difi'érence y a-t-il? D'après Cuvier et Valenciennes, — qui se sont, bien avant nous, eiïorcés de débrouiller cette synonymie, laquelle tend derechef à se compliquer, — le Dobule aurait les mêmes rayons aux na- geoires que le Jesse ; mais 1 1 au lieu de H, c'est-à-dire 3 de moins, à l'anole. Dos verdâtre et côtés gris argenté; ventre blanc d'argent, ligne latérale formée de 45 points jaunes. Écailles de grandeur ordinaire, bordées de points noirs, ou d'une ligne verdâtre, formant comme des mailles en échiquier. Pendant lajeunesse toutes les nageoires sont blanches; ensuite les pectorales jaunes ontde 15-IG rayons, la dorsale verdâtre 10, l'anale 11, les ventrales rouges 9, la caudale bleuâtre 22 rayons i|uelquefois noirâtres. Deux sinuosités au canal intestinal, 40 vertèbres à la colonne vertébrale. 15 côtes de chaque côté. Cuvier dit 18. Poids de 1 à 2 kilogrammes; habite les eaux vives et claires qu'il recherche et les fonds de marne ou de sable. Passe souvent l'hiver au fond des grands lacs, et remonte au printemps les ri- vières (voy. Temps de frai), mais craint la grande chaleur, et perd la vie presque aussitôt qu'on le sort de l'eau. Chair saine mais remplie d'arêtes. L'Able dobule, surtout dans sa jeunesse, ressemble à la Vandoise à s'y méprendre, seulement sa ligne latérale est plus droite que celle de la Vandoise. La Vandoise a les pectorales pointues, le Dobule rondes : l'appendice pointu de l'angle supé- rieur de la dorsale est plus long et plus saillant sur la Vandoise que chez le Dobule. Nous laissons de côté la couleur générale plus sombre des Dobules, parce que ce caractère, pendant lajeunesse et au milieu des eaux de provenances diverses, est fort inconstant. Un bon caractère général est que les nageoires du Dobule sont rougeûtres, jaunes ou bleuâtre^, suivant la place, tandis que toutes celles de la Vandoise sont grises. DOBULE. — Le Dobule présente de grandes analogies de forme et de struc- ture avec le Chevesne, s'il ne t'est pas lui-môme. Aussi vorace que lui, la gueule moins grande, il se tient de préférence dans les grands fonds d'eau et habite moins la surface. Tous les modes de pêche employés pour prendre de fond, et entre deux eaux, le Chevesne et le Gardon, lui sont applicables. On le trouve plutôt dans les rivières du nord de la France, et, sans en faire une pêche spéciale, on le prend avec les autres Cyprins. Sa taille analogue à celle du Gardon permet d'employer les mêmes engins que pour celui-ci, engins moins solides et moins massifs que ceux que nécessitent la taille et les efforts des gros Chevesnes. DOIGT (Pèche au). — Manière de pêcher en mer ou en rivière quand on tient la ligne à la main, directement, sans canne. DONZELLE BLACODES (Ophidium blacodes,Schneid.). — Malacopt. Apodes. Ce poisson rose, tacheté de brun, est plus grand que VdDonzelle commune et, comme elle, est propre à la Méditerranée. DONZELLE BRUNE ^Ophidium Vasalli, Riss.). — Malacopt. Apodes, ophidés. Cette Donzelle se distingue de la D. commune parce que ses 4 barbillons sont égaux, et ses na- geoires sans aucune ligne plus foncée. Elle se prend aussi dans la Méditerranée. DONZELLE COMMUNE (Ophidium barbatum, Dloch). - Malacopt. Apodes. Long, max. = 0ni,30. Syn. : Bearded o^liidium, angl. Ce petit poisson très-curieux [fig . 254] est, conmie les deux autres espèces ci-dessus, propre à la DORÉE. 245 Méditerranée. Par sa forme il rappelle l'Anguille, car la nageoire dorsale et l'anale se joignent h la caudale pour terminer le corps en pointe : cependant le corps est plat, les écailles sont irrégnlière- ment semées dans la peau et la fente des ouies est largement ouverte comme colle des poissons ordinaires, ce qui les sépare nettement des Anguilles. Les Donzclles portent, sous la gorge, deux paires de barbillons à la pointe de l'hyoïde. Dans l'es- T2w,:Mm'i»m'//''{(' '/^'^^S;^-: Fig. -l'.'A. — liniizi^lli' [Opliidiuin barhatnm, Bloch .) pèce qui nous occupe, cen\ de devant sont couleur de chair et plus courts que ceux de derrière. La dorsale et l'anale sontlisérées de noir. Le corps est argenté couleur chair, paraissant comme marbré ou tacheté. DORADE [Genre]^ (Chrysophrys, Cuv.). — Acantopt. Sparoïd. (Voy. Daurades.) DORADE DE LA CHINE. — Nom donné en quelques endroits au Cijprin doré de la Chine. (Voy. ce mot.) DORÉE (Zeus faber, Lin.). — Acanthopt. Scomber. Long. max. = 0'",50. Syn. : Gallo, espag. —Piolrowin, polon. —Goldspiegel fisch, ail. —John Dory, angl. — Couret, bret. — Sampietro, ital. Ces poissons ont la dorsale échancrée dont les épines sont accompagnées de longs lambeaux de la membrane etd'une série d'épines fourchues le long des bases de la dorsale et de l'anale. On en trouve dans l'Océan une espèce (Zeus faber, Un.), jaunâtre avec une tache ronde et noire sur le fianc, que l'on connaît sous les noms de Dore'e et de poisson de Saint-Pierre ; c'est un très-beau poisson. La Méditerranée on possède une seconde espèce distinguée par une forte épine fourchue à l'é- paule (Z. pungio, Val.) Si l'on examine ce poisson dans une position verticale, on voit que la forme de son corps se rap- proche d'un ovale appoint! par les deux extrémités de son plus grand diamètre. La queue semble comme un panache détaché du corps. Celui de la Dorée est couvert d'écaillés très-petites enfoncées sous la peau. Le dos est brun tirant un peu sur le rouge, la couleur devient plus claire sur les flancs et sous le ventre. Au sortir de l'eau, toutes ces couleurs ont un reflet bronzé doré, parsemé de taches blanches semées çà et là, au milieu desquelles on remarque la tache noire caractéristique qui occupe le flanc au-dessus des pectorales. La bouche et la tête sont grandes, les deux mâchoires fortement protractiles et les dents en velours. La forme des nageoires de ce poisson est toute particulière : la première dorsale de 9 rayons est courte, haute, et porte en arrière de chaque épine un long filament qui semble le prolongement de la membrane qui les unit. La 2* dorsale, séparée de la première par une forte échancrure, a 22 rayons flexibles. Les nageoires pectorales sont petites et droites et ne régnent pas plus loin que la tache latérale. Elles ont 1-3 rayons. Les ventrales de 9 rayons sont grandes et en avant des pec- torales. L'anale de 5 épines est armée de 21 rayons flexibles qui rejoignent la caudale : celle-ci est arrondie et porte 13 rayons; la queue est étroite. La ligne latérale est arquée au-dessus de la tache latérale. Une rangée d'éeailles pointues suit tout le contour du corps au bas des nageoires dorsales et anales et ventrales ainsi que la tète qui est épineuse. La vessie natatoire est large, ovale et simple; 7 rayons branchiostéges. 246 DORSALE. DORÉE. — Les Arabes racontent, à l'occasion de la Dorée, qu'elle était au nombre des poissons que prit saint Pierre ; mais qu'ayant poussé un cri plaintif en sortant du fdet, Pierre, touché de compassion, la prit entre les opercules et la nageoire dorsale et la remit à la mer en lui disant : « Va rejoindre ta famille. ) Ils croient que la trace de ses doigts est restée sur le poisson. D'ailleurs ils ignorent qu'il n'y a pas de Dorée dans la mer Tibériade. Les Dorées se nourrissent du frai des autres poissons, de mollusques et de crevettes. Elles suivent les bancs de sardines, sont communes à la fm de l'hiver et deviennent de plus en plus rares, sans disparaître tout à fait. C'est un poisson (jui se tient volontiers dans la haute mer. La forme de la Dorée ne lui permet pas une très-grande rapidité de mouve- ments, elle semble souvent plutôt flotter que nager, emportée par le courant. (Juand elle est prise, on voit, tandis qu'elle meurt, les couleurs de son corps changer par une suite de variations remarquables. La chair de ce poisson est très-bonne, se lève par écailles, et a très-bon goût. Elle devient meilleure quand on la fait dégorger dans l'eau douce, et ressemble tout à fait à celle du Turbot, surtout de janvier à mars compris. En sortant de l'eau, la Dorée fait entendre une sorte de grognement analogue à celui du Grondin (Trigle). Ce poisson fait sa proie de sardines, du frai des poissons et des Cutles communs qu'il parvient à saisir. On le pèche en haute mer comme le Merlan avec les cordes dormantes et flottantes ; on amorce avec des appâts vivants : les jeunes Pagels que l'on accroche par le dos et dont on coupe la dorsale piquante, sont l'appât qu'elle préfère et auquel elle mord à coup sûr. La Dorée est très-commune dans la baie de Douarncnez, surtout quand il y a des Sprats. C'est d'ailleurs un poisson de haute mer qui ne vit point en troupe et marche seul. Sa natation n'est, avons-nous dit, ni rapide, ni de longue durée : il se laisse plutôt emporter et bercer par les vagues qu'il ne marche lui-même. La con- formation de son corps et l'emplacement de ses yeux sont tels, d'ailleurs, qu'il est obligé de se tourner un peu sur le côté pour voir au-dessus de lui. Ce poisson fré- quente toutes les côtes de France, tant dans l'Océan que dans la Méditerranée. DORETTE. — Synonyme de Dorade. (Voy. ce mot.) DORMILLE {Genrc\. —(Voy. Loche, genre.) DORSALE (Nageoire). — Toujours impaire et placée dans l'axe du corps, qu'elle soit simple, douille ou triple, la dorsale est la voile et eu uiéme temps le balancier du poisson. Directement op- posée comme action et comme position à l'anale, elle en contre-balance ou en augmente l'effet. Elle est quelquefois un auxiliaire de la caudale, et possède comme l'anale la propriété d'être repliée et déployée en tout ou en partie au gré de l'animal. C'est la première dont l'animal malade renonce à se servir; la caudale est la dernière. Placé dans un courant, elle sert au poisson à contre-balancer l'effet de l'anale et à présenter un plan incliné sur lequel l'eau glisse en fournissant un effort qui tend à faire remonter le courant et •lui détruit par là l'effet de l'eau sur les autres nageoires, le maintient en place sans effort et sans mouvement, attendant que la proie lui vienne charriée par le courant. C'est un gouvernail supé- rieur et un organe de propulsion. Les Cyprins dorés présentent une particularilé très-rare parmi les poissons, et d'autant plus extraordinaire que les individus qui sont absolument privés de nageoire dorsale ne semblent pas plus embarrassés de leurs mouvements que ceux qui ont leur nageoire ordinaire. On devrait croiie cependant qu'ils sont dans un équilibre plus instable. Cette réflexion et l'étonnement de voir un poisson sans dorsale conserver aussi facilement la station perpendiculaire que ceux qui en étaient munis, avaient frappé également Yarrell, et nous allons lui laisser raconter l'expérience qu'il fit à ce sujet. DOUCET. 2i7 « Tctut cela me poussa à faire un essai pour m'assnrersi la privation soudaine de la nageoire dorsale produirait un désordre fa(;llementapprëcialiiecliez des poissons quelconques soumis à cette expérience. Jeme rendis, dans cette intention, aujardin de Ja Soné/e zoo/o7^V/^^e quelques moments avant l'heure à laquelle la Loutre reçoit sa provision quotidienne de poisson vif. Neuf ou dix Gardons otUards furent mis dans un large baquet de trois pieds de diamètre, rempli d'eau. Je sortis du baquet cinq ou six de ces poissons les uns après les autres, et avec une paire de ciseaux je leur coupai la nageoire dor- sale au ras du dos, les remettant de suite dans Teau. Ils furent très-peu ou point alfectés de cette opération, et chacun d'eux sembla conserver sa position perpendiculaire, monter et descendre dans l'eau avec la même aisance et la même certitude qu'avant l'opération ; les mutilés et les intacts na- geaient ensemble et paraissaient posséder la même vigueur. Je ne pus continuer plus longtemps l'expérience pour m'assurer de ce point, car quelques minutes après la Loutre avait reçu ses pois- sons accoutumés, et leur faisait fête. » On cite, des Dorades de la Chine, un trait qui va encore nous faire crier au miracle : un trait d'amitié que je trouve dans une correspondance du London's Magazine et que nous rapportons in- cidemment : « Les poissons semblent ressentir une certaine amitié les uns pour les autres. Une personne qui avait deux Dorades de la Chine dans un vase, en ôta une. L'autre refusa de manger et montra des symptômes évidents de tristesse et de découragement, jusqu'à ce que son compagnon lui fût rendu. ■> DORSIBRANCHES (Annélides). — Le nom de Dorsibranche a été appliqué par Cuvier aux Annélides errantes, parce qu'elles présentent sur la partie moyenne de leur corps ou tout le long des côtés, des branchies en forme de houppes, de tubercules ou de ramifications plus ou moins nombreuses et compliquées. Ces annélides ont, en général, la tête distincte du tronc, pourvue d'appendices en nombre va- riable et d'une ou deuxpaires d'yeux apparents comme une petite tache noire incolorée. Leur bouche est remarquable par une espèce de trompe protractile quelquefois fort longue, et portant à son extrémité antérieure une ou plusieurs paires de mâchoires cornées. Chaque anneau du corps est muni d'une paire de pieds de structure variable; ces pieds se com- posent ordinairement de deux tubercules attachés l'un à l'arceau dorsal, l'autre à l'arceau ventral, et portent un cirrhe charnu et filiforme, pourvu en outre <à leur sommet d'un faisceau de soies raidies et rétractiles qui servent à la locomotion ou à la défense dans quelques espèces. Les branchies naissent toujours à la base des cirrhes. Les Dorsibranches sont tous des animaux marins qui marchent et nagent trè.s-bien, et vivent au milieu des pierres des rochers du rivage, des sables, de la vase, etc. On les divise en 6 familles: 1° Aphrodisiens ; '2" Amphinomiens ; 3" Euniciens; i° Néréidiens; 6° Arénicoles ; C Chétnptériens. DOUCET (Callionymus Lyra, Lin.). — Acantliopt. Gobioïd. Long. max. = 0"',20. Syn. : Gemmeous Dragonet, angl. — Rotchet, écoss. Corps allongé {fig. 255), de couleur orangée, tacheté de violet. Tête oblongue, déprimée ; yeux Fig. i'.>'\ — Uoucet ou C l.Ni'c foin. . [CiiUionijmus Ijjra, Lin. rapproches et regardant en haut; intermaxillaires très-protractiles ; préopercules terminés par des épines ; dents en velours, piiIais lisse. Ouïes ouvertes par un seul trou près de la nuque. Yeux oranges. Ventrales sous la gorge, écartées et plus larges que les pectorales, noir bleu; ventre blanc. 248 DRAGUE. if dorsale courte et élevée en pointe, de 4 rayons ; 2^ longue de 9, espaces. Anale longue de 0, espacés. P = 20. V = !,. C = 10. La dorsale est brun pâle, ta(;hetée de brun foncé ; les autres noir l)louiilre. La caudale est ronde, comme les pectorales et les ventrales. Ce poisson se trouve trcs-commuiiément, entre les rochers, sur les côtes de la Manche et de l'Océan. DOUCET. — ( In ])rcii(l ({tiolqucruis le Doiicel h la ligne, mais le plus souvent au moyen du (ilet que Ton promène sur les ])ancs de sable ou dans les baies pour prendre les (.'revelles {//aveumu, Boi(t-de-qiiicvre, etc.). Sa nourriUu^e consiste en crustacés qu'il avale en eniiei', en mollusques mous et en vers. On peut l'employer comme appàL pour les gros poissons. Sa chair est blanche et de l)on goût. DOUMAIZÊLO. — Nom provençal de la Donzcllc ("N'oy. ce met.) DRAGONNET (Callionymus dracunculus, IîIkcIi.). — Acanlhopt. Goljioïd. Long. max. = Oni,VO. Syn. : Sordid Drayonef, angl. Quelques ichthyologistes pensent que ce Callionjme est la femelle du Doucet ; il en diffère principalement parce que la première dorsale est courte et sans filet. La tète et le corps sont très- aplatis, les yeux sont très-rapprochés l'un de l'autre et du nez, la bouche très-grande. Le préo- percule est armé de trois épines : D = 4+9. P=20. V=5. A = 9. C = 10. La couleur générale est brun rouge avec des taches noires irrégulières, surtout dans la jeunesse. Les dorsales sont brun paie avec marbrures; tout le dessous du corps, blanc uniforme, même l'anale. Se prend dans la Manche et l'Océan. DRAGONNET. — Lc Di\agonnet préfère la mer profonde, tandis que le Doucet aime la cote et les rochers. Ce petit poisson possède une rapidité de mou- vements extraordinaire ; il part comme une flèche quand il est alarmé, mais ne va pas loin el se cache sous les herbes ou les pierres. Sa chasse, dans les flaques d'eau, est le plaisir de tous les enfants, mais ils n'en reviennent que trop souvent avec les doigts ensanglantés par les épines du petit Diable de mer. Sa conformation se prête à la méfiance, ses yeux placés en dessus lui permettent de mieux voir qui le menace. On le prend quebjuefois à l'hameçon, mais rarement. On le trouve souvent dans l'estomac des gros poissons, ce qui prouve que lui-môme fait une excellente esche. Il se nourrit de mollusques, vers et crustacés. DRAGUE. — La Drague est une manche que l'on traîne au fond de l'eau. Ces chausses sont plus ou moins longues et ont des ouvertures de différentes formes, plus ou moins grandes, quelques-unes armées de fer ou de bois. La force des fdets varie d'ailleurs suivant leur grandeur. Lorsque la Drague est très-grande et qu'on la traîne avec des bateaux, elle devient le Fuj. • ,(i. - uragi.e. Ghalut. (Voy. ce mot.) La Drague ordinaire {/i(j. 256) porte une armature en fer et sert à détacher du fond les huîtres et différents autres coquillages. DllEfi E. 249 DRAïNETTE. — Maiiet dont on se sort à la ilriive poui' prendre, on mor, plusienrs sortes de pclils poissons ronds. DRANET. — Sorte (le Senne munie de flottes en tôle et montée sur deux bâtons \fiticau.\-, un i\ eharpie bord. En usage à la Ilougue. DRÈGE ou DREIGE. — La Drège est, sans contredit, le fdet le plus ingénieux (pTon ail invente, c'est le chef-d'œuvre de l'art du pécheur; mais il a l'inconvénient de détruire beaucoup de poisson, et il ne peut servir que sur des fonds unis dont le bras- siage d'eau est connu . On prétend que pour la pèche des Yives il faut que ce lllel soit tendu plus verticalement que pour les autres poissons: comme l'expérience l'exige ainsi, on uudtiplie le nombre de flottes à sa partie supérieure pour le maintenir dans la position la plus favorable à la pêche. Dès François I", il est question de la Drège en France ; mais les mailles en étaient si petites et le nombre des fdets si multiplié, que les côtes de la Manche voisines de Dieppe, éprouvèrent une dépopu- lation nuisible, et que les pêcheurs se virent forcés de se diriger vers celles d'An- gleterre oii l'on ne toléra qu'un petit nombre de bateaux. Les réclamations des autres pécheurs français firent supprimer ce filet, sauf des bateaux qui fnrent conservés pour les besoins de la table du roi^, pendant le carême seulement. Les pécheurs de Dunkerque ayant réclamé contre cette mesure, qui ne pouvait atteindre les pêcheurs étrangers, ceux d'Ostende, de Nieuport et de Blankenberghe, l'usage de la Drège leur fut de nouveau permis ; mais le nombre en fut moindre qu'auparavant, parce que les iacultés des pêcheurs n'étaient pas en rapport avec les dépenses qu'entraîne la mise dehors d'un pareil filet. Sous Louis XIY, la Drège était employée cà la pêche de la Yive, poisson fort recherché à cette époque. Tantôt prohibée, tantôt permise, la Drège a été défini- tivement exclue de la Manche. Sous François P^", il n'y avait à Dieppe que deux Drégeurs; sous Louis XIV, le nombre en fut augmenté jusqu'à seize. Un arrêt du conseil l'autorisa en 1724, un autre arrêt le défendit en 1736. C'était à n'en pas douter, un filet destructeur d'après son système. C'est de ce filet (|ue parle Tiphaigne, qui en a très-bien décrit la manœuvre, quand il observe que la Drège ou pêche aux Vives n'est pas seulement la plus in- génieuse des pêches, mais encore un chef-d'œuvre de navigation. Ce n'est point aux courants de l'air, dit-il, que les Drégeurs présentent leur voile, c'est au courant de la marée; ce n'est point sur l'eau, c'est dans l'eau qu'ils ont à naviguer. Ce n'est point un vaisseau de quelques toises de long qu'ils ont à diriger, c'est un appareil de quatre à cinq cents brasses de filets ; encore est-il plongé au fond de la mer, et cent à cent cinquante pieds d'eau en dérobent la vue. C'est en tâtonnant et la sonde à la main, qu'on tâche de s'assurer de sa direction. Tout excès est con- traire. Du côté des vents, peu sont favorables, et de ceux-ci trop ou trop peu em- pêche la manœuvre. Du côté de la marée, trop d'activité emporte, sans permettre de régler les mouvements du filet; trop de lenteur le laisse sans mouvement et fait languir la pêche. La Drège {fig. 257) se compose d'un grand tramail PQO, qui porte sur le fond de la mer et dont les extrémités P et doivent être le plus écartées possible. Ce tramail est traîné par un seul bateau. Et, si les extrémités P et étaient amarrées à la proue et à la poupe du bateau, elles se toucheraient promptement. Les pêcheurs ont alors imaginé d'emprunter le secours d'un corps flottant R nommé Bourset. Ce bourset se compose d'une voile tannée ou goudronnée, garnie d'une ralingue sur son pourtour. Elle est encapelée, par sa tête, sur une vergue de 6 à 7 mètres de 250 DROITS DU PÊCHEUR. longueur, munie d'un tonneau vide R comme flotteur. Une manœuvre, passée dans les annelets de la ralingue sert à faire prendre à la voile la courbure que les pê- cheurs jugent nécessaire. Ce bourset s'attache par un halin I à l'un des bouts du tramail PO et à environ vingt-cinq brasses de la vergue ; on attache sur le halin une corde N qui aboutit à une bouée M, servant fi soutenir et à diriger le bourset. Fig. 257. — Drège. Le tramail dont la ralingue inférieure est garnie de plombs et la supérieure de flotteurs qui le maintiennent constamment dans une position verticale, et dont les extrémités sont munies de deux càblières proportionnées à la force de la marée, se trouve ainsi traîné par le bateau A et le bourset R pendant une ou deux lieues. Le bateau n'ayant pas de voiles est poussé par la marée. Pour empêcher le mouvement de se ralentir et la pèche de languir, pendant les faibles marées, les marins ont imaginé un moyen très-ingénieux. Ils lancent à la mer une voile D nommée trinquette, montée sur sa vergue E et attachée au bateau comme l'indique la flgure A ; cette voile sert alors de remorqueur. La Drège étant un fdet fort cher, elle n'appartient pas généralement à un seul pêcheur. Plusieurs marins s'associent, fournissent chacun un ou deux morceaux de fdet et se partagent le bénéfice proportionnellement à ce qu'ils ont fourni. La pêche à la Drège est excessivement meurtrière. Labourant le sol et les bancs d'algues où croissent les alevins, elle détruit une quantité considérable de petits poissons. De plus, elle nécessite des dépenses considérables pour l'achat et l'entretien des filets. Aussi ne l'emploie-t-on plus guère de nos jours. DRÉLIGNY. — Nom du Bar en Provence. (Voy. Bar commun.) DRINNEGUET. — Nom du Bar commun dans le Finistère ; on dit aussi Drigue. (Voy. Bar.) DROITS DU PÊCHEUR A LA LIGNE, EN MER. — Le décret (lu 10 mars 1802 donne au pêcheur à la ligne (cordes ou palangres), le droit' de pêcher pen- dant toute l'année en dedans comme en dehors de la limitation des trois milles de la laisse de basse mer. Cette pêche n'est assujettie qu'aux règles d'ordre et de police. Nous allons voir que les règlements antérieurs étaient aussi larges à cet égard que celui que nous venons de citer. niMiiTs Dr i>i-:(:in:ri{, 2oi Souloment il est iulerdil au pèclicur à la lif^iie (ail. 2, § 1), do niome qu'à tous los autres pèehcurs, de eonserver les poissons qui ne sont pas eiieore parvenus à la longueur de ()"',l(), mesurée de l^eil à la uaisanee de la queue, à moins qu'ils ne soient réputés poissons de passaj^^c ou qu'ils n'appartiennent à une espèce qui, à l'âge adulte, reste au-dessous de cette dimension. Il est difticile d'avoir des droits plus étendus et une réglementation plus claire. Les règlements antérieurs (décrets du 4 juillet 1833) portaient, dans les pre- mier, deuxième, troisième, quatrième arrondissements, cpie la pêche à l'hameçon, ou pèche à la ligne ou aux cordes, est permise pendant toute Tannée, quel que soit le mode suivant lequel elle se pratique. Dans le cinquième arrondissement (Toulon), cette pèche (palangres) est per- mise toute l'année sur la côte, et du l" juillet au 1" mars dans les étangs, ports et canaux (décret du 19 novembre IHoO.) DROITS DU PÊCHEUR A LA LIGNE FLOTTANTE, EN EAU DOUCE. — D'après la définition de la Cour d'appel de Paris, la ligne llottante indique une ligne que le mouvement seul de l'eau rend mobile et fugitive, et qu'il faut que le pécheur ramène sans cesse à lui. Il faut, par conséquent, qu'elle soit constamment soumise au mouvement du Ilot et du courant de l'eau, et que l'appât ne repose pas au fond immobile. Le pécheur doit tenir à la main la canne qui sert à jeter la ligne en amont, toutes les fois que le courant la fait descendre en aval, à une trop grande distance. On peut mettre autant de plomb qu'il en faut, suivant le courant, pour tenir la ligne verticale dans l'eau, mais non immobile. La pèche décrite ainsi est proprement appelée, en termes de pêcheur, la pêche nu coup. Ce n'est pas la seule cependant qui puisse se faire avec la ligne flottante. La ligne flottante peut vecexoir plusieurs hameçons, en nombre illimité (Ver- sailles, 24 déc. 1844 ; C. ap. Paris, 21 mai 1831), On peut pêcher en bateau, comme au bord avec la Ligne flottante, toujours tenue à la main(C. ap., 28 déc. 1835). On peut pécher avec un wy, un insecte vivant, qui ne sont pas considérés comme amorce vive ; ce nom ne s'applique qu'aux petits poissons (Arcis-sur-Aube, 12 sep- tembre 1844). Les gardes ne sont autorisés à saisir que les instruments prohibés ; par conséquent, en se conformant aux règlements, le pêcheur ne craint ni procès ni saisie de ses ustensiles. Le garde-pêche est porteur d'une plaque qu'il doit exhiber en abordant le pêcheur auquel il s'adresse. L'État s'étant réservé le droit de pèche dans les fleuves, rivières, canaux, etc., navigables et flottables, et dans les noues, boires et annexes de ces cours d'eau, il s'ensuit que (hors la pêche à la ligne flottante), il faut une licence pour y pêcher de fond. De même, il faudra une permission du particulier auquel appartient une rivière, même pour y pêcher à la ligne flottante, sur son terrain, car il est proprié- taire du cours d'eau jusqu'au milieu de sa largeur. Le temps du frai est prohibé partout, même à la ligne flottante. Cependant, quand il y a deux temps de frai nécessités par deux espèces de poissons, comme dans les rivières à Truites et celles qui n'en ont pas, si l'on voulait s'opposer à ce (ju'un pêcheur péchât la Truite d'avril en juin, pendantle frai des poissons blancs, il y aurait lieu de réclamer et il seriit fait droit, ainsi qu'il est arrivé dans plusieurs départements. 252 . DIÎOMIE. Le temps du frai varie dans les divers départements, mais, en général, du !"■ avril au lo juin pour les poissons ordinaires, et d'octobre à janvier pour la Truite. D'après l'art. ,'{ du règlement préfectoral de la Seine, seront rejelés à l'eau les poissons suivants au-dessous de la mesure indicpiéc entre œil et bat, c'est-à- dire entre l'œil et la naissance de la nageoire caudale : Truite ^ i Tanches. Carpe j Perclies. Barbeau j Gardons. Ombre n^.KiO ! Lottes 0'",I35 [ . .„ ( Oin.Olô (le tour 1 i Anguille ) ... 1 ° au mi heu. Uréme nrochet ^ | ^"e>""'' j au miheu. Clievesne Dans les tlépartements où cette pèche n'est pas prohibée, la pèche au vif, se faisant à la ligne flottante, n'est pas soumise à la licence payante. Il y a même ma- tière à discussion, car un poisson mort n'est pas une amorce vivante et sert aussi bien à prendre à la ligne flottante à la main, la Truite, le Brochet, la Perche, etc. 11 est défendu d'amorcer et faire mourir le poisson en jetant dans l'eau les drogues suivantes : chaux, noix vomique {strychnos nux vomica), manne, tithy- male {euphorbia helioscopis), débris de lin et chènevis, etc. Toutes les amorces de fond, pain de chènevis, asticots, sang, vers mêlés de terre, blé, etc., toutes choses que mangent les poissons, ne sont pas défendues même pour la ligne flottante. Tels sont donc bien établis les droits du pécheur libre et prolétaire; quant aux droits qu'à la porte on achète en payant, ils sont étendus et magnifiques, suivant la rotondité du porte-monnaie; et les licences en spécifient parfaitement l'étendue et les honneurs; nous n'avons point ici à nous en occuper. N'oublions pas cependant, qu'avant d'être un plaisir et un délassement, la pêche est une source d'alimentation considérable; qu'en rivière, comme en mer, elle fait vivre une foule de mariniers et de matelots, et qu'à ce titre elle devait être soumise à des règlements, tout comme les autres sources de revenus du domaine public. DROMIE. (Voy. Crabe.) — La Dromie est un crabe paresseux assez rare, à l'ig. 258. — Uioiiije ■^Ù/'Onim uulgans. lidvv.j carapace arrondie et très-bombée, de couleur brune et couverte de duvet. Ses pinces sont quelquefois rosàtres. La Dromie n'est pas très-grosse. Elle a au plus ()^,[0 de long; elle ne quitte jamais l'eau, et pour la trouver il faut explorer les ro- chers que les grandes marées mettent seules à découvert. Une des manies cu- rieuses de ce crabe, c'est de se couvrir le dos d'une coquille, d'une éponge ou ECAILLKS. 253 (l'un polypier qu'il y tient en cquilil)r(' ;ivec ses piitles de derrière. Elle aime assez les alcyons, et ceux-ci se développenl si bien sur la carapace qu'ils Unissent par la cacher complètement. Notre seule espèce a le duvet bleuâtre, et elle est en môme temps la seule espèce européenne qui se trouve à la fois dans l'Océan et la Mcdi- lerranée. DROUILLET. — Petit iUct, monté sur perche, qu'on présente à l'opposé du cours de la marée, pour prendre les Sprats et autres petits poissons. DUITS. — l'ècheries de Lamproies établies sur la basse Loire. (Voy. Lam- l'ROIFS.) DURÉE DE LA VIE. — Les poissons ont la vie très-longue; on a des exemples avérés de certains d'entre eux dont la naissance remontait à 300 ans ; il faut proljaltlement attribuer cette longévité au peu de force qu'ils doivent dépenser pour se mouvoir dans un liquide de densité pres- que égale à celle de leur corps; au peu d'énergie de leurs sensations, à leur sang froid, à la tempé- rature du milieu où ils vivent, dont les variations ne sont pas brusques comme celles de l'air; enfin, à l'indépendance assez grande de leurs organes, qui fait qu'un d'eux peut être attaq*^ué gravement sans affecter les antres. Ce dernier motif rend compte du peu de danger de la castration que l'on fait subir à ces animaux lorsqu'on veut les engraisser dans des réservoirs. DURGAN. — Nom qui sert à Avignon, comme à Nice, à désigner le BarOeou co))ttiiuu et le Barbeau uiéridional. (Yoy. ces mots.) E » Fiij, 259. — Kcaiile de Chomlrostome nnse, prise sur les flancs. ((Injssiss. = i n.) ■%>^1 ÉCAILLES. — Les écailles qui couvrent la peau du poisson varient énormément et comme forme et comme couleur. Quelquefois elles ont la forme de grains rudes, de tubercules très-gros ou de plaques épaisses; mais, en général, ce sont des lamelles fort minces se recouvrant comme des tuiles et enchâssées dans les replis du derme. La matière argentée qui leur donne souvent un éclat métallique si remarquable, est sécrétée par le derme et se compose d'une multitude de très-petites lames polies. L'adhérence des écailles à la peau est excessive- ment variable d'une espèce à l'autre; la grandeur de l'écaillé n'est même pas une raison de sa plus ou moins grande adhérence ; car il y a des poissons à grandes ('Cailles qui tiennent fort bien et d'autres à très-petites ne tenant point, et l'invei'se a lieu également. Quant aux couleurs dont elles peuvent être ornées, elles étonnent par leur variété et leur éclat ; tantôt elles ne doivent être comparées qu'à l'or et à l'argent, tantôt ce sont les teintes les plus riches du vert, du bleu, du rouge ou du noir. Il y a des écailles de formes très-diverses, de rondes, de carrées, de crénelées, d'osseuses, de flexibles. Plus les poissons sont destinés à approcher des rivages, plus les écailles, propor- tionnellement à leur taille, sont grandes et épais- ses ; il leur faut une cuirasse pour les préserver /-'î^. 26 1.- Kcaiile dePerc/te Fig.26î. - Écaille de Perche Fig. ibO. — Lcdilledi Chondroslome nnse, prise dans la ligne la- térale (r.r. — \ n.). lî^^lljgl commune, prise sur les flancs. \('.r. = 8 n.) commune. Lif;ne lati'rale. (Gr. =8 D.) des chocs auxquels les expose le voisinage des rochers. Plus, au contraire, le poisson est destiné à vivre dans la vase, plus les écailles sont petites et recouvertes par la peau. 254 ECAILLES. Les poissons de haute mer qui ne sont exposés qu'à des frottements passagers, ont les écailles retenues par une moindre portion de leur contour. Si l'on ajoute les callosités, les tubercules, les aiguillons, les croûtes osseuses, on a une idée des armes défensives dont la nature a r / U/ ) / Fuj. 263. - Kcaille du Bo- tengle, prise sur les flancs. (Gr. =4D.) Fig. 20 i. — Ecaille au Roleixçjle, prise sur la ligne latérale. (Gr. — 4 ]).) pourvu certains de ces animaux pour assurer leur conservation et les sous- traire aux poursuites acharnées dont ils sont l'objet. Les poissons ont également des armes offensives, des dents tran- chantes et terribles, pointues, recour- bées, des piquants longs, mobiles, acé- rés, etc. Par leur nature et par la matière qui les produit, les écailles se rappro- chent absolument des ongles, des poils et des plumes qui couvrent les autres animaux: peu corruptibles comme ces matières; brûlées, elles répandent la même odeur. Décom- posées, ce sont les mêmes éléments, enfin, elles sont sécrétées sur la peau par des vaisseaux spé- ciaux et des ramifications artérielles. Dernier rappproche- ment, de même que sur les membranes intérieures de quelques quadrupèdes, on trouve quelquefois des vestiges de poils ; de même, sur les intestins de certains poissons, on remarque une couche de matière brillante, nacrée, ana- logue aux écailles. En général, la partie des écailles qui n'est pas recouverte par les voisines est plus foncée que l'autre, e1 revêtue de plus belles couleurs. On ne sait pas encore quelle partie du corps des pois- sons sécrète les écailles; il est certain qu'elles croissent par juxtaposition de couches qui augmentent de grandeur avec l'âge de l'animal, ou même avec l'âge de l'écaillé ; dans tous Fig. 266. — Écaille les cas, quand elles sont enlevées, elles se régénèrent avec de la Tanche corn- ^in^ extrême lenteur, au moins sur les poissons d'eau douce. '.^Q^\ La plaie, dans une eau très-vive, se cicatrise et reste sou- vent vive. Dans une eau dormante, ou moins pure, la place privée d'écaillés se couvre d'une mucosité qui se revêt de mousses parasites semblables aux moi- sissures blanches, et l'animal meurt au bout d'un temps plus ou moins long, suivant la quantité plus ou moins grande d'écaillés enlevées. Dans la majeure partie des poissons, l'écaille est couverte, en portion du moins, par une membrane transparente excessivement mince et résistante, qui la retient dans le follicule qui lui a donné naissance. Si l'on exa- mine à la loupe des écailles ordinaires, on les voit marquées de lignes concentriques dénotant, suivant Agassiz, l'état de la crois- sance par excrétion des bandes successives. Il appelle cjchncles {fig. 2G7), les écailles marquées de ces lignes concentriques; dénoïdes {fig. 208), celles qui ont, sous les lignes conceiitri(iues, de petites épines ou petites dents; il leur donne aussi le nom de pectacées. Ordinairement les dents cténoïdes s'usent et s'enlèvent plus vite et plus loin sur le disque de l'écaille, et demeurent entières sur le bord postérieur où l'on croirait alors qu'il se dépose une plus large bande de matières pour la croissance. Les Gobies présentent de très-beaux échantillons d'écailles pectacées à dents marginales. Les Cyprinoïdes présentent des écailles cycloïdes, et les Acanthoptérygiens portent des écailles cténoïdes. Un troisième genre d'écailles a reçu d'Agassiz le nom de Ganoides [fig. 2G9); elles ont une surface dure, brillante et émaillée, et leur structure osseuse sous-jacenle présente des corps rayonnes. Ce sont celles des Silures, des Dalistes et des Hippo- campes, etc. Le quatrième genre est nommé Placoïdes {fig. 270) et man- que de l'émail superficiel des écailles ganoides, et, pour le plus grand nombre de cas, leur struc- ture est analogue à celle des dents. Fig. 265. — Ecaille de la Tanche com- mune, prise sur les flancs. (Gr.= l OU.) mune, ligne laté- rale. (Gr. Fig. 267. F.caille cvcloidt Fiy. 26 Ecaille cténoïde. Fig. 269. Rcaille ganoïdc. Fig. S70. Ecaille plaeoïde. ÉCHIOUIER. 255 Elles existent dispersées sur la plupart des Raies, des Requins, et snr les Plectroqnathes. On remarque généralement que la ligne latérale est protégée par des écailles d'une forme dif- férente de celles du reste du corps (/zy. 2G0, 2C,2, 2Gi et 266). Voy. Ligne latérale. ÉCHARDE. — (Voy. Él'INOCnE.) ÉCHEVEAU DE CHANVRE. — (Voy. ANGUILLE.) ÉCHIQUIER. — Nom du Carrelet (filet) dans quelques provinces. Ce filet i/iy. 27 J) t'.st une nappe simple et carrée de l'",SO ;\ 2 mètres de côte. On a soin de la border d'une cordelette solide afin de lui donner plus de résistance. Comme il est très-important de pouvoir tirer promptement ce filet hors de l'eau, on fait les mailles aussi larges que possible, eu égard à l'espèce de poisson que l'on désire prendre. Cependant on ourdit le plus souvent les mailles du milieu plus serrées ([ue celles des bords. Comme on se sert ordinairement du Carrelet dans les en- droits où l'eau a peu de profondeur, on l'ourdit quelquefois en mailles très-serrées, et il sert alors à prendre les petites espèces de poissons. On monte ce petit filet au moyen de deux perches fle.vibles attachées en croix suivant les diagonales du carré. Si l'on n'emploie que deux perches, il faut amincir à la plane la plus grosse extrémité, afin que les deux e.xtrémités étant de même grosseur, la perche plie bien au milieu. Il est pré- férable de composer cha- (jue diagonale de deux perchettes plus petites, dont les extrémités les plus grosses sont taillées en bi- seau allongé, appliquées l'une sur l'autre et rete- nues par de fortes ligatures de ficelle goudronnée ou de fil d'archal. De cette manière, les parties ployantes du bois restent équilibrées aux deux extrémités. Ces deux perches n'ont besoin d'être retenues ensemble que par un lien lâche qui leur permette de se réunir l'une à côté de l'autre lorsque le filet est détendu, ce que Ion doit faire chaque fois qu'il a servi ; de cette manière, elles se placent le long de la gaule, et le tout est beaucoup plus facile à transporter. Le lien qui retient les deux perches se termine par une boucle que l'on fait re- venir sur elle-même, de manière à former nœud coulant dans lequel on passe l'extrémité, encochée tout alentour, de la forte gaule de 4 ou 5 mètres de lon- gueur qui sert à manœuvrer le filet. De cette manière, il reste entre la tête de la gaule et la perche de dessus 5 ou 6 centimètres de corde double, qui rend la manœuvre du Carrelet beaucoup plus commode, en permettant au filet de prendre toutes les inclinaisons nécessaires. En général, il faut éviter de pêcher avec ce filet dans des eaux plus profondes que 2 mètres, car il serait impossible de retirer le Carrelet assez promptement pour que le poisson qui passe au-dessus de lui ne s'échappe pas à coup sûr. Encore doit-on, quand on veut pêcher à une pi^ofondeur semblable, donner au filet tendu la forme d'une poche assez profonde. La pêche à l'Échiquier réussit généralement mieux par les eaux troubles qu« dans les rivières très-claires. La meilleure place pour le tendre est auprès de tout Fig. 271. — Échiquier ou Carrelet. 256 ÉGHinriEl?. obstacle qui donne lieu à un remous ou à des haïs, car les poissons de toute espèce se trouvent de préférence en ces endroits, où leau tournoyant dépose leur nourri- ture. L'entrée de l'arche étroite d'un pont, en amont comme en aval, est encore une bonne place pour cette p'j(;he, parce que c'est le grand chemin des poissons et quen levant au hasard de temps en temps, on peut en prendre de très-beaux au passage. Dans les haïs, ilans les étangs, dans tous les endroits, en un mot, où l'eau est dormante, il est ({uelquefois bon d'attacher au milieu du Carrelet une amorce quelcon(]ue, soit un morceau de pain, soit une éponge imprégnée de sang, soit une boule de terre glaise. (Voy. Amorce.) Mais quand on pèche dans un passage, cette précaution est à peu près inutile. L'endroit une fois choisi, on met l'Échiquier à l'eau, en le présentant par une pointe, doucement, et faisant le moins de bi'uit pos- sible, puis, en appuyant légèrement la gaule sur les perchettes, on le fait descen- dre avec précaution jusqu'à ce. qu'on s'aperçoive que les quatre extrémités portent sur le sol. Quelques précautions qu'on ait prises, les poissons ont fui devant cette invasion de leur domicile, mais la curiosité ou l'insouciance les ramène assez vite, et au bout de cinq à dix minutes, on peut relever le filet. Il s'agit maintenant de relever le Carrelet. Chacun prend, selon sa force, la po- sition qui lui semble préférable (fg. 571). L"une des plus commodes est de se placer à cheval sur la perche, puis, en levant des deux mains la gaule prise aussi loin que possible du corps, et pliant en môme temps les jarrets, on opère un mouvement de bascule qui sort le lilet de l'eau. Le premier mouvement des poissons qui voient le filet se détacher du fond est de plonger. Or, ils courent à leur perte, car ils ren- contrent la nappe qui, pourvu qu'elle soit enlevée assez vite, les emporte hors de leur élément. Ouelques personnes attachent une corde à l'extrémité antérieure de la gaule, au delà du point oii elle supporte les perchettes. Appuyant contre leur pied l'autre bout de cette gaule, elles tirent sur la corde et, entraînant le fdet, le font sortir de l'eau. Quelques pécheurs, surtout quand ils se servent de petits Carrelets à fretin, posent la perche sur le bras gauche, et de la main droite, appuyée sur la plus grosse extrémité, la font basculer autour du premier point d'appui. Dans les grands fleuves, sur la Loire, par exemple, on emploie de très-grands Carrelets montés à demeure. La perche de ces fdets a quelquefois 10 mètres de long et une grosseur proportion- née. Le milieu de sa longueur repose sur un poteau de I à 2 mètres, planté très- solidement aussi près que possible de l'eau, à la pointe d'une île, d'une jetée, ou dans un endroit analogue. C'est absolument le mécanisme des perches à tirer l'eau des puits. L'extrémité de la perche, du côté du pêcheur, est chargée d'assez de pierres pour faire à peu près équilibre au poids du fdet. Quant au poteau, il sert non-seulement au mouvement de bascule de haut en bas, mais encore la perche peut tourner sur lui comme sur un pivot, afin que le filet étant sorti de l'eau, le pécheur lui fasse décrire un arc de cercle qui le ramène sur le rivage. C'est à une corde qui descend de l'extrémité chargée de pierres, et dressée en l'air, que se pend le pêcheur pour opérer le mouvement de bascule. Ces énormes Carrelets servent à la pèche du Saumon à la remonte. Le pêcheur qui guette les poissons de sa place, et qui les voit à travers l'eau transparente, relève brusquement l'engin quand il les aperçoit au-dessus du filet. Dans les environs de Paris, les pêcheurs de profession se servent, pour pécher spécialement le Goujon, d'un Carrelet à mailles très-étroites et à poche assez peu profonde. Ils se placent dans un bateau, sur un banc de sable où l'eau n'ait guère plus K cil 10 un: 15. 261 (l'un mètre de profoiuleur. D'une main, il mainlienl la gaule du lilel plaeée sur le l'ond, tandis qu'au moyen d'un bouloir il fouille et soulèvo le sable au milieu du Car- relet. Le nuage ainsi forme dans l'eau s'en va, au loin, réveiller les Goujons engour- dis. Amis avant tout de l'eau trouble, ils s'engagent dans ce lilon qui leur apporte des particules nutritives, le remontent en troupe et viennent bientôt s'assembler sur le filet, où ils rencontrent chère lie. Tout cela a demande cinq ou six minutes, au bout desquelles le pécheur relève son lilet et ramisse sa capture. Lorsque l'eau d'une rivière est très-claire, il faut alors pécher à vue. Pour cela, on pave le fond de la rivière de i)etites pierres blanches, de débris de poteries, ou d'autres choses analogues, siu' lesquels on dépose le tilet.Le corps des poissons apparaissant très-dis- tinctement sur ce fond, quand on en aperçoit un, on relève vivement le Carrelet et l'on s'assure de son prisonnier. La pêche au Carrelet procure non-seulement les petits poissons et le fretin, mais la Perche qui s'y prend très-souvent, surtout près des arches des ponts ; le Barbeau (|ui cherche et voyage quand l'eau est troublée par une crue ; le Brochet lui-même au passage, et quelquefois des individus de très-belle dimension, dans les petites rivières ou autour des roseaux d'un étang ; la Truite quand elle chasse ; tous les poissons en un mot, au hasard, c'est une affaire de patience et de bras. (Yoy. Lan ET.) L'Echiquier, ou Carrelet, s'emploie sur quelques points de la Méditerranée pour prendre les Molettes et autres blanchailles. Dans l'Océan, les pêcheurs s'cta- ]}lissent soit à l'embouchure des cours d'eau, soit entre des passes de rochers, soit dans les endroits où l'eau forme un courant en se précipitant dans les grands fonds. Ils choisissent de préférence les moments où, par une cause quelconque, l'eau est trouble, et toujours quand la marée monte. Au lieu de poser leur Échiquier à plat sur le fond, comme on le ftiit en rivière, ils l'opposent au courant, parce qu'ils ont remarqué que les poissons plats surtout ont l'habitude de monter avec le flot, et tombent ainsi dans le filet. C'est une manœuvre tout à fait analogue à celle de l'Alosière dans les rivières du Midi. On se sert encore, près des côtes de la Méditer- ranée, mais alors en ba- teau, d'un grand Carrelet qui a 3"", 30 de côté et que l'on nomme Calen ou Ven taron (Jiy. 272). Pour s'en servir, on établit sur l'ar- rière du bateau un système semblable à celui du Car- relet à Saumon que nous avons décrit plus haut. Le montant en bois se termine en haut par une fourche ou par une boucle en fer boulonnée solidement. On pose sur la fourche, ou l'on passe dans la boucle un espar de o à G mètres de long. Des arcs en bois ne sufflraient pas pour supporter l'effort de l'eau contre ce filet quand on le relève, et comme cet appareil devient extrêmement pesant, on établit un contre-poids à l'extrémité de la perche, pour aider les pêcheurs quand ils relc- Acnt le filet. Lorsque les eaux sont encore plus profondes, on se sert d'une autre variété de 17 Fig. S72. — Caleu ou Aenturon. -2oH ÉCREVISSE. Fig. 273. — Hunier, sorte de Echiquier pour la nier. ïraml Carrelet à laquelle on donne le nom de Hxnier {fi(j. 273) et qui sert dans les grands fonds. Il est le môme que le Ventnron, seulement les arcs en fer, au lieu d'ètie attachés à un espar posé en bascule, le sont à un cordage qui passe sur une poulie frappée à re.xtrémité d'une vergue. Comme il est impossible de retirer le Hunier tout d'un coup hors de l'eau, puisqu'il faut le tendre et haler sur la corde, on le fait très-profond, en lui donnant la forme d'une poche autant que possible, pour que le poisson ne s'échappe pas. ÉCHIQUIER ROND. — (\ oy. LaNKT.) ÉCLUSE [Pêche à 1']. — Dans la baie d'Ar- cachon, on se sert d'un artifice très-ingénieux pour prendre un grand nombre d'Anguilles dans les réservoirs ou étangs salés. On attend les gros temps de l'hiver, après le mois d'octobre, et les nuits sombres et sans lune. Le soir, de 3 heu- res à 6, suivant la marée, — car on ne peut faire cette pèche que quand l'eau de la mer est plus haute que celle des parcs, — on introduit l'eau de la mer dans les réservoirs pour attirer les Anguilles du parc près de l'Écluse. On attend alors que la mer se soit retirée, ce qui demande plusieurs heures; on place en de- hors de l'Écluse, — du côté de la mer, par conséquent, — un cadre de filet mé- tallique à mailles de H millimètres, puis on lève légèrement la vanne, à peu près de 15 centimètres seulement, c'est-à-dire de l'épaisseur approximative des Civelles, des Mouregains. Ceux-ci suivent le courant, passent sous la vanne, et s'accumulent dans l'Écluse, oh on les prend en énormes quantités, après avoir fermé la vanne au point du jour. On prend jusqu'à 10 quintaux d'Anguilles, de cette manière, dans une seule Écluse. ÉCREVISSE FLUVIATILE (Astacus fluvialilis, Lin.). — Crustacés décapodes, ma- cidures. Syn. : Cray fish, angl. — Krebs, ail. — Cangrejo, esp. — Gambem, ital. L'Écrevisse est si connue de nos lecteurs, que nous n'aurions presque pas besoin de la décrire. Cependant, afin d'être complet, nous ferons remarquer que ces crustacés d'eau douce, très-voi- sins des Homards de l'eau salée, ont les feuilles des nageoires la- térales du bout de la queue élar- gies et arrondies à leur extré- mité, le dessous divisé en deux par une suture transverse. Les Kcrevisscs ont, sous la queue, cinq paires de fausses pattes, les antennes mitoyennes terminées en longs filets ou barbes, et les pattes antérieures terminées en pinces à deux doigts. La couleur la plus ordinaire est un brun verdàtre plus ou moins foncé ; mais, parmi elles, il s'en trouve dont la coloration est variable suivant les eaux, ou peut-être selon les variétés ; on dis- tingue, surtout dans le nord et l'est de la France, des Ëcrevisses h pattes bleues, communes dans la Kcrevisse fluviatile ( Astacus fluvialilis^ Lin. ÉCP.EYISSE. 251» Meuse ; l'espèce à pattes rouges, la plus rcelierehée, que l'on appelle Edclkrebi en Alsace, où l'on en compte ((uatre espèces diflerentes. D'après les reiiscianeincnts qui nous sont transmis par M. Gauckler, ingénieur des ponts et chaussées, dirccleur de l'étalilissement de lliniiniiue, l'EdelRrehs ne peut s'acclimater que dans des eaux calcaires, tandis que la petite Écrevisse noire, à test siliceux, s'acclimate parCaitement dans les eaux pures et siliceuses. Réunies ensemlile, ces deux espèces s'attaquent, et la petite noire dévore la grande Ëcrevisse à test calcaire. (Expériences faites chez M. Uian.) L'Écrevisse a un rostre en avant, armé d'une petite dent de chaque côte : elle a les pinces cha- grinées. Chaque année elle change de peau, c'est-à-dire qu'elle renouvelle sa carapace ; rien de plus curieux, mais de moins connu que cette opération pour laquelle l'animal se retire dans les trous les plus profonds qu'il peut découvrir, afin de se soustraire aux dangers qui le menacent alors de toutes parts. Il faut de deux à trois semaines à la nouvelle cuirasse pour qu'elle devienne aussi solide que l'ancienne : la crue se fait pendant les quelques heures que l'animal reste nu : elle est d'ailleurs lente, et l'Écrevlsse a besoin de six années pour arriver à la grandeur de 0'",12 environ que nous nommons marchande. La femelle est très-féconde, et les 30 ou 40 œufs qu'elle pond restent fixés par un pédicule aux filamentsd )nt la queue est garnie à l'intérieur: ils forment ainsi une sorte de grappe jusqu'au moment de l'éclosion. Les petites Ëcrevisses n'ont pas, en naissant, un test assez résistant pour aiiandonnei leur mère, et elles trouvent encore pendant quelques jours un refuge sous sa queue. Tout le monde sait qu'elles ont la propriété de régénérer leurs pattes et leurs antennes perdues ou mutilées. Nous renvoyons à la seconde partie de cet ouvrage pour les développements intéressants que comportent l'élevage, la multiplication de ces crustacés, et les opérations fructueuses qui en dépen- dent pour le propriélaire. ÉCREVISSE FLUVïATILE. — Rien n'esl plus varialjlo que les mœurs de l'Écrevisse. Dans ceilains ruisseaux, dans quelques rivières, on les voit se promener toute la joiH'iiée à la reeherehe de leur nourriture; dans d'autres, elles ne sortent guère que la nuil. Tant que le soleil est sur l'horizon, on dirait l'eau inhabitée ; dès qu'il est couché, si l'on éclaire le fond de l'eau au moyen d'un ilambeau, les Écre- visses grouillent, au point que, dans une rivière de cette espèce, nous les prenions par centaines à l'épervier à poches. De jour on n'en voyait pas une, et le soir, quand la lune brillait, et que, les moulins ayant vidé leur eau, les bancs de sable émergeaient, on aurait dit que les pierrailles s'animaient, tant les carapaces humides reluisaient aux rayons de la lune, et que la rivière murmurait, tandis que ce n'était que le bruissement des milliers de carapaces les unes contre les autres. La nourriture ordinaire de l'Écrevisse peut se définir en un mot, car elle mange tout ce qui a vie ou a vécu. Tout, à peu près, lui est bon : mollusques, poissons, larves d'insectes, frai, animaux et poissons morts, tout. Elle est le grand nettoyeur des eaux douces. Et malgré cela, ce nettoyage énergique n'en demeure pas moins un problème pour nous : comment, aussi peu rapides que sont sa marche et sa natation, même dans l'eau, l'Ecrevisse peut-elle s'emparer des pois- sons nécessaires cà son existence? Qu'elle dévore avec ses compagnes un poisson pris à l'hameçon d'une ligne de fond, cela se comprend ; il est captif et ne peut fuir : son affaire est bientôt faite .. — la rivière que nous citions tout à l'heure, con- tient tellement d'Écrevisses (jue toute espèce de pèche de fond y est interdite par elles. — Mais qu'elle puisse happer au passage un poisson vif ? C'est ce que je ne com- prends pas. J'ai même peine à croire que ce soit le genre de chasse qu'elle essaye. Ce qui me le prouve, c'est que maintes fois il m'est arrivé de prendre, dans des balances doubles, en même temps que trente et quarante Écrevisses d'un coup, un Chabot parfaitement vif et intact, venant, en même temps qu'elles, mordre à l'amorce tendue. Or, si les Ecrevisses mangeaient si facilement le poisson vif, rien n'était plus aisé, à l'une d'elles, que de couper en deux, d'un coup de pince, l'im- 2C0 KCUE VISSE. piiulenl Chaijol (jui se fourvoyait on si mauvaise compagnie. D'un autre côté, que Ton mette ensemble, dans un petit réservoir, des Écrevisses et quelques poissons blancs ou quelques Truites, — tous commensaux du même ruisseau ! — les pois- sons ne tarderont pas à subir de telles estafilades qu'ils perdront la vie en peu d'instants. Le Cliabot a-l-il doue une imnnmité particulière, un permis de circulation ? Mystère ! Les habitudes (les Écrevisses sont curieuses. Hors de l'eau, vous les gardez facilement pendant plusieurs jours, surtout si, serrées les unes contre les autres, elles ne peuvent pas trop se remuer et vider leur eau, comme disent les pécheurs. Si, au contraire, — elles qui vivent dans l'eau et que vous péchez dans l'eau, — vous les mettez en masse dans une eau, môme renouvelée souvent, vous les verrez mou- rir très-promptement. 11 semble que, pour leur organisme, l'air pur est préférable à une eau non courante, non aérée ; par conséquent, dans un aquarium, les Écre- visses sont assez difficiles à acclimater. Les unes, — et c'est le plus grand nombre, — meurent au bout de quelques jours; mais quelques autres résistent et alors y vivent très-longtemps. Cependant j'ai remarqué que, pour celles-ci, il fallait des pierres et des plantes qui leur permissent de temps en temps, et plus souvent qu'on ne pense, de venir à la surface humer et respirer l'air en nature. Malgré cela j'avoue n'avoir jamais rencontré les Écrevisses en liberté, occupées à cette fonction comme les Grenouilles sur le bord de leur ruisseau, et prenant gravement le frais hors de la rivière. Au contraire, je les ai toujours vues se promener péni- blement au fond. Ces mœurs sont encore inexpliquées. La pèche des Écrevisses n'offre aucune difficulté. Nous expliquons aux mots Balances sinrjdis et doubles la méthode la plus usuelle pour s'emparer de ces utiles crustacés. On les prend àl'épervier, à la senne, à la nasse, aux verveux, ai>x tam- bours, etc., etc. Dans certaines rivières, qui sont exploitées par les pécheurs, en vue de fournir d'Écrevisses la capitale, et où, par conséquent, cette pêche se fait en grand et d'une manière suivie, on emploie un piège particulier, 11 consiste en une pièce de bois de l^jSO à 2 mètres de long et dêO'°,10 à 0"',12 de diamètre, percée, de bout en bout, par un trou de tarière, un peu plus gros que la plus grosse Écrevisse. On jette à plat, au hasard, ce bois sur le fond de la rivière. Les Écre- visses, en se promenant la nuit, trouvent un des bouts ouverts, car on ferme l'autre avec un bouchon d'herbe; elles y entrent et s'y accumulent jusqu'à ce qu'il soit rempli. On vient, en bateau, le lendemain, relever le piège en passant avec un croc sous l'extrémité ouverte, et le retirant ainsi de l'eau, on le vide et on le rejette à sa place. On emploie, absolument de la même manière, des espèces de petites nasses aussi longues et pas plus grosses que les pièges que nous venons de décrire et dans lesquelles les Écrevisses se réunissent également. L'ouverture extrême est seule un peu évasée, afin d'y pouvoir mettre un goulet également en osier qui, cette fois, empêche les captives de ressortir. Les pêcheurs prisent autant le premier piège que le second ; le premier, d'ailleurs, coûte moins cher et dure bien plus long- temps. Au sujet de ces pêches, encore un lait inexplicable. Maintes fois, parmi la pluie d'Écrevisses qui tombaient dans le bateau, alors que le bouchon était en- levé, frétillaient une ou deux Anguilles... or, dit-on, les Écrevisses mangent le poisson. Cei)endant, elles ne mangent pas l'Anguille ! Est-ce parce qu'elles ne le KG HE VI s SE. 261 peuvent, ou ne le veulent? L'Anguille a-l-eHe, comme le Chahol, un laisscr-passer? Et cependant, les Éerevisses se mangent entre elles, quand elles le peuvent, et de très-grand appétit! Expli(iue tout cela qui pourra ! On prend également les Éerevisses au moyen de bourrées ou de fagots : nous exposerons cette méthode à ce dernier mol. On les prend aussi à la main, et ce n'est pas la manière la moins amusante. Pour cela, il suflil de se mettre dans l'eau vive des petits ruisseaux de la montagne : on \\\n\ a que jusqu'aux genoux: on re- tourne les pierres, on tàte les touffes d'herbes, et, au prix de quelques ;jmr'0/(s vi- goureusement applicpiés, on emplit bientôt son panier. Quelles bonnes p:irties de jeu! Quels éclats de rire de jeunesse, nous rappellent ces lignes! Pourquoi cet heureux temps fuit-il si vite loin de nous ? Alors que les circonstances locales vous favorisent, il est souvent aisé de cou- per un coude de ruisseau ou de petite rivière par un fossé qui permet d'y détourner les eaux. C'est toute une fête qu'une pèche semblable ; non-seulement les Éere- visses quittent leurs profondes retraites en s'apercevant que l'eau fuit devant elles, on les voit descendre gauchement sur les pierres du fond et sortir des cavernes du rivage, mais elles sont suivies par les Anguilles qui serpentent sur la vase; les pois- sons battent de la queue le mince fdet d'eau qui les réunit au plus profond du lit, et présentent leur ventre blanc à la main qui vient les saisir. Ecoutez les éclats de rire ! \o\qz les ébats joyeux des pécheurs. Oh ! le bon temps, le bon temps ! et que l'on est heureux d'être jeune ! S'il est facile de se mettre d'accord sur le genre de pêche que l'on veut adopter, il l'est beaucoup moins de s'entendre sur l'appât dont il convient de se servir. A ce sujet, pas mal d'opinions contradictoires ont cours. Pour tous, il faut se servir de la viande ; mais, pour les uns, il la faut aussi avancée que possible; plus elle sent mauvais, meilleure elle est; tandis que les au- tres ne veulent user que de substances animales fraîches, et sans aucune mauvaise odeur. Dans quelques pays on emploie les intestins de volailles, ou de la viande ar- rosée d'essence de térébenthine. Nous avons bien réussi avec ce moyen, mais en- core mieux en employant l'essence d'aspic. (Voy. ce mot.) Pour nous, et pour les pêcheurs de profession qui s'occupent de la capture des Eerevisses, cette voie n'est pas la bonne, et nous avons toujours obtenu beaucoup plus de succès en employant de la viande très-fraiche, surtout le foie de bœuf, ou encore une gre- nouille entière fraîchement dépouillée de sa peau. Ce dernier appât est l'un des meilleurs que l'on puisse employer. Il est cependant encore un appât supérieur à tous ceux-ci, et nous allons le faire connaître à nos lecteurs, en leur disant que, par ce moyen, nous avons fait des récoltes très-satisfaisantes d;ms des ruisseaux qui passaient pour dépeuplés et où ce genre d'appât était inconnu. On prend tout simplement des Harengs salés, de ceux que les paysans ont baptisés du nom de Gendarmes. On les suspend dans la balance (voy. ce mot). Malheureusement cette amorce est molle, facile à déchirer, et quand on la meta nu à la portée des Éerevisses, elle est bientôt réduite en mor- ceaux et dévorée. Il vaut mieux envelopper le gendarme dans un morceau de vieux filet ou de gros tulle. Les Éerevisses y entortillent leurs pinces, ce qui leur foit perdre un temps précieux, et permet à leurs compagnes alléchées d'arriver sur le piège avant que les premières venues aient fait tout disparaître. Adieu le Hareng, adieu la pêche ! 262 EISSAUGUE. Faille de Hareng, la Morue salée fait aussi bien, mais elle n'est pas beaucoup plus dure et demande les mêmes précautions. Les Sardines salées m'ont également bien réussi. (Voy. Tamboi r a Écrevisses.) Lorsqu'on se sert de balances, il ne faut pas en tendre, à la fois, plus de 25 à 30. Dès que la dernière est tendue, il est temps, grand temps, de revenir lever la première et, à partir de ce moment, de ne pas cesser de relever successivement, remettre des amorces, et ainsi de suite, marchant comme le juif errant, toute la nuit, sans trêve ni repos. C'est ainsi que de 9 heures du soir à 2 heures du matin, nous a\ons pris douze cents Écrevisses mar- chandes!... Dieu vous en donne autant ! ÉCRIVAIN. — Nom donné par les pêcheurs à VAhle nase. (Voy. ce mot.) EGREFIN Morrhiia jEglefinus, Lin.) — Malacopt. Gadoides, Loni;. niax. = On>,30; poids = '-' à i kilog. Syn. : Hadock, angl. — Ko/l, dan. — Kolj'a, suéd. — Duikso, lapon. — Ko/ je, liijser, iiorw. — Kulle, ku/ler, ysn, yse, island. — Ekallnak, groën. — Sc/ielldorsc/i, sckellfisch, ail. — Ciicloge, irland. Ce poisson a la tète, les joues, le dos et le haut des côtes d'un blanc grisâtre sombre, quelque- fois brnn tirant sur le bleu; le reste des côtes et le ventre sont à peu près blancs légèrement bigarre de gris. Les écailles sont petites, la ligne latérale fortement marquée et noire. L'extrémité des ailerons et surtout celle de la queue est plus foncée que le reste et d'un gris bleu. Comme marque distincti\ e et caractéristique, l'Egrelin porte sur les épaules une barre noire, en croix avec le dos, laquelle lui fait souvent donner le nom iVAne. La tète est en pente depuis le crâne jusqu'au bout du nez, elle est petite ainsi que la bouche, et les opercules sont plus longs que larges. L'œil est grand, l'iris argenté, la pupille grande, de forme un peu angulaire et bleue. La membrane branchiale a G ou 7 ailerons de plus que l'opercule en dessous vers la gorge. La vésicule du fiel qui est petite est placée le long de l'estomac. Ce dernier est également en long. Les nervures des ailerons et des nageoires sont assez fortes et sensibles; du côté où elles sont plus longues, elles deviennent très-fines. D = 13-1- 21 + '9- P = 18. V = 6. A = '24-t- 18. G=2.i. Ce poisson se tient le plus souvent parmi les rochers, où il se nourrit de petits crabes; il est très-vorace et mord facilement à l'hameçon. Il chasse le Hareng ; quand il en a mangé pendant quelque temps, il est gras et très-bon. On le trouve en grande quantité dans les anses où il se ré- fugie pour échapper à la chasse que lui donnent les chiens et les flétans. On prépare ce poisson comme le Merlan ; sa chair est bonne, surtout quand il a été bien nourri, mais il a moins de laite que celle du poisson auquel on le compare. ÉGREFIN. — Ce poisson, qui paraît par petits bancs dans la Manche, fréquente les rochers depuis novembre jusqu'en février. Il se nourrit de petits crabes et autres crustacés. Il est très-vorace et mord facilement à Ihameçon, soit des lignes de fond, soit des lignes h la main. L'amorce la plus attrayante pour lui est un morceau coupé sur un hareng ou-une équille. ÉGUIL.LETTE. — Nom de V Orphie, près de Brest et sur les côtes de Bre- tagne. EISSAUGUE. — Ce niet {(hj. 275) est formé, comme les Ganguis, d'une poche et de deux ailes, mais ils sont beaucoup plus longs : d'après le décret du 10 novem- bre 1851), pour le 5® arrondissement maritime (Toulon), la longueur totale des deu.\ ailes, jointe au plus grand diamètre de la poche, ne pourra e.\céder 350 mètres, ni être inférieure à 100. La poche ou manche, en forme de sac conique, sans être tron- quée, sans étranglement, aura des mailles d'au moins 0'",020 en carré. Le poids total de la ralingue inférieure et des plombs qu'elle porte, n'excédera pas de 250 gram. par mètre courant moyen. Ce fdet ne peut être traîné ou remorqué à la voile ou à l'aviron, on doit le haler à bras du large à terre, et il est formellement défendu de le traîner le long KMERILLON. ^Hï.i lies rivages, ni de le haler h boid iln bateau. L'emploi en est d'ailleurs inlerdil, svn* la côte, du 1" mars au dernier mai; dans les étangs, du I" mars au dernier sep- Fiy. '17'j Kissaugue. Fiff. "270. — Knioiillon double à boucles fermées. Fig. 27S. — Kmerillon double à crochet. Fï)5r. 277. — Énieiilioii simple à crochet. Icmbre, il n'est permis la nuit qu'avec autorisation spéciale de l'Inscription maritime. ELLERCHER. — Dénomination alsacienne du ]'é/on. (Voy. ce mot.) ÉMERILLON. — L'Émerillon ou clef tournante est un petit instrument (////. 27() à 278) dont se servent les cordiers dans la fabrication des fils retors. Ces petits appareils se font en acier ou en cuivre. Les uns sont terminés par deux boucles fermées {fiy. 276), les autres {fig. 278) ont à une extrémité une bou- cle fermée, et à l'autre une boucle fai- sant ressort d'une manière analogue à un porte - mousqueton, et permettant ainsi d'y passer la boucle d'une avancée, ou de l'empile d'un grappin ou hameçon. Toutes les fois qu'on se sert d'un appât vivant, celui-ci, en tournant plusieurs fois sur lui-même, tordrait bientôt la ligne et la vrillerait, si l'Émerillon interposé sur le parcours, ne s'opposait pas à ce défaut en tournant sur lui-même sans rien emmêler. De même, quand on se sert du lue-diable {/if/. 27U), ou delà cuiller {fig. 280), rÉmerillon est encore indispensable : on en met souvent deux sur le parcours de la ligne, un à chaque bout de l'avancée, en prenant soin de choisir leur numéro, et leur grosseur par conséquent, en raison de l'elfort à suppor- ter et du poids qu'ils peuvent ajouter à la ligne. L'Émerillon à double anneau se place au-dessus de l'Émerillon à crochet. L'Émerillon est indispensable dans les eaux rapides des cascades et moulins Fùj. -279. Tuo-dialili' a\ec son Emerilloii a crochet. 264 EMPILAGE. Fig. 2S0. — Cuiller pour la sjrosso truite, avec sou Énierilluii ilouble sans crochet. 011 l'on pèche los poissons de proie. Truite, Brochet, Perche, etc. — Il est indis- pensahle dans la pèche ou passé et dans celle à Trolling. Il est fâcheux que l'emploi de ce petit instrument ne soit pas plus répandu : nous ne saurions trop le reconnnander : on le trouve dans le commerce classe par numéros analogues à ceux des ha- meçons. Il existe six grandeurs d"I']merillon simple et dix gran- deurs d'Emerillon douhle. Il faut, en les choisissant, s'assurer de leur parfaite mobilité et de la so- lidité des deux rivets du milieu. Ceux qui portent deux boucles ne souvrant pas, sont les plus solides. On les rend commodes néanmoins en adaptant à l'une des boucles l'avancée à demeure, à l'autre boucle, une boucle en soie tressée ou en florence, dans laquelle on produira, à volonté, l'entrelacement de celle de l'avancée ou de l'empile, etc. Toutes les ligatures qui environnent l'Émerillon doivent être bien soignées, vernies et à l'épreuve. Pour la pèche du Maquereau et de la plupart des poissons de mer, l'usage de l'Émerillon est de la plus haute importance. EMISSOLLE iSqualus mustellus, Cuv.). — Cliondopt. à branchies fixes, plaglost. Long, max. = 0™,(iO. Syn. : Sniooth-hotaid, angl. Quoique ce squale offre toutes les formes des Requins et des Milandres,et qu'il ait des évenis comme les derniers, on le reconnaît très-facilement à ses dents plates en petits pavés. Sa couleur est gris cendré en dessus et Manche en dessous : la ligne latérale est proéminente et le dessus du corps estmarquéde nombreuses taches blanches circulaires. La femelle produit ses petits en novembre; ils sont peu nombreux, environ une douzaine : ils s'enfoncent immédiatement dans les grands fonds d'où ils ne sortiront qu'au mois de mai suivant. Commun sans être très-abondant, ce squale se tient au fond sur les bancs découverts, où il se nourrit de crustacés et de mol'usques dont il brise les enveloppes avec ses dénis en pavés. Dans quelques endroits sa chair est estimée et passe pour délicate. EMPÉRATOUR et EMPEREUR. — Nom de l'Espadon aux environs de Nice. (Yoy. Espadon.) EMPILAGE. — Empiler un hameçon, c'est le fixer à une empile. Ces empiles varient, comme les hameçons, par la grosseur et la longueur. Les manières d'em- piler les hameçons sont nombreuses et varient aussi suivant la grandeur de l'hame- çon et le genre de pèche auquel on le destine ; car certains empilages sont très- apparents, d'autres le sont très-peu ; certains sont très-solides, d'autres le sont un peu moins, mais se prêtent mieux à quelques autres combinaisons. Dans tous les cas où les hameçons sont très-petits, il est difficile de serrer assez l'empilage sur la tige pour assurer une parfaite solidité, aussi vaudra-t-il toujours mieux choisir ces petits hameçons avec une palette qui, empêchant l'em- pilage de s'échapper en glissant, augmente de beaucoup la solidité de l'assem- blage. Nous allons passer en revue les différentes manières de faire les empilages, mais il faut, avant tout, se souvenir que, de quelque manière qu'on veuille empiler un hameçon gros ou petit, il faut le placer entre l'index et le pouce de la moÀn gauche, le dard en dessus, et le bout extérieur de la hampe où doit se trouver la palette tourné vers le dehors, vis-à-vis des ongles des deux doigts rapprochés qui le EMPILAGE. 265 Fiçj. 2S1. —Manière de tenir rhameçou pour l'empiler. tiennent. L'empile se place toujours en r/c.s.s»,s de la hampe de l'hameçon dans cette position {fi(j. 283), parce que la palette étant coupante et penchée en dessous, l'empile ne risque pas d'ôtre coupée par le frottement des angles du métal. 11 est donc entendu que toute empile, quelle qu'elle soit, sera attachée en dcr/ans de l'hameçon. Chaque matière qui sert à l'empilage doit subir un trai- tement approprié à ce terrible critérium de sa valeur, car il ne faut pas se dissimuler que c'est la plus décisive épreuve de la valeur d'un brin de florence ou d'un crin que de le voir sortir intact de cet entortillement frénétique et de ces tours de force d'élasticité. 11 est donc nécessaire d'aider la nature. à franchir ce pas redoutable. Le crin de cheval doit être mis à tremper plusieurs heures dans l'eau, meil- leure tiède que froide, et ne doit jamais être travaillé qu'avec les doigts humides. La florence, plus rebelle, doit tremper au moins une heure dans l'eau chaude ; quand elle sort de là, elle est molle, flexible et capable de se prêter à toutes les Corsions imaginables. Elle forme ces beaux nœuds perlés, ces empilages transpa- rents et réguliers qui font la gloire du pêcheur. La soie en cordonnet a dû être parfaitement dévrillée dans l'eau, séchée et ensuite enduite, à plusieurs reprises, d'huile siccative. (Yoy. Huiler les lignes.) La soie de sanglier, qui est extrêmement roide de sa nature, sera fortement ramollie par l'eau chaude, et travaillée vite et les mains mouillées. Le fouet de lin ou de chanvre le sera à sec : il se grossit à l'eau, par conséquent se consolide une fois empilé. Première manière (//^. 282 à 28 i). — L'hameçon étant tenu, comme dans la ligure 281, par les doigts de la main gauche, on prend le crin, la florence ou la soie de la main droite, et on plie cette cordelette en deux parties, A et B (//:^.^^fp^^^ on empile sur de la soie bien dé- Fig. soi. — l-il de fouet ponr empiles de cordiies. vrillée {fuj. :;05). Dans toutes les pêches de nuit, pendant lesquelles le pois- son pris peut 6(re fort, et dans tous les cas ne doit Cire conservé que par la solidité de l'attache, il faut se servir d'Empilés solides, et ne pas s'inquiéter si elles sont trop apparen- tes; la nuit ou le crépuscule cachent tout cela aux poissons. Dans tous les cas, il est bon de choisir des hameçons renforcés mais non à boucles. Pour la pêche de jour à la marée {fiff. 306), plus l'Empile sera invisible plus le succès sera assuré. Le choix de cette partie de l'appareil est d'une extrême importance, parce que c'est presque la seule que le poisson voie et dont il se préoccupe. Le pêcheur habile n'emploie et ne connaît pas de meilleure matière qu'un simple et unique crin de cheval : c'est le nec plus ultrù de l'Empile ; quand cela ne réussit pas, rien ne réussira. Et vraiment c'est merveille d'avoir trouvé une matière, — ceci de la main des hommes, — presque aussi invisible que le crin et beaucoup plus résistante que lui, c'est la florence. Cependant cette Empile d'un crin seul est incapable de retenir et surtout de soulever un poisson d'une certaine taille. Car si le poids de l'animal accroché s'élève seulement à -4 ou oOO grammes, il est à peu près certain que le pêcheur ne le conservera pas, quelles que soient sa prudence et son adresse. L'Épuisette lui sera indispensable, mais encore faut-il amener le poisson captif auprès du rivage . Pour la pêche de jour, à la main, nous disons donc que le crin de cheval d'a- bord, la florence ensuite, sont indispensables. Pour les mêmes pêches aux jeux, au pater-noster, on peut employer le crin cordé, la florence, ou mieux la soie de sanglier, qui n'a que le défaut d'être trop courte, et possède, comme le crin, le grand avantage de n'avoir pas de luisant, lequel dans les eaux claires sufflt pour effrayer le poisson et lui faire fuir l'appât. ■- Pour la pêche du Brochet à la main ou à la bricole, pour la Perche, pour la plupart des poissons de mer, pour toutes les pêches au vif, on se sert d'Empilés en laiton ou en corde filée, ce qui vaut mieux que les cordelettes ou chaînettes de fil de cuivre recuit. (Voy. Empiles en éculveau pour les poissons à deiits coupantes.) EMPILES EN CORDE FILÉE. — (Vov. BROcnET, Pèche, ct Corde filée.) EMPILES EN ÉCHEVEAU. — (Voy. AnGL'ILLE, Pèche.) EMPILURE. — Synonyme (V Empilage. EMPLOI DES ESCHES OU APPATS, par espèces de poissons et par saison. (Voy. Calendrier du pécheur, et Numéro des hameçons pour chaque poisson.) 270 EMIMJU DES ESCHES. NOMS DES Pni?POXS. SAISONS KSCHF.S Oli APPATS. Poissons d'eau douce. Ablettes m SKS Vilt - ? ars, avril. Anguilles diver- ses. — Apron. Printemps. Fin mars, fin avril Harbeau. /Mars, fin avril Brème ordinaire et bordelière. . .Tanvier, avril. Brochets. Avril, fin juil- let.. ... ..... i:té. 15 juin, août.. . 15 Octobre. Hiver. .lu in, fin août. Mai , septem- bre , . . Août, fin octo- bre Septembre octobre. . Carpes des difle-] rentes espèces. \ Fin mars, fin / mai Chabot Toute l'année. .luin, fin août. ' 16 mars, 15 / mai ■ Chevesne et pois- .SONS CYPRINS ana- logues 15 mai , fin juin. .luillet, août. Octobre, fin de- i cembre Septembre, oc- tobre.. . Hiver. I Vers cannelés, vers de vase ) Mouciies, asticots ; moucbe ' artificielle; vers de vase. Vers rouges et de vase. Vers rouges, lamprillons. ) Au vif; — sangsues, ablet- ' tes sècbes. (Voy. A.nguilles ) ! Vers rouges. Vers rouges, viande cuite. Cherfaix, gruyère, asticots dans les pelotes', jaune d'œuf dur, boulettes, queues d'écre- visses, vers de vase. Queues d'ëcrcvisses , vers rouges, viandes cuites, sang- sues. j Vers rouges, blé cuit, vers I à queue. Asticots dans les pelotes ; j fèves, pois, blé cuit, vers rou- / ges bien dégorgés , vers à j (|uene, vers de pâte, limaçons ' d'eau. . Vers rouges bien dégorgés, î vers de vase. / Vers rouges, rate crue et cuite, boyaux de poulet, pe- ( tites grenouilles. j Goujon, petits chevesnes, ) véron. Comme en janvier. ( Vers rouges, blé, fèves cui- \ IfS. : Fèves, pois, Lié, cliènevis I cuit, vers rouges préparés, I limaçons d'eau. Vers rouges préparés. Vers rouges, vers de vase. I Vers rouges, queues d'écre- [ visses, hamielons, chenilles. f Papillons, mouches artifi- ' cielles et naturelles. Tous insectes, cerises, gro- seilles, sauterelles, grillons, papillons et mouches artificiel- les et naturelles, sang, cocons de ver à soie, pain de creton, cervelle de veau crue , blé cuit, vers de farine. j Boyaux de poulet, cervelle / crue. EMPJ.Ol DES ESCHES. 271 /Mêmes appâts que le chevesne, mais plus petits Dard ou Vandoise. | |;;t^; Gardon blanc oi CARPE Gardon rouge ou rotengle ' Printemps. F'rintemps . Printemps Goujon. Lotte, . O.MBRE . Perche. Kté. Août, octoine. Septembre. Automne. Automne. Hiver. Même pêciie et mêmes appâts que l'anguille. Mars, août. Perche goujon - , NIÈRE ) Saumons de difTé- j rentes espèces., j Tanche Truites diverses. Septembre, oc- tobre Hiver. Comme la Brème et la Carpe. ' .lanvier, avril . Véron Toute l'année. Mai , septem- , bre Octobre , no- vembre RSCHRS OU APPATS. Mouches artificielles , blé cuit, asticots. Limaçons d'eau. Vers rouges. Vers rouges, cherfaix, blé l'MJt, boulettes, vers de vase, vers de farine. Vers rouges, vers de vase. Vers rouges. Ver cannelé, cherfaix, blé cuit, ver de vase, ver de fa rine. Ver rouge. Ver rouge. I Ver rouge, ver de fumier, ' ver de vase, asticots, i Ver rouge. Mouches naturelles ou très- petites mouches artificielles sur hameçons-aiguilles. Ver rouge, véron, goujon vif, asticots dans les pelotes, \ers de vase. Vif; — ver de vase. Au vif; — véron, patte d'écrevisse crue. Ver rouge. 1 Hanneton , mouche artifi- ' cielle; insectes, grillons. I , Mouche artificielle , ver ' rouge. j Mouche naturelle et artifi- I cielle. Au vif, surtout le vé- j ion , hanneton , sautereHe , ' grillon, papillon, chenille. j Mouche artificielle, vif, gros '. ver rouse. j Petits vers rouges, asticots, I vers de vase. 27â EMPLOI DES ESCHES. II, — Poissons de mer. Bar 1 j j^re\ ..!.. {octobre. ' Appât un peu gâté, lanières (le chair de sèche.vers de terre ou de mer, poltrons ou crabes mous. Harengs frais. Dlaquets. LîARBLE ' Même pèche et mêmes appâts qu2 le Turbot. BOMTE. CONGRt . Daurade. Dorées. EftREFIN. Flet . Germon. Limande. LiNGL'E. j Toute l'année, mais plutôt en : Mil] Septembre. Novembre,] a 11- i .luiilet, août. Toute Tannée Hareng i .Novembre, jan- ' vier .luiilet, août.. Juillet, août. Chair d'anguille, sardines, poissons volants, poisson arti- liciel. Harengs frais. Au petit poisson vif ; sèche. ' Dans les ports, au crabe mou ; harengs frais. Vers de terre ordinaires, petites plies et limandes, pilonos. Crevettes, crabes, morceaux de tlions, de maquereau, ou pétoncles. i Appâts vivant>!, jeunes pa- I gels. i Automne, hl- i Morceaux de harengs, d'é- ' ver j quilles et de pilonos. Mai, juin. Labres divers . .. Toute l'année. Toute l'année . Mars, août. Véron en eau douce , ou vers : ver blanc à pattes en eau de mer. Harengs frais. ' On se sert d'hameçons en t bricoles amorcés avec un j appât animal ou de leurres i de liège couverts de plumes, / de mouches à saumon, tue- V diables, cuillers. / On amorce avec des gra- ) vettcs ou des mouches arlili- j cielles. Excellente esche pour (^ tous les poissons de mer. IGravettes, chair de poisson frais quelconque. Mordent en tout temps. / Dans les ports, au blaquet l et aux vers blancs; pitot. En , ,' mer , crabes en morceaux. i moules et coquillages ; ha- ' rengs frais. j On amorce de harengs, sar- ( dines, etc. EMPLOI DES ESCHES. 273 NOMS DRS POISSONS. Maqiereau. SAISONS .luiii. I:SCHKS OL APPATS. Toute l'année , mais mieu\ en : Merlan. Merlu. Morue MULET. . Oblade. Septembre, oc- j Novembre et' tobre décembre. .(uillet, août. Juillet, août Juin, août. . . Même pèche que celle delà Daurade. Toute l'année , mais mieux en : Vers de mer, crevettes, de mars en septembre ; ou des fragments de chair de pois- son. Pciidaat le jour, il mord à •s, un morceau de drap rouge ; on se sert aussi d'un bon ap- pât qui consiste en un bout de tuyau de pipe de Qu^iOG de \ long, mis au-dessus de l'ha- meçon. Harengs frais. Foie de porc frais ou salé. Dans la boum' saison, mord facdemenl à tous les appâts, crabes en morceaux, sèches, moules , coiiuiliages , pitot, loiies de mer, hareng frais. Dans les ports , au crabe mou , au blaquet , hareng frais. , Dans les ports, au crabe \ mou , au blaquet . hareng i frais. Vers de terre sur la \ côte. I Dans les ports, au ver blanc ( à pattes. Pagel. / Dans les ports, près \ chers, mordent à tous rès des ro- us les ap- Juin , juillet, (Septembre, oc- ^P'^S' ^"'"^o"*. ^.'f '^h^'''" <}« août I tobre /leur espèce, equiiles, crevet- I V tes, crustacés, coquillages. Pagre Se pêche comme la Daurade : mêmes lieux et mêmes appâts. PÉI.AMIDE .. Plie. Raies Rouget grondin. Roussette. En même temps que le Thon, la Bonite, etc. Novembre, jan- , vier i IUn morceau d'étain poli, de la couenne de lard, une queue de maquereau, et tout ce qui semble vo!er sur l'eau. j En rivière, ver rouge; eH i mer, ver de sable. / Foie de porc ou de vache, \ rate, harengs ou sardines. < Se pèchent au fond de l'eau. f Sèches : coraets, de mars en V septembre. , Se prend avec les mêmes I appâts que le Maquereau et les Merlans. / Près du fo;id et dans les \ trous de rochers, on amorce Décembre à) avec de petits poissons, ma- mars ] qnereaux ou harengs, mer- f lans surtout, petites plies, rougets. 18 274 ENFERRER. NOMS DES POISSONS, Sarghe. Sardink. Saupe. Saurel. Soie. Sprat. Surmulet. Tho> . TrRBOT. Vieille. Vive . . . . SAISONS ESCHES OU APPATS. Toute l'année. i Septembre, oc- ' lobre Avril. ) Anchois salé. Se pêche du ( reste comme la Daurade. iOn en a pris avec des vers. Remplace le Hareng comme esche excellente pour tous les poissons. ÎSe pèche comme la Dau- rade, et aux mêmes lieux. Amorce de poisson frais, sur- tout le chinchard et le pilono. ' De février juillet. . . , j Novembre et ' tout l'hiver. Juillet. Avril et octo- j bre ( A la même époque que la sole. Toute l'année. Juin, juillet. { Se pêche comme le Maque^ ) reau. On amorce avec des pelou- ses, harengs frais, surtout les vers marins noirs. [ Sert d'appât pour le Maque- 'reau, le Saumon, et tous les / poissons de proie. / Se pêche en grande eau ; I s'approche de la surface pen- ( dant l'été. - On se sert d'hameçons en ( bricoles. Un appât animal \ quelconque, souvent un appât ^ de liège couvert de plumes, / des mouches à saumon, tue- \ diables, cuillers. (Se prend sur les côtes ro- cheuses , près des côtes, à l'embouchure des fleuves, bla- quets ou petits poissons et vers. j Chair de poisson, hareng ( frais, vers. Comme Labres. I Se pêche de la même ma- Août, octobre.. I nière que le Maquereau. ENARD. — Longue ligne, terminée par des lièges, qu'on attache à la tête^d'un Tramail, pour le maintenir vertical au fond de l'eau. ENCHELYOPUS. — (Voy. Loche de mer.) ENCORNET. — Nom vulgaire du Calnwr (voy. ce mot) sur les bords de la Manche. ENFERRER LES ESCHES DIVERSES. — (Voy. MANIÈRE d'enferrER, etc.. Enferrer un poisson vif.) ENFERRER UN POISSON VIF A L'HAMEÇON. — Les pêcheurs ont adopté un assez grand nombre de manières d'enferrer le poisson pour appât, et cela suivant les lieux et un peu aussi suivant l'espèce de poisson choisi pour Esche. En effet, si comme le Goujon, le Véron, etc., il a la vie dure, on peut être moins préoccupé de la manière de l'enferrer; si au contraire, il est comme le Dard, l'A- K.NFElîliEIJ. 275 bk'lle, etc., trc's-s('iisil)le, le i)i'('lK'iuchoisir;i [)aiini les dillerciits moyens que nous allons expliquer ici, celui qui lui senihlina le plus projjic à conserver à son amorce celle (pialih'' de la vie (jui l'ail loule sa valeur. Un principe basé sur l'observation doit cependanl dominer toutes ces métho- des, pourvu qu'elles soient rationnelles : c'est que tout poisson chasseur attaque sa proie par la tète. Ceci est sans exception, et la nature a été ici conséquente avec elle-même ; le mangeur a les dents en crochet la plupart du temps, par conséquent ces dents, cns'accrochant dans les écailles du mangé, le retiennent nécessairement et presque sans elfort; en second lieu, si la proie est grosse, quand le mangeur a pu embrasser la tète du mangé tout à fait, la partie la plus forte tlu corps suivra, car elle est rarement plus grosse que la tête des poissons-proie, et d'ailleurs la forme en fuseau aide à la déglutition. Dernière raison : si, comme le Chevesne, le man- geur n'a pas de dents proprement dites, il possède au fond du palais des espèces de crochets entre lesquels il broie en passant la tête du mangé et le rend inerte. Tout cela n'arriverait pas, si le mangeur attaquait le mangé par la queue. Nous avons eu cependant, à des lignes de fond de nuit, des poissons coupés en deux par le Brochet, et dont la partie caudale était enlevée; mais il est probable, dans ce cas, que le Brochet, au milieu de son élan terrible, aura manqué sa direction et que sa mâchoire impitoyable , qui devait broyer le poisson entier, n'aura plus rencon- tré que la queue qu'elle aura coupée, sous son étreinte, .comme avec des ciseaux. On prend un hameçon simple à boucle — c'est ici le cas de se servir de ces hameçons, — on f;ut entrer la palette dans la bouche du poisson qui doit servir d'appât, (fig. 30") et on la fait sortir au- dessous des ouïes. On attache ensuite l'hameçon à la ligne, sur laquelle on lie la queue du poisson. On prétend que de cette manière le poisson vit plus longtemps ; jjuis on coupe une de ses nageoires pectorales afin de le faire pirouetter dans l'eau et d'attirer plus fortement les poissons carnassiers, lesquels, pensant rencontrer un poisson blessé qui ne pourra les éviter, se jettent avidement sur lui. On peut modifier avantageusement cette mé- thode en se servant d'un hameçon fin liraerick, courbé ou droit, empilé soigneusement d'avance sur r^^^^^--^'^'^ '^ •^'''^^^^'^ tlorence forte ou sur corde filée d'une longueur de ^^^IJSiZZ 0'",^20 environ, cette Empile portant une boucle à /'V^. aos.— Bricole a i.oucie passée de la son autre extrémité. On passe délicatemejit cette "--« '"-^i-- 'i- 'h-^con sin,,,ie. boucle par la bouche du poisson, la faisant sortir par une ouïe, et l'on attache la queue du petit poisson sur l'Empile au moyen d'un petit fil délié ; il ne reste qu'à monter la boucle de l'empile dans le crochet à ressort d'un émerillon (pii doit terminer l'avancée {/iy. ."JOS). Quand on se sert de l'hameçon double nommé Bricole {/ig. 309) qui est bien préférable pour tous les poissons chasseurs à gueule dure et garnie de 'dents, on enferre le poisson de la manière sui- vante : On fend légèrement avec la pointe d'un canif et en travers le Bncoietimerick. dos du poisson, à la naissance de la nageoire dorsale; on fait une autre entaille pa- reille, en avant, à la distance de 0"',01, plus ou moins, suivant la grandeur de la Fia. 'SOI.— Hameçon à boucle passé daus l'ouïe du poissoii-nmorcc : le fil de ligne perçant la base de la Dorsale. 276 ENFEIUIKII. bricole dont on veut se servir, suivant la grandeur du poisson et suivant encore (juc la nageoire dorsale est plus ou moins rapprocliH' de la (pieue; on lait passer le bout de la chaînette ou la ])oucle de l'Empile de corde Idée, en commençant par linci- sion de la nageoire dorsale, et on le fait ressortir par l'incision qui avoisine la tète. Lorsque la boucle est sortie et dégagée de dessous la peau, on fait passer dans cette boucle une des brancbes de la bricole, puis on retire le tout en arrière, jus- qu'à ce que la boucle elle-même, ayant passé sous la peau, soit sortie par l'inci- sion postérieure. Le poisson se trouve ainsi suspendu en équilibre, il n'est i)as l)lessé mortellement et se promène très-longtemps. En plaçant la bricole, on a soin de la tourner de manière ({ue les pointes soient en l'air. Ftg. 310. - roissou anioice traverse; j.ar la ligue, et la Quand On pÔchc à la VOléc aVCC (iiieuc lii'^o sur le fil. • • c i x un gros poisson vit, on se contente de passer rbameçon dans la chair de la queue, ou de l'accrocher par la peau du dos. On peut encore se servir pour enferrer le poisson-appàt d'une aiguille [fig. SU) faite en fil de fer aminci à la lime, en pointe d'un côté et au bout duquel on pratique un petit crochet dont l'extrémité est rentrée - ^ en dedans. On passe cette aiguille bien doucement Fig. 311. - Aiguille à enferrer le pj^p \^ bOUChc du poisSOU pOUr nC paS Ic tUCr, Ct 011 - P**'"*"" ■ la sort par l'anus, puis, mettant la boucle de l'Em- pile dans le petit crochet, on la retire par le corps du poisson {fi(j. 310). Un des dards de la bricole se place dans le corps du poisson, l'autre, — ou les deux autres si l'on se sert d'un grappin, — se rapprochent de chaque côté de la nageoire anale. On prend ensuite un plomb de chasse n" 4, que l'on a perforé ; on passe dedans l'Empile et on fait entrer ce plomb dans la bouche du poisson afin que l'animal des- cende entre deux eaux sans que rien paraisse au dehors. On passe alors la boucle d<' l'Empile dans le crocheta ressort d'un émerillon qui termine l'avancée. On peut encore faire passer l'aiguille dans la partie charnue du dos du poisson, depuis l'ouïe jusqu'à la queue, en introduisant à sa suite le fil de l'Empile jusqu'à ce qne la bricole ou l'hameçon se trouve couché le long de l'ouie. Cette blessure, que l'on fait le plus superficielle possible, n'empêche pas le poisson de se mouvoir et de vivre longtemps. La manière la plus simple, et en même temps la meilleure, consiste à faire en- trer la pointe de l'hameçon, ou de l'une des branches de la bricole ou du grappin, dans la bouche du poisson et à la faire ressortir par une des narines. Quoique l'ha- meçon reste ainsi parfaitement à découvert, les pois- sons chasseurs y donnent tout aussi bien, et comme ils attaquent toujours, avons-nous dit, par la tète, ils se prennent souvent sans avoir même avalé l'appât, et ils pendent à côté de lui pris au même hameçon. ' . Il nous reste à dire un mot de la manière dont on Fig. 312. — Poissou vivant que I on - . . peut attacher sur deux Tue-Diable de plaCC IcS pOlSSOUS Vivants SUr IcS appareils IlOmmés construction différente. Tue-Diohle {fig. 312), qui servent'pour pêcher dans les chutes d'eau et endroits rapides, où les méthodes ci-dessus laisseraient déchirer le poisson. Nous renvoyons pour cela au mot Tue-Diable où les méthodes seront natu- rellement expliquées à la suite de la construction des appareils. (Voy. BRicOLn:, Vif [Pèehe au]). ENGOURDISSEMENT. 277 ENGAMER. — Se (lit, cn termes dépêche, de l'iiction du poisson qui avale en- tièrement une esche à l'hameçon. Le talent du pécheur consiste surtout à faciliter cette action du poisson, aussi choisit-on en conséquence la grandeur de l'hameçon, sa grosseur, sa force, son empilage, l'esche dont on l'enviroimera. Ces petites précautions, qui peuvent sembler puériles et minutieuses au pêcheur inexpérimenté, sont observées avec beaucoup de soin par le pêcheur habile, qui sait qu'elles conslitueni un des moyens les plus puissants de réussir. ENGINS DE PÊCHES SPÉCIALES. — (Voy. REÇUES SPÉCIALES.) ENGOURDISSEMENT. — L'abaissement de la température coïncide, pour un assez grand nombre de poissons, avec un état d'engourdissement très-remarquable ; pendant l'hiver certai- nes espèces disparaissent à nos jeux et vont chercher, dans les profondeurs de la vase ou au fond des crônes, des endroits où elles puissent vivre de la vie végétative, jusqu'au retour du vivifiant soleil. La plus grande partie des poissons frugivores d'eau douce est dans ce cas ; la Carpe, la Tanche, restent cn hiver appliquées contre la vase et rassemblées en grand nombre, comme si, dans ce ras- semblement, ces animaux devaient trouver un accroissement de chaleur. Phénomène extrêmement digne de remarque, puisque le corps des poissons présente une température à peine supérieure à celle du milieu dans lequel ils vivent. Le Goujon disparaît si bien à l'entrée de l'hiver que quand il reparaît vers le mois de mai dans les rivières, son apparition a l'air d'une invasion, et dans beaucoup d'endroits on lui attribue une origine des plus bizarres. (Voy. Goujon.) L'Anguille, la Perche, le Brochet, les poissons carnivores de nos eaux douces, restent seuls vivaces et errants à la recherche de leur proie devenue extrêmement rare, et encore, pendant les grands froids, vont-ils aussi chercher au fond des eaux un refuge contre la rigueur de l'hiver. C'est un spectacle assez curieux que le rendez-vous, auprès des sources chaudes qui versent leurs eaux dans les rivières, d'espèces réunies contre l'ennemi commun etqui, au premier rayon de soleil, vont se disperser chacime de leur côté, l'une dévorant l'autre, celle-ci fuyant la dent de celle-là. Ce phé- nomène est attesté par la pèche à l'épervier. Dans les endroits des rivières où l'on sait qu'existent certaines de ces sources, on prend simultanément le Brochet et le Gardon, le Goujon et la Perche, l'Anguille, la Lotte et le Yéron. C'est également dans ces lieux de refuge que le pêcheur à la ligne doit aller essayer sa patience, s'il ne préfère demeurer au coin du feu et réparer ses engins pour la saison meilleure. Encore ne prendra -t-il, par un rayon de soleil, que les Carnivores. Nous ne pouvons résister an plaisir de citer une anecdote due à CuvieretàValenciennes; — elles sont assez rares dans leur immense ouvrage pour qu'on les recueille avec empressement quand elles animent l'histoire des mœurs si peu connues des poissons, même nos commensaux. — « J'ai trouvé, dit l'un d'eux, un tronc de saule que le pécheur avec qui j'étais avait attaché à la remor- que d'un bateau pour le ramener chez lui, afin de le brûler ; ce tronc d'arbre fut traîné et remué pendant plusieurs heures. Quand on le mit à terre, on s'aperçut qu'il était creux et qu'une vingtaine de Barbeaux, dont plusieurs assez gros, s'étaient serrés les uns contre les autres dans ce tronc d'arbre. On put les tirfr de leur retraite, et ils furent assez longtemps sur la terre, sans remuer ni sauter comme le fait le poisson hors de l'eau. »' N'est-ce pas là une somnolence hivernale ? —Et un peu plus loin : «Le Meunier {Cypi'inus Dobula) s'engourdit aussi pendant l'hiver; plusieurs individus se serrent ensemble dans un trou de berge et demeurent immobiles pendant la mauvaise saison, telle- ment qu'on peut les prendre à la main. » Nous avons à dessein laissé de côté la famille des Salmones, qui comprend dans nos eaux les Truites diverses, les Ombres et les Saumons. Pour ces poissons, l'hiver est le temps des amours, et loin d'être une époque d'engourdissement, c'est pour ces animaux le temps de leurs travaux et de leur migration. Les poissons de mer offrent des phénomènes analogues, et le nombre prodigieux de certaines espèces, fait de leur apparition ou de leur réveil un sujet toujours nouveau d'étomiement et d'admi- ration. Où vont se cacher en hiver lesThons,les Sardines, les Harengs? Nul ne le sait positivement, quoique chacun prétende avoir décrit leur migration annuelle. Il est hors de doute que la majeure partie des poissons de mer s'éloigne des côtes, à mesure que décroît la température moyenne de l'année, et qu'ils s'en rapprochent pendant le temps des chaleurs. (Voy. Maquereau.) Ce fait général f t régulier tient-il à un besoin d'aller s'engourdir dans les grandes profondeurs de l'eau pour y demeurer à l'abri des bouleversements de la tempête, — qui n'atteint qu'une épais- seur insignifiante de la surface des mers, — et y jouir d'une température égale et constante? ou 278 K P A U L E. tioiit-il à la néeC'-sitc d'y aller clierclier une nourriture particulière? C'est ce que nous ne savons pas encore; le fait.danssa régularité, est coustaut, la cause est inconiuie. Combien encore l'homme a-t-il à découvrir de faits seniiilahles (jui se passent chaque année sous ses yeux ! Nous ne terminerons pas cet aperçu général des phénomènes les plus dignes d'étude de l'histoire des poissons, sans consigner ici que nous avons indiqué, h chaque notice spéciale sur les espèces contenues dans ce livre, le temps, le mode et le lieu de leur engourdissement quand il est connu. ENGUlELLiO. — Nom provençal de V Anguille. (Voy. ce mot.) ENLARMERUN FILET. — Poiu' eiilarmer im filet, on le borde d'nne sorte de lisière l'ofinéc de mailles faites en fieelle plus forte (pie le eorps de l'engin. Ces mailles sont généi'alement du double plus grandes (pie celles du filet; elles servent à augmenter sa force et à le jjorder d'ime corde i)lus i,^i'(>ss(> encore, (^'oy. Border UN FILET.) ENQUETTE. — Nom picard de V Alose feinte. (N'oy. ce mot.) ENTIÈRE GRANDE. — Synonyme de folle. (Voy. ce mot.) ENTONNOIR. — Synonyme de verveux. (Voy. ce mot.) ENTOUR. — Synonyme de tour. (Voy. ce mot.) ENTOZOAIRES CHEZ LES POISSONS. - (Voy. 1>aiîasiii;s di:s poissons.) ENTRECRI. — Nom vulgaire de la Gremille à Arcis-sur-Aube. (Voy. Gre- MILLE.) ENTREMAILLADE. — (Voy. Trama IL.) ENTREMEAUX. — (Voy. Entremaillade.) ENTURE. — Manière de la pratiquer. (Voy. Scion.) EPAULE. — La ceinture osseuse de Cépaule ou arcade scapukdre (st attachée à l'os par- (iccipital ou os du second rang, à partir du superoccipital, qui occupe le milieu du crâne. Quelque- lois elle est attachée à cet os et au wav/ùiV/y, d'autres fois à ce même os et au pétrosal ou os du labyrinthe de l'oreille, comme dans la Morue; elle s'attache aussi au paroccipital et au sous-occipital. Dans l'Anguille cette ceinture est faiblement développée et suspendue librement derrière le crâne ; chez les Plagiostomes ou Squales, les Roussettes, elle est encore reléguée plus loin du crâne. La pièce supérieure qnWA com'^o^e&silQ supra-scapulaire, qui est attaché par une extrémité à la crête cervicale intermédiaire et par l'autre à la crête externe. Dans le crâne de la Plie, c'est un os crochu en dessus et en arrière. La seconde pièce ou le scapulnire &sl très-développé dans la Perche, mais manque dans la Morue et beaucoup d'autres poissons. La troisième, formée de pièces beaucoup plus grandes et plus fortes que les précédentes, forme l'arcade par leur union en une ligne médiane inférieure. Ce sont les os corucoidiens ou les Inane'raux, os de l'épaule. L'arcade scapulaire s'étend derrière les opercules, déterminant la forme et la puissance de l'é- paule du poisson. Ce sont les os coracoïdiens qui défendent et supportent le cœur et donnent un point d'attache au diaphragme qui sépare les cavités péricordiales et abdominales. A l'arcade scapulaire ou à la ceinture osseuse de l'épaule, sont attachées les nageoires pectorales (lui représentent les jambes dedevant ou les bras des vertébrés d'un ordre plus élevé. Le radius ou 'À^ os de l'avant-bras est d'une grandeur énorme dnns le poisson volant. Vulna ou radical est ankylosé au radius dans le Silure, pour fournir un support plus ferme à l'épine pectorale si large, et dans la Haudroie les deux os sont extrêmement petits et se soudent au coracoïdien. Les os du carpe varient en nombre de 2 à 5, augmentant progressivement de longueur plus ils s'approchent du radial ou du côté extérieur. Dans les poissons longs ils sont réunis en un seul os plat. Les os du métacarpe et les phalangiens sont les rayons des nageoires pectorales qui, dans la Morue, par exemple, sont au nombre de 20, tous flexibles, joints et fourchus à leur extrémité. Chez les Raies, les rayons pectoraux sont encore bien plus nombreux et plus longs. Dans les Acanthoptérygiens, le premier rayon des pectorales du côté ou radical [ulna) est une forte épine, sans articulation. Chez beaucoup de poissons, un os mince, en forme de stylet mince, épicoracoi lien et formé le jdus souvent de deux pièces, est attaché k l'extrémité supérieure du coracoïdien. Cet os est extrê- mement meiui et souvent absent dans les poissons longs, le Mulet, les lîlennies, les Gobies, les Épino- ches, le Silure, et beaucoup de poissons apodes. ÉPERLAN. ^79 ÉPAULEMENT DOUBLE ET SIMPLE. — (Voy. GaNNES A PÈCHE et SciON.) L'ageucenienl des clillereiiis nuirceaux qui coinposeiil une canne à pèche se dé- montanl, est un des points les plus importants pour le p6(;hein- inlelligent. Tous savent combien il est difficile de trouver une canne dont les compartiments con- servent entre eux une adhérence ])arfaite, malgré les mouvements répétés que né- cessite la pèche à la mouche, par exemple. Dans le cas même de la poche la plus sédentaire, il est toujours de la plus grande importance que l'on soit sur du jjrincipal instrument dont on se sert, de celui qui supporte tous les autres. Nous devons donc appeler l'attention sur la forme à donner aux joints des par- ties de -la canne. Le mode d'agencement le plus simple est, sans contredit, d'amincir chaque morceau de façon qu'il entre dans un trou fait à l'extrémité de celui qui le précède. On a bien vite remarqué : 1" que le morceau perforé se fendait sous l'effort, et t{u"il fallait le consolider en le couvrant de fil ou d'une virole de métal; 2" que la forme eonique du morceau entrant facilitait autant sa sortie que son entrée. On a donc été conduit à chercher un perfectionnement eton l'a trouvé dans ï éjxmlemenf . On a garni l'extrémité du morceau creux d'une virole de cuivré entourant le bois, et, dans ce bois, on entrait à frottement le bois de l'autre morceau. Ceci était meilleur, mais l'humidité les faisant gonfler tous les deux, on ne pouvait plus les séparer. On a donc cherché mieux, et l'agencement h double épaukment [fy. 813) est le dernier mot de ce qui est nécessaire. AS, CM, sont deux viroles en cuivre qui entrent à frottement doux l'une dans l'autre ; le morceau de la canne est terminé en goujon circulaire I d'un plus petit diamètre que A, et le morceau N est creusé en H d'un trou dans lequel I entre également à frottement doux. L'adhérence est donc produite par deux frottements : celui du cuivre contre le cuivre par les deux douilles AS, CM, et celui du bois contre le bois par la partie I contre H. L'épaulement de CI et la longueur de RS doivent être cal- culés de telle sorte que la partie C ne porte pas sur l'épaulement A quand la canne est montée. Ce mode d'assemblage remédie parfaitement à l'effet extirpatoire que produit la flexion des morceaux les uns contre les autres, dans ,, l'action de fouetter avec la canne à mouche. Quand on craint encore que l'effet de la pêche, de la sécheresse, ou une cause quelconque désassemble les morceaux, on place en et en N, un petit morceau de ^'^' ''"'■ fil de fer ployé en U sous chaque virole, et on les consolide par deux ligatures faites exprès, puis, quand la canne est montée, on tourne autour des deux U une aiguillée de soie qui reste attachée à l'un d'eux; cette soie est maintenue serrée ainsi entre le fil de fer et la canne, et les deux morceaux d(> celle-ci demeurent inséparables. ÉPÉE. — Nom de V Espadon. (Voy. ce mot.) ÉPERLAN [(>;»'e], (Osmerus, Art.). — Malacopt. abd. Salmon. Genre facile à distinguer par la forme du corps allongée et mince ; aiàchoire supérieure garnie d'une seule rangée de dents, mâchoire inférieure à dents plus fortes, en deux rangées, toute la bouciie munie de dents pointues. Écailles petites extrêmement minces, comme quadrillées. Mœurs marines ou au moins habitant des eaux saumàtres. Une seule espèce en France. ÉPERLAN COMMUN (Osmerus eperlanus, Val.). — Malacopt. abd. Salmon. Long. max. 280 ÉPEHLAN. Syn. : Smelf, angl. — S]ier/ing, Smout, DouOretk, ccos. — Meerstint, ail. — Sperinch, flam. — Slnu, suéd. — Sperhig, holl. — Szynko, polon. — P.ôke, Ktôkle, iiorwëg. Ce poisson a le dos presque droit dans la direction de la tête, ce qui fait paraître la ligne du ventre plus courbe que celle du dos. La bouche est fendue obliquement vers le haut et la mâchoire Fig.m. — Kppilaii commun 'Osmerus Eperlanus Vm.). Inférieure est plus longue que l'autre. Quaire grandes dents au vomer, beaucoup de petites sur les autres organes de la bouche. D ^ n. P = 1?. V = 8. A= 15. C = 19, très-fourchue. Dorsale et ventrales longues et pointues. Ces poissons entrent dans nos fleuves au printemps par troupes énormes, mais sans jamais dépasser le point où l'eau devient douce. Ils s'y nourrissent de vers et détritus animaux abondants à l'embouchure des fleuves, et surtout dans la partie où l'eau douce lutte contre l'eau salée. Chair excellente, quoique à odeur parfumée qu'il faut aimer. On en prend beaucoup dans la Seine, l'Orne, la Loire, etc. ÉPERLAN COMMUN. — L'Épei'laii vient se faire pêcher à rembouchure de la Seine avec les sennes, les nasses et les guideaux. Dans les eaux tranquilles, mais où cependant la marée se fait sentir, on le prend au carrelet à petites mailles. Yarrell dit que, dans le Norwich, les Éperlans se prennent au moyen d'un grand épervier, et que les êperlaniers de ce pays sont renommés par leur habileté à se servir de ce filet spécial. Cette pêche se fait de nuit. On a observé un fait cu- rieux ; c'est que tous les poissons désertent l'endroit où TÉperlan vient frayer et s'enfuient de la rivière jusqu'cà ce que cette opération soit terminée. (Voy. Temps de FRAI.) Aussitôt que le frai est fini, l'Éperlan retourne à la mer, vers la fin d'août. Les jeunes ont environ 0'",06 de long, à cette époque, et nagent en grandes troupes à la surface de l'eau dans les rivières, montant et descendant suivant la marée. Flem- ming pense que l'Éperlan se nourrit de petits poissons, et surtout des crevettes d'eau douce. On prend ce poisson aussi bien sur les côtes sableuses de la mer que dans les rivières sur le chemin de la marée, au moyen de fdets à très-petites mailles. Le colonel Mequell, en Angleterre, garda pendant quatre ans des Éperlans dans l'eau douce d'un étang sans comnnmication avec la mer ; ils continuèrent à croître et à propager abondamment. Ils ne furent môme pas incommodés quand l'étang gela assez fortement poui- permettre d'y patiner. Lorsqu'on les pécha, les marchands de poissons avouèrent n'avoir jamais rencontré d'Éperlans aussi dé- licats. Salter prétend avoir pris de très-beaux Éperlans en péchant à la mouche dans les marais de Porlsmouth, mais il se pourrait bien qu'il ail confondu ce poisson K pi: |{ VIEIL 281 avec le Prêtre ou l'Alhérine, qui est Irès-commuu dans cet endroit. Ce fait esta expérinienler de nouveau mms l'embouebuie de nos rivières. ÉPERLAN DE LA SEINE. — (Voy. ABLETTE BIPONCTUÉE.) ÉPERVïER. — De tous les filets à main l'Hlpervier est, sans contredit, celui qui exige du pécheur le plus d'habileté, le plus d'usage, et, par consé(juent, il sert à une poche extrêmement attrayante. Le maniement de ce fdet, lourdement plombe, forme une gymnastique qui demande au pêcheur autant d'adresse que de force. Il est vrai qu'il y prend des poses artistiques, mais il est tout aussi vrai qu'il y prend, en même temps, un bain de pieds qui conmience par les épaules. On doit donc recommander aux amateurs de la pêche à l'Épervier, de faire l'acquisition d'une blouse eu étoffe imperméable dont ils fermeront les manches, au-dessus des poignets, par des bracelets en caoutchouc cousus dans l'étoffe même. Au sujet de ce vêtement, nous ferons remarquer que si les étoffes caoutchouquées ont l'avan- tage d'être absolument imperméables à l'eau extérieure, elles ont exactement le même avantage vis-à-vis de la transpiration à leur intérieur. Il en résulte que sous sa blouse caoutchouquée, le pêcheur n'est pas mouillé par l'eau de son Épervier, mais prend un bain de vapeur de transpiration condensée, ce qui n'est pas plus agréable. Nous conseillons donc plutôt la chemise huilée du matelot, qui garantit de l'eau extérieure et laisse un peu plus d'intervalle à la transpiration. Elle ne sent, d'ailleurs, pas plus mauvais que le Mac-Intosh ordinaire; c'est une odeur d'un autre genre. Avec une blouse ainsi faite en toile huilée, et le pantalon pareil, on acquiert un faux air groënlandais d'autant mieux porté qu'on laisse derrière soi un parfum tout à fait dans le goût du pays. Ce qui est beaucoup préférable à tout cela, c'est un vêtement, blouse et pan- talon, façonné en grosse flanelle noire dont les matelots construisent leurs vareuses — étoffe que l'on trouve d'ailleurs partout — poreuse au dernier degré, par con- séquent favorable à la perspiration , hydrofuge en commençant, il devient néces- saire d'assurer la perpétuité de cette dernière qualité au moyen des procédés chimiques connus. L'Épervier est tout simplement un vaste cône de fdet, ou, pour mieux dire, c'est un rond de fdet que l'on soulève par le centre. Le suprême talent de le lancer consiste à lui donner une impulsion qui lui fasse reprendre en l'air sa forme natu- relle, et lui permette de frapper la surface de l'eau étendu dans toute sa grandeur. Ainsi livré à lui-même, le poids considérable des plombs qui chargent sa cir- conférence, et aussi la finesse des fils qui le composent et qui offrent très-peu de résistance à l'eau, lui font gagner le fond avec une très-grande rapidité. C'est de cette rapidité, d'ailleurs, que dépend en grande partie le succès de cette pêche. Par le fait même de ce que nous venons d'expliquer, si l'Épervier est meurtrier dans les eaux où la nature du fond lui permet de s'étendre, il est absolument inu- tile dans les endroits remplis de rochers, de racines ou de pieux. Ces derniers sont souvent plantés à dessein dans le sol, afin d'empêcher l'action de l'Épervier, l'engin de prédilection des maraudeurs de nuit. Pourvu que l'on ait eu la précaution de piquer quelques clous à tête saillante sur les faces latérales des piquets, et que le tout demeure sous l'eau, le pêcheur à l'Épervier ne retirera de son filet que la corde... parce qu'il la tient. Les roseaux dans l'eau douce, etles grandes algues dans la mer, rendent souvent incertaine, sinon inefficace l'action de l'Épervier. Il faut encore se défier des trop grandes profondeurs d'eau. Ceci est une affaire de temps ; quelle que soit, en effet, la rapidité avec laquelle plonge le filet, il n'en faut pas moins un in- 282 EPÊRYIER. torviille (le temps très-appréciable, pour que d-e la surface il gagne le fond, alors qu'une distance de (> à 8 mètres les sépare. EiVrayé par le choc du filet sur l'eau, le premier mouvement du poisson est de fuir. l'resque toujours il le fait en plon- geant verticalement. Si le filet arrive presque aussi vite que lui au fond, il est pris; mais si, par suite d'une couche d'eau considérable h traverser, l'Épervier éprouve un retard appréciable, la fuite verticale du poisson se change en fuite horizontale qui le met en nu clin (['(cil hors des atteintes du pécheur. Après avoir ainsi démontré les imperfections de la pèche à l'Épervier, il nous reste à constater, pour être vrai, ses immenses avantages. Le tilet est peu embar- rassant, avec de l'adresse et de l'habitude on le lance à peu près partout. Dans nos rivières à cours moyennement profond, son action est certaine. Enfin, il peut prendre toute espèce de poisson, excepté, hàtons-nous de le dire, ceux qui savent s'enfoncer dans la vase, par exemple, la Carpe, l'Anguille, qui, plongeant leur tète dans la boue, laissent passer le filet sur leur queue iïexible, et lui échappent ainsi presque toujours. Nous avons indiqué au mot mailler un filet comment on ourdit l'Épervier qui entre dans la catégorie des filets ronds-coniques. Les mailles de ce filet varient énormément comme ouverture. Les Éperviers qui servent ta prendre le Goujon, l'Ablette, la Loche et autres petits poissons, ont des mailles de 0'",0i seulement. On est obligé de les ourdir en fil extrêmement fin, de les charger de beaucoup de plomb, et surtout de ne pas pécher dans une trop grande profondeur d'eau, afin ({u'ils descendent assez vite. Au-dessus d'eux se font des Éperviers à mailles de ()™,02, de 0'",03,de 0'",04,jusqu'cà 0'°,08 et même 0'",\0 d'ouverture. Ces derniers s'adressent seulement aux gros poissons et comportent alors des dimensions consi- dérables. N'oublions pas que les règlements préfectoraux complémentaires des lois sur la pêche, dét(n'minent pour ce genre de filets, comme pour tous les autres, la dimension que doivent avoir les mailles, suivant l'espèce de poisson que l'oiîse propose de pour- /Vy. 3tb. — l'iomhs (Irpoi-Nicr, .le (liv.Msos SUlVrC. giosseuis. La dimension ordinaire d'un Épervier est de 15 à 20 mètres de circonférence, de telle sorte qu'étendu par terre, il couvre une aire circulaire de ^JS à 40 mètres carrés, et que, relevé en faisceau, il ait une hau- _^^ , v;-- ^*'^^'' ^^^ 3 à 4 mètres. Le bord de l'Épervier doit être garni ^^^^^^^S d'un chapelet de balles ou de lingots de plomb {Jig. 315) qui pè- Fig. 310. - Corde des seut dc 10 à 15 Ivilog. Cc chapclct est monté sur une corde so- piombs. lidg (](, ).j gi'osseur d'un tuyau de plume [fuj. 316), et bordant le tilet àO'",20 ou O^SO de son bord extrême. C'est à cette corde maîtresse que vien- nent se rattacher d'autres cordes, suivant les génératrices du cône, et se réunissant par conséquent à sa culasse, dont nous allons expliquer l'emploi et la forme. La partie qui déborde la plombée 1 (//^. 317) ne reste pas flot- tante librement. De 0'",20 en 0",20, plus ou moins, suivant la cir- conférence de l'Épervier, on la relève à l'intérieur comme une sorte d'ourlet 1,2; mais, au lieu de la rattacher directement au filet, on la suspend, à un certain nombre de rangs plus haut, au moyen de corde- lettes lâches 2, 3, qui en forment comme une espèce de poche circu- laire et demi-flottante. Ces cordelettes se rattachent aux cordes génératrices dont nous avons parlé et que l'on appelle les Mercs de l'Épervier. EPERVIE». -28:] La ligure 317, donnant une coupe des poches de l'ÉpQrvier, montre les plombs, l'ourlet relevé et la cordelette rejoignant la diiectrice. On donne à ce filet le nom (ïFpervier àpoc/tes ou à blouses {fiy. 318). Lors({ue l'Epervier étendu a gagné le fond, les poissons se trouvent serrés entre le filet et le sol, mais au moment où on relève l'Epervier en agissant sur la culasse, il se forme un vide (jui leur rend un peu de liberté et pendant lequel les plombs de la circonférence se rap- prochent. Aussitôt, s'empressant de frapper du nez entre le filet, ils en suivent la nappe, passent entre les cordelettes et se rendent dans l'our- let libre B (//^. 318) où ils restent entortillés. On construit quelquefois des Éperviers d'une autre forme [fig. 31 y). La plombée se place à l'ex- trôme bord du filet B (//.9. 319), les mères y sont attachées directement, '"' mais au lieu d'être réunies à l'extrémité de la culasse et attachées tout à la fois au filet et à la corde A (fi(j. 319) de jet, elles ne sont réunies qu'fi cette dernière et passent à travers une ouverture ménagée dans la culasse du filet. Supposons cet Épervier lancé et déployé au fond de la rivière : en agissant sur la corde de jet, on retire directement les mères qui, agissant sur la corde circulaire des plombs, la ramènent en dedans en en diminuant la circonférence. Le filet reste flottant alors, et forme, tout autour et en dehors des plombs, une grande poche circulaire dans laquelle les poissons s'entortillent et restent pris. Suivant les pays, on élève de grandes discus- sions parmi les pêcheurs sur l'excellence d'une de ces formes vis-à-vis de l'autre ; toutes deux sont bonnes, mais nous croyons le jet et le ma- niement de la première plus commodes que ceux de y Epervier à mères libres. En effet, lorsqu'on re- tire l'Epervier à bourse de l'eau, il a conservé sa forme et il suffit de l'ouvrir avec précaution pour en retirer facilement le poisson. L'Epervier à mères libres revient, au contraire, à l'état de pa- quet, plus difficile cà ouvrir et ;i décharger, sur- tout quand il est plein de vase, de feuilles et d'herbes. Pour les très-gros poissons, ce dernier serait peut-être préférable, parce qu'en somme, il se ferme mieux et plus vile que l'autre. Les pêcheurs enfin, ont simplilié les deux formes d'épervier {fg. 318 et 319) en supprimant tout à fait les mères. Le filet demeure alors un cône simple [flg. 320) muni par le bas d'un large ourlet flottant relevé à l'intérieur. Le pêcheur le plus robuste est à peu près à bout de forces lorsqu'il a jeté, dans une seule séance, trente à quarante fois un Épervier de dimensions ordinaires. II est /" I" ig. 310.— Kper\ii'i- a mères libres. 284 Ë PEU VI En. Fig. 320. — Épervier moderne mais à bourses. sans ineres, donc important (lu'il étudie avec Lcaucoup de soin les eaux dans lesquelles il veut le jeter, pour ne pas épuiser ses forces en lançant au hasard, et quelquefois perdre son filet en l'accrochant dans des endroits d'où il ne pourrait plus sortir. C'est surtout à celle pèche (ju'il est importanl, lorsqu'on le peut, d'cwtorcer à l'avance. (Voy. ce mot.) L'abord des piles de ponls, des es- lacades, des écluses, l'enlrée des cours d'eau et des égouts, les haïs, les pointes d'Ue sont les endroits les plus favorables pour jeter l'Épervier en eau douce. En mer on choisit l'entrée des porls, le voisi- nage des rochers, des digues, etc., suivant la connaissance que l'on a du fond. Arrivons maintenant à la manière dont il faut s'y prendre pour jçter l'Épervier, et prévenons les commençants qu'il est bon de faire son apprentissage sur une prairie ou loul autre endroit bien uni. Il faut com- mencer par lier à son poignet gauche, en formant un nœud coulant, la corde de jet attachée à la culasse. De cette manière on est sûr que le filet ne s'échappera pas des mains du pécheur. Mais on est également stir que, si le filet est mal jeté, le pé- cheur pourra très-bien le suivre, manœuvre qui manque complètement d'agré- ment et contre laquelle on prendra ses précautions par un apprentissage sérieux et complet. N'omettons pas d'expliquer ici que toute espèce de bouton ou objet dans lesquels une maille peut s'accrocher doit être complètement prohibé dans l'habillement du pécheur, s'il ne veut se lancer lui-même à l'eau en même temps que son filet et faire le plongeon à la suite de son Ëpervier. La corde étant attachée au poignet et le filet rassemblé devant le pêcheur, celui- ci l'attirera légèrement vers lui par la culasse {/îg. 321). Il aura roulé dans sa main gauche — ce que l'on ap. pelle lover, — la corde maî- tresse du filet , et saisira dans la même main l'extré- mité de la culasse. Suivant la longueur du filet, il re - pliera deux ou trois fois sur elle-même la partie supé- rieure qu'il tiendra endjras- sée dans cette même main gauche jusqu'à environO'°,tO à 0'",70 des plombs. Rap- Fig. 321.- Pre.Micr tem,,s . Mauière de rassen.bler iKpervier avant de s'en pi-ochaut alorS de lui CC qui charger. r t reste de filet pendant, de sorte que les plombs louchent à peu près à terre, il saisira de la main droite à peu près le quart du lilel pendant et, renversant le filet, il en jettera les plis sur l'é- paule gauche en les étendant (fig. 322). Gela fait, il saisira de la main droite à peu ÉPERVIER. 285 Fig. 322. — Deuxième temps : L'Épervier sur l'épaule piêt à lancer. près la moitié de ce qui reste, et le surplus demeurera pendant devant lui, tant dans la main gaurhe (pi'entre les deux; mains. Cette manœuvre préparatoire bien comprise, le pécheur s'approche de l'eau, l'épaule droite en avant; il prend son élan pour tourner hi-usquement le corps do. droite à gauche, et par une impulsion simultanée des deux bras et de l'é- paule, il lance devant lui le filet que sa main gau- che laisse aller et que son bras droit arrondit en se déployant. Si celte action des deux bras a été bien combinée, la plombée — que l'on a d'ailleurs h'-- gèrement balancée par un mouvement préparatoire des bras et du corps — acquiert une force centrifuge qui déploie complètement le filet et le laisse tomber à la surface de l'eau comme une nappe circulaire. Quelques pécheurs, en lançant l'Épervier, engagent le petit doigt de la main gauche dans une des mailles de la partie du filet qui touche leur corps et forment ainsi un arrêt dans le mouvement de cette partie, ce qui permet à la portion qui marche devant d'étendre tout le filet plus également. La précaution n'est pas mau- vaise; mais tant de pécheurs s'en dispensent, qui étendent admirablement leur Épervier, que l'on doit supposer qu'elle n'est pas indispensable. On relève l'Épervier très-lentement en le balançant à droite et à gauche, pour rassembler les plombs. Dès que l'on sent toute la plombée réunie, ce qui indique que l'engin est ferm?, on sort promptement le filet de l'eau et on le jette dans le bateau ou sur la berge. Il ne reste plus qu'à l'ouvrir, en soulevant les plombs successivement, à s'emparer du poisson, à débarrasser les blouses et le corps du filet des pierres, feuilles, branches, etc., qui n'y sont que trop souvent, à le laver en le trempant dans l'eau pour enlever la vase, à le tordre en niellant le pied sui' les plombs pour en faire sortir autant d'eau que possible, et à recommencer. Nous avons déjà fait observer plusieurs fois, surtout en décrivant la pèche à la surprise, que l'ouïe du poisson était extrêmement subtile et qu'il fuyait à l'ébran- lement du sol produit par des pas approchant le bord. Or, la pêche à rÉpervier est avant tout une pèche à la surprise ; le jet du filet n'est pas illimité et sa circon- férence n'est jamais très-:éloignée du rivage : toutes les précautions que nous avons indiquées sont donc de mise pour le pêcheur qui veut réussir. Pas de bruit, pas de grands mouvements, le filet est balancé à quelques pas du rivage, le pêcheur le lance en s'effaçant tout à coup, et, s'il le peut, se cachant derrière un arbre. L'Épervier tombe à l'eau... silence ! Le pêcheur le balance et le retire sans bruil sur la rive ; là, il rassemble ses captures, les met dans son panier ou dans son car- nier, tord son filet, évite, s'il le peut, de le laver, à moins que la vase ne soit abondante, et tout cela, sans trépignement, sans bruit d'aucune sorte, puis il re- charge son filet sur son épaule et continue, en remontant le cours de l'eau, à cher- cher lentement une autre place favorable. Nous avons remarqué que dans toutes les pêches à la surprise, il était avantageux de suivre les cours d'eau en remontant. -286 ÉPHÉMÈRES. En effet, le poisson (jui a loiijouis la UHe lournôc vers l'amont, par où il espère re- cevoir sa nourriture, voit nioius venir le pêcheur pardorricre lui. Il y a donc là ini avantage qu'il faut se garder de mépriser. (Voy. Gille et Épervier dormant.) Emploi m mer. — o" arrond. . marit. (Toulon). Décret du 19 novem- bre 1850. Mailles de ()'",u:}() en carré. La ralingue, y compris le poids qu'elle porte, ne doit pas peser plus de 10 kilogrammes. L'usage n'en est permis qu'en bateau. ÉPERVIER DORMANT. — On choisit une place unie dans une rivière ou l)rès des écluses d'un moulin; au moyen de perches disposées en carré, on compose une sorte de cadre sur lequel on pose le fdet, la i)lombée suivant le contour des perches. Pendant quelques jours à l'avance on a eu soin de jeter au milieu du cadre sur lequel reposera le filet, une amorce composée de grain cuit ou germé, de tourteaux d'huile de lin, de millet, le tout broyé avec des feuilles de menthe sauvage. (Voy. Amorces). On dispose une corde à l'extrémité des deux perches supérieures, de manière qu'en la tirant tout à coup, celles-ci s'écartent. Vers le soir, une ou deux heures après le coucher du soleil, alors que les poissons jonent, mangent et se rassemblent sur l'appât, on tire la corde, les deux perches s'en- tr'ouvrent, les plombées du filet s'échappent, entraînent par leur poids les parties qui reposaient sur les deux perches immobiles, et tout le poisson ramassé sous l'Épervier, autour de l'appât, se trouve pris. ÉPHÉMÈRES. — Ces insectes, qui apparaissent à certains moments en quantités incalcu- lables, forment une liunille distincte de l'ordre des Névroptères ou Libellules. On les reconnaità leurs antennes courtes, à 3 articles, dont le dernier est une soie mince, à leur l)0uclie imparfaite et dénuée de vrais appareils de manducation; leurs ailes sont délicates, les postérieures toujours très-petites; leur abdomen est terminé par 2 ou 3 longues soies articulées. (]es insectes n'oiTrent que des métamorplioses incomplètes : les larves {fig. 325) ont la forme de l'insecte parfait, sauf qu'elles manquent d'ailes, qu'elles'sont beaucoup plus fortes et que leur bouche est mieux armée. Ils ont également les 3 soies caudales. Ces larves vivent en famille et suivant leur espèce présentent de grandes différences dans leur forme et dans leurs habitudes. Les unes sont longues et cylindriques; armées de pattes fortes et tranchantes, elles se creusent des galeries dans la terre, recherchent les eaux dormantes et font des trous tubulaires droits ou légèrement ar- qués et percés dans la vase dont elles se nourrissent. Elles nagent avec facihté. On pense qu'elles vivent ainsi 2 ou 3 ans avant de se métamor- phoser en chrysalides qui ont le même genre de vie, plus des rudiments d'ailes. D'autres larves sont aplaties, ne peuvent fouir la terre et vivent à découvert appliquées contre les pierres. Elles sont carnassières et ha- bitent les ruisseaux rapides. Quelques-unes enfin sont unies, délicates, armées d'un puissant instrument de natation qui est leur queue ciliée ; elles se cachent dans les herbes et so nourrissent de matières animales. Enfin, il en est d'autres, plus faibles encore, qui ne peuvent nager, rampent dans la vase et ne saisissent leur proie que par ruse. Le passage {fig. 3:2 i) de l'état de nymphéa celui d'insecte parfait a lieu rapidement, sur le rivage, sur les plantes aquatiques, ou même à la surface de l'eau. Une fois dégagé, l'insecte a encore à briser une enveloppe demi-opaque, avant de s'envoler. Les éphémères sont alors des insectes tout à faitaérieiis {fig. 32'î), dont le vol est vertical et qui, attirés par l'éclat d'mie vije lumière, viennent s'y brûler. Ils s'accouplent en l'air ; la femelle pond alors deux grappes d'œufs qu'elle laisse tomber dans l'eau au hasard, et tous deux meurent aussitôt. Les œufs s'imbibent d'eau et descendent au fond du ruisseau : ils sont au nombre do 800 environ. Les Éphémères naissent iiuebiues heures avant le lever du soleil et quelques heures avant son Fig. 3i3. — Ejilii^nière vii'j;o. (insecte parfait). ÉIMNh]. 287 coucher, peu au milieu du jour. IMusnoniJjreux daus les jours chauds, ils seuihloiit annoncer l'orage par une apparitiou iinisitée. Ils sont quelquefois tellement aboudauts qu'ils semblent une neige épaisse étendue sur le sol ; c'est un excellent moment pour pécher à la mouche. Tous les poissons éveillés par cette manne inattendue et fort prisée, mor- dent sans relâche. VÈphémèrp. virr/o est une des pins communes en France ; (fig. 3î.%.324 et 3'2rj). ÉPINARDE. — (Voy. Épinoc.he.) ÉPINAUDE. — Nom vulgaire de Y Épinoche. (Voy. ce mol.) ÉPINE (Scions en). — L'Épine noire {Prunus spi- nosa) et l'Épine blanche {Mespilus oxyacantha) pous- sent souvent aux mêmes lieux et, comme nous l'avons vu; donnent au printemps de jeunes rejets droits et bien p. ^^^ ^. ^^^ fdés qui fournissent aux pêcheurs les meilleurs scions Ephémère vii-go. Ephémère virgo. qu'ils puissent employer. (Voy. Scions.) (Nymphe.) (Larve On commencera par enlever avec soin les petites branches latérales et les épines, puis on liera ces scions en paquet bien serré afin qu'ils ne se déjettent pas et conservent ime forme parfaitement droite. 11 est bon de ne cueillir les scions que la seconde année, ils sont plus forts, le bois en est plus liant et mieux nourri : on fait ce choix en automne ou en hiver, alors que la sève est parfaitement arrêtée. Il faut plusieurs mois pour que la dessic- cation soit parfaite, on peut l'aider en mettant les scions dans un four encore chaud après que le pain en a été retiré, mais dans la plupart des cas la dessiccation natu- relle est préférable. Quand les scions sont parfaitement secs, on les unit en enlevant les nœuds ou aspérités à la râpe et à la lime, on les polit au moyen de papier de verre et on finit par leur appliquer plusieurs couches de bon vernis gras, qu'on laisse par- faitement sécher chaque fois. Les pêcheurs ne sont pas d'accord sur le point de savoir si l'on doit laisser aux scions leur écorce, ou si l'on doit la leur enlever : chaque méthode a son bon et son mauvais côté. L'écorce augmente sans contredit la solidité des scions, mais elle n'est pas toujours adhérente : si elle s'enlève par places, ces endroits deviennent plus faibles et peuvent faire briser le scion sous un effort subit. En résumé, nous dirons que, pour un scion brut et sans ligature, tel qu'on l'emploie avec les cannes ordinaires, la conservation de l'écorce est une bonne précaution ; mais quand il s'agit de faire un scion pour une canne à moulinet, comme le scion est couvert de ligatures assez nombreuses portant les anneaux, sa force en est beau- coup augmentée, et l'on peut enlever l'écorce sur toute la surface du scion pour le polir mieux et permettre au vernis de s'y étendre et d'y prendre très-également. Les scions garnis de leur écorce ne peuvent, au reste, être vernis, et le manque de ce préservatif les laisse trop impressionnables à l'humidité dont le contact les rend mous et leur enlève toute élasticité. (Voy. Cannes et Scions.) ÉPINE NOIRE ET BLANCHE. - On donne le nom d'épine noire et d'épine blanche à deux arbrisseaux de France fort dillerents, mais également intéressants pour nous, par suite des scions remarquables que fournissent au pécheur à la ligne leurs jeunes pousses de 1 à 2 ans. Pour que le lecteur puisse bien les distinguer, nous allons donner une courte description de l'un et de l'autre. L'épine noire, prunellier ou prunier épineux [Prunus spinoia^ Lin.), est un arbrisseau vulgaire 288 ÉPINOCHE. dans les haies, au Lord des bois, sur les coteaux; il est très-rameux. Chacune de ses branch'^s finit par une forte épine et s'ouvre presque à angle droit sur celle qui la porte. Ses feuilles sont oblon- gués, un peu amincies^ dentelées et ordinairemciH petites; les fleurs sont blanches, sortent avant les feuilles une à une de chaque bourgeon. Le fruit est noir-bleuâtre, gros comme une petite cerise, très-acerbe. Le bois de l'épine noire est dur, élastique et très-résistant. On trouve de magnifi(jues scions dans les rejets vigoureux et très-droits qu'il produit. Il faut les cueillir en hiver pendant les gelées et les conserver avec leur écorce. L'épine blanche, ou l'épine, ou noble épine {Mes/iilm oxyacanlha) est un néflier, tandis que l'épine noire est un prunier, mais toutes deux appartiennent à la grande famille des rosacées. L'au- bépine est un arbrisseau à fleurs blanches ou rosées disposées en corymbes ou en bouquets d'une odeur agréable, auxquelles succèdent de petits fruits à osselets rouges et charnus. Les rameaux de l'épine blanche sont très-sfrrés et garnis d'épines, mais son bois est frès-dur et élastiijue. Les jeunes rejets que fournissent les pieds coupés donnent d'excellents scions pour la pèche. On les cueille en hiver et on les conserve dans leu